L’ego a toujours le premier mot et la peur coupe la parole

Ai-je à apprendre à parler par amour ?

Si l’ego commence, je vais vous dire pourquoi je parle de moi. C’est ma façon à moi de dépasser la peur.

Mon égo a peur, me parle de la peur et la rend réelle par le simple fait d’y penser. M’exprimer laisse la place dont mon ego a besoin pour ouvrir la conversation et se laisser rassurer. Ignorer son ego est à l’origine de tant de conflits et personne n’en est jamais dénué. Certains ont simplement appris à échanger avec lui, au lieu de le laisser se battre contre d’autres.

De quoi ai-je peur ? De la simplicité. J’ai peur de jouer avec la vie pendant que tout le monde me paraît la construire.

Depuis 3 mois, je cherche un job à Paris. Mes entretiens ressemblent à ma peur parlant à celle de la personne que j’ai en face de moi ; mon parcours raconte presque autant d’expériences que de saisons, des fins trop proche des débuts, de l’indépendance et de l’audace. Je réponds aux questions de mon interlocuteur et je le sens : « Mais qui est-elle ? » se demande-t-il.

Dans une société encore largement guidé par l’ego (donc la peur), un profil qui incarne l’incertitude ne rassemble personne. Les recherches sont fastidieuses et les entretiens inconfortables.

Que devient-on quand on choisit l’amour de la vie plutôt que l’attrait de la sécurité ?

Je me pose sincèrement la question.

Il est vrai, ces trois dernières années, je n’ai pas construis ma vie. Je l’ai vécu, riche des opportunités qui sont arrivées, nombreuses et rapprochées. Je n’ai pas planifié, calculé, anticipé.

J’aime apprendre dans un monde où plus on en apprend, moins on en sait. J’aime le mouvement dans une société où plus on change, plus nous avons d’endroits vers lesquels aller.

J’ai donc recommencé, si ce n’est chaque jour, chaque saison ou chaque année, à m’interroger et à faire des projets. J’ai déconstruis, reconstruis, déconstruis à nouveau. Toutes mes expériences des 3 dernières années me ramènent à la même conclusion : je ne sais rien, je n’en sais rien. Amour, travail, voyage, religion, sens et conscience sont des terrains de jeu. Dès lors que mon esprit me parle de stratégie, en plus d’être terriblement contre intuitif, c’est douloureux.

Je veux comprendre une vie qui ne suppose absolument rien d’autre que de la vivre. Je viens seulement de m’en rendre compte et la peur m’éclabousse et m’enlise. C’est si simple que voilà plusieurs mois que je suis silence. Je laisse le temps filer et j’espère que l’ego fera silence pour enfin me laisser parler.

Et si tout cela n’était qu’un jeu ?


Ne trouvez-vous pas que nous considérons la vie avec trop de sérieux et peu de légèreté ? Nous ne sommes pas exemptes de contraintes et de réalités extérieures. Néanmoins nous ne sommes pas contraints de laisser autant d’espace à ces considérations extérieures dans notre vie intérieure.

Chacun est libre, et la liberté d’autrui est une bénédiction. Arrêtons de la considérer comme une menace. Arrêtons de nous sentir menacé par la liberté d’expression, de mouvement, de penser, de ceux qui sont différents de nous. Nous pouvons nous investir dans nos causes et œuvrer pour ce en quoi l’on croit sans n’avoir à juger ou détruire ce (ou ceux) qui s’y oppose.

« Vivre et laisser vivre » suffit pour vivre.

L’identification de mon ego me met parfois hors de moi. Il m’a tellement aidé pour grandir en société, pour me faire une place dans ce monde, pour parfaire mon éducation qu’il agit comme un indispensable. Quand je le met de côté pour m’écouter, je sens la peur me quitter et l’espace d’un instant, je sais ce que je fais.

Le contraire de la peur, c’est l’amour.

J’essaie d’aimer la peur pour rassurer l’ego au lieu de vouloir sa disparition. C’est difficile. C’est une nouvelle naissance. Ces mois-ci, j’ai l’impression d’être en gestation, bientôt prête à naître à nouveau.

Je laisse tout autre vivre et construire, et j’essaie de ne pas laisser les bruits des briques qu’il pose enfreindre la paix que je trouve dans mes recommencements.


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