Le sexe au cinéma, un combat sans fin

Que l’on mette en scène les différentes facettes du sexe déplaise à certains, on l’aura compris. Un point de vue contesté sans cesse, telle une croisade sans merci. Promouvoir a encore frappé.

Guerre de raisons

L’association Promouvoir d’Andre Bonnet fait parler d’elle, une fois de plus. Cette dernière mène, depuis maintenant plusieurs année, un combat face à la violence et à la démonstration de scènes de sexe à l’écran. Son but: “La promotion des valeurs judéo-chrétiennes et de la famille”. Cet avocat justifie le résistance de son association par la lutte contre la délinquance juvénile. “C’est prouvé, la délinquance est liée à ce que voient les jeunes, que ça soit de la violence ou de la pornographie.” Une théorie qui reste à prouver par les psychologues, dubitatifs.

La semaine dernière, Promouvoir a obtenu gain de cause et contre toute attente, gagne le retrait du visa d’exploitation du film La vie d’Adele. Sorti en 2013, le long métrage d’Abdellatif Kechiche laisse entrevoir les aspects intimes de la relation qu’entretiennent les deux héroïnes. Autrement dit la séduction, l’amour, le sexe… Oui le sexe. Le sexe cru qui parle de pratiques sexuelles entre deux femmes. Un challenge qui ne s’arrête pas là puisque cet été, l’association a réussi à faire interdire aux moins de 18 ans, le film Love.

Le dernier long métrage de Gaspar Noe qui avait suscité le buzz sur internet, a exalté les papilles du plus grand nombre, non sans avoir été “avertis”. Peu avant sa sortie en salle, le cinéaste éclectique, annonçait Love comme la continuité d’un projet passé. Avec notamment la réalisation de “We fuck Alone”, compilation de courts métrages pour le collectif Destricted, questionnant la représentation de la sexualité à l’écran.

Réactions contradictoires

Si la ministre de la culture Fleur Pellerin s’obstine et compte amener l’affaire de La vie d’Adèle en cours de cassation, la riposte d’Abdellatif Kechiche s’avère plutôt légère quant à elle. Le réalisateur ne serait “pas dérangé” si son œuvre perd de sa valeur et de son charme en restant dans les placards. Il approuve avec sagesse et confie au Monde : “Je n’ai jamais pensé que mon film pouvait être vu par des gamins de 12 ans, et je déconseille personnellement à ma fille de le voir avant qu’elle ait 14 ou 15 ans.”

Une conclusion plutôt paternelle et surprenante tant elle se rapproche de celle d’André Bonnet, qui continu d’insister en ajoutant que les : “scènes de sexe réalistes” sont “de nature à heurter la sensibilité du jeune public”.

Néanmoins, la ministre et les associations LGBT (cf encadré) revendiquent une opinion féminine qui, quoi qu’il en soit, porte un soutien encourageant à la communauté gay et lesbienne. Elle engage la remise en question et le repositionnement des limites vis à vis de ce qui est choquant et de ce qui ne l’est pas.

Mélissa Blum

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