Trouver l’équilibre et combattre l’épuisement en apprenant à se connaître

Guérir le burnout
Feb 20, 2017 · 19 min read

Que nous ayons traversé une expérience de burnout ou pas, il est toujours profitable d’apprendre à se connaître, et à entendre les messages que notre corps nous envoie. Et parfois même, il faut pousser le vice jusqu’à ré-apprendre à se reposer…


Le burnout est également appelé “syndrome d’épuisement professionnel”. Et au sein de cette formulation, c’est le mot “épuisement” qui ressort immédiatement. L’épuisement, c’est quand on n’en peut plus, qu’on a touché le fond de ses ressources propres, mais aussi quand le repos ne nous répare même plus. Nous vous proposons de passer en revue quelques moyens qui vous permettront peut-être de repérer les symptômes d’un épuisement naissant ou installé, que vous pourrez mettre en place dans vos habitudes pour changer durablement votre relation à la fatigue et à votre propre corps. Parce qu’au niveau individuel, le burnout se combat dans la durée !

Le repos : la clé de la santé

Nous l’avons toutes et tous lu et entendu partout, le sommeil et le repos sont le secret d’à peu près tout : bonne santé, bien-être, performance, attention et j’en passe. On nous les rabâche sans relâche, ces fameuses 8 heures de sommeil réglementaires, minimum syndical d’une nuit réussie. Souvent, on ne peut pas se permettre ce privilège, tout simplement parce que notre engagement envers notre famille et/ou notre travail nous demandent beaucoup de temps éveillé-es. Beaucoup, parfois trop. Et nous, dans tout ça ?

Oui, le sommeil et le repos sont essentiels. Et il est utile de le répéter encore une fois. Non seulement le sommeil nous permet d’avoir une activité diurne normale, mais il est réparateur, et c’est là sa dimension la plus importante. 8 heures en moyenne par nuit sont nécessaires au cerveau humain pour se régénérer correctement. Certaines personnes ont besoin de plus, d’autres vont très bien à 6h30 ou 7h. Mais il est rare que l’on puisse descendre en dessous sans de sérieuses conséquences sur la santé.

Et quand il s’agit d’épuisement professionnel, le sommeil et le repos sont perturbés à l’extrême : il est fréquent qu’en situation de burnout, les malades aient des nuits agitées, décousues, voire des insomnies, le tout baigné dans une sensation que le sommeil n’est plus réparateur. Autour de nuits qui ne reposent plus et de matins de plus en plus durs, elles/ils tentent de caler des siestes en journée, dix minutes par-ci par-là histoire de tenir le coup l’après-midi, comptent les heures qui les séparent de leur lit, ou prennent parfois un vendredi après-midi en se disant “ça va me reposer”. Et il n’en est rien…

Quand on est en déficit de repos

Même si vous n’êtes pas en burnout, il est fort possible que vous constatiez de temps à autre des périodes où tout vous fatigue et rien ne vous repose, où il est impossible de vous sentir bien. Un épuisement peut parfois être passager, on a du mal à se remettre d’un changement d’heure, ou d’un gros projet qui nous a demandé beaucoup d’attention et d’heures supplémentaires. Mais il ne faut jamais ignorer ses signes !

Notre énergie quotidienne fonctionne comme une jauge de carburant : une fois vide, nous n’avons plus de quoi avancer. Il faut alors passer par une phase de repos et de nutrition. Il existe d’autres métaphores pour évoquer ce concept de réserve d’énergie pour la journée. Christine Miserandino parle de la “théorie des cuillères” pour traduire la notion de gestion de l’énergie au quotidien (plus d’informations dans cette vidéo). Au delà des deux exemples que je vous ai donné, traitant du handicap et de l’autisme, le burnout et l’épuisement sont des handicaps au quotidien qui modifient drastiquement la quantité d’énergie dont on dispose pour effectuer les tâches qui nous sont assignées ou gérer les émotions, dans la vie personnelle comme au travail. Et quand les réservoirs sont vides, il faut bien les remplir d’une manière ou d’une autre…

