Open Data, Shared data

Pourquoi le digital est incompatible avec le capitalisme !

Open data ?

Alors c’est quoi ‘open data’ et quelle en est l’utilité: Voici l’explication du plus grand propriétaire de serveurs de la planète, Amazon, l’un des membres du fameux GAFAM :

Sauf que c’est pour proposer leur hébergement de ces données, publiques, mais enfermées chez eux ! Surtout avec des outils non “transportables” hors de chez eux… Car il est vrai que stocker des volumes de données et les rendre accessibles, cela coûte !

Voici une définition en français, plus indépendante:

Qui implique les Gouvernements, dans cette notion ‘open data’… Mais c’est une vision restrictive.

L’esprit Open, ses détournements

Exemple OpenStreetMap, et Wikipedia

Des milliers de contributeurs peuvent librement compléter la base cartographique planétaire de OpenStreetMap, et l’encycopédie Wikipédia.

Nous organisons même des Mapathon, pour permettre la mise à jour massive de zones sensibles pour le bénéfice des ONG comme Terre des Hommes, la Croix rouge, ou Médecins sans frontière.

Ainsi, un gros volume de données n’est stocké qu’une seule fois (avec redondances et sauvegardes), sur un seul groupe de serveurs, pour devenir réutilisable par plusieurs.

Si Wikipedia n’est destiné qu’à un usage “humain”, OpenStreetMap propose des fonctionnalités ouvertes qui permettent aux ONG d’écrire des programmes pour calculer les volumes et localisations nécessaires, pour une intervention d’urgence efficiente sur le terrain, par analyse des données numériques saisies (surfaces, distances…). C’est aussi de l’Open data.

Et Google map ?

Cela “semble” être ouvert, et nous contribuons tous à construire ce magnifique “bien commun”, notre espace publique, commenté, photographié, complétés par nos commentaires, sollicités par nos ‘smartphones’:

Vous sortez de ce restaurant, comment était-il ? *****. Y a-t-il des repas enfants ? Accès handicapés ? etc…

Avec des calculs d’itinéraires optimisés, les horaires des transports publiques, c’est bien pratique…

C’est quoi le gap ?

Seulement voilà, par exemple: Avec OpenStreetMap, je pourrai extraire et traiter la liste des coiffeurs du canton de Vaud (s’ils s’y ajoutaient), pour une analyse de marché. Pas avec Google, seul détenteur du savoir collectif, et qui pourra te vendre et te revendre cette analyse de marché, car si tu peux effectivement trouver les coiffeurs et les afficher, il te faudra les recopier un par un…

C’est la spoliation de nos données !

Et grâce aux lois sur la protection des données, les chapardeurs de données ont une bonne excuse pour ne pas pouvoir vous les délivrer, ces données…

“Mais les gens nous les ont confié, ils nous font confiance, nous ne pouvons pas vous les divulguer ! Mais nous pouvons faire le traitement souhaité pour vous, sans exposer ces données, moyennant finances, bien entendu…
Nos données, spoliées, l’or noir du second millénaire ! Captées une fois, revendues mille fois… De l’or en barre.

OpenLocal

L’annuaire public officiel et défini par loi fédérale, a été confié à Swisscom, une brave société d’intérêt public… ? Ah non, une SA commerciale en fait !

En plus, Swisscom (local.ch) a racheté Search.ch, comme cela, il existe localsearch.ch, qui est là pour “vendre” ! Or, comment se fait-il qu’une entreprise commerciale se fasse de l’argent, avec nos données ? cf. www.OpenLocal.ch !

Nous nous exposons dans un annuaire public, mais qui donc a réellement besoin de connaître mon adresse postale ? Pour ma part, c’est anonymisé avec CP 202, CH-1009 Pully ! Nous partageons souvent notre téléphone fixe, tout en refusant de partager notre téléphone portable… Alors qu’il est simplement plus logique de faire l’inverse. Mon téléphone fixe est en liste noire, mon portable est public: +41793092886. Mon portable je peux l’éteindre, bloquer un appelant, identifier l’appelant avant de répondre. Le téléphone fixe, à moins de le débrancher la nuit, sonnera sans même tenir compte de la petite *, ‘pas de démarchage’ (liste rouge), avec une inefficacité incroyable ! Déposez plainte :
Qui est prioritaire ? Maîtresse économie ou le citoyen ?

