Robo-Advisor: évaluer un immeuble

Une activité de plus robotisée

Publicité LinkedIn ce matin du 1er Janvier 2018, avec mes meilleurs vœux à tous.
Vue sur LinkedIn ce matin. Une Ubérisation de plus me suis-je dit, alors j’ai creusé un peu !
Marrant ! Le terme anglais “Real Advisor” est généralement utilisé pour opposer ce terme à “Robo-Advisor”, alors que celui-ci en Suisse, est justement un Bot !

L’évaluation de bien immobiliers

Architectes ou courtiers deviennent-ils obsolètes ?

Nous avons encore de la marge, mais il faut moins de 5 minutes pour ce Bot, et c’est gratuit !

Quoique…. Gratuit ? Je dois creuser !

Encore faut-il connaître cette adresse: https://realadvisor.ch/fr

Puis, en fin d’un questionnaire rapide en 3 pages:

Accepter de donner son numéro de mobile, qui va être utilisé comme clef d’accès…

Ceci est très malin, car en posant toutes les questions d’abord, pour arriver presque au bout de l’évaluation… Hop, tu dois me donner tes coordonnées, et le téléphone mobile pour recevoir un SMS. C’est un accessoire obligatoire: Le pacte du diable ?

En plus, pas de conditions générales (CGU), ou Termes de Services (TOS), à devoir accepter avant de filer ses données? Cela rend presque la chose plus sympathique, au premier abord… Aucune “Privacy policy” affichée !

Sauf que du coup, on ne sait pas tellement à quoi s’en tenir. Notre loi suisse sur la protection des données, la LPD, n’est pas si mal. Mais la nouvelle GDPR de l’UE est probablement un avant-goût, qui conditionnera notre future LPD2.

L’absence d’engagement explicite est gênant ! De cette manière, cela permet probablement d’exploiter les données un peu plus librement, avec les limitations toutefois de la LPD… Est-ce par négligence, ou parfaitement calculé ? C’est rare, cette absence sur un service en ligne. Pascal Kotté, Responsibility.Digital.

Qui sont-ils donc ?

La vision est intéressante, mais est-ce de la déontologie, ou du marketing ? Dans tous les cas, avec ou sans déontologie, il faut reconnaître que l’application a été très bien conçue, même si j’ai détecté des petits bugs. Elle permet effectivement de rendre accessible à tous, du moins en Suisse, une évaluation financière immédiate.

RealAdvisor c/o A.I. Partner SA… est une marque déposée (ref 711310), en fait associée à IMMOLOGIC Sàrl, Av. Louis-Casaï 86A, CH-1216 Cointrin.

Amusant, car ce site ne propose pas de lien pour aller sur le SELF-SERVICE de RealAdvisor ! On pourrait même les penser en concurrence.

Ce qui est très intelligent de mon point de vue ! Tant qu’à se faire ‘Ubériser, autant être les premiers et se le faire soi-même, afin de “prendre” le marché avant les autres… Et mon petit doigt m’indique que cela pourrait bien s’étendre sur la France bientôt, bien que des services similaires y soient déjà disponibles: ex. https://bien-estimer-safti.fr

Mais revenons à ce service RealAdvisor.ch

Avec intelligence, et un poil vicieux, il amène ses clients à se créer un profil, sans le lui demander. J’adore! Simple et efficace, même pas besoin de ces fichus mots de passe, véritables passoires à sécurité... Il y a donc aussi stockage d’informations personnelles. Mais chez qui, et où…

Création simplifié d’un profil sécurisé par Texto sur Mobile, sans requérir un mot de passe.

Bot or not Bot ?

La plate-forme, pose un ensemble de questions pertinentes, dans un format parfaitement exploitable sur un Mobile. Ce n’est pas un ChatBot, mais cela y ressemble. Je me demande si le moteur derrière n’en est pas issu. Dans tous les cas, c’est bien un Bot!

Le nombre de questions est très réduit, 10 questions sur le bien lui-même, avec une présentation claire et facilitée. Mais 50 autres questions sont annoncées, non posées, elles sont déduites de la localisation effective du bien évalué (qu’il n’est pas possible de cacher…).

Et les questions personnelles orientées ventes, dont on se demande l’intérêt pour cette évaluation ? Ou on ne se le demande pas, c’est clair ! Un (re)vendeur va nous contacter…

Dans tous les cas, l’évaluation ne sera délivrée qu’en échange d’un téléphone mobile, vérifié !