Sans une phase de restauration, tout est progressivement perturbé : l’appétit, l’attention et la concentration, l’état physique, la capacité de gestion des émotions, la capacité à se reposer et même la pousse des cheveux et des ongles. Hé oui ! La fatigue physique entraîne forcément une fatigue mentale : en déficit d’attention, on fait des erreurs et on oublie des choses. Les conséquences négatives ne se font généralement pas attendre, on se retrouve démotivé-e, démuni-e devant une accumulation de petits problèmes personnels comme professionnels dont on se serait bien passé-e.

Ces perturbations ont forcément de fortes répercussions sur notre vie. Souvent, nous avons tendance à faire passer notre travail en priorité, c’est donc sur la vie personnelle et sur notre temps seul-e ou en famille qu’on se retrouve obligé-e de grignoter. Notre entourage nous en veut, nous reproche de ne pas arriver à tout concilier, de ne pas lui consacrer assez de temps. On se sent coupable de ne plus avoir l’énergie pour voir les gens, on craint leur jugement à cause de ça, et on s’éloigne peu à peu de ceux qui nous font du bien et nous aident d’habitude à prendre du recul. On ne prend plus soin de soi, on ne prend plus le temps de faire des choses qui nous font du bien. Conséquence : on se retrouve encore plus fatigué-e, encore plus désarmé-e et culpabilisé-e face à cette fatigue qui ne veut décidément pas partir. Pire encore, on se creuse un déficit qu’il sera encore plus dur de rattraper par la suite, un peu comme un découvert bancaire qu’on ne finit pas de creuser.


Comme beaucoup de malades en épuisement professionnel, j’avais dépassé le “découvert autorisé” depuis bien longtemps. Le sommeil ne me reposait plus, je ne faisais qu’aggraver mon cas en tentant de “tenir le coup” à coups de gélules de plantes pour enfin réussir à dormir sans cauchemarder sur les problèmes du boulot, tout en me rendant bien compte que c’était inefficace. Jusqu’au jour où mon corps m’a complètement lâchée. Un matin, je n’ai pas physiquement pu me lever pour aller au travail. Mon esprit tentait d’y croire encore, mais lui aussi a dû se rendre à l’évidence. Je devais me reposer et rembourser toute l’énergie que j’avais dépensé à tort. Il m’a fallu 8 semaines entières pour retrouver des nuits de sommeil à peu près normales, épaulées par des siestes en journée, de la méditation et un traitement anxiolytique.

Soyez persuadé-e d’une chose : si vous mangez sur votre capital sommeil, il vous le rendra. En mal. En très mal.

Apprendre à se connaître

C’est un service que vous vous rendrez, un investissement sur le futur. Que vous alliez pas trop mal ou que vous vous sentiez déjà au fond du trou, je vous en conjure, prenez le temps d’apprendre à vous connaître. C’est indispensable. Avec les années et avec le burnout (et même grâce au burnout !), j’en suis venue à enfin m’écouter. Et je ne m’en serai jamais assez reconnaissante.

Si vous décidez de laisser un peu plus de place à vos sensations, vos émotions et vos douleurs, c’est tout une palette de messages à laquelle vous aurez accès. Des messages positifs, mais aussi des messages d’alerte, comme “cette situation ne me convient pas” ou “je suis allée trop loin aujourd’hui, je dois contrebalancer tout ce stress”. Si vous apprenez à lire vos réactions face à des faits ou des événements, vous serez plus à même de réagir de manière plus appropriée, sans panique et sans angoisse, en sachant anticiper les situations où vous vous sentirez partir trop loin, pour enfin apprendre à les éviter.

Apprendre à se connaître, c’est plus simple que vous ne le pensez : ça peut commencer par prendre le temps, quelques minutes par jour pas plus où on s’arrête et on s’écoute. C’est tout ! On écoute, tout simplement. Les douleurs, les émotions, les réactions de notre corps et de notre esprit face aux événements et aux choses.

