Ces amitiés qui apprennent l’amour

À ceux qui m’ont découverte en même temps que je l’ai fait

Chloe Leb
Chloe Leb
Jul 26, 2017 · 6 min read

J’ai souvent écrit l’amour. J’ai souvent parlé de l’homme que mon coeur choisit, ou de l’amour propre qui se construit. J’ai rarement évoqué les autres, ces personnes que je ne peux pas appeler “amis” tant la définition réduit. De ces personnes qui s’expriment avec toute la justesse des personnes que nous sommes faits pour rencontrer. De ces personnes qui ne sont pas des amis ordinaires et qui ont bousculé ma définition de l’amitié, en même temps qu’ils ont bousculé celle de l’amour et de la liberté. De ces personnes qui sont sur le chemin de mon évolution avec la bienveillance de ceux qui se remettent en question et l’intelligence de ceux qui n’ont aucune réponse. De ces personnes qui, en s’approchant de moi, me rapprochent de moi. De ces personnes qui sont là pour une raison qui m’échappe.

Parce que plus j’avance dans la vie, et plus je le ressens : les vraies raisons nous échappent.


« Il n’y a pas de hasard. Il y a que des rendez-vous. » Paul Eluard


Steph. Je l’ai rencontré en boite de nuit. J’avais 16 ans. Elle est arrivée bien avant que je sache même qui je suis. Elle était d’une douceur et d’une lumière qu’elle avait l’air de vouloir cacher. Sa douceur enveloppe même les plus bruts d’entre nous. Elle est d’une beauté et d’une bonté d’âme qui ne sont pas d’ici, qui viennent d’ailleurs. Elles viennent d’ailleurs au point tel qui lui a fallu du temps pour avoir confiance en toute la place qu’elle a ici. On est devenue adultes en même temps. Dans des avions différents, parfois des fuseaux horaires différents, mais toujours ensemble dans les moments déterminants. Parfois à l’autre bout du monde, souvent sans anticipation, toujours pour nous rappeler à nous-même. Elle a été là pour moi quand j’avais du mal à l’être et sa patience et sa douceur m’ont appris la bienveillance envers la femme que je suis. Elle met tant d’esprit et de grâce dans ma vie. Elle m’a amenée à une foi en la spiritualité que la vie s’est chargée de me prouver à chaque fois que nous en avons évoqué le sujet. Si c’est écrit, cela fait 12 années que le chemin a signé. Elle est toujours là, sans habitude, sans miroir, sans attente, avec un naturel qui s’apparente à une histoire de famille.

Laura. On s’est assises à l’extérieur d’un restaurant, sous le soleil brulant de l’Australie. J’étais partie en Australie guidée par une motivation paradoxale : je fuyais une situation extérieure pour m’y confronter à l’intérieur. Avec des mots qui racontaient pourtant si bien mon histoire, elle m’a raconté la sienne. À un moment de vie où chacune portait des éléments de réponses pour l’autre, on s’est trouvé là. Nous étions intenses, débordantes et dévorantes. Nous aimions avec les mêmes douleurs, jamais rassasiées, d’une profondeur qui ne nous arrête jamais. Elle est si différente de moi et en même temps semblable. Elle aussi, n’est pas juste de ce monde. Elle vient d’un monde si invisible pour les yeux que peu de personnes sauraient la raconter. Elle m’a ouvert des portes qui ne s’ouvrent que de l’intérieur, en s’ouvrant au sien. Je l’ai rencontrée à une période où tout aurait été différent sans elle. Elle a eu l’impact du chemin choisi quand on se trouve à une intersection. Sa curiosité pour la vie, ses expériences aux frontières du réel et son ouverture sur le monde sont une bouffée d’air.

Jean-Pierre. Je rentrais de l’expérience la plus transformatrice de ma vie: parcourir New York à Toronto à vélo avec un homme que je ne connaissais pas avant d’arriver à New York. Je l’ai rencontré au lendemain d’avoir conscientisé la place qu’occupe mon ego, avec le désir profond d’apprendre à vivre avec le moins d’ego possible. Ce n’était pas une rencontre d’amour ou d’amitié, c’était une rencontre. Une rencontre. De la chance ou du hasard, pour ceux qui y croient. Il a exprimé des mots que je n’aurais jamais su entendre avant qu’il s’asseye devant moi. C’est justement à ce moment précis qu’il s’est assis. Lui-même a mis son ego à la porte des cafés et des restaurants dans lesquels on a parlé des heures durant, des mois durant. Il m’a éclairé sur ce que signifie sentir, et m’a donné des perspectives pour privilégier mon sentir au réfléchir. Il ne m’a pas seulement aidé à comprendre mon monde, il m’a accompagné à lâcher prise sur mon urgence de comprendre. Il a été là quand j’ai enfin osé avoir assez d’esprit critique pour remettre en question mes croyances les plus fortes, quand l’image que j’avais de mon monde et de mon entourage explosait en moi et que je gravissais seule la montagne qui me permettrait de voir les choses avec recul et perspective. Il donne un amour qui est si méconnu qu’il me surprend à chaque fois que je le vois. L’amour qui est là sans prendre de place et qui vous laisse accepter que la lumière s’installe dans votre vie.

David. Je l’ai rencontré brièvement à New York avec Thomas, l’homme que je venais de rencontrer pour entreprendre de parcourir les États-Unis à vélo. À la fin de cette expérience, David et moi avons gardé contact. Lui à New York, moi à Paris. J’étais très intéressée par la psychologie, thématique que j’approchais avec bienveillance, curiosité et esprit critique. Il était déjà rodé sur des questions que je venais de me poser. C’est comme si je venais d’apprendre à parler un langage qu’il était l’un des rares à parler. Nos discussions pourraient ne jamais se terminer. Ce qu’on évoque est autant juste pour nous, qu’à côté de toutes les choses que notre société considère comme des vérités. Il a toujours des mots si justes qu’ils me déconcertent. Il ne se rend probablement pas compte de l’avocat du diable qu’il incarne quand il s’adresse à moi et des remous qu’il provoque. Si cela ne sert à pas à notre évolution, on s’en abstient. C’est l’équilibre de l’amitié sans complaisance et sans nécessité.


Nous ne grandissons pas seulement avec les années. Les années ne suffisent pas. Parfois même, elles n’en font rien. Nous grandissons avec les personnes que la vie nous a mis là, dans notre vie, avant que l’on se soit même dit qu’on les choisit.

Ces dernières années, les personnes qui ont tenu les rôles les plus importants dans ma vie n’ont pas pris les contours de l’amitié, de l’amour, de la famille, dans les définitions que je leur connais. Ce ne sont pas celles avec lesquelles j’ai passé le plus de temps. Ce ne sont pas celles que je connaissais le mieux. Ce sont celles qui, en me découvrant, m’ont aidé à me découvrir. Significativement.

Des personnes qui, à des instants inattendus et pourtant sans une once de hasard, ont été pour que je devienne. Je n’admets pas l’inverse, mais je le devine. Des personnes qui ont accompagné mes transformations sans le vouloir, sans le savoir, avec, encore une fois, la justesse des personnes que nous sommes faits pour rencontrer… Des personnes que je trouve exceptionnelles d’exister. Ces personnes qui, à leur niveau de conscience et d’accomplissement, m’ont apporté la chose la plus dure à supporter quand elle vient à manquer : la confiance.

Et la gratitude d’enfin comprendre le verbe « aimer ». Vivre. En conscience et avec vérité.


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