Analyse du scénario d’Amour : l’émotion

CINÉMA — Analysons le scénario du film Amour (2012) : en quoi consiste une émotion ?

Pourquoi regardons nous des films et des séries ? Avant tout, me répondrez-vous, pour vivre des émotions. D’accord. Mais c’est quoi, une émotion ?

Info : Cet article retranscrit un épisode du podcast “Comment c’est raconté ?”, disponible sur Youtube, Apple Podcasts, Soundcloud, Spotify et services de podcast par RSS.

Salut ! Et bienvenue dans ce 29ème numéro de “Comment c’est raconté ?”, le podcast qui déconstruit les scénarios un dimanche sur deux. Aujourd’hui, regardons la fin de vie en face avec le drame franco-germano-autrichien Amour, écrit et réalisé par Michael Haneke, et sorti en octobre 2012 au cinéma. Ce film poignant m’a questionné sur ce qui se passe en nous, quand nous sommes bousculés, marqués ou transpercés par une oeuvre, tout en restant sagement assis au fond de notre fauteuil.

Georges et Anne, couple d’octogénaires cultivés, sont tous deux professeurs de musique à la retraite. Leur fille, également musicienne, vit à l’étranger avec sa famille. Un jour, Anne est victime d’une attaque cérébrale. Lorsqu’elle sort de l’hôpital et revient chez elle, Anne souffre d’une hémiplégie. L’amour qui unit le vieux couple va alors être mis à rude épreuve.


Avant de démarrer cette étude, quelques avertissements de rigueur. Premièrement, je ne suis ni psychologue ni chercheur en sciences sociales, or le sujet que nous abordons ne met déjà pas tous les professionnels d’accord, et n’est pas une science exacte, donc gardons un certain recul sur ce qui sera énoncé ici.

Deuxièmement, vous le remarquerez, l’analyse suivante traitera beaucoup du sujet de l’émotion mais très peu du film Amour en lui-même, car ce qui nous intéresse aujourd’hui porte sur les principes propres à l’émotion que le spectateur ressent, et assez peu sur la façon de provoquer cette émotion, dans le cadre d’une écriture dramatique.

Troisièmement, j’ai fondé l’essentiel de cette étude sur le passionnant ouvrage de la docteure en psychologie Anna Tcherkassof, intitulé Les Émotions et leurs expressions, qui synthétise les différentes approches de la notion d’émotion. Ainsi, toute information dont je ne préciserai pas la provenance, proviendra probablement de ce livre.

Enfin quatrième et dernier avertissement, vous l’attendiez, attention spoilers.

LES ÉTATS AFFECTIFS

Pour commencer, situons ce qu’est une émotion. Elle figure parmi un ensemble d’états affectifs. Un état affectif est relatif à toute sensation de plaisir ou de déplaisir. Si vous appréciez un film, vous serez dans un état affectif de plaisir, et si vous détestez un film vous serez dans un état affectif de déplaisir. À ce stade, c’est aussi simple que cela.

Parmi les différents états affectifs, figureraient notamment trois principaux : l’humeur, l’émotion et les sentiments.

1. L’HUMEUR

D’abord l’humeur. Cet état affectif est qualifié de phénomène chronique, diffus et global, d’intensité modérée. Autrement dit, l’humeur est une sensation légère de plaisir ou de déplaisir, qui démarre doucement, dure un bon moment, et se termine doucement. Si l’humeur peut être déclenchée par un événement en particulier, comme le fait d’avoir payé quatorze euros pour voir un film qui ne nous a pas plu, l’événement en question ne participe pas au maintien de cet état affectif. Une fois qu’on est de mauvaise humeur, on le reste un bon moment. Cela nous prédispose à réagir plus fortement à certains événements. Si vous endommagez la carrosserie de votre voiture en vous garant sur le parking du cinéma — ce qui vous mettra sûrement de mauvaise humeur — alors vous serez d’autant plus irrités par le film s’il s’avère mauvais, et d’une manière générale chaque péripétie du film vous touchera différemment. Une humeur ne disparait qu’avec le temps, ou si un état affectif inverse et fort survient. Distinguons bien l’humeur du tempérament. Le tempérament relève de dispositions affectives stables, tandis que l’humeur repose plutôt sur des états affectifs passagers.

