Comment je gère mon syndrome de l’abandon

Chacun fait son chemin…

Camille Rabier
Feb 5 · 9 min read

Avertissement n°1 : Cet article relate de mon expérience personnelle. Elle n’est qu’un témoignage et ne suggère aucune médication. Seul l’avis d’un spécialiste qualifié peut vous aider à diagnostiquer un trouble du comportement et vous recommander la meilleure thérapie dans votre cas.

Avertissement n°2 : Même si l’article parle positivement de mon expérience aux drogues dures, je ne souhaite pas prôner leurs utilisations. Je ne renouvellerais l’expérience pour moi-même uniquement si je suis dans de bonnes prédispositions et accompagnée par des gens de confiance. Je rappelle tout de même que leur usage est interdit par la loi Française. Je décline donc toute responsabilité. Et je vous invite à prendre soin de vous.


Je souffre du syndrome de l’abandon, une blessure de l’enfance qui écorche encore ma vie d’adulte.

Isolement, agressivité, baisse de l’estime de soi, idées noires, le syndrome de l’abandon ou “abandonnite” provoque des crises dépressives plus ou moins sévères. Elle vous plonge également dans une profonde insécurité affective où votre compagne.gnon n’a de cesse de vous dire ou vous prouver qu’il ou elle vous aime, sans que vous en soyez vraiment convaincue.

La peur de l’abandon attaque tout : l’estime de soi, les relations sociales et les ambitions professionnelles.

C’est cette présentation que j’ai trouvé pour m’expliquer et expliquer à mon entourage certains de mes comportements.

Encore aujourd’hui, je peux me sentir en insécurité si :

  • je ne me sens pas dans un environnement uuuuuuultra safe, dans un cadre où le moindre imprévu ne me bousculera pas
  • une nouvelle personne ne correspond pas à des critères précis de ma safetycheck (en gros, une liste de critères qui m’indiquent si la personne me veut du bien ou non)
  • j’ai la sensation (irrationnelle) que mon consentement ne sera pas à 100% respecté

En gros, si je ne sens pas une grande vibration d’amour et de bienveillance dans un lieu, un événement ou auprès de nouvelles personnes, c’est bien simple : je fuis, je bloque ou je me mets en colère. Mes plus grosses crises m’ont forcée à prendre la fuite comme une voleuse et à transformer certaines soirées en catastrophes...

Bien sûr, je me suis interrogée sur mon comportement. Pourquoi est ce que certaines situations me mettent dans des états pas possible où je ne contrôle plus rien ? Dans mes recherches, je suis tombée sur l’article d’Hervé Kopyto, coach en développement personnel, qui liste une dizaine de pistes pour arriver à guérir, non pas totalement, de la blessure d’abandon.

“- Pas de médicaments.
- Etre son propre guérisseur (faire son ordonnance des actions à mener).
- Éteindre et faire taire son mental (en pratiquant la méditation).
- Reconnaître, ressentir et exprimer ses émotions.
- Reconnaître l’abandon (il faut le trouver en pratiquant l’introspection).
- Supprimer toutes les addictions et compensations (achats compulsifs, liaisons à répétitions, alcool, drogue, jeux, travail en mode burn out … ), il faut se mettre à nu.
- Trouver une personne de confiance à qui parler.
- Reconnaître, ressentir et exprimer les émotions liées à l’abandon.”

Source : http://kopyto.fr/guerir-la-blessure-d-abandon/

J’ai été éduquée par des personnes très dépressives qui m’ont montrées tout ce que je ne devais pas faire (tout l’inverse de cette liste). J’ai insisté pour avancer malgré mon handicap invisible : je suis sortie de ma zone de confort en entreprenant, en pliant mes bagages pour un tour du monde de 5 mois, en m’autonomisant dans une ville où je ne connaissais personne et puis récemment en me mettant en relation avec un polyamoureux.

Tout ce qui a pu mettre au tapis mon syndrome de l’abandon jusqu’à maintenant, je l’ai expérimenté, très souvent avec beaucoup beaucoup beaucoup de difficultés. J’ai tenté de rationaliser mon trouble en me faisant accompagner, en en parlant autour de moi, en refusant bien sûr les médicaments, en pratiquant la méditation et en essayant de nouvelles choses…

Et puis parfois, je me souviens que l’ado que j’ai été en a bien bavé. Victime de viols, d’humiliations, de harcèlement scolaire, de multiples rejets, je me sens toujours figée dans une double souffrance : celle de la souffrance liée aux événements traumatiques et la culpabilité de se complaire dans une forme de victimisation. Et tout était prétexte à me faire croire que les autres me voulaient du mal :

  • S‘ils ne m’ont pas choisie : “je n’ai aucune valeur, je suis nulle, personne ne m’aime” ➡ perte de l’estime de soi
  • Ce n’était pas ce qui était convenu : “cette situation me dépasse, on va surement m’oublier à un moment donné” ➡ appréhension de l’inconnu
  • Sortir de sa zone de confort : “va-t-on encore m’aimer si je fais ça ? Je n’ose pas être moi-même ou expérimenter ça” ➡ appréhension de l’inconnu de nouveau

Souvent, il s’agissait de simples actes manqués mais qui prenaient une place psychologique énorme. La peur de l’abandon rend paranoïaque.

