Redéfinir le quartier

Le quartier, avant d’être administratif, se définit par les habitudes, les actions ordinaires. Il dépend de la pratique de chacun :

J’aime voir le quartier comme ça, s’exclure des obligations, des stigmates que l’architecture et ses penseurs nous infligent et s’extirper d’une zone définie pour nous. Benjamin Barreau, un quotidien habituel

Son quartier, ce sont les lieux qu’on fréquente, ceux qu’on connaît et finalement, chaque flânerie peut potentiellement agrandir notre quartier. D’ailleurs, la segmentation administrative ou historique du quartier gare de Strasbourg est souvent inconnue des habitants. Les associations du quartier se concentrent elles-mêmes sur des zones plus petites, distinguées par leurs architectures, leurs habitants, leurs signes, leurs usages … C’est au final une histoire de ressenti. Les situationnistes écrivent :

Nous précisons d’abord les limites du quartier tel que nous le concevons ; les divisions caractérisées du point de vue des ambiances ; les directions que l’on est porté à prendre dans et hors ce terrain.
Cartographie situationniste du quartier des halles de Paris

La dérive permet aux situationnistes de se laisser aller aux sollicitations du terrain pour identifier les unités d’ambiances et leurs articulations au sein de la ville.

Il y a aussi les axes centraux, les sorties, les zones de passages … Le travail de l’association Ne pas plier cherche lui aussi à changer la perception que l’on peut avoir de son quartier. Ils ont installé sur le toit d’un immeuble d’Ivry un observatoire qu’ils partagent avec les habitants, permettant ainsi de s’élever et d’offrir une nouvelle perception des aléas de nos rues. La hauteur offre une distanciation de ce paysage habituel qu’est notre quartier, permettant aussi de voir la ville dans son ensemble et de la découvrir selon un point de vue nouveau.

Les coupures du quartier correspondent finalement aux frontières observables, aux pratiques de chacun et aux ambiances urbaines. La prise en compte de ces dimensions est essentielle pour identifier les communautés urbaines et permettre aux espaces publics d’être gérés collectivement.

Prochain article : Reconnaître l’expertise d’usage