© Les Films du Losange

2. L’ÉMOTION

En contrepoint de l’humeur, figure l’émotion. Là voilà. Un état affectif intense et aigu, qui se manifeste brusquement, le plus saillant de tous. Tellement saillant, que nous en perdons l’interaction avec notre environnement. Quand la santé d’Anne se dégrade dans le film Amour, et que son mari a recours à des soins infirmiers à domicile, figure une scène où Georges apprend à mettre une couche à sa femme. Cette scène est longue, intensément triste, d’autant plus car la caméra se concentre sur le visage préoccupé, gêné et impuissant du personnage d’Anne. Heureusement, une douce scène succède à cet épisode douloureux, nous montrant en flash-back Anne en train de jouer du piano, sous les yeux de son mari. L’émotion était si forte dans la scène précédente, que la scène du piano peut parfaitement durer un bon moment sans le moindre événement, ni la moindre action, ni la moindre péripétie, puisqu’il nous faut justement un bon moment avant d’être pleinement attentif de nouveaux, pour reconnecter avec le récit.

D’ailleurs, concernant la durée de l’émotion, elle diffère de l’humeur par sa brièveté. L’expérience subjective de l’émotion peut durer parfois des heures, voire pourquoi pas des années, elle nous hante et nous habite, mais la déconnexion forte avec notre environnement qu’elle provoque ne dure jamais très longtemps. On qualifie ainsi l’émotion d’épisodique, et non de chronique comme peut l’être l’humeur.

Par ailleurs, si on ne présente pas trente-six humeurs différentes — on est juste de bonne ou de mauvaise humeur — on dénombre toute une palette d’émotions, tels que le dégoût, la joie, la tristesse, la peur ou la colère.

De plus, les professionnels de la psychologie et des sciences sociales se seraient mis d’accord sur la caractéristique suivante de l’émotion : elle survient quand quelque chose que l’on attendait ne se produit pas, ou quand quelque chose que l’on n’attendait pas se produit. Autrement dit, cet état affectif naît de la surprise. Je pense par exemple à cette scène perturbante du film Amour, où Anne perd subitement toute capacité d’interaction, au moment de sa première attaque cérébrale.

Enfin, concernant l’émotion, tout terme dont on ne peut pas substituer les deux verbe « être » ET « se sentir » est exclu du domaine émotionnel. Que vous disiez « je suis heureux » ou « je me sens heureux », cela revient au même. Par contre vous pouvez vous « sentir coupable », sans « être coupable », et réciproquement. Dans ce cas, nous avons plutôt affaire au troisième état affectif : le sentiment.

© Les Films du Losange

3. LE SENTIMENT

Après l’humeur et l’émotion, intéressons-nous donc au sentiment. celui-ci est un état affectif conscient et porté vers un objet ou une personne. Comme je le disais, on n’est pas de mauvaise humeur contre quelqu’un en particulier, on l’est en général, tandis que l’on éprouvera un sentiment précisément à l’égard de quelqu’un ou de quelque chose.

Surtout, le sentiment vient d’un jugement moral, donc relève d’une dimension d’analyse cognitive. Je pense par exemple à cette scène du film Amour, où une infirmière s’occupe n’importe comment d’Anne : elle lui coiffe très mal les cheveux, la brusque, lui parle comme à un bébé de deux ans, et la force à regarder le sinistre résultat dans un miroir. Durant cette scène, j’ai éprouvé un fort sentiment de mépris à l’égard de l’infirmière. Il s’agit à la base d’une sensation négative, donc d’un état affectif de déplaisir, auquel j’ai consciemment associé une appréciation, un jugement moral, une réflexion : je méprise ce personnage. Ainsi, j’interprète une sensation physique, et ce d’une façon totalement subjective. Dans une relation donnée, peut-être qualifierez vous votre ressenti d’amitié, ou bien d’amour, c’est à vous de le dire et c’est personnel. Après, un film vise souvent à orienter nos sentiments, évidemment. Quand George vire cette infirmière avec fermeté et amertume, nous ne pouvons qu’éprouver une certaine fierté à son égard.