Brillant !

Gratuit ? C’est toi le produit ?

Pas toujours ! Parfois, si c’est simplement pour connecter un futur client (prospect), conserver les données personnelles dans son propre fichier de relations commerciales, c’est normal. Mais est-ce bien limité à ce cas ?

Les revenus affichés

Si tu as un bien à vendre, ils pourront le commercialiser pour toi, moyennant une commission ! Qui n’est pas annoncée…

L’autre activité, c’est aussi la proposition de financements, on peut supposer une commission de courtage, en proposant un comparatif ? (non testé).

Ainsi, que tu sois vendeur, ou acheteur, tu intéresses RealAdvisor. Avec ou sans code déontologique, commerciale ou ‘non-profit’, toute société doit équilibrer ses budgets et trouver le moyen de financer ses créations de valeurs. Et parfois, c’est au détriment du gain des autres. C’est la “Disruption”, le “progrès” ! Et il vaut mieux disrupter les autres, que de se faire disrupter.
Manger ou être mangé ?

Pour se faire aider sur ce point, nos experts d’ICT-a.ch sont à disposition.

Comment RealAdvisor fonctionne ?

Il faut des datas, des données de références: Les partenaires annoncées sont: Wuest Partner, CIFI et PriceHubble

Effectivement, le site web annonce utiliser le “Big data” (et de l’IA) avec une base de 500'000 transactions, et 25'000 supplémentaires annuellement.

Business Model ?

Sur leur site:

Nous travaillons étroitement et en confiance avec des partenaires locaux, sélectionnés pour leurs performances de vente et leur professionnalisme.

En échange du mandat que nous leur apportons, nos courtiers partagent leur commission de vente avec nous.”

Laissez-moi deviner:

IMMOLOGIC Sàrl peut-être ?

Mais moi, je suis sur Vaud !… A suivre. Il serait logique que ce type de services soit associé à un réseau d’acteurs locaux, mais visiblement, absents ou non exposés.

Dans la liste, nous avons juste les logos des 3 partenaires :

  • https://pricehubble.com/#valuation-of-real-estate, lequel annonce sur son portail pouvoir faire bientôt une évaluation “en ligne”, car ceci n’est encore disponible qu’en Suisse. Etant situé en France pour ma requête, impossible de la faire, je ne peux pas spécifier avoir un bien en Suisse à évaluer depuis la France, c’est ballot ! J’ai posé la question: “J’ai des biens sur Suisse et France. Votre évaluation en ligne annonce une disponibilité limité en Suisse, mais sans proposer de l’utiliser ?”
    Il ne font aucune Pub de RealAdvisor ! Partenaire ou simple fournisseur?
  • https://online.iazi.ch/CH/fr?AspxAutoDetectCookieSupport=1 Le Zurichoix CIFI, propose au moins de spécifier une adresse, même depuis la Suisse, et de payer 350 CHF pour ce même service d’évaluation, mais par formulaire soumis (réponse différée). On peut comprendre que là aussi, ils ne fassent pas la pub de RealAdvisor.
  • https://www.wuestpartner.com/?language=fr 
    Impossible d’ouvrir le site web pour voir ! Erreur 503 ( maintenance downtime or capacity problems. Please try again later ). Finalement retombé en marche le lendemain, toujours pas de mention de RealAdvisor…

Je me demande bien, comment se font les transactions et diverses commissionnements entre les différents partenaires de ce montage ?

Des limites !

Dans mon cas, l’évaluation est totalement fausse. Le système n’intègre pas le cas des emphytéoses (droits de superficies). Mais cela peut s’améliorer.

Le serveur semble localisé sur les USA (104.24.116.106) ? Et les développeurs à Saint Petersburg (https://realadvisor.ch/fr/jobs) ? Et nos données sont sous le contrôle de qui ? Réutilisables par qui ? Sécurisées comment ?

Je recommande de déclarer tous ses bien ! Mais évitez de seulement évaluer un bien que vous auriez oublié de mentionner dans vos déclarations pour les ressortissants américains, ou imposés aux USA via cette plateforme... :-P
Cela peut s’améliorer aussi !

De l’avenir ?