Que ce soit notre dossier médical, des données sensibles, ou des données qui semblent triviales, comme notre adresse, notre métier, notre niveau de vie, à l’unité, cela n’a pas une très grande valeur… Mais avec les 4 Millions ?

1 = 0 CHF, 4'000'000 = 100'000 CHF

100'000 CHF est le prix que vous demandera Swisscom, pour l’ensemble des adresses de l’annuaire “public” sur un DVD… Une extraction de 10 minutes de travail. C’est ce qui m’a été confié par le fondateur de ZIP.ch en 2016, et il faut repayer l’année suivante, pour la mise à jour… Et oui, la loi fédérale n’a pas fixé le prix pour le prestataire à qui cet annuaire public a été confié. Alors il ne faut pas compter sur Swisscom pour faciliter la vie des compétiteurs !

Mais est-ce normal ?

Il faut comprendre que disposer de votre adresse et téléphone, avec deux ou trois infos associées, de façon unitaire, n’a aucune ou peu de valeurs. Mais collectivement, cela devient une manne ! Ainsi, les données gracieusement offertes en auto-saisie à Google, ne représente pas grand chose pour chacun, 3 minutes ? Mais de disposer de la somme de tout cela, vaut une fortune…

Open Data by design

Toutes les données de caractère public, fournies ou financées par le public, devrait entrer en mode “Open data” by design. De même que toutes les études et tous les travaux réalisés à partir de fonds publics, devraient être légalement imposées en Creative commons. Pas de problème que les Google cars sillonnent la Suisse et capturent nos espaces publics, ainsi que les Google mybusiness, avec les avis du public, mais le résultat doit être imposé en Open Data, comme l’est actuellement OpenStreetMap.

De dire que cela n’est “pas possible” est une erreur,
voir un mensonge.

Data et Infobésité

Le problème de l’explosion des données

Non seulement les données privées dans nos systèmes informatiques internes, mais aussi nos données privées dans le nuage, le Cloud: gmail, dropbox, onedrive et tout le reste…

Source: Etude IDC
L’impact écologique est tel que cela dépasse déjà actuellement largement toute l‘énergie consommée par l’ensemble du traffic aérien de la planète !

Alors la lutte contre l’infobésité présente le Cloud comme une solution miracle, un seul stockage des données, au lieu d’une multitude de répétitions de ces mêmes données chez chacun. Sauf que d’utiliser gmail, avec 10 années d’historiques inutiles, 24 h/24 et 7 jours/7, est autrement plus gourmand que d’archiver ses emails sur 2 disques externes “éteint” quand inutilisés…

Changer vos signatures pseudo-écolos… Mieux vaut imprimer et supprimer, que conserver !
La quête du contrôle des données,
ou plus exactement, du flux de ces données!

La logique de l’Ubérisation

La première ubérisation numérique s’appelle Google. Cette entreprise gagne 100 milliards de bénéfices annuels, en vendant des espaces de publicité. D’où vient cet argent ? De tous les investissements publicitaires locaux, des médias classiques, détournés grâce à la capacité fantastique d’ubiquité et de simultanéité du numérique, de l’Internet. Pour bien moins cher, je peux apporter plus de vues !? Quand nous créons de la valeur (monétaire), en détruisant un plus grand montant perdu par des compétiteurs dépassés : C’est normal, “la loi de la jungle économique”, de l’adaptation “au marché” ? Mais c’est quand même une régression économique, une récession car une partie des valeurs investies initialement, ont été supprimées.

Bien entendu, Google n’est pas le seul acteur sur cette transformation, il y a aussi, Facebook… D’autres aussi, mais ils sont peanuts ! (insignifiants des 2 géants)
A gauche les revenues de Google: Source Wikipedia, à droite les réductions des budgets dans la presse US (source: https://www.mcc.gouv.qc.ca/fileadmin/documents/publications/media/Christian_Desilets_-_Asymetrie_des_revenus_publicitaires_des_medias_traditionnels_et_modernes.pdf )
Je ne porte pas de jugements pour dire si cela est bien, ou mal, cela est! Et je m’interroge.

Nos vrais besoins

Avons-nous besoin de mettre en compétition un ZIP, avec un local et un Search ? Oui, bien entendu ! Pour pousser à fournir des meilleurs services, de meilleures interfaces, et assurer des transformations positives continues.