Un exercice simple en quelques minutes : arrêtez la lecture de ce billet et regardez ailleurs, de préférence quelque part où il n’y a pas grand chose d’intéressant à voir (un mur vide, par exemple). Lentement, portez votre attention à votre corps. Fermez les yeux si vous vous sentez mieux comme ça mais c’est sujet à votre préférence, puis observez ce qui se passe dans votre corps, en commençant par le sommet du crâne, puis en descendant lentement, très lentement, comme si vous “scanniez” votre corps de haut en bas. Tête, visage, mâchoire, nuque… Puis épaules, trapèzes, dos, lombaires, estomac, intestins, hanches, jambes, genoux, chevilles, pieds… Ne cherchez à modifier quoi que ce soit, écoutez simplement ce qui se passe et notez. “Le dos va plutôt bien, l’estomac est noué, le genou gauche fait un peu mal, les pieds sont froids”. Juste cela. Juste écouter et noter, de manière objective. Rien qu’avec cet exercice, vous aurez restauré quelque chose d’essentiel : la relation entre votre esprit et votre corps. Reproduisez ce petit exercice autant de fois que vous le souhaitez, de préférence une fois par jour. Prenez rendez-vous avec vous-même : réapprenez à vous écouter avec bienveillance, et vous verrez que votre relation avec votre corps ne va que s’améliorer avec le temps.

Il arrive très souvent qu’on oublie tout simplement de s’écouter. Qu’on silencie nos petites douleurs, qu’on taise ce petit étourdissement ou cet état nauséeux. Et encore plus en situation d’épuisement professionnel, on se raccroche au rythme de la locomotive infernale lancée à pleine vitesse, pas le temps de s’attarder sur notre dos qui nous fait souffrir depuis des semaines. Mais je vous parle d’expérience : plus vous ignorez ces symptômes, plus votre corps va hurler fort, jusqu’au jour où vous ne pourrez plus ignorer ses cris, mais il est possible que vous soyez déjà trop loin dans la pente glissante du burnout.

Petite parenthèse : il arrive que nous soyons fâché-es avec notre corps depuis des années, voire toujours. Si l’idée de vous reconnecter à vos sensations vous perturbe, peut-être parce que vous avez une relation conflictuelle avec votre corps, vos sensations ou votre apparence physique, ou simplement parce que vous n’en avez pas l’habitude, prenez votre temps et ne vous imposez rien de traumatisant. Vous pouvez également vous faire assister par des professionnel-les : l’ostéopathie peut vous apporter une aide précieuse dans la reconnexion à vos sensations, dans la gestion des blocages et dans la sensation d’être en paix avec votre corps. Vous pouvez aussi jeter un œil du côté du yoga. Certes, cette discipline est très souvent citée comme solution miracle (à la fatigue, au burnout, et même au surpoids…), mais son principal avantage est qu’elle vous incite à créer des blocs de temps où vous n’avez qu’un seul objectif : écouter votre corps et faire attention à lui. Ce sont les 10, 20, 60 minutes de yoga que je m’octroie chaque jour ou presque qui m’offrent cet espace de dialogue avec moi-même et me permettent d’avoir un regard préventif sur les douleurs. Si vous ne savez pas par où commencer, allez voir cette vidéo (en anglais) et la liste de vidéos qui va avec. Encore une fois, le yoga ce n’est pas plus compliqué que “chercher ce qui vous fait du bien”. C’est tout :)

Une fois que vous aurez réappris à lire vos sensations physiques, vous pourrez vous atteler aux émotions : “tiens, je ressens de la colère.” Pour ensuite, au lieu de partir au quart de tour (et de faire quelque chose que vous allez regretter), prendre de la distance par rapport à cette émotion et vous demander “pourquoi de la colère maintenant ? Qu’est-ce qui l’a généré ? Que puis-je faire pour la calmer ?”. Il arrive que la réponse soit “ne plus participer à ces satanées conf-calls du vendredi avec le client”, parce qu’on se sent inutile et dévalorisé-e ou qu’on sent la frustration monter à mesure des minutes perdues à parler pour ne rien dire. Là aussi, il faut s’écouter. Si vous réagissez systématiquement chaque vendredi et que vous ramenez votre colère et votre frustration à la maison pour passer tout le week-end à les digérer en vous sentant mal, j’ai bien peur que vous ne deviez changer quelque chose dans votre organisation professionnelle… Ce qui nous amène à une notion qui pourra vous aider.

