c4sense
Published in

c4sense

Pour générer un impact durable, il faut les moyens de le financer.

La génération d’impact positif pour le Monde devient une cause commune à de nombreuses entreprises. Les études récentes montrent que les entreprises ayant une raison d’être vertueuse affichent de meilleures performances économiques. La création d’une économie d’impact n’implique pas le rejet pur et simple du capitalisme, mais une évolution de ce dernier pour mieux intégrer les limites de la Planète et les enjeux écologiques, sociaux et sociétaux. Générer un impact positif nécessite des moyens et la mesure de la performance des entreprises nécessite de faire évoluer la notion de valeur : créer de la richesse est essentiel, mais doit être raisonné et mis en regard de l’impact généré.

Read in English.

Nadir sYzYgY | Unsplash

Une mission commune émerge dans de nombreuses entreprises : générer de l’impact positif pour le Monde.

Cette mission d’amélioration ou de protection du Monde n’est quelque chose de nouveau. Elle a été longtemps l’apanage du clergé, puis du monde associatif. Ce qui est plus récent, c’est l’essor des initiatives dites “Impact” par des entités économiques à but lucratif. Cet essor est lié à une prise de conscience de l’augmentation des inégalités, de la crise climatique et du fait que l’activité humaine produit par défaut un impact négatif sur la Planète.

De nouveaux instruments financiers (Social Bonds, Green Bonds…) ou juridiques (PPP…) ont démarré la mise en place d’une économie à impact. En France, la Loi sur l’Économie Sociale et Solidaire a fixé un cadre législatif.

Si beaucoup d’entreprises sociales et solidaires produisent de l’impact positif, très nombreuses sont celles qui peinent à produire de la richesse économique et ne survivent que grâce aux dons et subventions. En revanche, sous l’impulsion de startups et d’une niche de la Finance, de nouveaux business models voient le jour et génèrent autant voire plus de performance financière que les entreprises traditionnelles. Par exemple, la résilience des fonds ISR ou Impact face aux baisses brutales des marchés financiers est bien supérieure à celle des autres types de fonds.

Les entreprises ayant une raison d’être ont une meilleure performance économique.

Jusque récemment, les études s’interrogeant sur les raisons pour lesquelles certaines entreprises maintenaient de fortes croissances sur une période assez longue, identifiaient qu’elles poursuivaient l’un ou l’autre de trois types de stratégie : 1) la conquête de nouveaux marchés, 2) l’élargissement de leur offre de produits ou de services ou 3) le changement de certaines règles du jeu dans leur marché principal.

Des nouvelles études sur les entreprises en forte croissance ont mis en avant un nouveau facteur explicatif de cette croissance : la raison d’être et la poursuite d’une mission. S’il n’est pas nouveau qu’inclure une raison d’être dans sa stratégie permet d’accroitre le bien-être de ses salariés, de contribuer à la communauté, d’aider à la préservation de l’environnement et même parfois, d’améliorer ses coûts en se concentrant sur ce qui est important, il commence à être montré qu’elle permet également de générer une croissance durable.

La raison d’être est facteur de croissance parce qu’elle permet tout d’abord de tisser des liens plus forts avec ses parties prenantes. Tout le monde comprend le “pourquoi”. Il est ainsi plus facile de créer des relations de partenariat avec ses clients ou avec ses fournisseurs et d’améliorer leur loyauté vis-à-vis de l’entreprise.

Également, dans un marché concurrentiel dans lequel beaucoup d’acteurs sont en compétition pour conserver leurs parts de marché, la raison d’être permet de réfléchir autrement, de penser “écosystème” et de conserver un alignement avec l’objectif. Cela aide à trouver des solutions plus innovantes et plus efficaces, quitte à redéfinir les règles du jeu.

Plus qu’un concept proche du marketing ou de la communication interne, la définition d’une mission pour l’entreprise devient un enjeu économique et stratégique. La raison d’être devient un moteur reconnu de performance économique et financière.

