“Human after all” — Retour de Wallifornia MusicTech 2018

Parce que notre veille ne connait pas de frontières, nous étions hier en Belgique pour un passage éclair. Plus précisément à Liège, aux côtés des centaines de festivaliers armés de tentes Quechua et de sangria tiède venus s’enjailler au festival de musique Les Ardentes. Sauf que nous étions moins venus pour Damso, Orelsan et MC Solaar que pour la seconde édition du Wallifornia MusicTech, greffé à l’événement. Au programme : démos de start-up, conférences, événements pro & foodtrucks . Récit rapide d’une journée au pays de la MusicTech Wallifornienne avec Mathilde Neu, chargée de la veille & experte musique chez Cap Digital.

“Battle with honor or humanity” — Remettre l’artiste au centre des réflexions

On ne retirera pas leur bonne volonté aux organisateurs et intervenants au Wallifornia. En cette journée consacrée à la prospective, l’invention de nouveaux modèles économiques ne s’est pas faite sans se poser la question des besoins de l’artiste. La preuve : sur chaque panel, au moins un artiste compositeur et/ou interprète était présent. Quelques sujets abordés ont soulevé le débat : comment intégrer la technologie dans la création, comment les artistes perçoivent-ils le live, comment la recommandation en ligne qui exclut l’humain petit à petit (un point très justement abordé par Matthias Robine, fondateur de @Simbals) ?

Autre humain défendu : le “superfan”. Cette espèce super-rare dont on entend peu parler a refait surface lors de quelques panels de la journée. Comment penser un meilleur accompagnement du passionné de musique ? Comment (re)penser une recommandation musicale adaptée, et réinventer le lien avec ses artistes favoris ?

En bref : comment s’adapter au mieux à l’humain ? Si la tech a une finalité, c’est bien de répondre aux problématiques récurrentes du monde de la musique.

”The future is now” — Demain a de l’avenir

© Wallifornia

A Wallifornia, nous avons passé la journée tous tournés vers le futur. Rapide aparté : si l’on en croit la représentation dans les panels, l’avenir semble pour eux s’écrire sans les femmes. On en comptait qu’une seule parmi les 23 intervenants de la journée ! Sans réelle surprise, il y a encore du chemin à faire en terme de mixité dans le milieu musical.

Sur un fond musical allant de Pokémon à la Deep House en passant par la chanson des poupées de Disney, on rencontre un peu de monde, on croise quelques têtes vues dans les rassemblements précédents.

La journée s’est ouverte et fermée sur la question des potentiels futurs modèles, les plus “fair” possibles. Le fondateur de North Music a entamé la journée avec une rapide keynote sur la réintégration de l’humain dans la MusicTech et l’a terminée avec un panel réuni autour des prochains modèles économiques. C’est évidemment de la musique en ligne et du streaming dont on a parlé : il n’est pas question de savoir s’il s’agit bien du modèle ultime (leur réponse est unanime : oui), mais comment il sera exploité, comment les acteurs de l’industrie l’utiliseront et quel profit les artistes en tireront.

”Start up the party” — Les jeunes pousses seules et contre tous

© Wallifornia

28 start-up étaient présentes pour cette édition (15 l’an dernier pour la première). Parmi elles, plusieurs nationalités, 3 adhérents de Cap Digital (coucou @Hyvibe, @Soonvibes et@Syos 👋). Accessibles au public, les start-up ont pu présenter leurs démos à tous les festivaliers, l’occasion de croiser des projets surprenants. Cette année, l’accent a été mis sur l’expérientiel : des gants pour mixer sans matériel, une montre qui ajoute du mouvement au tactile…

Face à elles : la Game Zone, des scènes pour des Just Dance grandeur nature, de la musique, des jeux… Bref, beaucoup de bruit pour des start-up MusicTech que l’on entend habituellement à peine.

“Kids, noise and sun” — Et sinon, bonne ambiance

© Wallifornia

Entre les balances sur les différentes scènes et la musique des démos et de la Game Zone, le hangar est bruyant. Mais les intervenants ne s’en sont pas formalisés. Personne ne s’étonne de voir les speakers faire une pause en plein milieu de leur discours pour laisser passer le riff de guitare. C’est aussi ça l’ambiance du festival : “être au cœur de la musique”, précise Gérôme Vanherf, cofondateur du festival. De manière générale, tout le monde connait quelques personnes, l’ambiance est bon enfant au Wallifornia !

Autre humain défendu : le “superfan”. Cette espèce super-rare dont on entend peu parler a refait surface lors de quelques panels de la journée.

Pour ce qui est de l’extérieur, le Wallifornia se greffe aux Ardentes, festival belge reconnu, à la programmation Pop / Rap / RnB et aux nombreuses têtes d’affiche. Entre la ribambelle de food trucks, les stands de diverses boissons alcoolisées et des stands pour couper les bracelets trop longs, l’ambiance était au beau fixe.

“J’fais mes valises “— Le takeway de Wallifornia

L’idée finale à retenir de ce court passage au Wallifornia 2018, c’est que la MusicTech est en pole position pour être la solution aux problèmes déjà trop bien identifiés de l’industrie musicale : rémunération, management d’artistes, live… Le tout en gardant à cœur les besoins de l’artiste, avec des débats attachés à (re)placer l’humain au cœur d’un secteur en pleine ébullition et qui doit être fédéré pour mener à bien les projets ambitieux exposés dans plusieurs festivals.

Sur un fond musical allant de Pokémon à la Deep House en passant par la chanson des poupées de Disney, on rencontre un peu de monde, on croise quelques têtes vues dans les rassemblements précédents. L’ambition n’est pas cachée : devenir un événement incontournable de l’écosystème MusicTech.

Retrouvez le programme de la suite des événements sur le site officiel du Wallifornia et suivez les panels en direct juste ici !
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