La traversée du burn-out

C’est un exercice difficile que de parler de soi aux autres. De divulguer ce qu’on a pu traverser, de montrer sa vulnérabilité. Cependant, il est un moteur qui me donne l’occasion d’écrire aujourd’hui : la volonté de partage et d’entraide.

Que ce soit dans notre entourage direct ou de manière plus générale, nous avons tous entendu parler du burn-out
C’est un fait, de plus en plus de personnes y sont confrontées.
Dans un monde où tout va trop vite, où la société dans son ensemble nous en demande de plus en plus, où nous sommes envers nous-mêmes extrêmement exigeants, nous nous retrouvons acculés et notre corps, dernier pilier, finit par lâcher.

À ce moment nous ne comprenons pas bien ce qui nous arrive et bien souvent, nous refusons cet état de fait. Dans un monde où la force et la réussite priment, il n’y a aucune place pour ce que nous considérons comme une faiblesse, voire un échec.

Voici le récit de ma propre expérience et de tout ce que j’ai pu en retirer. Je mettrais plus l’accent sur les étapes positives qui m’ont permis d’aller de l’avant.

Les prémices du déluge

J’ai vécu ce bouleversement. Je n’ai pas non plus compris ce qui m’arrivait sur le coup. C’est arrivé en août 2014 de manière brutale et je n’y étais aucunement préparée.

Il faut savoir que le burn-out surgit la plupart du temps suite à un événement, une situation donnée. Pourtant, il s’agit bien souvent d’une accumulation.

Pourquoi le burn-out ? Parce que nous refoulons des émotions, des traumatismes liés à notre vécu, et tout cela a besoin de sortir et d’être aussi considéré par nous-mêmes. Plus nous les refoulons, les évitons, plus elles seront présentes de manière insidieuses. Considérez votre corps et votre esprit comme un vase.

Eh bien mon vase a débordé. On pense souvent tenir bon, pouvoir régler ses problèmes par soi-même et surtout passer outre. La vérité, c’est que la plupart du temps nous n’y arrivons pas. Nous le croyons en apparence, mais nous nous mentons. Nous rangeons cela dans un tiroir de notre inconscient. Nous le gardons et nous accumulons.

Nous gardons des sentiments de colère, de peur, de frustration, de souffrance et j’en passe, qui vont par la suite grandir et nous pousser à bout. C’est là que le burn-out intervient. On le qualifie parfois de maladie, mais je préfère le voir comme une chance, un levier permettant de rectifier notre vie et de libérer enfin celle ou celui que nous sommes vraiment. Je ne dis pas que c’est une sinécure, il y a de nombreuses heures sombres, mais je ne regrette absolument pas de l’avoir vécu et j’en suis même reconnaissante. Sans lui je me serais détruite pour de bon.

Dans mon cas, c’est une chose tout à fait anodine qui a provoqué mon burn-out. Un rejet de réinscription de l’urssaf. Une chose tout à fait anodine et vite résolue, mais consécutive et clôturant mon long combat d’un an avec l’urssaf : radiation du statut auto-entrepreneur sans avertissement, puis passage sans mon accord en freelance classique.
Long et ô combien fastidieux problème que le système de l’urssaf, je reviendrais plus en détail sur cette expérience (formatrice) dans un autre article.

Cependant, avec le recul, cela aurait pu être n’importe quelle autre situation, vraiment. J’étais à bout dans mon corps et mon esprit, j’avais ignoré et intériorisé trop de choses dans ma vie. Le rejet des autres, les moqueries, mon repli sur moi-même pendant de longues années, le manque d’amour et mon propre manque d’amour envers moi-même, des manipulations et harcèlements, trop de galères et d’implications épuisantes au travail, le sentiment d’infériorité et même le besoin de me cacher, d’être transparente parce que je pensais ne pas avoir de légitimité à exister… bref un joli melting-pot. Tout ceci évidemment je l’ai analysé, compris au fur et à mesure. C’est un long travail.

Les 3 années qui ont précédé mon burn-out ont été celles de la colère et de la peur. J’étais sur la défensive presque constamment. Je pleurais beaucoup aussi, j’étais souvent dure et agressive avec mon conjoint de l’époque. J’exprimais ce qu’il y avait en moi de manière tout à fait inconsciente encore une fois, je transposais ce que j’avais vécu par le passé au moment présent et cela me pourrissait mon quotidien.