Les activités épuisantes VS les activités restauratrices

C’est en discutant avec une amie qui lance son activité de visual designer indépendante que nous en sommes venues à mettre des mots sur ce concept : notre quotidien est fait de deux types d’activités : celles qui fatiguent et celles qui réparent.

Nous nous devons d’apprendre à les distinguer. Certaines sont évidentes : aller chez le dentiste est épuisant pour vous si vous êtes mal à l’aise avec ça. Les entretiens d’embauche, les sessions de travail sous le stress d’une date de rendu, les examens, les longs voyages, les ascenseurs, les réunions avec certaines personnes, les tâches physiquement éprouvantes ou qui vous forcent à faire face à votre handicap, j’en passe.

Mais certaines activités épuisantes qui mangent sur votre énergie de la journée sont… agréables ! Et là, les choses se corsent. J’adore donner des cours et des conférences. J’aime énormément échanger et transmettre mon savoir, proposer une vision atypique aux gens qui m’écoutent et les inviter à réfléchir d’une manière différente. Cette activité, je la pensais régénératrice, mais je n’étais pas totalement dans le vrai. Je mène chaque intervention avec une grande passion et il me faut parfois plusieurs jours pour me remettre de cette dépense d’énergie, qui peut frapper avec un jour ou deux de délai. Je me retrouve alors amorphe, en panique car je n’arrive plus à faire quoi que ce soit au travail, même en me forçant. Même si sur le long terme, le contact avec les gens me nourrit l’esprit, il s’avère qu’il m’épuise avant tout, surtout depuis mon burnout.

Au contraire des activités épuisantes, il y a celles qui nous restaurent et nous réparent. Elles peuvent être différentes pour chacun-e d’entre nous. Là où la méditation restaure le corps et l’esprit de certain-es, d’autres personnes ressentiront de l’angoisse à l’idée de s’asseoir en silence. Là encore, c’est à vous de faire le travail de repérer ce qui vous répare ou pas. L’avantage de le savoir est très simple : quand vous savez que votre niveau d’énergie est trop bas, vous avez à votre portée des activités qui vous permettent de vous ressourcer à plus ou moins court terme. Marcher seul-e dans la rue avant de rentrer à la maison, dormir un dimanche entier, jardiner, ne rien faire devant la télé, manger un certain plat qui vous rappelle des sensations de votre enfance, créer des objets avec les mains, parler à un-e amie, danser sur de la musique très forte… Parfois, ça ne tient à rien, ça ne demande rien à part un peu de temps et de solitude. Comme vous aurez pris soin de noter ce qui vous fatigue, faites de même pour ce qui vous repose et vous répare le corps et l’esprit.

Avec un travail régulier sur moi-même, j’ai pris l’habitude de noter mes émotions et ai réussi à catégoriser mes activités du quotidien et à savoir combien de temps il me faut pour me remettre de celles qui me bouffent mon énergie. Cette habitude ne me prend que quelques secondes, le temps d’écouter consciemment comment je réagis à quelque chose et de noter dans ma tête “attention, activité épuisante !”. Rien de plus !

Et quand l’esprit ne s’arrête jamais ?