Ma prise de LSD

J’ai finis par me dire, après tout ce que j’avais entrepris et compris, que la peur de l’abandon ne se guérissait pas mais que l’on pouvait en diminuer les symptômes. C’était même ce que j’avais écrit dans cet article en brouillon avant que je ne le réédite.

Et puis là, je commence doucement à changer d’avis. Par exemple, lors de ma première fois avec le LSD. J’ai eu droit au voyage le plus psychédélique et psychanalytique de ma vie. 70mg ont suffit pour partir à la rencontre de mes traumatismes les plus profonds.

C’était l’été 2018, pendant un festival hippie. Mon trip a commencé à 3h dans la nuit jusqu’au petit matin. J’étais déconnectée de toute temporalité, ça me semblait interminable. Tous mes sens et mes ressentis étaient exacerbés, j’avais peur de tout : des odeurs, des gens, des lumières. C’est 2h après que j’ai d’un coup ressenti une vive douleur dans l’abdomen.

En fermant les yeux, j’avais des visualisations psyché de l’intérieur de mon ventre. Je voyais mes veines, mon sang, mes organes et tout étant joliment coloré en violet, rouge et bleu. Au milieu, il y avait un nœud de serpents. Ils ne semblaient pas dangereux et j’appréciais même d’analyser chaque détail de couleurs. Cependant, j’avais vite fait le rapprochement entre ma douleur et leur présence.

Je me suis alors mise à les enlever un par un. La douleur était atroce, j’étais en larmes. Je priais pour que ça s’arrête, à tel point que je regardais le ciel toutes les 10mn. Je savais que lorsque le jour commencerait à se lever, cela sonnerait la fin de mon calvaire.

Quand d’autres s’extasiaient sur de magnifiques lumières, moi j’étais en train d’accoucher de mes parents.

Les serpents s’enlevaient délicatement mais avec un peu de résistance, ils s’étaient noués les un aux autres. Et plus je tirais dessus, plus je hurlais de douleur. J’avais des états de conscience très forts où je me rendais compte que ces serpents étaient mes liens d’attachement et que les enlever signifiaient que je n’en avais plus besoin désormais.

J’ai été accompagnée dans mon trip par mon copain. Il avait déjà pris du LSD et savait que j’avais un lourd syndrome de l’abandon. J’ai donc consommé mon buvard de LSD en toute connaissance de causes et il était prêt à prendre le rôle de mon “angel”. Il a veillé sur moi toute la nuit, m’apportait de l’eau, me couvrait et m’accompagnait dans mon expérience en me faisant changer d’endroit / d’énergie si besoin.

Je lui ai tenu fermement les mains pendant toute la nuit et lui répétais en boucle “tu seras là demain, tu seras là demain, hein ? tu seras là demain ?” J’avais si peur qu’il se rende compte à quel point j’étais ingérable. Mais il a tenu ❤ Il vivait vraiment avec moi mon trip. J’évoquais ensuite le besoin de voir ma mère, ma relation toxique passée avec mon père, ma passion perdue pour le chant, la perte de mon cheval, la façon terrible dont je me juge… Tantôt je pleurais, tantôt je courrais partout, pleine de vie.

Tout était extrême et immédiat. Mes états de conscience me permettaient d’être lucide sur ce qu’il m’arrivait, c’est de cette manière que j’ai pu donner des détails de mes sensations à mon copain et que je me rappelle mon trip de A à Z.

Et puis enfin, le soleil commença à se lever. Et tout doucement, j’ai pris conscience que je pouvais le lâcher et être autonome.

J’étais fébrile de ma nuit passée suite à ce déversement d’émotions, mais je sentais que je pouvais avoir confiance. C’était OK, je pouvais lâcher prise, tout va bien. J’avais ce sentiment que mon consentement serait respecté quoi qu’il se passe et que les gens ne me voulaient pas de mal. Et surtout, que mon copain ne m’abandonnerait pas. Tout était calme.

Nous avons continué notre journée à nous reposer, à nous faire servir des pastèques par nos amis hippies et à bien nous hydrater. Je me suis sentie en confiance et en phase de “reboot”.

Pour la première fois, je me sentais apaisée et légitime d’être là, sur Terre et dans l’instant présent. Cette expérience a brisé certaines de mes croyances limitantes, notamment celle que je ne pouvais pas surpasser mes angoisses d’abandonnite.

