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Accumuler de la richesse ne servira à rien sur une planète morte.

Le système actuel, basé sur l’accumulation, nous a placés dans une dynamique de destruction de la vie. Les crises écologiques, sanitaires, économiques, sociales et politiques récentes nous montrent que ce système a atteint ses limites. Les richesses et produits que nous accumulons ne nous serviront à rien sur une Planète morte, mais il n’y a pas de fatalité : la prise de conscience est de plus en plus forte et les efforts de transformation démarrent. À nous d’accélérer et de construire l’avenir !

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Markus Spiske | Unsplash

Le système actuel est basé sur l’accumulation.

Le système économique actuel est basé sur la recherche de profit à court/moyen terme et sur l’accumulation de richesses. Par crainte de manquer, nous épargnons. Ce sont les fondements du capitalisme : accroitre le capital.

Dans cette course à l’accumulation, l’Homme est au service de l’économie. Comme le dit Nigel Marsh : « souvent, les gens travaillent de longues et dures heures dans des jobs qu’ils détestent, pour gagner de l’argent afin de s’acheter des choses dont ils n’ont pas besoin, pour impressionner des gens qu’ils n’aiment pas » !

Nous sommes dans une dynamique de destruction de la vie.

En satisfaisant nos abus de consommation et de production, nous sommes en train de détruire les conditions d’habitabilité de la Planète.

Entre 2008 et 2016, plus de 20 millions de personnes ont dû fuir leur foyer chaque année à cause de conditions climatiques devenues extrêmes. En 2017, ce sont 40 millions de personnes qui ont dû fuir, soit quatre fois plus que les populations touchées par des conflits armés (par exemple 4 millions de Syriens depuis le début de la guerre en 2011). Certains analystes prédisent que les canicules pourraient faire 150 000 morts par an en 2100 contre 3 000 aujourd’hui et que la carte du monde pourrait être refaçonnée de manière dramatique.

L’avancée et la consommation croissante de technologies risque d’entrainer des pénuries de matières premières. Le pétrole n’est plus la seule matière en régression. Certains autres matériaux, notamment utilisés pour construire des ordinateurs, téléphones ou puces électroniques, sont voués à l’épuisement si l’on continue les niveaux actuels d’extraction. Le cuivre, le zinc, le nickel, l’aluminium, le cobalt et le lithium sont aujourd’hui en risque. L’ADEME analyse que certaines pénuries pourraient survenir dans les 10 prochaines années.

Le Jour du dépassement, calculé par l’ONG américaine Global Footprint Network et représentant la date à partir de laquelle l’humanité a consommé l’ensemble des ressources que la planète sait régénérer en une année, ne cesse de se rapprocher, à une vitesse de plus en plus rapide. Ce jour était fixé au 29 décembre en 1970. En 1990, il était au 7 décembre. Les années 2000 ont marqué une accélération : 1er novembre en 2000, 21 août en 2008, 1er août en 2018.

Les ressources de la planète sont limitées. Nous devons prendre conscience que l’Homme et son activité ne peuvent pas croitre de manière infinie dans un monde limité. Nous devons arrêter de voir la Planète et la Nature comme une matière première. C’est avant tout notre habitat.

Le système mondialisé achève de montrer ses limites.

Le système actuel termine de montrer ses limites en entraînant le Monde dans une crise écologique majeure, en accroissant les inégalités, en bloquant la mobilité sociale et en focalisant l’investissement et l’innovation sur le court terme.

Les crises successives récentes (crise des subprimes en 2006, crise obligataire en 2010, pandémie Covid-19 en 2020) ont montré que le système mondialisé présente non seulement des limites, mais également des risques : propagation planétaire des crises dans des délais très courts, systématisation des risques et compétition exacerbée pour tenir son rang, entraînant des difficultés diplomatiques entre États, voire des conflits.

Face à une crise d’ampleur, ce système a une résilience extrêmement faible. Les circuits financiers s’écroulent rapidement, entraînant souvent l’économie réelle dans leur chute. Le chômage augmente de manière massive en quelques semaines et les faillites d’entreprises se font nombreuses. La crise du Covid-19 a soulevé des problèmes de souveraineté des États en cas de stress d’approvisionnement en matériels stratégiques et des difficultés majeures pour les systèmes de santé et de protection sociale.

A chaque crise, la solution principale consiste à mettre ce système mondialisé sous perfusion : politiques de Quantitative Easing, baisse des taux d’intérêts jusqu’à des valeurs parfois négatives, endettement massif et non contrôlé des États pour financer des plans de relance ou éviter des faillites d’entreprises.

Les délais courts entre chaque crise depuis le début des années 2000 font que ces solutions deviennent la norme. Les systèmes financiers et économiques, ainsi que certaines entreprises, restent sous perfusion de manière permanente, créant un biais structurel dans la lecture et l’analyse de leurs fondamentaux.

Et à chaque nouvelle crise, le champ des solutions possibles pour les gouvernements est de plus en plus restreint.

Nous entraînons le Monde dans une crise écologique majeure.