Autant dire que je fonçais tout droit dans un gros mur bien épais.

Une semaine avant le bouleversement s’est produit une chose mystérieuse et anxiogène : une sorte de vibration interne au niveau de mon sternum est apparue, s’amplifiant au fur et à mesure. Imaginez la flippe. Mon corps me prévenait en fait, mais évidemment je n’ai pas compris et ça ne faisait qu’amplifier mes angoisses. J’ai commencé à psychoter sur un problème cardiaque, alors qu’il s’agissait d’un signal pour me montrer le VRAI problème.

Puis le jour J arriva. Étant sujette depuis l’enfance à la spasmophilie, j’étais habituée aux crises d’angoisses. Autant dire que celle qui survint à ce moment fut un véritable ouragan. J’étais clouée au lit, incapable de rien faire, traversée par des tremblements, des vibrations et divers symptômes tout aussi effrayants les uns que les autres. J’ai cru que j’allais mourir et j’ai supplié mon compagnon d’appeler SOS médecin en urgence.

Après divers tests, tous négatifs, le médecin s’est assis près de moi en m’indiquant qu’il s’agissait d’une très grosse crise d’angoisse et d’une dépression. Quand un autre médecin m’aurait prescrit simplement des anxiolytiques et autres joyeusetés de notre chère médecine moderne, celui-là s’est conduit différemment ; c’est ce qui m’a permis d’avancer par la suite. Il m’a dit cette phrase que je n’oublierais jamais : Vous avez le droit d’aller mal et d’avoir peur. Il m’a également fortement conseillé de me faire accompagner par une psychiatre qui serait en mesure de m’écouter. Je lui dois beaucoup à ce médecin.

Un parcours initiatique

Je n’ai jamais trop aimé les psychiatres. Je m’étais mise en tête qu’ils ne faisaient pas grand chose, juste là à nous écouter tranquilou dans leurs gros fauteuils rembourrés — et surtout j’avais aussi une idée reçue : qu’il fallait être vraiment au bord du gouffre, souffrir de vrais déséquilibres mentaux pour en arriver là.

Je me trompais. Vous vous rappelez ? On veut toujours être fort et montrer qu’on ne faillit pas parce qu’on admet pas la faiblesse. Avouer qu’on ne va pas bien, non mais ça va pas ? Admettre en toute honnêteté et sans jugement qu’on ne gère pas, qu’on ne va pas bien est une première démarche. Et ça, ce n’est pas une faiblesse, c’est du courage.
La vérité : c’est qu’on ne peut pas s’en sortir éternellement seul et qu’il est très sain, salvateur même d’être suivi par une personne extérieure. On n’a pas à attendre d’être au bord du gouffre pour cela. Alors, j’insiste sur le côté extérieur pour la consultation. Notre famille, nos amis et nos conjoints peuvent évidemment nous soutenir. Mais ils ne peuvent pas nous conseiller ou nous comprendre en étant parfaitement objectifs et sans se retrouver dépassés à leur tour. Ce n’est pas leur rôle de nous prendre en charge à ce niveau.

J’ai donc été suivie pendant un an par cette psychiatre. Il est très important, pour que le travail puisse réellement fonctionner, de se sentir à l’aise et en confiance avec la personne qui nous suit. Mon premier rendez-vous fut le plus long et le plus libérateur. En une heure, j’évacuais une énorme partie de tout ce que j’avais accumulé durant ma vie, en particulier la colère que j’éprouvais envers moi-même et ceux qui avaient pu me rejeter ou me faire du mal. Je réalisais à quel point certaines situations que j’avais cru sous contrôle/oubliées étaient encore présentes en moi et finalement me tenaient elles-mêmes sous contrôle dans ma vie présente. La démarche de ma psychiatre était de me faire comprendre mes mécanismes et de les enrayer par moi-même, en me posant la plupart du temps des questions mais aussi en me donnant des clés pour manœuvrer. Ses questions m’interpellaient, puis me faisaient réaliser ce que j’avais stocké en moi et comment changer cela.