Petite parenthèse sur un phénomène qui arrive très souvent en période de fatigue ou d’épuisement. Je me souviens avoir vu passer sur Twitter le témoignage (en anglais) d’un médecin du sommeil. “Pourquoi dès que nous nous allongeons pour enfin dormir, notre esprit se met à ressasser tous les soucis du moment ?” Sa réponse était très intéressante : notre esprit a besoin de moments de réflexion afin de digérer ce qu’on lui fait vivre. Ce processus est normal, qui plus est en période de deuil ou de traumatisme. Si l’on se prive de ces moments seul-es avec nous-mêmes, parce qu’on n’a pas le temps ou qu’on ne veut pas se confronter à ces pensées, l’esprit trouvera la première occasion pour faire son travail. Et cette occasion sera forcément le pire moment de la journée, celui où l’on a vraiment besoin de se reposer ! Le médecin conseillait de se réserver quelques minutes, quelques petites et saines minutes loin des enfants, du patron, des passagers du bus, loin de tout physiquement ou mentalement, où on peut laisser notre esprit se balader où il veut et ressasser ce qui lui chante. Là aussi, il s’agit de prendre rendez-vous avec soi-même pour permettre au corps et à l’esprit de faire leur boulot.

Apprendre à planifier

Aujourd’hui, et au terme d’un travail qui a duré plus de 6 mois, je sais comment planifier mes journées en fonction de ce que je sais épuisant ou régénérant, pour éviter de devoir tout repousser le lendemain parce que je n’ai plus assez d’énergie pour gérer. C’est le dur prix à payer quand on se remet d’un burnout…

Apprenez à identifier ce qui vous épuise et soyez sans pitié : prévoyez absolument quelque chose de réparateur après une activité qui mange sur votre stock d’énergie, et prévoyez-le assez tôt. C’est essentiel, et à long terme ça a une énorme importance que d’apprendre à gérer son niveau d’énergie.

Mais comme pour l’exemple de “la conf-call de l’enfer du vendredi 17h,” il y a des activités épuisantes avec lesquelles vous allez devoir être implacable et qui vont devoir disparaître de votre vie. Car même avec toute la bonne volonté du monde et tous les aménagements possibles, vous ne pourrez pas vous permettre de bousiller tous vos week-ends à cause d’elles bien longtemps. Le burnout se nourrit de ces situations où nous nous efforçons de supporter l’insupportable, tout en grignotant sur nos réserves de précieuse énergie. À ce titre, la métaphore suivante prend tout son sens :

Son auteure, Winnie Lim, nous la décrit :

L’image à gauche décrit mon état récent : j’ai très envie d’accéder à l’autre côté du ravin, mais je m’entête à m’accrocher à la falaise pour ma sécurité, alors que je ferais mieux de choisir l’option plus difficile, plus risquée : faire acte de courage et sauter. Comme vous le voyez, se raccrocher à notre sécurité alors qu’on tente d’accéder à l’autre côté n’a en fait rien de sécurisant. Au delà de ne rien faire parce qu’on refuse de bouger de là où l’on est, cela demande plus d’énergie de s’accrocher à quelque chose en même temps qu’on cherche à en atteindre une autre. La réalité est la suivante : je vais rapidement m’épuiser à me maintenir au bord de la falaise et finirai par tomber […]. Alors que si je choisis de sauter, je risque de tomber, mais surtout d’accéder à ce que je veux.

Quand l’épuisement est tout ce que nous voyons de notre quotidien, quand il nous empêche d’avancer et affecte non seulement notre vie, notre entourage, mais aussi notre travail, il faut parfois faire l’effort de se rendre à l’évidence que sans changement, le repos n’arrivera pas. Beaucoup de gens qui ont témoigné dans cette communauté en ont fait l’expérience : c’est trop souvent un burnout, une chute brutale dans un état de non retour autant physique que mental, qui nous pousse à faire ce que nous ne nous saurions jamais résolu-es à faire avant : changer des choses dans notre vie pour arrêter l’hémorragie d’énergie et retrouver un peu de vitalité. Aucun changement n’arrive sans avoir fait l’effort d’abandonner quelque chose derrière nous.

