Comme ça, on passe à côté de nos vies ?

Ou quand la mode est à réussir sa vie.

La mode est à réussir sa vie. Je reçois de plus en plus souvent des articles qui couvrent le sujet en long, en large et en travers. Pour être tout à fait honnête, je ne lis pas trois phrases sans soupirer un “évidemment”. Et je m’en veux.

Je m’en veux parce que je ne devrais pas soupirer face aux bons sentiments. Je ne sous-estimerai jamais l’importance de s’interroger sur la façon dont nous choisissons de vivre notre vie. Néanmoins réussir sa vie est devenu un sujet moderne, médiatisé, traité pour générer de l’audience, parfois abordé pour faire de l’argent. Je soupire, donc.

Je soupire parce que réussir sa vie n’est pas une mode. Je soupire surtout parce que nous n’allons pas rater notre vie.

Je soupire parce que nous n’allons pas traiter un sujet intemporel comme une tendance, pour nous dicter ensuite les nouvelles façons de la réussir. Il y a de très bons articles, qui traduisent de bons enseignements, des concepts prenants ; mais rien de ce que j’ai lu n’a eu de l’impact sans que cela ne résonne avec un vécu.


Je me suis posé la question pendant plusieurs mois. Ces mois ont eu le goût de la crise existentielle. Ils m’ont laissé un goût auquel je n’avais jamais goûté, et dont je n’avais aucune idée. Le goût de la vie.

Passées les tourmentes, les mesures, les comparaisons. Passé le passé, trois choses me semblent naturellement plus essentielles que celle de réussir ma vie.

Vivre ma vie. Il y des milliers de façons différentes de la vivre, et chacune d’entre elles est bonne. Ni les lieux, ni les religions, ni les individus ne peuvent se poser graduellement sur une échelle de bons à mauvais, sans s’appuyer sur des circonstances ou des modèles. Hors les circonstances et les modèles ont été créés pour marquer une différence. Allons au delà.

Avoir conscience de soi. Réalisons que notre vie nous appartient. Tout le reste va et vient, et c’est bien. Le changement est une donnée intrinsèque à la vie. Réaliser que nous sommes, que nous changeons et accepter que ces faits auront un impact direct sur le présent et le futur, nous permet d’être ouvert à la vie. De penser à soi, et de compter sur nous-même pour toujours développer les ressources dont nous aurons besoin pour traverser les expériences de vie.

Agir pour vivre. Nous sommes dans le mouvement, agissons. Faisons des projets, modifions-les, reconsidérons-les, vivons-les. Allons vers l’avant. Allons vers l’autre.


Tout le reste n’a aucune importance. Parce que tout n’est qu’une étape. Trouver sa voix, du sens, sa moitié, une vérité, une façon pertinente de se faire de l’argent, la façon de le dépenser. Tout passe. Alors ne venons pas nous raconter pourquoi nous sommes devenus l’adulte que l’enfant que nous étions le présageait. Ne nous racontons pas comment être, ou comment réussir nos vies.

Ne nous arrêtons pas à nos métiers ou à nos projets. Ne jugeons pas notre quotidien. Ne mesurons pas notre succès. Ne négligeons pas l’équilibre qu’apporte les habitudes, ni les leçons retenues de nos ennuis et insatisfactions.

Parce que nous pouvons rater ou réussir que ce qui se mesure. Mais pour qui nous prenons-nous pour mesurer, jauger, qualifier la vie ? Réussir sa vie n’a de crédit que pour ceux qui vivent sous conditions. Nous ne passons pas à côté de la vie.


“To live is to learn. I see no other option.” — Tim Ferris


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Encore un article ? “Marions-nous aux meilleures choses”, ou “Toujours plus ne suffit pas

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