Néanmoins je ne souhaite pas renouveler de sitôt. Je vois les drogues comme des voyages spirituels et qui doivent être pratiqués très rarement, et non pour pour un usage récréatif en soirée. Ce n’est, bien sûr, que mon avis pour moi, chacun fait comme il l’entend.

Les médecines alternatives : exorcisme et EFT

Comme la vie est intéressante et que je suis en demande de nouveaux challenges, je me suis essayée à de nouvelles expériences.

J’ai récemment fait confiance à une amie Médium qui a pratiqué sur moi un exorcisme. Je comprends l’interrogation que peut susciter cette phrase, pas mal d’amis sont adeptes de la zététique. Je ne souhaite pas débattre dans cet article des croyances de chacun.

Elle m’a dégagée un énorme nœud situé au niveau du plexus solaire, cette partie qui se trouve entre les côtes basses. D’après ce qu’elle me dit, c’est surtout un point énergétique relié à la confiance en soi. Plus d’informations sur le plexus solaire.

J’étais en phase de mini-transe, tordue de douleur. Une douleur semblable à mes nœuds de serpents lors de mon LSD trip. Une fois l’intervention terminée, mon plexus solaire était totalement dégagé et j’ai retrouvé mon calme.

Une transe que j’ai également éprouvé lors d’une démonstration de psychotérapie EFT. L’Emotional Freedom Technics, est une psychotérapie brève qui révèle au grand jour nos émotions refoulées (liées à des traumatismes d’enfance, viol, événements traumatiques de guerre, d’attentats, etc.). Elle est dite brève car il suffit de quelques séances seulement pour guérir de profondes blessures.

J’ai donc été la cobaye de la praticienne Béatrice Lanneau où j’ai souhaité, devant une 30aine de personnes, parler de mon syndrome de l’abandon. Elle m’a posée quelques questions et m’a demandée de faire quelques gestes répétés : ce qu’on appelle en EFT, les “tapotements”.

Il s’agit de tapoter avec ses doigts sur des points énergétiques particuliers et de relâcher nos émotions, tout ça en suivant un protocole bien précis.

Je tremblais, chaque tapotement au niveau de la poitrine pinçait terriblement mon cœur. J’avais mal et j’étais terrifiée. Tellement terrifiée que j’en rigolais. Béatrice m’a demandée, tout en continuant de tapoter, pourquoi est ce que je rigolais. Je comprends après coup que c’est un masque inconscient pour me protéger, pour ne pas me laisser envahir par la peur ou la colère.

A la fin, j’étais en état de semi hypnose, complètement shootée par l’adrénaline des émotions. Elle m’a fait revenir tout doucement en reprenant conscience de mon corps et de mon environnement. L’expérience a été très intense, autant pour moi que pour les 30 personnes présentes. Chacun m’a exprimé sa profonde empathie envers moi. Certains se sont même protégés des énergies très dures que je dégageais.

C’était tellement incroyable que j’ai gardé contact avec Béatrice pour qu’elle me suive pour d’autres séances. 1 à 2 par mois est souvent recommandé.


Il y a tellement d’autres sujets ou expériences à raconter, cela fera sûrement l’objet d’un article n°2 :)

En attendant, je suis suivie par un super psychologue d’une association à Montpellier, en plus de ma praticienne EFT. A raison de 2 séances par mois, cela me permet de stabiliser mes humeurs.

Je pratique également la méditation dite “Heartfulness”, dans un centre à quelques pas de la gare de Montpellier. Une méditation qui se dédie au cœur et non sur la respiration, comme le “Mindfulness”. Une méthode que j’apprécie particulièrement car elle s’attache à développer une énergie de bonheur et d’amour depuis le cœur. Parfait donc pour la bisounours que je suis. J’ai une formatrice qui m’aide à mieux pratiquer 1 fois par semaine et j’y vais seule quasiment tous les 2 jours.

Il a été évoqué par mon entourage, en plus de mon syndrome de l’abandon, un trouble bipolaire ou borderline. Je me suis beaucoup renseignée sur ces maladies psychiques et je trouve qu’elles souffrent encore de trop grands préjugés. De la même manière que je suis en train d’écrire sur l’alcoolisme dépressif d’un de mes parents, je souhaiterais davantage en parler, toujours sur un ton dédramatisant.
Il ne me suffit qu’à me faire diagnostiquer pour l’une ou l’autre maladie.

Mais n’oubliez pas, que vous soyez bipolaire, borderline, pervers narcissique, zèbre ou normo-pensants (brrrrr j’aime pas ce mot). C’est vous qui décidez qui vous voulez être en fin de compte.

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Merci de m’avoir lu ❤

Camille Rabier

Réflexions et mindset d'une entrepreneuse

Camille Rabier

Written by

Freelance stratégie digitale + CEO @galopeo. Country girl, nomade, ENFP, feel the love. Obsédée par la #productivité & #energies

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