Pendant cette même année, je suis passée par plusieurs étapes, comme une sorte de parcours initiatique. Des petites prises de conscience puis d’autres déclics plus significatifs.

Un de ces déclics s’est produit à Sud Web, lors de l’édition de Montpellier. Il s’agit d’un événement itinérant dans le sud de la France, qui rassemble les gens du web autour d’ateliers et conférences sur des problématiques touchant au web et aussi transverses. Tout d’abord c’est l’ambiance tellement particulière que j’y ai trouvé, une bienveillance extraordinaire à tous niveaux, qui m’a mise dans de très bonnes dispositions. Ensuite une des conférences m’a bouleversée et permis un vrai premier déclic : celle de Laetitia Phan, psychologue clinicienne. Sa conférence portait sur le hacking de notre cerveau. Autrement dit, comment envoyer des signaux positifs à notre propre cerveau et modifier nos mécanismes bien ancrés depuis notre enfance.

Par la suite j’ai aussi assisté à deux ateliers avec elle sur la communication avec autrui et le syndrôme de l’imposteur.

En parallèle pendant cette période, j’ai débuté la méditation, tout d’abord avec une application guidée (il y a Petit Bambou et Headspace pour ne citer qu’eux) puis toute seule, en ajoutant des techniques de visualisation. 
La visualisation regroupe plusieurs techniques de méditation avancées, elle est très intéressante pour modifier notre état d’esprit, faire des projets concrets, renouer avec sa créativité et biens d’autres aspects de notre vie.

Un autre déclic, consécutif à l’événement de Montpellier s’en est suivi : je voulais m’impliquer, atténuer ces sentiments d’infériorité et d’imposture factices, que j’avais du coup cernés. J’ai pris la décision de rejoindre la thym Sud Web, qui m’avait tant apporté. J’avais franchi une étape importante car je n’aurais jamais osé le faire auparavant.

Je ne peux que vous encourager à vous investir dans des projets associatifs ou des projets personnels. C’est une vrai expérience humaine dans laquelle on peut s’exprimer et sortir ce qu’il y a de meilleur en nous. Me concernant, cette expérience m’a permis d’apprendre à m’affirmer et j’ai pris bien plus d’initiatives que je n’aurais osé l’espérer. J’ai aussi adoré travailler en équipe et rencontrer des personnes belles, que j’estime beaucoup. Je ne cache pas que parfois des difficultés d’ordre organisationnelles et relationnelles peuvent survenir dans ce type de projet, notamment du à l’investissement de chacun, mais elles sont totalement dérisoires et anecdotiques. Récolter les fruits de son travail et implication le jour de l’événement est aussi indescriptible sur le plan émotionnel, voir les réactions des participants c‘est une expérience unique. J’ai retiré un vrai bénéfice dans cela et je continue d’ailleurs l’aventure pour la prochaine édition.

En août dernier, j’ai eu un autre déclic très puissant qui a évacué d’autres blocages et pensées négatives persistantes : ce sont deux livres qui me l’ont apporté. Celui de Shakti Gawain, “Techniques de visualisation créatrice” et de Julia Cameron, “Libérez votre créativité”.

Deux puissantes phrases notamment, simples mais révélatrices, m’ont permis de commencer véritablement à lever le voile : Vous êtes le créateur de votre vie et Ce sont nos pensées qui finalement attirent et créent tout ce qui nous arrive. Le livre de Cameron, m’a permis de renouer avec ma créativité et mon moi-enfant, c’est aussi avec ce livre que j’ai débuté l’écriture d’un journal personnel, qui s’avère être un excellent moyen thérapeutique.

Je l’affirme assez souvent mais si tout le monde écrivait, on arrêterait de se taper dessus, de se blâmer les uns les autres pour un oui ou pour un non. Lorsque l’on écrit, on est face à soi même avec tout ce que cela implique. On concrétise en dehors de notre esprit toutes les pensées parasites, négatives (les positives aussi bien entendu) ce qui permet de s’y confronter et de s’en soulager plus facilement. J’en suis à 5 carnets aujourd’hui et je continue, c’est un vrai soutien.