Évidemment ! Mais peut-être pas avec eux…

Il est clair que les automatisations vont évoluer et intégrer tout ce qu’il sera possible de faire. Ces possibilités vont grandissantes, et accélèrent encore…

Le premier réseau social, n’était pas Facebook. La première tablette tactile a été celle de Microsoft. Être le premier sur le terrain ne suffit pas. Dans une logique “Kill to Win”, issue de l’ère précédente, seul celui qui aura les plus grosses va survivre:

  • La plus grosse banque de données
  • La plus grosse campagne marketing
  • La plus grosse base clientèle

L’ergonomie de l’application est une nécessité, c’est éliminatoire sinon, mais cela ne suffira pas…

Il faudra donc conquérir “Le marché”, vite, largement, globalement (même sur un seul pays), pour y imposer son hégémonie. Et finalement, se faire racheter par un des géants: Google, une filiale d’Amazon, Alibaba (Chinois) ? Ou un autre… Oh oui, cela aura de l’avenir, pour celui qui va réussir !

Et pour les usagers ?

Tuer la concurrence pour tout centraliser sur un seul intermédiaire, est une Ubérisation de plus. Comme la première, fût celle de Google, mais aussi celle d’Amazon, et celle d’Uber bien sûr, avec bien d’autres, existantes et à venir…

Problème ! Les postulats du numérique ne sont pas compatibles avec les logiques de la concurrence économique des siècles précédents…
Les grands acteurs du numériques, avec la complicité de nos gouvernants, ne sont pas motivés à nous libérer, mais bien à nous rendre plus dépendants, obéissants… Une fois qu’un acteur devient dominant sur un marché, dans le monde numérique, il peut facilement étouffer ses concurrents, ou les racheter. A noter qu’il peut aussi tout perdre sur une nouvelle innovation plus ‘disruptive’ encore que la sienne. Car seuls les consommateurs décident en fin de compte...

Une alternative ?

Oui, se réapproprier ces données.

Ces données concernent des informations qui appartiennent au public, et ces transactions doivent aussi être sécurisées, puis anonymisées correctement avant d’être réutilisées.

Intermédiaire associatif, sous surveillance d’état.

Reverser dans une coopérative d’intérêt public nos transactions en Suisse, afin de disposer d’un “Lac de données” collectif et optimisé, contrôlé et de qualité (provisionné par les notaires?). L’exploiter pour nos propres contrôles fiscaux automatiques, ou pour des ajustements (corrections des registres fonciers). Cette coopérative inclurait comme membre les Cantons, la Confédération, les notaires et le public propriétaire, car chaque données saisie donnerai une part dans la Coopérative. L’association doit s’autofinancer et fonctionner de façon autonome, gouvernée par tous ses membres. Les contributeurs développeurs utiliseraient une Forge collective (Open source). Ils seraient rémunérés par l’association. Le financement se fait par la revente des accès aux données (comme le fait Google, et les autres…), mais anonymisées, ou autorisées de façon transparente.

Un tiers de confiance, c’est une nécessité. Mais ce tiers ne doit pas être une entreprise commerciale. Il doit être contrôlé par les représentants des détenteurs et propriétaires de ces données, avec la transparence requise envers les autorités, mais sans nécessairement leur en confier le contrôle.

Open Data

Fournir des API sécurisées, pour délivrer aux partenaires associés, les données publiques anonymisées, gratuitement pour les entités reconnues d’utilité publique en Suisse, gratuitement pour le public et entreprises sur un usage ponctuel, et payant pour des lectures en volumes (par exemple, pour alimenter l’IA de RealAdvisor, probablement pour moins cher, et de meilleure qualité que ce dont ils disposent actuellement, mais aussi CIFI et les autres). (Cf. modèle de www.OpenCorporate.com)

Secure Data By Design

Les notaires et les institutions fiscales, ainsi que la police et les services validés et annoncés, peuvent accéder aux données personnelles non anonymisées. Évidemment, si cela pouvait se faire avec des données qui restent (surtout la partie non anonymisée) sur le sol Suisse, avec :

Alors oui, nous pourrions entrer dans une nouvelle ère numérique pour une humanité en lutte contre les corruptions et le gaspillage des ressources, pour la transparence et la bienveillance, dans une défense d’un véritable intérêt public (au bénéfice de tous, et pas uniquement de “sainte Économie”).
Un vrai progrès ! Vers une économie symbiotique !

Car dans ce modèle, aucune structure privée ne peut s’approprier nos données personnelles, non confiées volontairement et consciemment, mais tous les acteurs concernés peuvent les utiliser. Mais surtout, nous pourrions mieux soutenir afin de pérenniser des acteurs locaux, comme RealAdvisor !


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