Les diktats de la beauté

Cellulite et vergetures ne font pas bon ménage dans le monde du mannequinat, lui même superficiel, dont l’arme ultime est Photoshop. Mais dans un univers réel qui est le notre, ces caractéristiques doivent exister à travers la beauté de chaque femme.

Du rêve à la réalité

Diktat est un mot tiré de la langue allemande pour exprimer “les choses dictées” mais aussi les normes esthétiques imposées actuellement. Ventre plat, cuisses fines, fesses rebondies, poitrine généreuse… Le stéréotype de la femme idéale est bercé par ces qualités.

Constance Lefebvre, québécoise de 38 ans et coach “fitness et motivation”, a posté il y a quelques mois une vidéo sur Facebook. Visionnée plus de 4 millions de fois, elle dénonce d’après elle, le seul but des femmes : perdre du poids. La coach insiste : “la beauté ne se trouve que dans le regard des autres”. Etre belle, c’est avant tout “se sentir bien et en bonne santé dans son corps”. Selon elle, un seul message subsiste : “s’aimer telle que l’on est”. La publicité et les régimes ont pour principe de faire disparaître les complexes pour rendre les femmes plus féminines dans la société moderne. Néanmoins, ils font des ravages dans le monde du paraître, telle que l’anorexie ou encore les troubles psychologiques.

Pour vaincre ce fléau planétaire, l’humoriste américaine Melissa McCarthy a sorti la ligne de vêtement Seven7 pour les “femmes fortes” afin qu’elles acceptent leur corps tel qu’il est. Quant à Caroline Bouvier, créatrice de mode montpelliéraine, elle prône la différence. Une femme qui porte un style à la garçonne peut être sensuelle “si c’est un costume, cela peut au contraire donner un côté ultra sexy….avec des talons hauts !”. La créatrice donne aussi son avis sur le type de vêtements qui met en valeur la femme : “je préfère les robes… mais pour les pantalons je privilégie les chutes de reins et les arrondis fessiers”. A ses yeux, une femme féminine est une femme qui “ose avec ses qualités et ses défauts et qui en joue comme des atouts”. La femme de tous les jours a dorénavant besoin de s’identifier, mais à quel prix ? Caroline Bouvier renchérie sur la singularité du corps : “Moi je préfère prendre des filles différentes. Rondes, grandes, avec ou sans sein, et de jouer sur les créations”. Mais comme dit Constance Lefebvre, si “la beauté n’a rien à voir avec le poids”, qu’en est-il des femmes tatouées ?

L’apparence et son libre arbitre

Le poids et le style vestimentaire contribuent au bien être des femmes, mais il existe d’autres manière de se sentir bien dans corps, tout en y faisant transparaître sa personnalité. Jean François Amadien, directeur de l’Observatoire des discriminations de Paris affirme dans son livre Beauté, gloire et amour, que l’impact que nous avons sur quelqu’un dépend à 55% de notre langage corporel, à 38% de notre voix et à 7% de ce que nous disons. Mais depuis la démocratisation du tatouage au cours du XXe siècle, une chose est sûre, cette pratique n’entend pas repousser les femmes quand à leur droits. Les styles tribal, réaliste ou encore celtique sont de plus en plus convoités par la gente féminine. Julie, tatoueuse montpelliéraine chez Hippolyte Vespera dément les préjugés sur les femmes tatouées. Pour elle, “une femme belle n’est pas forcément sans tatouages. Souvent le tatouage attire le regard sur la peau et met la personne en valeur”. Afin de lui donner une sensualité, l’artiste privilégie “ la finesse et la légèreté, avec des phrases ou des ornements pour sublimer les formes du corps”. La garantie que le corps d’une femme peut être embellie par l’art que chacune puise au fond d’elle.

Mélissa Blum

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