Mais n’aurions-nous pas intérêt à éviter de créer multiples annuaires, dans lesquels nous devrons répéter nos propres inscriptions ?

Mon nouveau Business ou déménagement, je dois faire la saisie des mes nouveaux horaires et mon adresse sur: local.ch, zip.ch, search.ch, netrep.ch, annuaire.ch, Google business, swissromande.ch, zefix.ch, etc… !

Mais, pourquoi donc ne puis-je pas faire simplement ma déclaration auprès de l’organisme central, délégué à Swisscom Directories par notre confédération ? J’ai essayé, c’est pas prévu ! Il faut passer par local.ch, c’est l’annuaire officiel de Suisse m’a-t-on répondu.

Sauf que c’est un mensonge.

Même s’il est tel quel dans Wikipedia ! Ce n’est pas vrai. Swisscom Directories dispose du mandat de gérer et centraliser les annuaires de tous les opérateurs en Suisse, et doit légalement le mettre à disposition de tous les annuaires “libéralisés” de Suisse.

Je me demande si Swisscom paye bien 2 fois, chaque année, 2 fois 100'000 CHF pour local.ch et tel.search.ch, qu’ils conservent séparés, tout en ayant viré tous les vendeurs de Search… Et quand tu demandes un devis sur www.localsearch.ch tu disposes d’une offre pour local.ch uniquement, et tu devras doubler ton investissement si tu veux être présent sur tel.search.ch aussi !

Des bases de données publiques, open data.

Nous avons besoin d’un seul registre central pour nos données. Si la Poste avait été transformée en ‘Coopérative’, au lieu d’en faire une SA, alors nous aurions pu lui demander de devenir notre dépositaire de données, et servir d’intermédiaire avec Swisscom local.ch et les autres. Elle disposait déjà de pas mal d’information sur nous.

Mais non, c’est devenu une SA, et sous gouvernance spéculative, comme les autres…

Que ce soit nos données de santé, nos business, nos CVs, nos états-civils, nos poursuites et ennuis juridiques, la façon dont nous souhaitons être contacté, qui est autorisé à nous contacter, ou pas, et comment…

N’est-ce pas à nous de décider ?

Vers plus de contrôle, moins de liberté ?

En laissant nos états et gouvernement décider de la diffusion de nos données privées, ne réduisons-nous pas nos liberté ?

Mais en confiant ces mêmes données et leurs diffusion à des multinationales privées, que faisons-nous de nos libertés ?

Ne donnons-nous pas les moyens de nous contrôler, par manipulations ?

Pourquoi la page YouTube par défaut, la sélection des “meilleures” vidéos, est-elle d’une telle affligeante pauvreté culturelle, si ce n’est pour un abrutissement volontaire des masses, à les transformer en bêtes consommateurs obéissants… Et cela fonctionne: le QI européen a régressé de 1 point en 15 ans ! (Effet Flynn)
Une Suisse de braves vaches à traire ? Nous !

Shared Data vs Public Open Data

Coopérative de données

Avec une coopérative en gouvernance publique (par assemblée générale des membres, pas par contrôle des politiques), avec un conseil éthique ayant un réel pouvoir, et non une argutie marketing, nous pourrions confier nos données à une organisation collective, d’intérêt public. Nous pourrions y mentionner et choisir individuellement ce qui sera nos données publiques, et nos données privées, mais surtout, mes données partagées, non public (Par exemple: Mon téléphone fixe pour la famille et les personnes qui me connaissent réellement; Mon Mobile travail allumé uniquement 5 jours-8h-18h, pour tous; Ma seconde puce mobile perso et mon adresse au domicile, pour la famille et amis proches uniquement, et donc prédéfinis et autorisés par moi-même. Mais c’est la même logique pour mes dernières analyses sanguines: A qui suis-je OK de les transmettre, où se trouve ma liberté de décider ? De quel libre-arbitre je dispose vraiment ?).

Comment savoir qui est de la famille ou connu ? Mais tu poses la question, et dans les conditions, la personne s’engage à être de la famille, ou une personne reconnue, sinon un ami, avant d’avoir accès à mon téléphone fixe. Et s’il triche, je le dénonce et le contrat associé autorise et prévoie une sanction. Pour les choses à mieux sécuriser, c’est une autorisation explicite, et l’opportunité de proposer un service d’identification partagé et sécurisé.
source: https://theodi.org/about-the-odi/the-data-spectrum/

Accès normalisés, et stables

Au lieu de dépendre du bon vouloir des multinationales (qui peuvent fermer leur API: les “robinets numériques” quand ils veulent), l’accès aux données est alors normalisable, et les mises à jour des répliques allégées par notifications programmées des changements, au lieu de faire des “gros exports/imports”.

