4 Types de connaissances expertes

Maintenant que nous avons traité la question du temps nécessaire à devenir un expert, nous allons nous demander quelles sont les compétences qui justifient le terme “expert”. En d’autres termes, que représentent 10 à 15 ans d’expérience dans un domaine ?

Examinons ce qui constitue l’expertise dont nous parlons, spécifique à un domaine. Essentiellement des connaissances sur le sujet en question, des connaissances qui peuvent être factuelles, conceptuelles, procédurales ou stratégiques :

  • les connaissances factuelles traitent de faits en rapport avec la matière ;
  • les connaissances conceptuelles concernent la manière dont les choses sont organisées dans cette matière
  • les connaissances procédurales permettent d’exploiter les deux types de connaissances précédents
  • les connaissances stratégiques, enfin, permettent de savoir quand et comment appliquer et utiliser toutes ces connaissances.

Pour être plus clair, prenons l’exemple d’un médecin. La formation d’un médecin prend au bas mot 12 à 14 ans, après au moins 10 ans nécessaires pour avoir le bac.

Cette durée inclut à la fois les études au sens strict (pleines de lectures, apprentissages et productions d’écrits), les différents stages, et surtout les derniers — l’externat puis l’internat — pendant lesquels les médecins en devenir apprennent et exercent sur de vrais patients. C’est seulement à l’issue de ce processus qu’ils deviennent de vrais docteurs en médecine. Tout ce temps est consacré à l’apprentissage d’un jeu de compétences et de connaissances, d’un savoir-faire.

Chaque fois que vous vous rendez chez votre médecin, vous avez un aperçu de ce savoir-faire mis en œuvre. Il peut cerner le cœur du problème en posant les bonnes questions, en faisant particulièrement attention à certains faits importants et en sachant écarter ceux qui sont anodins. Et il peut chercher certaines anomalies spécifiques qui viennent confirmer son diagnostique.

Du coup, un médecin a besoin :

  • de connaissances factuelles sur la biologie humaine (domaine général)
  • de connaissances conceptuelles sur les interdépendances et les influences croisées entre la biologie et l’environnement (relations)
  • de connaissances procédurales pour déterminer ce qui est nécessaire au diagnostique (plan d’action)
  • de connaissances stratégiques pour savoir comment utiliser les problèmes détectés afin de diagnostiquer le patient (approche)

Encore une chose : plus on étudie longtemps quelque chose, plus il y a de chances que l’on développe certaines sensations à ce sujet. Ces 10 à 15 ans d’expérience constituent une base solide au développement de certaines “intuitions”.

L’intuition d’un médecin, par exemple, est une espèce de sixième sens qui permet de savoir ce qui pourrait ne pas aller chez telle ou telle personne. Ce n’est qu’une piste qui ne dispense pas de la méthodologie médicale rigoureuse, mais cela aide à aller dans la bonne direction dès le départ.

Et plus cette intuition est bonne, plus le talent du médecin aura tendance à ressembler à celui de Grégory House …

Mais pourquoi cette intuition est-elle si importante pour l’expert ? Nous en parlerons dans notre prochain article, et d’ici là pourquoi ne pas aller visiter notre site ?