Pourquoi Triller, à garder à l’oeil

Un des très nombreux réseaux sociaux

Pascal Kotté
Jun 19 · 6 min read

Mais ce sera inutile de m’y chercher, je n’irai pas. Je vous recommande plutôt http://Diasporing.ch ou http://Tooting.ch comme alternatives recommandables. (cf. http://FSnet.ch )

Car depuis l’éviction de Trump de Twitter, et Facebook, alors, de nombreux américains s’y sont rendu. Mais aussi car il fait des émules en France.

A moins que finalement, Trump fasse effectivement son propre réseau social?

Et nous allons accentuer plus encore les polarisations des cercles de pensées.

https://xkcd.com/1810/

C’est plus le sujet de mon inquiétude : Après l’ère de l’Internet tout le monde connecté, nous créons et dessinons de nouvelles frontières. Est-ce que finalement nos technologies servent à rassembler les gens, à les connecter? Ou bien à les diviser, voir, les manipuler?

Triller? Un de plus!

C’est en fait un compétiteur au chinois TikTok, lequel est apparu un an après. Mais même avec l’arrivée de Trump, en août 2020, la solution franco-américaine reste “sous le radar” des acteurs prédominants du marché.

https://fr.statista.com/infographie/11915/comparaison-utilisateurs-actifs-mensuels-reseaux-sociaux-services-messagerie-facebook-tencent/

Suivi par Linkedin: 300 millions environ.

Voir aussi:

Joséphine MAUNIER, août 2020

Qui se cache derrière Triller, le réseau social que vient d’adopter Donald Trump ?

Par Joséphine MAUNIER

Le réseau social américain Triller vient de faire un spectaculaire bond en avant, avec 35 millions d’installations en une semaine seulement, pour 250 millions de téléchargements depuis sa création en 2015. Une avancée favorisée par des utilisateurs remarqués, comme le président des États-Unis Donald Trump. Qui se cache derrière Triller, l’application américaine qui veut contrer le géant chinois TikTok ?

Créé en 2015, Triller est le grand frère franco-américain du géant chinois TikTok, réseau social de partage de vidéos beaucoup plus connu, lancé, lui, en 2016. Mais Triller pourrait bien faire de l’ombre à son cadet à présent, avec un nouvel abonné de marque : le président des États-Unis Donald Trump, qui s’est créé un profil le 15 août !

De quoi assurer un formidable et soudain engouement pour cette start-up plus que prometteuse… Quelque 35 millions de téléchargements ont été enregistrés en moins d’une semaine.

Un réseau social

« Si Spotify et YouTube avaient un bébé, ce serait Triller », avait résumé Claude Crevelle, vice-président de Triller lors de son lancement. C’était il y a cinq ans. À l’époque, le ton est donné et l’exploit commercial semble juste au coin de la rue.

Triller, comme son futur rival TikTok, est une application de clips vidéo, alimentée par de l’intelligence artificielle, qui permet de synchroniser en un clin d’œil les mouvements des personnes qui se filment avec le rythme de la musique sélectionnée. En bref, n’importe qui peut devenir un « talentueux » réalisateur de clip en une fraction de seconde, sans compétence particulière. Un format de 15 secondes idéal, à la promotion musicale.

Contrairement à TikTok, qui diffuse une immense variété de contenus, sans pour autant avoir de fil conducteur, Triller certifie vouloir se concentrer sur l’aspect musical en proposant « 90 % de contenus exclusivement musicaux ».

C’était sans compter sur l’arrivée récente d’un utilisateur peu anodin, le président des États-Unis Donald Trump, qui boude les réseaux sociaux étrangers. Il s’est créé un profil sur Triller il y a quelques jours et a publié trois vidéos dans la foulée, dont une où il se présente comme « un professionnel de la technologie ».

Il semblerait que le président américain, pourtant toujours très accro à Twitter, ait décidé de se servir de Triller pour faire campagne et toucher un électorat plus jeune, en vue de l’échéance présidentielle de novembre.

