LightOnBrain : Greener, Better, Faster, Stronger

— Cet article fait partie de la série D’ici / Demain

Découvrir les objets et services qui vont bouleverser nos usages dans les prochaines années : vous en avez rêvé, nous vous l’offrons sur un plateau ! La série d’articles “D’ici / Demain” présente 16 innovations qui vont changer nos quotidiens. Comment les connaît-on ? Grâce au dispositif INNOV’up Proto, financé par la Région Île-de-France, qui permet aux entreprises les plus prometteuses de développer des prototypes d’excellence. Accompagnées par Cap Digital, ces sociétés ont 8 mois pour finaliser le développement de leurs protos qui seront présentés lors des “Paris Region Smart Weeks”, dont notre festival FUTUR.E.S in Paris. On vous les présente donc ici en avant-première.

L’un — Igor Carron — est ingénieur, docteur en ingénierie nucléaire, co-organisateur des Meetup à succès Paris Machine Learning et enregistre 7 millions de pages vues au compteur de son blog dédié au “compressive sensing”. L’autre — Laurent Daudet — est professeur de physique à l’université Paris Diderot, docteur en mathématiques appliquées, et a été invité dans quelques-unes des prestigieuses universités de la planète (Stanford, Queen Mary University of London, National Institute for Informatics in Tokyo etc.). Pas des perdreaux de l’année comme le souligne justement Sybille Vincendon dans les colonnes de Libération. Pas des Steve Jobs non plus. Tous deux ont créé LightOn en 2016 avec l’aide de deux autres chercheurs : Florent Krzakala, expert en machine learning, et Sylvain Gigan, expert en optique. LightOn est une start-up née d’un transfert technologique (c’est-à-dire faire passer son invention du laboratoire à la commercialisation) réussi par les chercheurs des laboratoires de physique de l’ENS et l’ESPCI. L’ambition de LightOn : développer un nouveau dispositif pour faire tourner certains algorithmes d’intelligence artificielle (IA) extrêmement gourmands en moyens de calcul. Comment ? Grâce à l’utilisation d’un nouveau principe de calcul répondant au doux nom de Optical Processing Unit (OPU). Grâce à ces co-processeurs photoniques, donc utilisant la lumière, les capacités de calcul sont décuplées et les machines sur lesquels elles s’appuient plus respectueuses de l’environnement. “On estime que les calculs que nous faisons sont 500 fois plus rapides que ceux d’un processeur habituel” précise Laurent Daudet à Libé. En participant à Innov’Up Proto, LightOn souhaite passer à une version plus intégrée de leur prototype. Using Light to Change the Future of computing”, rien que ça.

“On estime que les calculs que nous faisons sont 500 fois plus rapides que ceux d’un processeur habituel.” Laurent Daudet, CTO de LightOn .

De fait, l’entreprise a l’ambition de se positionner comme un acteur majeur de l’industrie du hardware informatique et initie une rupture dans la façon de traiter les données, du capteur au datacenter, en surpassant les processeurs actuels, à consommation électrique comparable.

Lumière sur l’IA éco-responsable

La puissance de calcul que requiert l’IA est telle que les créateurs d’algorithmes doivent faire face à un enjeu de changement d’échelle face au volume de données toujours croissant. Au-delà de cette dimension technique, s’ajoute un autre enjeu également croissant : celui de l’impact écologique de ces calculs, dû en particulier à la consommation électrique des datacenters. Avec LightOnBrain, Igor, Laurent et leur équipe atteignent donc un double objectif : augmenter la puissance de calcul et réduire l’empreinte environnementale.

Comment y parviennent-ils ? En utilisant tout simplement une ressource naturelle : la lumière. En mettant la lumière au coeur de ses machines, LightOnBrain ouvre la voie à une nouvelle génération de co-processeurs optiques, en passe d’être mis sur le marché. Avec ces “ordi optiques”, non seulement l’intelligence artificielle gagne en accessibilité, car on en diminue les temps de calcul, mais elle consomme également moins d’énergie que nos processeurs au silicium actuels.

Like diamonds in the cloud

LightOn va proposer ses services, et l’utilisation de ses premiers prototypes, en mode cloud computing (l’exploitation de la puissance de calcul ou de stockage de serveurs informatiques à distance), hébergés en datacenter. Pour ceci, plusieurs objectifs intermédiaires auquel répond le projet LightOn Brain :

  • La scalabilité de son service de cloud computing au fur et à mesure de l’augmentation de la demande client, en plus d’une construction en pré-série. L’objectif est de s’adapter aux demandes de clients.
  • Le retour utilisateur sur un service de cloud computing performant et simple, initiant un premier chiffre d’affaires — étape clé pour anticiper les prochaines levées de fonds.
  • Le savoir-faire interne pour comprendre les contraintes opérationnelles du datacenter et anticiper les processus d’industrialisation.

LightOnBrain est une innovation go-to-market, ie pensée dès sa conception pour la commercialisation. La version prototype sur le cloud de la solution Optical Processing Unit (OPU) sera en contact direct avec une communauté d’early adopters. L’équipe vise les ingénieurs des géants d’Internet, des startups de l’IA et des centres de recherches sur l’IA pour lancer le produit.

fiat lux et lux fit

L’année 2018 sera celle de l’ouverture au public du service de cloud, en construisant progressivement quatre prototypes seconde génération, toujours plus adaptés. A terme, LightOn souhaite intégrer directement ses hardwares dans les datacenters de ses clients, pour diminuer l’impact écologique de façon plus globale des calculs de l’IA.

Pour aller plus loin…