Au XIVe siècle, une surpopulation humaine par rapport aux capacités de charge de la Planète à l’époque et le virus de la peste bubonique diffusé par les échanges maritimes et le développement urbain, ont entraîné la disparition d’un tiers de la population européenne. Cette vague massive de décès dans un laps de temps court a permis un réajustement de la capacité de charge et l’amélioration des techniques de production.

Outre les ressemblances entre la pandémie Covid-19 et la Grande Peste de 1346, nous observons actuellement l’ensemble des facteurs favorisant une crise écologique majeure selon les critères avancés par les Scientifiques : évolution atmosphérique, dégradation voire disparition de certains habitats, dégradation de la disponibilité et de la qualité de l’eau, augmentation du nombre de déchets, modification d’écosystèmes avec l’arrivée d’espèces non-endémiques, rythme soutenu de disparition des espèces et récurrence des crises sanitaires.

Les Scientifiques s’accordent sur le fait que l’ensemble de ces facteurs sont largement favorisés par l’activité humaine et corollairement, économique. Outre les crises sanitaires, les conséquences sont un réchauffement climatique qui pourrait dépasser les +2°C supportables, le dépassement de la capacité de charge de la Planète par rapport à sa population et une crise énergétique latente, mais majeure.

Il est admis scientifiquement que sans changement de mode de vie à court terme et à échelle mondiale, permettant un progrès scientifique à long terme, cette crise écologique aboutira à des ruptures de chaines alimentaires, à des conflits sociaux sans précédent, voire à des guerres.

Ce système d’accumulation accroit les inégalités et bloque la mobilité sociale.

Selon un rapport de l’ONU du 21 janvier 2020, la hausse des inégalités affecte plus des deux tiers de la Planète. L’introduction de cette étude est : “plus de 70% de la population de la Planète est confrontée à une augmentation des inégalités, ce qui exacerbe les risques de divisions et entrave le développement économique et social”.

Les 1% les plus riches se sont enrichis entre 1990 et 2015 tandis que les 40% les plus pauvres se sont encore appauvris. Ce phénomène accroit les disparités d’accès à l’emploi, aux soins, à l’éducation, à la culture et à la technologie. Dans un tel modèle, les personnes en situation de pauvreté ont quasiment toutes les chances d’y rester bloquées et ce, pour plusieurs générations.

Un des éléments affectant cette augmentation des inégalités est la crise climatique : les populations les plus vulnérables en sont les premières victimes et les pays les plus pauvres se paupérisent encore davantage par manque d’accès aux ressources.

Un deuxième élément est l’urbanisation de la Planète. Elle crée une hypercentralisation du développement économique au détriment des régions rurales, pourtant indispensables à la croissance et notamment, à l’agriculture. En parallèle, elle accentue le ressenti d’inégalité en mettant riches et pauvres côte-à-côte, facilitant les conflits sociaux.

Le troisième élément est la migration internationale, dans la mesure où elle concerne principalement des emplois peu qualifiés qu’un nombre plus important de personnes se disputent, générant mécaniquement des baisses de salaires et une augmentation du chômage.

L’investissement et le progrès technique restent trop focalisés sur le court terme.

L’innovation technologique est nécessaire à la croissance et aux réponses à apporter aux challenges actuels de la Planète. Mais paradoxalement, elle accroit les inégalités.

L’innovation actuelle génère un nombre important d’opportunités dans les domaines de l’éducation, de la santé, de la culture, de la finance, de la communication ou de la productivité. Cela offre de fortes perspectives de croissance économique et apporte certaines solutions aux problèmes actuels. En revanche, si ces innovations en biotechnologie, intelligence artificielle, machines apprenantes, génétique, robotisation… créent de nouveaux emplois, elles détruisent également des catégories entières d’emplois peu qualifiés, privant ainsi les populations les plus vulnérables d’opportunités devenues déjà rares.

Les entreprises ou startups à l’origine de ces innovations sont soumises aux lois du marché et à l’organisation économique actuelle. Si nous observons l’émergence de fonds à impact, les investisseurs traditionnels demandent encore en moyenne un taux de rendement interne (TRI) de 10% voire de 26% pour les plus performants. Les Venture Capitalists ayant comme objectif qu’environ un dixième des entreprises investies génèrent cette rentabilité, cela contraint les sociétés innovantes à ne plus avoir qu’un objectif majeur : la rentabilité. Souvent, au détriment de l’impact.

A court et moyen termes, l’innovation, en plus de détruire des emplois ne crée, par construction du modèle actuel, qu’une infime proportion d’impact au bénéfice de la performance financière. Amoindrissant par là-même la probabilité d’impact à long terme.

Mais, il n’y a pas de fatalité.

Nous avons un Monde à reconstruire, de nouveaux modèles à mettre en place, respectueux des limites de la Planète.

La prise de conscience que nos accumulations de richesses ou de produits ne nous seront d’aucune utilité sur une Planète morte est de plus en plus forte. Les efforts de transformations démarrent. Nous devons accélérer le rythme et moins compter sur les gouvernements dont la marge de manœuvre est limitée.

À nous, citoyens, entrepreneurs, de nous lever, de nous rassembler, et de construire l’avenir !

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Arnaud Rioche

Arnaud Rioche

Entrepreneur. Catalyst. Consultant.

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