A peu près à cette période, j’ai commencé à me débloquer sur le plan émotionnel et à dire aux autres quand ça n’allait pas, à me confier aussi sur mon expérience du burn-out auprès d’autres personnes l’ayant vécu comme moi. Du soutien s’est instauré des deux côtés, je ne me sentais plus seule.

Devenir soi

En décembre dernier, j’ai décidé de terminer les séances avec ma psy. Pourquoi cette décision ? Parce qu’est arrivé le moment où je n’en avais plus besoin, j’avais évacué la plupart de mes blocages internes et libéré mes émotions. Attention, cela ne veut pas dire que je n’éprouve plus de colère, de tristesse, que certains petits blocages ne persistent pas… mais j’ai appris à les comprendre, à les laisser venir et à ne plus les juger. A ne plus réagir excessivement et me positionner en victime également, chercher plutôt des solutions pratiques, bonnes pour moi. J’ai aussi appris à savoir me pardonner et à pardonner aux autres.

Dès lors qu’on se penche sur notre monde intérieur si souvent négligé et qu’on attend plus que les choses viennent de l’extérieur (ce qui nous fait ruminer bien des fois à cause de l’écart entre notre idéal et la réalité), notre vie se transforme et on devient Soi. Mais pour aider ce qu’il y a en nous à aller mieux définitivement, enlever les blocages, il faut d’abord une chose essentielle : s’aimer. Cela ne veut pas dire qu’il faut devenir narcissique et s’idolâtrer, mais être bienveillant envers soi-même, cesser de se juger sévèrement et s’accepter tel que l’on est — cela a d’ailleurs pour incidence de devenir bienveillant envers les autres et de ne plus les juger non plus. Et autant vous dire que pour moi ce fut un de mes plus gros chantiers… ça a duré presque deux ans et aujourd’hui j’y veille encore.

J’ai toujours en tête ce passage du film Angel A de Besson. Bon chacun a son avis sur ce film, mais il y a une scène magnifique qui m’a profondément marquée : celui où le personnage principal se regarde dans le miroir, puis finit par se dire qu’il s’aime. Notre corps et ce que nous sommes méritent notre attention.

Lorsque nous commençons à nous estimer et à être positif, nous attirons les personnes (et situations) qui sont sur la même longueur d’onde, nous permettent d’avancer plus rapidement et bien d’autres choses.

Dans mon environnement personnel, ceux qui n’étaient plus sur la même fréquence sont sortis de ma vie d’eux-mêmes, en particulier aux alentours de l’automne dernier. J’ai éprouvé des difficultés à accepter certains départs, de la tristesse, mais ils étaient nécessaires… j’ai aussi vécu une séparation amoureuse. Difficile aussi, triste, mais nécessaire encore une fois. J’ai aussi appris grâce à ces situations le lâcher prise, à ne plus vouloir tout contrôler et me laisser finalement porter par la vie et ce que j’étais au plus profond de moi.

Et comme la vie n’aime pas le vide, elle a fait arriver dans ma vie d’autres personnes plus en phase avec moi.

Je suis aussi assez amusée de constater à l’heure actuelle qu’il m’arrive fréquemment d’avoir des discussions, échanges amicaux, sourires avec de parfait(e)s inconnu(e)s dans la rue, le tram, commerces ou tout autre lieu public. Pas d’attente derrière tout ça, juste un échange agréable. D’être interpellée pour de l’aide sur tel ou tel lieu à visiter ou une rue à trouver, de manière spontanée avec toujours de larges sourires. Ce sont des choses qui peuvent paraître infimes, mais c’est typiquement le genre de choses qui m’arrivaient rarement avant et qui font du bien.

Tout est plus facile et léger de manière générale. Cela ne signifie pas qu’aucune difficulté ne frappe à la porte ni que des émotions fortes, des moments de blues ne se font pas ressentir, mais ils ne sont plus considérés de la même façon. Ce changement de regard permet de devenir réellement heureux, sans attendre que tout soit hypothétiquement parfait.