Il y a des choses que je ne peux plus faire. Je ne peux plus, point. C’est comme ça, et au lieu de ME pousser à les faire, contre mon gré et contre tous les signaux que m’envoient mon corps et mon esprit, pour finalement finir épuisée et incapable d’assurer les tâches qui me plaisent, j’ai simplement accepté ce fait et ai adapté ma vie en fonction. Activités ou des personnes dans mon entourage, j’ai coupé court à ce qui m’épuisait le plus. C’est parfois la seule solution pour s’en sortir.

Ré-apprenez à vous reposer

Lorsque mon médecin m’a mis en arrêt maladie pour la première fois, je me suis retrouvée paniquée dans mon appartement, à tourner en rond comme un lion en cage. Je ne savais plus me reposer et rester immobile à un endroit plus de quelques secondes. L’idée même de faire une sieste m’angoissait et me culpabilisait, alors que j’étais pourtant épuisée, dans les derniers retranchements de ma force physique. Il a fallu que je ré-apprenne l’immobilité et l’oisiveté, que je ré-apprenne à trouver suffisamment de paix intérieure pour ne pas culpabiliser à faire ce que mon corps me demandait à cors et à cris : me reposer.

Peut-être en êtes-vous là, à culpabiliser de passer un dimanche soir devant Netflix ou à ne pas oser prendre 10mn au travail pour faire la sieste entre deux déplacements, et quand vous le faites, vous sentir totalement angoissé-e parce que quelque chose va se passer et vous allez forcément le louper. Un des exercices les plus délicats est de retrouver votre confiance en vous, votre légitimité et votre intégrité face au repos : vous y avez droit.

Et quand je dis que vous y avez droit, c’est que le gouvernement français a inscrit le droit à la déconnexion dans la loi, c’est peu dire. Le code du travail réglemente précisément les conditions de repos après le travail et le nombre d’heures minimum qui vous sont octroyées, je vous invite à consulter votre convention collective (disponible sur demande à votre département RH ou administratif, même dans les petites entreprises).

Vous avez le droit de vous sentir fatigué-e, épuisé-e, et à demander deux jours de congés payés pour reprendre le dessus. Vous avez le droit d’aller voir votre médecin et de lui dire que vous n’en pouvez plus. Être en arrêt maladie pour épuisement professionnel n’est pas une honte. En tout cas, ça ne devrait plus l’être.

Bonus : les choses à bannir à tout prix

Si vous voulez préserver votre capital santé et repos, vous devrez vous débarrasser de certaines mauvaises habitudes. Dites-vous que c’est pour votre bien ! Si vous vous retrouvez forcé-e dans l’une de ces situations, soyez alors conscient-e que vous devrez absolument compenser par la suite avec du repos ou une activité restauratrice.

Les repas devant l’ordinateur / au téléphone / debout / etc

L’attention ne peut être portée que sur une seule chose à la fois. Si vous mangez en faisant autre chose, dans une position inhabituelle, en étant concentré-e sur autre chose, votre cerveau aura autant de mal à assimiler la nourriture que votre estomac. Apprenez à manger “en conscience”, en faisant attention à votre nourriture, à sa texture, son apparence. Aidez votre cerveau à comprendre que vous faites une pause en mangeant assis-e, si possible dans un endroit plus calme. Mangez lentement : savourez les bouchées et apprenez à différencier les goûts. Pour certaines personnes, la pause repas n’est qu’une perte de temps dans le programme et on doit s’en débarrasser comme d’une tâche. Tout faux : notre cerveau a besoin de faire une pause tout comme notre corps a besoin de nutriments. S’il vous arrive même d’oublier ce que vous avez mangé à midi, faites un petit effort : la prochaine fois, éteignez votre écran, quittez la rame de métro, asseyez-vous sur un banc public et concentrez-vous sur votre nourriture pendant quelques minutes. Vous verrez la différence !

