Ville Verte de Bouskoura

L’écologie pour les nuls.

J’ai cherché à en savoir plus sur la fameuse Ville Verte de Bouskoura, un projet sous le feu des projecteurs depuis quelques jours.

Je suis tombé sur un document publié sur le site d’EUROMEDITERRANÉE, et qui a été présenté à l’occasion d’un atelier de recherche et d’échange sur le thème Climat, Villes et Méditerranée.

Voici ce que l’on peut lire sur l’en-tête du document :

Royaume du Maroc,
Ministère de l’Intérieur
Agence Urbaine de Casablanca

Malgré son origine, le document est d’une qualité plus que discutable. Sur la forme, il y a beaucoup de fautes de frappe et de syntaxe. Sur le fond, il y a plusieurs choses.

Dans l’esprit des auteurs, et donc des responsables urbains de Casablanca par extension :

“une ville peut être qualifée de performante si elle parvient à repousser la limite de son centre au détriment de la périphérie, dans le sens bien sûr d’une meilleure intégration.”

Comme vous, j’ai trouvé cette phrase inintelligible. En remplaçant “au détriment de ” par “en faveur de”, elle gagne en cohérence, mais reste toujours aussi obscure :

  • Qu’est-ce qu’une ville performante ?
  • Quel est ce centre de Casablanca dont les limites sont à repousser ?
  • En quoi le développement des périphéries “au détriment” du centre contribuerait-il à la performance de la ville ?

Le projet de la Ville Verte apparaît en soutien au troisième pilier de la stratégie de développement de la ville. Trois malheureuses lignes expliquent qu’il faut prendre en compte les enjeux de développement durable et de l’impact du changement climatique sur les projets urbains. Plus loin, on trouve les détails suivants :

Ville Verte
Il s’agit d’un projet de développement global de 1100 ha regroupés en 4 programmes importants de la CGI, Addoha, Groupe Palmeraie et de la Société Royale d’encouragement du Cheval.
5 000 logements de haut standing y seront construits. Trois golfs de 18 trous, espace d’animation et de loisirs, établissements scolaires, centre de santé, cliniques, bureaux, …
Dans un souci de protection de l’environnement, ce projet sera doté d’un centre de collecte et de traitement des eaux usées et de récupération des eaux pluviales pour leur réutilisation dans l’arrosage des golfs et des espaces verts. Afin de viabiliser la « ville verte de bouskoura ».

Plusieurs questions se posent :

  • Le caractère d’une “ville verte” se résume-t-il au fait que les eaux pluviales soient récupérées pour l’arrosage ?
  • Quid d’un projet adossé à la seule forêt disponible dans un rayon de 100 km et que doivent se partager plus de 5 millions d’habitants ?
  • Que penser d’une ville verte dans laquelle la quasi-totalité des espaces verts disponibles sont privés et sélectifs alors même qu’elle dépossède les habitants de la ville d’une partie de leur forêt ?

Vous l’aurez compris, elles sont rhétoriques.