Moins de trafic, moins de données,
une seule mise à jour centralisée.

Ouverture aux acteurs privés, publics et nonprofits

L’accès aux données de façon granulaire, est gratuit. Mais pour financer le service de la coopérative, inutile de consommer de l’argent public. Il suffit de faire payer les grands consommateurs, un juste prix. Moins cher que s’ils devaient collecter les données eux-même, mais assez cher pour auto-financer les coopératives, c’est cela le contributif ! L’économie Collaborative :

  • annuaire public
  • pages jaunes
  • registres fonciers (c’est déjà open data, et utilisé par Opencoporates.com)
  • poursuites juridiques
  • Etat civil public
  • Registres notariés (parties publiques, et parties privées en accès partagés mais limités)
  • Dossiers médicaux
  • Bibliothèques personnelles (liens, lectures, films,
  • Documentaires publics (vidéos): Il n’y a pas que YouTube, aussi PeerTube!
  • Bases de photos libres
  • clefs de cryptage (publiques) pour signatures, et chiffrages.
Vous remarquerez que certaines données ci-dessus seront sensibles, et nous aurons tout intérêt à éviter à les remettre dans les mains des spéculateurs ! Le seul moyen de reprendre le contrôle de qui à droit à quelles informations, est de mettre un sotckage de ces données en auto-gestion, sous nos propres gouvernances, et en mode “Shared-limited-Data” et non toutes “Open Data”.

C’est déjà le modèle utilisé par la plateforme www.OpenCorporates.com, une entreprise commerciale, mais qui a monté une association pour assurer un contrôle déontologique aux activités de la SA ? L’accès à 10 ou 100 fiches par mois est gratuit, mais les plus gros volumes, deviennent payants. (?TK à préciser)

Normes industrielles inadaptées aux caractéristiques du digital

Le monde numérique n’est pas compatible avec la compétition car la donnée est unique, même si elle est répliquable. Nous avons besoin d’un seul moteur de recherche, un seul annuaire, un seul système de texto, un seul réseau téléphonique, de vidéo-conférences… Je dois pouvoir choisir mon interface utilisateur, et laisser libre compétition dans les gestionnaires clients de ces interfaces. Mais les données, et leurs flux, doivent être codifiés et standardisés. Ces standards existent, mais ils sont ignorés.

Car depuis un demi-siècle, notre Ploutocracie planétaire ne souhaite pas établir des services numériques public d’intérêt collectifs, mais des “pompes à frics” efficientes.
cf. http://whatsapp.kotte.net (source image xkcd.com)

Alors dans les révolutions silencieuses de demain, nous devrons nous réapproprier nos technologies, nos sols, notre capacité à produire notre nourriture, notre énergie, mais aussi, le contrôle de nos propres données, de nos propres applications, des flux d’échanges de ces données.

La survie de l’humanité ne dépendra pas de nos performances économiques, mais de l’économie de notre petite planète !
Rejoindre: www.GPclimat.ch et http://join.cloudready.ch

Besoin de conseillers numériques indépendants, conférence, formations, réflexions, remises en question: http://callme.kotte.net (www.ICT-a.ch), en inter-collaboration collective avec ‘Léman Innovation Numérique’ (http://LiN.mx) et www.Tech4good.ch.

Le capitalisme est basé sur la compétition, sur le non-partage !
La spéculation est basée sur la “rareté”, quitte à créer cette “fiction” par des droits et des brevets abusifs !
Il est temps d’entrer dans l’économie du partage, de la contribution !
Et cela est déjà en marche: B-Corporation, CC, Open Access, Coop, altermondialisme, développement durable, permaculture humaine, Holacracy, gouvernance partagée, et bien d’autres projets et créations humaines sont en route pour palier à l’impossible futur de nos économies qui ne sont même plus capitalistes, mais ploutocratiques et spéculatives !

Venir en causer lors d’une de nos rencontres d’entraide numérique: www.INTERGEN.ch