Nina Kraviz, une DJ dans un monde de mecs

Au milieu de Ben Klock, Kaytranada et Jamie xx… Zoom sur la plus mythique icône du mix de ces 5 dernières années, face à une majorité masculine dans l’univers de la nuit.

L’unité renforcée

Disc jockey et productrice de Techno House depuis maintenant 6 ans, Nina Kraviz sort son premier album avec le label Rekids en 2012. Après une simple activité de rédactrice dans un fanzine et quelques heures de set dans des clubs locaux de Irkoutsk, sa ville natale en Russie, Nina se lance dans la production. Elle créée en 2014 son propre label nommé Trip, non sans innocence, puisqu’elle fait référence aux voyages psychédéliques procurés par la musique qu’elle produit.

De là, sort une compilation sous la forme de double EP citant des artistes comme Exos et Bjarki. Un butin facile pour une fille toute droit sortie de Sibérie, et qui part conquérir l’Europe en mixant dans les plus grands clubs de la planète. Berlin, la capitale européenne de la Techno, la reçoit d’ailleurs plus d’une fois. Notamment dans les Boiler Room réputées qui s’y déroulent. Et bien-sûr Paris, imposée dans le mouvement 90s avec sa French Touch, illustrée par St Germain, Alex gopher ou encore Étienne de Crécy.

En France, plusieurs DJettes se sont joins à elle, non pas sans difficulté comme Jennifer Cardinal résidente du Rex Club à Paris. Ou encore suivie de très près par Ellen Allien, maman de la Techno allemande depuis plus de 15 ans et à la tête de son propre label BPitch Contrôle depuis 1997. Louisahhh!!! s’impose aussi dans la course avec un style plutôt froid et sensuel contrairement à Miss Kittin qui vise la TechnoTrash (nostalgique des raves grenobloises de 1990 qu’elle passait avec Mr Hacker).

Une représentation sexiste

Toujours est-il que, malgré son talents pour la musique, Nina s’est pris plusieurs billets de blog bien trempés par la “DJ community”. Dont celui de Greg Wilson, titré “Nina Kraviz, maîtresse de son propre mythe), alias, les DJ’s de sexe féminin sont placées là où elles sont avant tout pour leurs attributs physiques, et pas pour leur talent, sous-entendant que Kraviz n’excepte sans aucun doute à la règle. Cependant, le débat mérite d’être ramené sur la table car, en plus d’être talentueuse, sa tête d’ange en laisse plus d’un bouches bées. Et puis quoi encore ? Même dans un milieu qui est censé être “cool” et faire la fête on remet en cause la place de la femme dans la société. Nous souhaitons une évolution rapide et contemporaine. C’est un combat insignifiant sur lequel s’acharnent certains DJ. De peur d’être dépassés ou bien décrédibilisés ?

Prisonnière de ce cliché macho mais malgré tout à l’aise dans ses baskets, Nina reste l’une des Discs jokey féminines les plus respectées et les plus influentes de la scène Techno internationale. Notamment grâce à l’événement I Love Techno Europe, qu’elle a clôturé de manière spectaculaire ce week end. Oui, Nina Kraviz s’est imposée à une heure cruciale de la nuit lors de I Love Techno Europe. L’artiste inverse la tendance et qui replace la crédibilité masculine de manière révolutionnaire.

Mélissa Blum

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