Festivals — La vague de fond

— Cet article fait partie du dossier de veille sur l’innovation dans le milieu des Festivals. Retrouvez l’édito et les autres interviews en bas de l’article. L’équipe Stratégie de Cap Digital vous offre tous les deux mois un dossier de Veille et Prospective sur une thématique. Aujourd’hui, nous vous parlons des festivals de musiques actuelles et leur discours autour de l’innovation. Histoire de prolonger encore un peu votre bel été.

En cette fin de période estivale, période des plus gros festivals de musiques actuelles, les récaps des événements pleuvent actuellement sur les médias spécialisés, et les articles sur les événements et leur modèle économique s’étendent dans les pages des journaux généralistes. La tendance de fond est sans appel : les festivals doivent se réinventer.

Festivals : la déferlante

L’écosystème des festivals est particulièrement dynamique en Europe, et notamment en France, pays où d’ailleurs les prix d’entrées aux manifestations culturelles sont les plus bas. Pourtant la tendance est à la hausse de ces tarifs, parce que la concurrence est toujours plus forte, et en raison de la hausse des coûts de production (notamment de sécurité).

Le modèle de production se transforme, passant d’un aspect artisanal à de très grandes productions pour la période de l’été. Cette année, l’exemple le plus marquant est celui de Rock en Seine (racheté par les Nouvelles Editions Indépendantes et AEG) qui a fait face au Paris Summer Jam (de Live Nation) débutant le même jour. Les deux festivals, dirigés par les deux mastodontes du secteur, sont représentatifs de la transformation à laquelle fait face le secteur : de plus en plus de grands groupes dominants, au milieu d’un océan d’associations et de collectivités. Pourtant, les festivals de moindre envergure, plus petits, peu chers voire gratuits continuent d’avoir lieu toute l’année en France. Ils sont bien sûr moins visibles.

Le modèle de production se transforme, passant d’un aspect artisanal à de très grandes productions pour la période de l’été.

Un modèle qui se transforme… avec quels outils ?

Un tel postulat nous a mené à nous poser la question d’un nouveau modèle en construction. Cap Digital est d’ailleurs présent au MaMA à Paris et au MIDEM à Cannes pour prendre la température chaque année. Pour cette étude, nos interviewés se penchent sur la question des festivals de musiques actuelles et leur mutation en profondeur. Définir un festival est un exercice complexe étant donné la multitude de propositions, et les changements en profondeur des événements.

Entre les très petits événements et les grosses opérations à l’organisation quasi industrielle qui peuplent en priorité la saison estivale, le public est également très différent. S’adapter à ces différentes communautés signifie proposer un événement qui accorde de l’importance à l’aspect « expérientiel ».

La Tech est très bien placée pour répondre à ces besoins, comme nous le démontrent nos intervenants. Le live, avec ce nouveau courant tourné vers la richesse de l’expérience, suivrait donc l’engouement des investisseurs pour la MusicTech, dont un réseau international est en train de se mettre en place. On observe une vague d’investissements dans les innovations dédiées à la musique, pourtant longtemps pensée comme un secteur trop risqué.

C’est l’occasion pour nous de faire le lien entre les expertises de nos adhérents professionnels de la musique, et les spécialistes des festivals. Quelques acteurs prennent donc la parole ici, d’abord pour nous aider à comprendre ce qu’est le festival d’aujourd’hui, puis pour nous faire saisir l’importance de la fidélisation des communautés grâce aux nouvelles technologies.

Quelques chiffres…

6,5 millions

c’est le nombre de Français qui ont participé à un festival de musique en 2016.

30%

des 120 festivals interrogés par IQ ont introduit une fonctionnalité innovante en 2017.

3%

c’est l’augmentation par an du prix du ticket de festival en moyenne.

6.800.000

c’est le nombre de festivaliers en 2017.

750 000

c’est le nombre de festivaliers au festival Inter celtique de Lorient, le plus fréquenté de France.

25%

c’est la proportion de festivals ayant 20 000 et 35 000 festivaliers en France.

L’avis de nos adhérents et experts…

La vidéo, ce couteau suisse — Sami Battikh

Le co-fondateur de Soudoreille nous aide à comprendre comment se passent les relations entre producteurs de festivals et médias producteurs de contenus.

Valoriser le spectacle vivant… après le spectacle — Federica Fattori & Denis Février

Scènso.tv est un acteur central dans la revalorisation des captations sur scène.

La data en pole position pour remplir les salles — Marc Gonnet

Le cofondateur de Delight nous expose sa vision de l’utilisation des données pour mieux comprendre l’audience du spectacle vivant.

La recherche d’une expérience — Nathan Sarfati

Portrait de la situation des petits festivals et de sa vision du milieu avec le président de La Dynamiterie.

BONUS

Coup d’oeil sur la situation économique des festivals

Les festivals sont en pleine transformation : c’est l’occasion, dans ce dossier, de faire le point sur leur modèle économique et les nouveaux acteurs du milieu.