ASToN Network Blog
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« Nous apprenons à nous réinventer grâce à notre projet ASToN » — les conversations ASToN avec les représentants municipaux

ASToN est un projet pilote dans le cadre duquel 11 municipalités africaines testent et mettent en œuvre ensemble leurs propres programmes de transformation numérique pour stimuler le développement durable et intelligent de leurs villes. Cette interview fait partie d’une série de trois entretiens avec des élus municipaux des villes du réseau ASToN, au sein duquel ces dernières et leurs écosystèmes locaux travaillent ensemble pour réaliser une transition numérique inclusive.

Omar Bay est le coordinateur du projet ASToN au sein du conseil municipal de Matola. Avec son équipe, il travaille à la création d’une base de données intégrée permettant de collector et de gérer les recettes locales. Omar a exposé à SAAM stad* ses méthodes pour faire avancer et mettre en œuvre son projet.

  1. Pourriez-vous nous parler de votre projet ASToN ?

Notre projet ASToN est consacré à la mise en place d’un système numérique de recouvrement des impôts et redevances municipaux. Au début, nous pensions que notre problème de recouvrement était dû au fait que la population ne payait pas ses impôts, mais en réalité, il est dû au fait que la municipalité de Matola ne dispose pas d’une base de données intégrée. Lorsque nous avons lancé le programme ASToN, nous nous sommes uniquement focalisés sur le recouvrement des impôts. Mais en discutant avec tous nos partenaires des implications réelles de la numérisation, nous avons réalisé qu’outre le paiement des impôts par les contribuables, nous pouvions nous intéresser à d’autres problématiques, comme la prise de rendez-vous avec la municipalité en ligne, l’obtention de preuves de paiement ou la gestion par la municipalité de revenus provenant de sources différentes. En discutant avec toutes les parties prenantes lors de notre première réunion, nous avons pu mieux comprendre notre problématique et modifier notre stratégie.

Cette première discussion m’a permis de comprendre que si tous les partenaires — de la société civile aux start-up, en passant par les représentants des ministères et des municipalités — sont impliqués dès le début, il est possible de mieux cerner les enjeux. Auparavant, nous travaillions seuls et, lorsque nous faisions appel à de nouveaux partenaires, nous avions du mal à obtenir leur soutien car ils ne connaissaient pas les principes directeurs de notre projet. Il est donc plus efficace d’impliquer tout le monde dès le début que de travailler chacun de son côté.

2. Comment travaillez-vous avec toutes ces personnes et que faites-vous pour simplifier la collaboration entre vous ?

Dès le début, nous avons réuni toutes les personnes engagées dans le projet et nous leur avons expliqué ce qui était important pour la municipalité, comme la mise en œuvre de solutions respectueuses de la législation de notre pays, et comment nous voulions procéder, par la coopération, le retour d’informations, l’expérimentation et l’amélioration constante de notre projet. Cela n’a rien d’exceptionnel, mais je pense qu’il est important de s’assurer que tout le monde est sur la même longueur d’onde dès le début. Le fait de travailler avec tous les intervenants dès le début est utile car la réflexion devient l’affaire de tous et chacun prend part à l’avancement du projet. Le projet de Matola est l’affaire de tous et nous réfléchissons tous à la manière de le faire avancer, nous sommes tous impliqués de la même manière.

Lorsque certaines idées ne conviennent pas à tout le monde, nous essayons toujours de trouver des solutions alternatives et, si nécessaire, nous revenons en arrière pour essayer de trouver une autre solution qui convienne à tous. Nous répétons cet exercice à plusieurs reprises et, ainsi, chacun contribue et devient acteur de notre solution.

3. Quels enseignements avez-vous tirés du programme ASToN ?

Le programme ASToN nous a incontestablement appris comment organiser nos réunions et collaborer avec tous nos partenaires. Pour nous, ASToN n’a pas seulement permis de réaliser la transition numérique, mais aussi de revoir nos méthodes de travail au quotidien, car nous avons commencé à utiliser les outils ASToN pour d’autres projets. Par exemple, nous recourons à la méthode de l’arbre à problèmes lorsque nous cherchons une solution, car elle est plus structurée et plus efficace. Ou encore, lorsque beaucoup de personnes se plaignent d’un problème, nous réunissons tous ceux qui travaillent dessus et nous discutons du problème, de ses causes et de la façon dont il se manifeste, et nous essayons de trouver une solution. Ainsi, nous apportons également notre aide à d’autres collègues travaillant sur des projets différents, et pas seulement… ASToN nous a permis d’acquérir un savoir-faire que nous pouvons utiliser dans le cadre de notre travail, mais aussi dans notre vie.

4. Comment se passe la collaboration avec les start-up dans le cadre de votre projet ASToN ?

Travailler avec des start-up nous a permis de découvrir des solutions existantes susceptibles de faire avancer notre stratégie de numérisation. Le secteur privé étant très axé sur les activités commerciales, nous étudions à présent des solutions existantes pouvant être mises au service des besoins de la population de Matola. Avec d’autres institutions, nous avons besoin de nous développer plus rapidement, c’est aussi la raison pour laquelle nous développons maintenant notre propre application. Nous nous sommes également rendu compte que, pour nous, la mise en service d’outils numériques prend plus de temps et que les start-up ont toujours une longueur d’avance sur nous. Je pense que cela est dû, d’une part, à un manque de ressources humaines au niveau des municipalités. Il nous manque du personnel compétent dans ce domaine. Pour l’instant, nous n’avons que deux techniciens. D’autre part, la différence entre le secteur public et le secteur privé provient de la conception qu’a le gouvernement des services numériques. Il y a beaucoup de discussions, mais peu d’actions.

5. Quelles difficultés avez-vous rencontrées au cours du projet ASToN ?

La COVID-19 a représenté une difficulté de taille, car auparavant nous n’avions jamais eu l’occasion de communiquer numériquement avec nos partenaires et nos moyens techniques étaient limités. La transition a donc été très difficile pour nous, et notre projet a été ralenti lorsque la pandémie a atteint son apogée ici. Le seul moyen de communiquer avec les partenaires, d’échanger des informations sur les étapes du projet et d’avancer était de leur téléphoner.

Mais à part la Covid, qui a eu un impact sur tous les projets, le plus difficile pour nous fut de raisonner à la manière d’ASToN. Par exemple, nous avons d’abord dû effectuer les recherches préliminaires avant de passer au plan d’action. Cette phase de recherche a été très difficile car il s’agissait de quelque chose de nouveau pour nous et cela nous a pris beaucoup de temps. Nous avons invité des consultants externes et intégré de nouveaux membres dans l’équipe principale pour qu’ils puissent nous aider dans cette phase. Mais la méthode ASToN nous a permis de nous réinventer et de trouver de nouvelles façons de mener nos activités.

Ecrit par Saam Stad

SAAM stad* est une agence de conseil en développement urbain. Ses activités se situent au croisement de l’innovation et des enjeux économiques, sociétaux et durables. SAAM stad accompagne le réseau ASToN dans la capitalisation et le partage de ses connaissances.

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ASToN network brings 11 African cities together to develop digital practices in order to create sustainable & inclusive cities.

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