

Es-tu prêt à te faire mal ?
Laisse tomber tes résolutions, et répond à la question.
Je ne doute pas de vos compétences pour le poste. La question que je me pose est “Êtes-vous prête à vous faire mal ?”
Pardon ?
En 18 mois, vous avez suivi 6 projets différents. Vous voulez maintenant un CDI pour transformer les essais, vous donner du temps, en prendre. Je me demande simplement si dans 3 mois, quand dans une soirée vous rencontrerez un entrepreneur, ou un créatif, ou un passionné, qui vous demandera de le rejoindre sur un projet, vous serez prête à lui dire non.
Finalement la seule chose que je me demande Chloé est : “Êtes-vous prête à vous faire mal, à vous contraindre, à vous refuser, pour obtenir ce que vous voulez vraiment ?”
C’était il y a 8 mois, et cette question précède depuis chacune de mes décisions. Aujourd’hui on se laisse croire que pour atteindre n’importe quel objectif il suffit d’ouvrir Google. Google nous expliquera comment l’atteindre, ou pire, nous montrera comment d’autres l’ont atteint. Combien de temps acceptons-nous de consacrer à nous mentir à nous-même en lisant des conneries ? Cela ne dépend que de nous.
On demande beaucoup. Mais que sommes-nous prêt à donner ?
Nous aimons les histoires heureuses, sans effort, sans douleur. La médecine douce, la méditation, le temps pour soi, autant de solutions qui nous alignent avec nous-même et permettent à nos envies de se révéler. Nous aimons lire les témoignages de ceux qui (se) réalisent, et la sensation grisante de savoir que cela est possible. Sauf que ce qu’on ne dit pas, c’est ce qui se passe après une révélation : la réalisation.
On demande beaucoup quand il s’agit de réalisation. On souhaite, on invoque, on prie, on écoute les signes, on prend un peu de temps en espérant un grand changement. Mais que sommes-nous prêts à donner ?
J’ai beaucoup demandé, beaucoup attendu de la vie. Je souhaitais grandir, murir dans un quotidien qui me donnerait l’espace et l’équilibre nécessaire pour m’épanouir. Je souhaitais me connaitre, et apprendre : voyager, rencontrer, et faire. Je souhaitais une mission professionnelle qui me permette d’être autonome, créative, bien rémunérée. Je souhaitais continuer à avoir le temps d’écrire, de participer à la réalisation de projets de sens.
Plus j’ai demandé, et plus les choses se sont compliquées. Nous devons être à la hauteur de ce que l’on demande, pour être en mesure de l’obtenir. Plus on demande, et plus nos actions vont nécessiter de risquer, d’oser, et d’essayer. Plus on demande, et plus on s’expose à avoir mal. Je ne dis pas que nous devons impérativement souffrir pour obtenir, mais tout changement suppose une petite ou grande altération de nos actions, de notre vie. Rien de ce qui vaut le coup d’atteindre ne nous demande aucun effort ; et penser que ce que nous voulons peut s’obtenir avec facilité, positivité, et en s’inspirant d’histoires heureuses, n’est pas nous rendre service.
Grandir et changer requiert davantage que de la confiance et une bonne énergie. Changer suppose l’effort.
J’ai choisi de me connaitre. Une fois me connaitre, il ne m’est plus permis de négocier sur ce qui est nécessaire à mon bien être professionnel, personnel, et relationnel. Si je le fais, je suis malheureuse. Quand mes désirs se sont révélés, il a fallu les réaliser. Certains choix sont plus évidents que d’autres. Certaines actions sont plus naturelles que d’autres. Souvent seulement, nous sommes contraints de passer par des étapes ou expériences douloureuses pour grandir ; et devenir la personne que nous avons besoin d’être pour être en capacité d’obtenir ce que l’on désire.
Parfois la vie interroge : êtes-vous prêt à tomber à genoux et vous relever ; êtes-vous prêts à ne pas connaitre l’issue mais à vous battre malgré cela ; êtes-vous prêts à renoncer à la personne que vous étiez pour devenir celle que vous devez être ?
En faisant le pari de devenir qui je suis, je ne m’attendais pas à ça. Je ne m’attendais pas à autant de remises en question, de doutes, de changements, de séparations, de créations.
Je pensais qu’obtenir ce que je veux ferait de moi une femme complète. Ce n’est pas avoir ce dont j’ai besoin qui me rend complète ; c’est ce que cela suppose comme effort qui me construit. Les bienfaits de cet effort sont toujours bien au delà de ce que nous pouvons projeter. Mais ne sous-estimons pas l’effort.
La question n’est donc pas de savoir ce que nous voulons dans la vie, la question est de savoir ce que nous sommes prêts à donner, risquer, perdre et investir pour l’avoir.
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