Au départ, un trio

Au commencement, à New York, en juillet 2015, il y a trois Américains derrière l’application de partage de clips vidéo Triller : les musiciens et développeurs David Leiberman et Sammy Rubin se sont entourés de Colin Tilley, célèbre réalisateur de campagnes publicitaires (Balmain, Reebok, Yves Saint Laurent) et de clips musicaux, à qui l’on doit notamment la plupart des clips vidéo de Chris Brown, Nicki Minaj ou encore Kendrick Lamar pour ne citer qu’eux.

Une bonne entrée en matière pour se faire une place de l’univers musical donc. Triller a ainsi conclu des accords avec les principales maisons de disques américaines qui disposent des droits des artistes les populaires : Universal Music Group, Warner Music et Sony Music.

Ce partenariat — et coup de génie — leur permet de s’assurer un catalogue permanent qui correspond aux attentes des utilisateurs. Spotify et Apple Music sont également de la partie.

Le logo rose et noir de l’application Triller. (Photo : Ouest-France)

Depuis, l’application a posé ses valises sur la côte ouest à Los Angeles et a été rachetée par des investisseurs et entrepreneurs qui ont flairé son potentiel et lui ont octroyé sa double nationalité : l’Américain Mike Lu, président-directeur général, et le Français Claude Crevelle, devenu vice-président international.

Paris est ainsi devenue la deuxième ville Triller en nombre d’utilisateurs grâce à certaines personnalités comme Léa Elui, l’instagrameuse la plus suivie de l’Hexagone. Elle est même devenue l’égérie de la marque, avec ses vidéos qui enregistrent plus de 2 millions de vues.

Cette double nationalité est particulièrement intéressante pour évincer l’actuel mastodonte chinois TikTok. Triller bénéficie ainsi d’une place privilégiée sur le marché américain et français — donc européen. Plus surprenant cependant, l’application au logo rose et noir est devenue très populaire en Inde et tente de s’installer en force sur le marché asiatique.

La guerre des clips

TikTok, malgré son nombre ahurissant de 2 milliards de téléchargements atteints en avril 2020, s’est fait de puissants ennemis. Banni de plusieurs pays et fortement contesté pour ses manquements au respect de la vie privée, il voit son grand frère américain et principal rival lui faire de l’ombre.

Triller marque une fulgurante ascension avec 500 % de croissance mensuelle en 2020 et 26,5 millions d’utilisateurs mensuels actifs sur le sol américain.

Le principe est le même mais la cible diffère légèrement. Alors que le Chinois se concentre sur les préadolescents, l’Américain se focalise sur les jeunes adultes, une clientèle jugée plus pérenne.

Une guéguerre qui se joue également au tribunal. L’Américain, antérieur au Chinois, accuse le second d’avoir enfreint son brevet pour « création de clips vidéo synchronisés avec une piste audio ». De quoi faire pencher un peu la balance.

Ce qui séduit les utilisateurs chez Triller d’un point de vue musical, c’est le soutien que lui confèrent les artistes qui occupent le devant de la scène. Contrairement à TikTok, Triller génère un revenu pour les artistes et labels à chaque écoute. The Weeknd, Tyga, Snoop Dogg et tellement d’autres ne jurent déjà plus que par Triller.

L’application américaine est pour l’heure plus tournée vers le rap et hip-hop, styles musicaux en vogue chez la tranche d’âge ciblée. Mais d’autres places restent vacantes : les musiques électroniques, de la techno à l’EDM (Electronic Dance Music), semblent être le prochain angle d’attaque pour que Triller continue son ascension vers le sommet, pour, peut-être un jour, détrôner TikTok.

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Observatoire francophone (basé en Suisse romande) sur le "Cloud computing", pépinière pour des transformations sociétales positives avec le numérique, vers une humanité digitale durable: http://Tech4good.ch

Pascal Kotté

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Réducteur de fractures numériques, éthicien digital, Suisse romande.

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Observatoire francophone (basé en Suisse romande) sur le "Cloud computing", pépinière pour des transformations sociétales positives avec le numérique, vers une humanité digitale durable: http://Tech4good.ch