Open Data, Shared data

Pourquoi le digital est incompatible avec le capitalisme !

Pascal Kotté
Sep 2, 2018 · 12 min read

Open data ?

Alors c’est quoi ‘open data’ et quelle en est l’utilité: Voici l’explication du plus grand propriétaire de serveurs de la planète, Amazon, l’un des membres du fameux GAFAM :

L’esprit Open, ses détournements

Exemple OpenStreetMap, et Wikipedia

Et Google map ?

Cela “semble” être ouvert, et nous contribuons tous à construire ce magnifique “bien commun”, notre espace publique, commenté, photographié, complétés par nos commentaires, sollicités par nos ‘smartphones’:

C’est quoi le gap ?

Seulement voilà, par exemple: Avec OpenStreetMap, je pourrai extraire et traiter la liste des coiffeurs du canton de Vaud (s’ils s’y ajoutaient), pour une analyse de marché. Pas avec Google, seul détenteur du savoir collectif, et qui pourra te vendre et te revendre cette analyse de marché, car si tu peux effectivement trouver les coiffeurs et les afficher, il te faudra les recopier un par un…

C’est la spoliation de nos données !

Et grâce aux lois sur la protection des données, les chapardeurs de données ont une bonne excuse pour ne pas pouvoir vous les délivrer, ces données…

Nos données, spoliées, l’or noir du second millénaire ! Captées une fois, revendues mille fois… De l’or en barre.

OpenLocal

L’annuaire public officiel et défini par loi fédérale, a été confié à Swisscom, une brave société d’intérêt public… ? Ah non, une SA commerciale en fait !

Qui est prioritaire ? Maîtresse économie ou le citoyen ?

Que ce soit notre dossier médical, des données sensibles, ou des données qui semblent triviales, comme notre adresse, notre métier, notre niveau de vie, à l’unité, cela n’a pas une très grande valeur… Mais avec les 4 Millions ?

1 = 0 CHF, 4'000'000 = 100'000 CHF

100'000 CHF est le prix que vous demandera Swisscom, pour l’ensemble des adresses de l’annuaire “public” sur un DVD… Une extraction de 10 minutes de travail. C’est ce qui m’a été confié par le fondateur de ZIP.ch en 2016, et il faut repayer l’année suivante, pour la mise à jour… Et oui, la loi fédérale n’a pas fixé le prix pour le prestataire à qui cet annuaire public a été confié. Alors il ne faut pas compter sur Swisscom pour faciliter la vie des compétiteurs !

Mais est-ce normal ?

Il faut comprendre que disposer de votre adresse et téléphone, avec deux ou trois infos associées, de façon unitaire, n’a aucune ou peu de valeurs. Mais collectivement, cela devient une manne ! Ainsi, les données gracieusement offertes en auto-saisie à Google, ne représente pas grand chose pour chacun, 3 minutes ? Mais de disposer de la somme de tout cela, vaut une fortune…

Open Data by design

Toutes les données de caractère public, fournies ou financées par le public, devrait entrer en mode “Open data” by design. De même que toutes les études et tous les travaux réalisés à partir de fonds publics, devraient être légalement imposées en Creative commons. Pas de problème que les Google cars sillonnent la Suisse et capturent nos espaces publics, ainsi que les Google mybusiness, avec les avis du public, mais le résultat doit être imposé en Open Data, comme l’est actuellement OpenStreetMap.

De dire que cela n’est “pas possible” est une erreur,

voir un mensonge.

Data et Infobésité

Le problème de l’explosion des données

Non seulement les données privées dans nos systèmes informatiques internes, mais aussi nos données privées dans le nuage, le Cloud: gmail, dropbox, onedrive et tout le reste…

Source: Etude IDC
Changer vos signatures pseudo-écolos… Mieux vaut imprimer et supprimer, que conserver !

La quête du contrôle des données,

ou plus exactement, du flux de ces données!

La logique de l’Ubérisation

La première ubérisation numérique s’appelle Google. Cette entreprise gagne 100 milliards de bénéfices annuels, en vendant des espaces de publicité. D’où vient cet argent ? De tous les investissements publicitaires locaux, des médias classiques, détournés grâce à la capacité fantastique d’ubiquité et de simultanéité du numérique, de l’Internet. Pour bien moins cher, je peux apporter plus de vues !? Quand nous créons de la valeur (monétaire), en détruisant un plus grand montant perdu par des compétiteurs dépassés : C’est normal, “la loi de la jungle économique”, de l’adaptation “au marché” ? Mais c’est quand même une régression économique, une récession car une partie des valeurs investies initialement, ont été supprimées.

A gauche les revenues de Google: Source Wikipedia, à droite les réductions des budgets dans la presse US (source: https://www.mcc.gouv.qc.ca/fileadmin/documents/publications/media/Christian_Desilets_-_Asymetrie_des_revenus_publicitaires_des_medias_traditionnels_et_modernes.pdf )

Nos vrais besoins

Avons-nous besoin de mettre en compétition un ZIP, avec un local et un Search ? Oui, bien entendu ! Pour pousser à fournir des meilleurs services, de meilleures interfaces, et assurer des transformations positives continues.

Sauf que c’est un mensonge.

