En 2016 le monde est soudainement devenu bien plus grand

Ce qu’une année de vie m’a enseigné sur la vie

Il y a un an, à l’exact même endroit, je rédigeais les lignes d’une année qui touchait à sa fin. Sans le savoir, j’y posais une intention. Elle a dépassé toute attente.

Chère 2016… je veux me connaître encore mieux, voyager encore loin, découvrir encore plus. Je veux continuer ce que je fais depuis 2 ans : je veux oser, parier, miser, être surprise, effrayée parfois, mais aller de l’avant. [Article du 22/12/2015]

1.C’était étrange de poser cette intention. J’étais en poste depuis moins d’une année. J’avais accepté celui-ci après des voyages que j’avais décidé terminés. J’étais dans l’une des situations la moins propice pour me destiner à oser, parier, miser, être surprise ou effrayée.

J’étais à nouveau dans une zone de confort, éloignée de toutes peurs. Je peux le dire aujourd’hui parce qu’en cette année 2016, pour la première fois de ma vie, j’ai ressenti la peur. La peur la plus importante et dangereuse (peut-être même la seule au fond) d’une vie : la peur de soi.

Je finissais 2015, enfin seule. Je dis “enfin” parce que je l’ai voulu. J’ai voulu quitter un homme qui m’aimait pour apprendre à être seule, avant de subir le départ d’un homme qui m’a donné envie de ne plus jamais l’être. Au fond de moi, je voulais être désespérément seule.

2015 était une année pour apprendre à être seule. Je voulais ressentir chaque douleur lancinante ou lacérante qui me laisserait les cicatrices qui me rappelleraient toute ma vie que je suis capable d’être seule. Au fond de moi, être capable d’être seule signifie mieux vivre avec l’autre. Je voulais apprendre à être la meilleure personne possible pour vivre avec un autre.

J’étais donc seule, récemment installée dans une entreprise, proche de mes amis dont je m’étais souvent géographiquement éloignée. Je vivais le présent et j’espérais qu’il dure.

Enfin ça, c’est ce que je croyais.


2.Fin janvier, je regarde une vidéo sur internet de Thomas (que je ne connais pas) qui voyage à vélo. Subitement, elle réveille mon envie d’oser, de parier, de miser, d’être surprise ou effrayée. Mon intention prend forme et se matérialise. Je contacte Thomas, nous nous lions d’amitié et trois mois plus tard, nous quittons ensemble New York à vélo pour rejoindre San Francisco.

C’est alors que le monde devient bien plus grand. Lors de cette expérience à vélo toutes mes croyances s’évaporent, la notion de “vérité” disparait de ma vie, mes expériences n’expliquent plus rien et le sens des mots est dérisoire. Je découvre que tout est perception.

J’évolue dans cette expérience reliée à ma vraie nature : je me pose des questions. Je réalise que les réponses ne sont que la construction de mon mental.

Une réponse n’est pas une vérité. Une réponse est un choix. Un choix conscient qui crée la vie que tu te construis. Toute ta vie, tes réponses aux questions seront l’histoire que tu te racontes. Cette histoire deviendra ta vie.


Roadtrip à vélo, USA, Printemps 2016

“C’était en dehors de tout. Ça n’entrait dans aucune case. C’était simplement du vélo, du vent, du relief, de l’endurance, de l’effort, de l’engagement.

C’était être deux et avancer tous les jours. Il n’était pas question de s’arrêter en pleine côte ou de se séparer en plein milieu.C’était juste avancer. Il n’était pas question de ne pas savoir, de ne pas vouloir ou de ne pas pouvoir.

Roadtrip à vélo, USA, Printemps 2016

C’était des journées si différentes que me souviens des détails. Je me souviens de l’insignifiant. Une émotion me ramène à un moment précis que j’aurais mille fois oublié… si je n’étais pas là, à vivre sur un vélo. Si je n’avais pas soustrait de mon quotidien l’ordinaire pour me rendre compte que seul l’habitude rend l’extraordinaire ordinaire.”

Extrait de mes écrits personnels


J’aimerais vous le raconter comme je le vis. J’aimerais vous expliquer comment, face à l’effort physique de voyager chaque jour à vélo, face à la complexité émotionnelle de me trouver intime avec une personne que je viens de rencontrer et face à la disparition des réactions que je pensais me définir, l’observation du monde autour me transforme.

Je ne suis pas celle que je pense être. Je me dépasse. Je me découvre des ressources, je change mon attitude face aux problèmes rencontrés, je décide que tout va bien quand c’est dur, quand j’ai mal, quand je crois que je n’y arrive pas. Je mesure le pouvoir de décision que j’ai sur la personne que je suis. Je change la personne que je suis.

Lors de l’épreuve physique, la nature autour est plus forte que moi. Je peux choisir de me battre contre elle ou reconnaitre sa force et continuer à aller de l’avant.

Aujourd’hui, des mois plus tard, seul subsiste l’histoire que je me raconte de cette expérience. Pour être concise, je ne choisirai de ne retenir que cela :

L’observation du monde autour sauve toute personne de la difficulté.


