Vers une immatérialité des interfaces ?

Ces dernières années, la tendance est de simplifier au maximum les interfaces de nos objets connectés, le futur nous réserve t-il la disparition des d’interfaces tangibles?


Le septième art, source d’inspiration ?

Nous avons tous déjà été impressionnés par les interfaces futuristes que peuvent nous montrer certains films de science fiction. En 1966, 2001 l’odyssée de l’espace a été l’un des premiers film à nous présenter un robot intelligent avec lequel il était possible de converser sans passer par la moindre interface matérielle. Cette idée de robot intelligent a ensuite été exploité dans de nombreux films de Science Fiction sans jamais imaginé que cela serait possible un jour. Une autre forte tendance a été l’hologramme et ses dérivés tels les surfaces et tables interactives nous permettant d’interagir avec des projections holographiques. Nous nous rappelons tous du jeu d’échec que nous avons vu en 1977 dans Star Wars où les pions ont été remplacé par des hologrammes se déplaçant tout seul où encore l’hologramme de la merveilleuse princesse Leia appelant au secours. Des films plus récents nous ont présentés de nombreuses surfaces holographiques interactives tel que Avatar, Minority Report ou encore Iron Man. Encore une fois, ces technologies permettaient de ne plus avoir à interagir avec des objets tangibles. Le septième art a toujours été une source d’inspiration pour les ingénieurs et designers d’interfaces voulant participer au progrès technologique en terme d’interaction homme-machine. Lesquelles de ces technologies, inimaginables il y a quelques années, pouvons nous retrouver aujourd’hui dans notre quotidien ?


Les tendances d’aujourd’hui

Aujourd’hui, nous n’en sommes pas encore à dématérialiser les interfaces de nos objets connectés. Cependant, certaines technologies sorties ces dernières années peuvent nous faire penser que ce sera bientôt le nouveau défi des designers d’interfaces des startups. L’enjeu sera donc de travailler sur des prototypes d’interfaces non tangibles.

La voix

L’expérience qui a évolué le plus rapidement ces dernières années est la voix, notamment grâce à l’intelligence artificielle et la mise en réseau des datas de façon exponentielle.

L’une des technologies avancées que l’on connaît bien est le pilotage d’objet par la voix, comme Siri intégré dans l’Iphone, on peut ici dicter à notre smartphone ce qu’il doit rechercher ou effectué mais on trouve aussi des prototypes peu connu du grand public comme Ili, un système portable de traduction en temps réel. Conséquence de ce type d’interface, il faut apporter un feedback utilisateur, qui soit sonore ou visuel ou encore même vibratoire…

L’hologramme

Un autre type d’expérience qu’il y a encore quelques années semblait être de la science-fiction, les hologrammes. En effet, nous n’aurions jamais pensé utiliser certaines de ces interfaces holographiques qui sont aujourd’hui d’actualité. Nous avons pû voir lors des présidentielles 2017, durant un meeting un candidat exprimer son discours dans deux lieux différents, mais synchroniquement grâce à un hologramme, une interface bien connu et de plus en plus utilisée, nous avons pu retrouver récemment des hologrammes aussi sur M6 lors du journal de 12h ou de 20h, ou des personnalités étaient présente sur le plateau grâce à cette innovation, ce qui permet de rendre l’échange réel.

La gestuelle

La gestuelle est une autre forme d’interaction immatérielle. Le MIT à proposer un exemple très intéressant avec leur prototype MIT Tangible Media, une table qui à pour apparence une table d’argile vivante, qui change en trois dimensions de forme, ce qui permet aux utilisateurs d’interagir avec le contenu numérique dans l’espace qui lui est dédié. Créé par Daniel Leithinger et Sean Follmer et supervisé par le professeur Hiroshi Ishii, ils ont mit au point une technologie capable de retranscrire nos mouvement qui se nomme inFORM, avec ses «broches» qui sont reliées à un moteur contrôlé par un ordinateur portable situé à proximité, on peut non seulement déplacer les broches pour rendre le contenu numérique physique, mais on peut également faire bouger des objets réels interagissant avec sa surface grâce aux capteurs de mouvement et un Microsoft Kinect modifié pour ce fonctionnement.

On retrouve aussi Soli dans cette catégorie, ou une interface est aussi nécessaire mais ici pour un back up utilisateur “son, lumière, vibration”, pour que l’on puisse se repérer et comprendre que la manipulation à était effectuée, grâce à une puce radar nouvelle génération, qui permet de capter les mouvements ultra-précisément, on pourrait retrouver cette technologie dans nos objets du quotidien, smartphone, station de radio, ou bien même dans une montre connectée, on pourrait ainsi contrôler des actions au sein des machines par de simples mouvements, la taille de cette puce équivaut à une carte SD, ce qui est très petit, et peut donc s’adapter très facilement à nos objets connectés.

Pour finir il existe des objets connectés encore sous forme de prototype comme Nuimo une technologie qui permet de simplifier la vie de ses usagers. Il permet de contrôler la luminosité de sa maison, de pouvoir verrouiller ou non sa porte d’entrée, de pouvoir également contrôler sa musique instantanément, grâce un hologramme et de simple geste, l’objet peut également servir de compte à rebours ou de chronomètre, et pourra s’adapter dans quelques années à d’autre fonction simple mais très efficace qui changera notre quotidien.