Ne pas rejeter le capitalisme, mais le réinventer.

Il est souvent dit que la motivation de l’entrepreneur à impact est l’intérêt général, avec un modèle suffisamment rentable pour financer la génération d’impact, mais pas de s’enrichir soit même.

Créer une énième licorne parce qu’un fonds d’investissement a payé 300M€ pour acquérir 30% du capital d’une société ne générant pas encore de chiffre d’affaires ne devrait effectivement être l’objectif d’aucun entrepreneur.

En revanche, un entrepreneur prend des risques et tout risque doit avoir une rémunération en contrepartie. La création de richesse doit être raisonnable, mais elle doit être présente. Il est possible d’allier génération d’impact et création de valeur économique et financière.

Une entreprise à impact reste une entreprise : elle doit s’appuyer sur un modèle économique pérenne et profitable. Au quotidien, elle doit gérer ses offres, ses équipes, ses cashflows, ses dépenses de Marketing… et générer de l’impact nécessite les moyens de financer les actions qui créeront de l’impact.

Une entreprise dite traditionnelle peut également générer de l’impact : en réallouant une partie de son cash vers des investissements vertueux, en organisant des pivots vers des produits écoresponsables, en intégrant des sujets sociaux et sociétaux dans son organisation ou en portant une meilleure attention à la finalité de ses produits ou services.

Le rejet total du capitalisme n’est pas une solution viable. Notre enjeu est de faire évoluer le capitalisme pour le rendre plus humain, plus respectueux et pour lui imposer les limites que notre Planète elle-même impose.

Comme le disaient Nicole Notat et Jean-Dominique Sénard en mars 2018 : « Si l’économie sociale et solidaire a constitué une troisième voie entre l’action publique et l’économie de marché, il semble qu’une autre voie puisse se dessiner, celle d’une économie responsable, parvenant à concilier le but lucratif et la prise en compte des impacts sociaux et environnementaux ».

Vers une évolution du concept de création de valeur.

Les sujets liés à l’évolution de la notion de création de valeur émergent depuis quelques années. On commence à se dire que la mission d’une entreprise n’est pas uniquement de maximiser la rémunération des actionnaires à court terme. Une entreprise peut avoir du sens, un pourquoi, une mission (loi Pacte).

La valeur peut avoir d’autres définitions que le Net Ebit et les dividendes. « La performance financière est essentielle mais elle doit désormais composer avec l’impact environnemental, social et sociétal » (EDHEC Value Creation Center). Le concept de création de valeur doit évoluer pour mesurer l’impact au-delà des simples indicateurs financiers.

Cela se traduit par l’émergence de nouveaux modèles d’entreprises (ESS, sociale, engagée, à impact…) et de nouveaux modèles d’affaires (traditionnel, hybride, social, etc.).

La mission est un moteur de performance financière lorsqu’elle est couplée à une réelle stratégie d’entreprise visant à créer une richesse raisonnable en satisfaisant des besoins réels, sous contrainte de respect des limites de la Planète et des dimensions sociales et sociétales.

Dans une économie d’impact, la valeur combine à la fois la création de richesse et la génération d’un impact positif sur les dimensions sociales, écologiques et sociétales.

L’enjeu est maintenant de continuer de développer cette économie à impact tout en conservant sa mission de génération d’impact positif dans le temps. Et donc, de conserver le “pourquoi” au centre de nos stratégies et de rechercher une performance financière raisonnée et raisonnable, sans retomber dans nos modèles par défaut.

--

--

C4SENSE IS AN IMPACT STUDIO COMMITTED TO BUILDING A RESPONSIBLE ECONOMY.

Get the Medium app

A button that says 'Download on the App Store', and if clicked it will lead you to the iOS App store
A button that says 'Get it on, Google Play', and if clicked it will lead you to the Google Play store