Le développement personnel est cliché

Cliché positif.


Le développement personnel coule à foison dans les articles, et de plus en plus de blogs en font l’apologie. J’admets personnellement en être une fidèle supportrice, mais nous sommes tant à en chercher le secret, que tous ces sujets sont devenus des clichés.

C’est compliqué de trouver du sens parmi les clichés. Pourtant, je pense de plus en plus que le sens peut-être un cliché. Toutes ces citations qui inspirent, que l’on lit avec un sourire certain, dont le bon sens nous pousse à partager, relayer, réfléchir, sont des clichés. Elles n’en sont pas moins vraies.

Nous sommes en période de crise, marquée par des fractures économiques et sociales. Je préfère penser transition, mais je dis fractures. Parce qu’une fracture fait mal, quand une transition se veut en douceur. Au milieu de cette période de fracture économique et sociale, je me suis demandée ce que recherche les individus. La réponse s’impose de plus en plus et de manière unanime : la recherche de sens.

La fracture des modèles influencent les individus. Il y a 5 ans, nous parlions de reconversion. Aujourd’hui les insights des sujets économiques et sociales sont profonds, inquiétants, déterminants et renvoient l’individu à remettre en question davantage que son parcours professionnel, jusqu’à amorcer une transition personnelle profonde.


Le premier cliché est la question que se pose la plupart des personnes avec qui j’ai abordé ces discussions. Cette question que tout le monde se pose à voix basse (voir en silence) mais y répond à voix haute (blog, articles, nouveaux métiers) est la suivante : Qui suis je ? Qui suis-je au milieu ce qui a été structurant dans mon passé et ce qui me définit dans le présent ?

Il faut savoir répondre avec vérité. Cela amène ensuite naturellement des réponses à toute autre question que l’on se pose : d’ordre professionnelles par exemple. Aborder différemment certaines visions m’ont amené à reconsidérer mes projets de vie. Je partage les nuances que j’ai retenues, à force d’avoir fait l’expérience de clichés.


Le sens ne se découvre pas avec le temps, il se construit dans le temps.

J’ai l’habitude d’écrire mes articles, et de partager mon expérience, selon une chronologie définie. J’invoque des dates (janvier 2014), des périodes (3 mois) ou des moments clés (le temps off).

J’ai failli commencer ces lignes avec : “depuis un an et demi que j’écris…”; avant de me raviser. Avant de réaliser que le sens qui motive chaque texte que je rédige, que le sens que je recherche dans chaque expérience que je vis, que le sens qui raconte les décisions que je prends, ne se révèle que d’une seule façon : il se construit dans le temps.

Être en devenir est plus structurant qu’être en mouvement.

Quitter son emploi, déménager, voyager, fonder une famille. Ces choix entrainent du mouvement dans nos vies. Certaines personnes sont en mouvement dans leur vie, mais immobiles dans leur façon d’être, de penser, de concevoir. J’ai appris qu’être en mouvement n’est pas pas une condition pour devenir. La personne que nous devenons se construit sans que nous nous en rendions compte, chaque jour, dans notre rapport aux gens, au monde et au temps. Je ne me suis pas mieux découverte en partant travailler à New York, en développant des projets ou en voyageant. Je me suis découverte car j’ai, au travers de ces expériences, diversifié mes discussions, mes réflexions et mes positions.

Nous pouvons changer sans avancer. L’essentiel pour devenir est d’intégrer cette dimension temporelle indispensable pour passer de ce qu’on est à la personne que l’on devient. Le changement rapide, précipité, ne donne pas de réponses à des questions intimes et personnelles, tant ces réponses ne se fondent qu’avec le temps et la compréhension de nos expériences.

L’importance de savoir différencier “l’amour du sentiment” (aimer aimer), de “l’amour de l’objet du sentiment” (aimer quelque chose ou quelqu’un).

Prenons l’exemple de l’amour. Aimons-nous la personne avec qui l’on partageons notre vie, ou aimons-nous le sentiment d’être amoureux ? Aimons-nous la personne ou la relation que l’on vit avec elle ?

Cette nuance est essentielle pour comprendre nos choix, provoquer un changement, ou construire quelque chose de fondamentale pour nous. Dans cet esprit, lors de mes voyages, j’ai aimé la découverte des gens et des cultures, davantage que le changement de villes. J’ai aussi aimé le moment où je tombe amoureuse, davantage que le fait de penser des projets à deux animés par ce sentiment. Selon les périodes de sa vie et la personne que l’on est à l’instant T, nos amours pour le sentiment ou son objet, varie et change. C’est ce qui nous permet de devenir et d’avoir la possibilité de se renouveler tout au long de notre vie.


Finalement, les réflexions évidentes autour du le développement personnel, ne sont pas que des clichés. Ce sont des clés d’entrées pour appréhender le développement humain, le mouvement, le devenir et l’évolution.

Si chaque individu s’interroge sur sa propre identité en période de crise, marquée par des fractures sociales et économiques, avant de construire un projet professionnel de sens, les projets de demain auront une identité qui n’aura pas besoin d’être en mouvement pour devenir.


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