Commander les appareils de sa maison grâce à de simples gestes ? Ce fantasme, qui rappelle le film Iron Man, deviendra bientôt possible grâce aux nouveaux capteurs de mouvements (le but étant de nous simplifier, faciliter la vie). On retrouve déjà cette technologie dans les jeux vidéos tel que la Playstation Move mais aussi le Virtuix Omni un “tapis” omnidirectionnel qui permet de se diriger dans les jeux vidéos combiné avec l’Oculus Rift, il est maintenant possible d’être complètement immergé dans le jeux vidéo (gestuellement, visuellement, etc).

Quelles problématiques?

Le danger de ces technologies futuristes repose peut-être sur un point de vue psychologique, et notamment la dépendance des utilisateurs qui utiliseront ces technologies, si du jour au lendemain, elle ne marcheraient plus, quel serait l’impact ? On voit de nos jours, que la moindre panne d’électricité, ou même d’eau etc, à une impact considérable sur la population car l’humain se repose sur ce qu’il a acquis et en a oublié l’essentiel. Certes ces objets sont conçus pour nous simplifier la vie, mais en parallèle, nous rendent dépendant, comment éviter cela ? Comment favoriser la résilience et devenir autonome?

Aujourd’hui le métier de designer bouge énormément, il y a des réflexions faites à ce sujet, quel serait l’avenir de ce métier ? Et ses enjeux ?

Et en effet les nouveaux enjeux de ce métier pourrait être une nouvelle façon de voir le design, ce ne serait plus du design graphique, en ayant une réflexion sur les interfaces visuelles, les interface user etc, mais il deviendrait des designers de service, en étudiant les gestes du quotidien des humains, pour essayer de les faire correspondre au mieux aux besoins des utilisateurs et donc ainsi les piloter de façon adaptée, cela rendrait les manipulations plus fluides, et plus naturelles, un enjeu majeur dans ce milieu où tout bouge à une vitesse phénoménale.


La vue et la pensée, les tendances de demain

La réalité augmentée

La réalité augmentée est une technologie qui se démocratise de plus en plus de nos jours. Demain elle nous permettra d’accéder à un monde composé d’images virtuelles personnalisées et avec lesquelles nous pourront interagir. C’est exactement ce que Microsoft est en train de développer avec les lunettes Hololens qui permettent d’ajouter en transparence des images virtuelles à notre monde réel et d’interagir avec elles. Les interfaces restent identiques à ce que nous pouvons voir aujourd’hui, les designers d’interfaces ne seront donc pas vraiment impactés par cette nouvelle technologie. En revanche, c’est au niveau du design d’interaction qu’un bouleversement se crée. Il faudra désormais réfléchir à comment interagir avec une interface non tangible tout en restant conscient du monde réel qui nous entoure. Pour le moment, les lunettes nécessaires reste imposantes mais pourront évoluer avec le temps et finir par ressembler à des lunettes de vue. Un autre problème qui pourrait se poser est le fait que l’utilisateur pourrait ne plus réussir à distinguer le monde réel des images virtuelles.

Ce problème ne se posera plus dans quelques années. Les interfaces ne seront ni matérielles, ni virtuelles, mais se trouveront probablement directement dans notre esprit.

La pensée

Ne plus avoir qu’à penser à une action pour voir celle ci se réaliser est une chose que nous voudrions tous pouvoir faire, bien que celle ci paraît irréalisable. Certaines start up ne sont pas de cet avis. En effet, par l’intermédiaire de casques neurocognitifs, certains ingénieurs ont d’abord commencé à vouloir faire bouger des objets grâce à la pensée. Cela ne s’est pas arrêté là, des projets permettant de contrôler sa maison avec la même technologie commence à voir le jour. Le casque de Tan Le est l’exemple de casque le plus connu, qui permet de faire bouger un objet virtuel uniquement par la pensée. L’entreprise Emotiv, qui est spécialisée dans la création d’appareils et de programmes se basant majoritairement sur une utilisation neuronale nous permet de déplacer des objets uniquement par le pensée. La dernière étape est de pouvoir contrôler n’importe quel objet connecté grâce à la pensée quand on le veut. La technologie n’est pas encore au point et le matériel nécessaire plutôt encombrant, mais quelle avancée dans nos interactions avec le monde qui nous entoure. Cette avancée posera cependant d’autres problématiques. Depuis le début de notre rapport avec les machines, chaque actions que nous faisions nous rendait un feedback. En effet que ce soit une sensation au toucher, un son ou un retour lumineux, nous étions bien certains d’avoir réaliser cette action. Mais comment cela pourrait se caractériser dans notre tête ? Nous pouvons imaginer que si nous arrivons à envoyer des informations à ce qui nous entoure par la pensée, le processus pourra se faire dans le sens inverse et donc la réception de feedback sur nos actions sera possible. Mais quelle forme prendrait ce retour ? C’est une question à laquelle chacun aura sa réponse. Il faudra envisager une personnalisation permettant à chacun d’avoir celui qu’il veut.


Pour conclure

Les interfaces nous permettant d’interagir avec les objets qui nous entourent tendent donc à se dématérialiser. Ces interactions finiront peut être par être directement contrôlées par notre corps et surtout notre esprit. Nous n’auront donc plus qu’à penser à la manière dont nous voulons traiter les informations que nous recevons ou à la manière dont nous voulons utiliser tel ou tel objet pour que celle ci se réalise. Cette évolution dans les interactions homme-machine nous amène à repenser les métiers liés au design d’interaction et plus particulièrement au design d’interface. En effet, à moins de réussir à repenser la façon dont chaque homme structure sa pensée, le designer d’interface deviendra obsolète. C’est pourquoi ce métier pourrait évoluer et prendre de nouvelles formes comme le design de services qui incluent ces expériences immatérielles.