J’arrive à Bali au mois de juin. Je viens d’abandonner le projet de rejoindre San Francisco à vélo, et Thomas et moi venons de prendre un vol Toronto (CANADA)/Denpasar (BALI).

Je me sens mal à Bali. En 3 années, j’ai fait 6 voyages (personnels ou professionnels). Mon sentiment d’appartenance s’érode. Je viens de passer un mois à observer le monde sur mon vélo et à déconstruire mon système de croyances. Arrivée à Bali, mes croyances me manquent beaucoup. Ma nouvelle liberté m’effraie. J’ai peur de moi. J’ai peur de ce que je pourrais découvrir de moi si je continue à m’interroger.

Je me sens déracinée et je suis en quête de sens. Je sais que toute ma réalité est liée à ma propre perception.

Assimiler avoir l’entière responsabilité de la personne que je suis et que je deviens, et comprendre que ce que je vis est ce que j’induis, change l’histoire de ma vie.


Bali

“Bien sur que j’ai peur. Je suis en révolution permanente.

La société, l’éducation, la culture ne nous apprennent pas à ne pas avoir peur. Elles nous tracent un chemin qui nous dispense de nous interroger sur nous-même.

Bali

Pourquoi je remets tout en question, pourquoi suis-je en recherche constante et pourquoi je ne me sens pas libre malgré les libertés que je m’accorde ?

Parce que j’ai peur: de la différence, de la solitude, de découvrir que la vérité est éloignée de ce que je pense depuis des années. C’est pourtant cette peur qui m’empêche d’observer et d’avoir pleinement conscience de la personne que je suis et de ce que je veux.

C’est cette même peur qui aveugle chacun de ceux qui ne remettent rien en question, cette peur oubliée qui va jusqu’à les effrayer d’essayer chercher.”

Extrait de mes écrits personnels


3.À l’été 2016, je suis à Paris, de retour chez mes parents. Je suis heureuse de revenir consciente et riche d’une nouvelle compréhension du monde. Je suis armée de la chose la plus importante pour être heureuse : ma responsabilité. Je suis vigilante au seul obstacle qui m’empêcherait de l’être : l’illusion d’avoir raison.

Autour de moi, rien n’a fondamentalement changé. D’un naturel toujours en ébullition, je me découvre ne rien faire. Je ne culpabilise pas de cette situation, je me construis une réalité différente de celle que j’ai toujours connu. Certains jours sont plus compliqués que d’autres : j’observe les possibilités d’un monde qui vient de grandir considérablement devant mes yeux. Je perçois ma différence de vue en observant (parfois douloureusement) celle de l’autre.

C’est le décalage entre la distance réelle et la distance ressentie qui fait vivre des expériences incongrues : quand on revient d’ailleurs, on a souvent mis beaucoup de distance entre son appartenance héritée et son appartenance acquise par l’expérience. Cette dernière n’est pas visible par les autres, et nous n’arrivons pas à la montrer ou à la dire. D’où une distance invisible, pourtant là, que personne ne sait comment franchir. [Extrait de “Quelle appartenance pour les nomades qui rentrent chez eux ?” Anne-Laure Fréant]

Ces six derniers mois, rien ne se passe. J’apprends ce qu’il se passe quand rien ne se passe.

Cela est une grande exploration de l’inconscient. Je m’interroge sur la naissance des problèmes humains dans un monde de solutions infinies. Les expériences chamaniques, l’hypnose, la kinésiologie, les ré équilibrages énergétiques, la méditation transcendantale, etc… sont des sujets auxquels je m’intéresse.

Aucun traumatisme ne me dédiait à embrasser un jour une telle exploration de moi-même et du monde autour. À une époque où je catégorisais, je me serais posée dans la catégorie “née sous une bonne étoile”. Une partie de moi éloignée de la conscience m’a pourtant aspiré vers la rupture, la remise en question, l’insatisfaction, la douleur et la peur. Elle s’est manifesté par de surprenants choix conscients que j’ai certains jours appelés mauvais choix.

2016 ne m’aura pas seulement ouvert les yeux sur une face cachée de mon iceberg, elle m’aura appris à lui tendre les bras.

L’histoire de mon année met en lumière la force de mes intentions. Elles ont créé la réalité de mon année et des précédentes. Ces dernières années j’ai souhaité du mouvement, de la quête personnelle, de la solitude et de la découverte. J’ai toujours fait l’expérience de mes certitudes et de mes intentions. Je le sens enfin, reconnaissante et heureuse de voir la vie si bien faite.

Quand j’étais persuadée d’être seule, je le devenais. Quand j’étais persuadée d’être douée, je l’étais. Quand j’étais persuadée que tout était possible, tout m’était permis. Quand j’avais peur, tout était dangereux.

Le monde est à l’image de nos intentions.

Alors pour savoir de quoi 2017 sera fait, interrogeons-nous : Quelle est notre intention ?

Chère 2017, je veux publier un livre pour partager et transmettre ces expériences,

je veux continuer à choisir l’authenticité malgré la peur et l’inconnu,

et je veux être bien avec un +1.


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