Bilan des derniers mois

Depuis le début de cette année, j’ai renoué avec des activités que je voulais commencer depuis longtemps, mais que je m’empêchais de pratiquer avant : prendre des cours de chant, élaborer un potager sur mon balcon, dessiner régulièrement… Je continue aussi à travailler sur mon affirmation et aller au devant de mes peurs : proposer des conférences, écrire des articles, sortir bientôt un nouveau portfolio et d’autres projets encore que j’ai en tête. J’ai aussi réaménagé mon temps de travail freelance sans me surcharger, tout en continuant de bien gagner ma vie et en m’octroyant de vrais moments pour moi. Mon objectif sur le plan professionnel est de gagner en qualité et sur l’éthique de projets sur le long terme pour m’y épanouir totalement. Je vais régulièrement dans un institut pour des séances de réflexologie ou de rééquilibrage du corps. J’ai changé toutes mes habitudes alimentaires, préférant petit à petit les structures qui collaborent avec les artisans et petits agriculteurs, plutôt que les produits du supermarché. J’ai retrouvé les goûts du potager de mon grand-père.

Enfin, depuis quelques jours, j’ai commencé un nouveau rituel, par l’intermédiaire d’un article de Laura Mabille, que j’avais déjà lu il y a un an environ — parfois les choses mettent du temps pour faire leur chemin. Mais encore une fois, pas de jugement, les choses arrivent quand elles doivent arriver. Je me lève donc maintenant plus tôt le matin, je prends ce temps pour moi dans le but de commencer la journée du “bon pied” : je pratique la méditation, l’écriture, la visualisation puis la lecture, avant de commencer mes activités professionnelles. Et ça fonctionne, car je me suis retrouvée réveillée à 5h30 du matin sans réveil… au bout de 3 jours ! (parce que pour la petite anecdote je ne suis pas du tout mais alors PAS DU TOUT une lève-tôt). Je constate aussi que ma créativité est amplifiée et en effervescence — d’ailleurs c’est ce même entrain qui m’a décidé à rédiger cet article rapidement. Je continue mes lectures sur le développement personnel, actuellement je lis deux livres de manière simultanée : “Le bonheur d’être soi” de Moussa Nabati et “Comment se faire des amis” de Dale Carnegie (oui vous avez franchement le droit de rire du titre, il est très mal choisi comparé au contenu…). J’ai d’ailleurs bien envie de publier des articles sur ces intéressantes découvertes.

S’il y a une conclusion à faire : le burn-out n’est pas une bête noire. L’éviter est évidemment possible et n’est pas du tout à exclure parce que le cheminement est long et difficile, surtout au début. Mais quand on s’y trouve, il faut savoir qu’il n’intervient pas dans notre vie pour nous faire du mal, qu’au contraire il nous donne une véritable occasion de remonter encore plus forts, déterminés et de nous exprimer en accord avec nous-mêmes.

Je citerais pour finir ce passage très évocateur dans le livre de Moussa Nabati. 
Un passage que j’ai lu pas plus tard que ce week-end et que j’ai décidé d’ajouter :

La crise ne fait que “réfléchir” tel un miroir, faisant remonter à la surface une façon d’être et de vivre ancienne, inadéquate, dommageable. Elle comporte, par conséquent, toujours un sens, une fonction et un message : “Tu ne vas pas bien parce que tu n’es pas toi. Tu ne peux plus continuer ainsi. Il est temps que tu changes, que tu grandisses pour t’autoriser à t’aimer et à t’occuper de toi”… La dépression représente un aiguillon salutaire, un mal qui nous veut du bien, à condition qu’elle soit accueillie et que l’on écoute son message. Ce tremblement de terre psychique — cette inondation menaçant d’anéantir le sujet — cherche au contraire à le restituer à lui-même, acteur de son destin. Il l’aide à prendre conscience de sa culpabilité de victime afin qu’il cesse d’expier et de s’autodétruire… Tout ce qui arrive est pour le bien !

Déjà je voudrais vous témoigner toute ma gratitude si vous avez réussi à aller jusqu’au bout de ce fabuleux pavé. Vous l’avez fait ! J’espère que mon témoignage pourra vous permettre d’avancer, d’avoir vos propres réflexions, de partager vous aussi vos expériences et tout ce que vous avez à apporter. Faites ce que vous aimez, aimez aussi la vie et les autres pour ce qu’ils sont, aimez-vous.