Et rien d’autre

James Salter • 2014

Philip Bowman, ancien soldat pendant la seconde guerre mondiale, devient éditeur à New York un peu par hasard, à une époque où ce métier n’est qu’à ses balbutiements. Il devient directeur littéraire de la grande maison Baum et nous suivons au fur et à mesure des pages sa vie professionnelle mais également personnelle.

Très heureux dans sa nouvelle vie d’éditeur, il concrétise son bonheur en épousant Vivian, une fille du sud issue d’une riche famille de propriétaires terriens. Ce mariage précoce, regretté par ses beaux-parents, tournera vite court, les différences entre Philip et Vivian étant trop importantes.

Suivront d’autres femmes, parfois libres, souvent mariées. Il sera aimé, quitté, trahi, il aimera, quittera, trahira. Mais ses liaisons ne seront finalement que de simples péripéties dans une existence bien remplie, faite de voyages, de rencontres avec les auteurs, de soirées, une vie au cœur de l’intelligentsia américaine.

James Salter n’a pas son pareil pour décrire les différents personnages rencontrés par Philip Bowman au cours de sa vie, auxquels le lecteur s’attachent. De belles descriptions, longues et détaillées permettent au lecteur de saisir l’ambiance, les espaces de cette époque. Avec un style évocateur, l’auteur exprime avec un grand talent la soif de vivre de la jeunesse et la mélancolie de l’âge mur.

« Il se demanda alors, comme il se le demandait souvent, combien de temps il lui restait à vivre. Il n’était sûr que d’une chose : quel que soit le destin qui l’attende, c’était le même que tous ceux qui avaient jamais vécu. »

Disparu en juin 2015, l’auteur américain aura signé un dernier roman interrogeant avec subtilité et intelligence le sens de la vie.