Même s’il est tel quel dans Wikipedia ! Ce n’est pas vrai. Swisscom Directories dispose du mandat de gérer et centraliser les annuaires de tous les opérateurs en Suisse, et doit légalement le mettre à disposition de tous les annuaires “libéralisés” de Suisse.

Des bases de données publiques, open data.

Nous avons besoin d’un seul registre central pour nos données. Si la Poste avait été transformée en ‘Coopérative’, au lieu d’en faire une SA, alors nous aurions pu lui demander de devenir notre dépositaire de données, et servir d’intermédiaire avec Swisscom local.ch et les autres. Elle disposait déjà de pas mal d’information sur nous.

N’est-ce pas à nous de décider ?

Vers plus de contrôle, moins de liberté ?

En laissant nos états et gouvernement décider de la diffusion de nos données privées, ne réduisons-nous pas nos liberté ?

Une Suisse de braves vaches à traire ? Nous !

Shared Data vs Public Open Data

Coopérative de données

Avec une coopérative en gouvernance publique (par assemblée générale des membres, pas par contrôle des politiques), avec un conseil éthique ayant un réel pouvoir, et non une argutie marketing, nous pourrions confier nos données à une organisation collective, d’intérêt public. Nous pourrions y mentionner et choisir individuellement ce qui sera nos données publiques, et nos données privées, mais surtout, mes données partagées, non public (Par exemple: Mon téléphone fixe pour la famille et les personnes qui me connaissent réellement; Mon Mobile travail allumé uniquement 5 jours-8h-18h, pour tous; Ma seconde puce mobile perso et mon adresse au domicile, pour la famille et amis proches uniquement, et donc prédéfinis et autorisés par moi-même. Mais c’est la même logique pour mes dernières analyses sanguines: A qui suis-je OK de les transmettre, où se trouve ma liberté de décider ? De quel libre-arbitre je dispose vraiment ?).

source: https://theodi.org/about-the-odi/the-data-spectrum/

Accès normalisés, et stables

Au lieu de dépendre du bon vouloir des multinationales (qui peuvent fermer leur API: les “robinets numériques” quand ils veulent), l’accès aux données est alors normalisable, et les mises à jour des répliques allégées par notifications programmées des changements, au lieu de faire des “gros exports/imports”.

Moins de trafic, moins de données,

une seule mise à jour centralisée.

Ouverture aux acteurs privés, publics et nonprofits

L’accès aux données de façon granulaire, est gratuit. Mais pour financer le service de la coopérative, inutile de consommer de l’argent public. Il suffit de faire payer les grands consommateurs, un juste prix. Moins cher que s’ils devaient collecter les données eux-même, mais assez cher pour auto-financer les coopératives, c’est cela le contributif ! L’économie Collaborative :

  • pages jaunes
  • registres fonciers (c’est déjà open data, et utilisé par Opencoporates.com)
  • poursuites juridiques
  • Etat civil public
  • Registres notariés (parties publiques, et parties privées en accès partagés mais limités)
  • Dossiers médicaux
  • Bibliothèques personnelles (liens, lectures, films,
  • Documentaires publics (vidéos): Il n’y a pas que YouTube, aussi PeerTube!
  • Bases de photos libres
  • clefs de cryptage (publiques) pour signatures, et chiffrages.

Normes industrielles inadaptées aux caractéristiques du digital

Le monde numérique n’est pas compatible avec la compétition car la donnée est unique, même si elle est répliquable. Nous avons besoin d’un seul moteur de recherche, un seul annuaire, un seul système de texto, un seul réseau téléphonique, de vidéo-conférences… Je dois pouvoir choisir mon interface utilisateur, et laisser libre compétition dans les gestionnaires clients de ces interfaces. Mais les données, et leurs flux, doivent être codifiés et standardisés. Ces standards existent, mais ils sont ignorés.

Car depuis un demi-siècle, notre Ploutocracie planétaire ne souhaite pas établir des services numériques public d’intérêt collectifs, mais des “pompes à frics” efficientes.

cf. http://whatsapp.kotte.net (source image xkcd.com)

La survie de l’humanité ne dépendra pas de nos performances économiques, mais de l’économie de notre petite planète !

Rejoindre: www.GPclimat.ch et http://join.cloudready.ch

Le capitalisme est basé sur la compétition, sur le non-partage !

La spéculation est basée sur la “rareté”, quitte à créer cette “fiction” par des droits et des brevets abusifs !

Il est temps d’entrer dans l’économie du partage, de la contribution !

Et cela est déjà en marche: B-Corporation, CC, Open Access, Coop, altermondialisme, développement durable, permaculture humaine, Holacracy, gouvernance partagée, et bien d’autres projets et créations humaines sont en route pour palier à l’impossible futur de nos économies qui ne sont même plus capitalistes, mais ploutocratiques et spéculatives !

CloudReady CH

Observatoire francophone (basé en Suisse romande) sur le "Cloud computing", pépinière pour des transformations sociétales positives avec le numérique, vers une humanité digitale durable: http://Tech4good.ch

Pascal Kotté

Written by

Réducteur de fractures numériques, éthicien digital, Suisse romande.

CloudReady CH

Observatoire francophone (basé en Suisse romande) sur le "Cloud computing", pépinière pour des transformations sociétales positives avec le numérique, vers une humanité digitale durable: http://Tech4good.ch

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