Les “charrettes” plus de 3 jours de suite

Certes, il existe bien des situations où il faut “donner un coup de collier”. C’est encore plus vrai quand on est à son compte ou que l’on est impliqué-e personnellement dans un projet. Sauf que le corps et l’esprit ne peuvent encaisser qu’un nombre limité d’activités épuisantes. Trois jours de suite, c’est la sonnette d’alarme qui doit retentir dans votre tête : ménagez-vous quelques jours où vous n’aurez sur votre agenda que des choses qui vous réparent. Ça peut être des choses liées au travail, du moment que vous retrouviez des éléments qui vous réparent : calme, activité constructive ou répétitive… Encore une fois, à vous d’apprendre à reconnaître ce qui vous fait du bien. Et la loi est avec vous si votre employeur vous impose des charrettes de plus en plus fréquentes et de plus en plus longues. Et si ce dernier vous évince car vous refusez d’accepter les heures supplémentaires qu’il vous impose, il est peut-être temps que cet employeur ne profite plus de votre travail…

Les rendez-vous où vous vous poussez à vous rendre

Mon existence a littéralement changé le jour où je fus témoin d’une discussion tout à fait commune entre deux amies : la première demande à la seconde : “que fais-tu mardi soir prochain ?”. Et l’autre de répondre “mardi soir prochain ? Je ne suis pas disponible”. Dans ma tête, une mini-révolution : j’étais totalement admirative de mon amie qui avait répondu, dans une totale décontraction, qu’elle n’était simplement pas disponible pour sortir. Le tout sans se justifier. Je repensai alors à toutes ces occasions où je me savais épuisée, pas dans le bon état d’esprit, où je savais que j’allais devoir courir pour tout faire rentrer et où j’acceptais tout de même les invitations. Le jour venu, je me poussais, je levais les yeux au ciel en me demandant pourquoi, POURQUOI j’avais dit oui en sachant pertinemment que j’aurais le moral dans les chaussettes ou que j’aurais du mal à supporter les discussions épuisantes avec cette personne. Parfois, il faut savoir refuser. Il faut savoir dire, sans culpabiliser et en toute franchise, qu’on ne peut pas se joindre à une soirée ou un déjeuner. Vous avez le droit d’être fatigué-e, de vouloir prendre un peu de temps pour vous ou pour vos proches, et ça ne dénaturera en rien la relation que vous avez avec la personne. Et si toutefois ça la dénaturait, posez-vous des questions quant à cette relation… Si vous avez du mal à simplement dire “non désolée, je ne pourrai pas sortir demain soir”, cette saine lecture peut vous y aider. Et gardez en tête que certaines personnes, malgré leur gentillesse, peuvent être simplement toxiques pour vous et votre équilibre.

C’est à vous !

La communauté “Burnout : rallumons la flamme !” est animée par deux personnes ayant vécu des expériences de burnout au plus profond de leur corps et de leur esprit. Néanmoins, du haut de notre expérience, nous ne pouvons ni ressentir les choses à votre place, ni vous donner les solutions à vos problèmes. Chaque cas est spécifique, chaque personne est unique. Il convient à chacune et chacun de faire sa propre expérience de son corps et de son chemin personnel.

Sachez tout de même que certaines vérités valent pour toutes et tous :

  • Personne ne se reposera à votre place, c’est une certitude. Si vous ne prenez pas votre repos en main, personne ne pourra le faire pour vous.
  • La dette de sommeil est plus longue à payer qu’à prendre. Plus vous creuserez le déficit et plus il vous faudra de temps pour vous réparer, et cela peut prendre des mois.
  • Prenez l’habitude de vous écouter, physiquement et mentalement, au moins une fois par jour. Faites l’état des lieux de vos sensations et de vos émotions.
  • Petit à petit, nettoyez votre environnement de ce qui est toxique pour vous. Pas tout en même temps, vous pouvez commencer très petit, le tout est de commencer :) Vous verrez très vite les résultats de votre nettoyage et votre vie n’en sera que meilleure, débarrassée de tensions inutiles qui vous ralentissaient.

En un mot : prenez soin de vous !

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