MÊLER LES ÉTATS AFFECTIFS

Voilà pour les états affectifs. Evidemment, les trois ne s’avèrent pas aussi cloisonnés qu’il n’y parait. Après qu’Anne revient dans l’appartement en fauteuil roulant, suite à son hospitalisation, figure une scène où George la couche consciencieusement, le soir venu. Anne lui indique comment s’y prendre, lui demande quelques services supplémentaires, puis l’invite à ne pas rester là bêtement à la surveiller : « je ne suis pas une handicapée, tu peux bien me laisser deux minutes toute seule sans que je ne m’effondre », dit-elle. Cette scène nous procure une émotion forte de tristesse, dans la complicité sans faille dont le couple fait preuve face à une situation délicate, émotion doublée d’un sentiment d’admiration à l’égard des deux protagonistes, et prolongée par une humeur altérée, puisque le couple ne pourra plus vivre insouciant comme avant.

ÉTATS AFFECTIFS : PRÉCISIONS ET RÉSUMÉ

Toujours sur les états affectifs, pour revenir à leur définition-même, j’ai personnellement quelques réserves sur cette histoire de sensations de plaisir ou de déplaisir. Une « sensation », c’est neutre, c’est juste un toucher, un regard, un goût, etc. Je dirais ainsi, après quelques investigations sur les internets, que l’état affectif repose sur des perceptions ou sur des ressentis, plutôt que sur des sensations. Pour les ressentis, je fais référence aux expressions physiques de nos émotions : ces moments de gorge nouée, de frissons, ou de pulsions cardiaques puissantes. Quant aux perceptions, je fais référence à notre appréciation personnelle d’une certaine sensation : aimer la couleur bleu, le toucher de la soie, l’odeur du vin, le goût des épinards ou l’écoute d’un album de Rammstein.

Si cette version vous convient, alors résumons : nous expérimentons aux quotidien des sensations intérieures et extérieures. Les sensations intérieures se traduisent en ressentis, les sensations extérieures se traduisent en perceptions. L’état de plaisir ou de déplaisir dans lequel nous plongent ces perceptions et ces ressentis s’appelle un état affectif. Ce même état affectif peut s’avérer de plusieurs natures, dont les trois suivantes : une humeur s’il est long et doux, une émotion s’il est bref et intense, ou un sentiment s’il est conscientisé.

Tout ça pour dire, au terme de cette première partie, que notre monde intérieur est un sacré bordel, quand même. Et encore, nous restons ici dans une échelle assez large. Je vous propose maintenant de plonger en profondeur dans un seul de ces états affectifs, celui que les scénaristes visent obstinément : l’émotion.

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LA COMPLEXITÉ DE L’ÉMOTION

Beverly Fehr et James Russell, ayant travaillé sur la question, ont accouché de la remarque suivante : « tout le monde sait ce qu’est une émotion, jusqu’à ce que vous lui demandiez de la définir. » Quoi de plus relatif ou de plus insaisissable qu’une émotion ? Et surtout quoi de plus personnel, de plus intime ?

Ce n’est pas pour rien, que nous éprouvons le besoin de parler d’un film que nous avons vu, d’un livre que nous avons lu, ou de n’importe quel épisode émotionnel de notre vie. Ce que nous considérons comme un travail de critique, ou une information quelconque à transmettre, relève en réalité du besoin de clarifier ce qui est confus dans notre tête, en mettant des mots dessus. Communiquer son émotion, c’est chercher du sens.

En outre, si nous ne parvenons pas ainsi à établir clairement ce en quoi consistait telle ou telle émotion, au moins nous sentons-nous compris, écoutés, reconnus, et réconfortés, par le simple fait de la partager avec d’autres.

Étudier le film Amour d’Haneke, m’a permis d’explorer cette ambivalence entre cruauté de la fin de vie, et tendresse d’un couple complice. J’ai pu questionner mon rapport à la vieillesse, dans un film qui montre un corps âgé nu dans une société qui les cache, qui montre des octogénaires débrouillards dans une société qui les infantilise, qui nous montre la lente dégénérescence d’un corps humain dans une société où la mort est un tabou, qui nous montre l’importance pour une personne âgée de choisir où elle souhaite se voir médicalisée en dépit du souhait de ses enfants, ou encore qui nous montre une euthanasie comme un acte d’amour libérateur malgré la violence de l’instant. Cette oeuvre déchirante nous emmène sur un sujet en jachère saturé de dilemmes, celui de la fin de vie, venant bousculer nos conceptions confortables, pour le meilleur et pour le pire. Ainsi, vous partager cette analyse me permet, personnellement, d’établir pourquoi il m’a tant marqué quand je l’ai vu la première fois, et d’y trouver du sens.

L’exercice de verbalisation des émotions trouve d’autre obstacles, en plus de la complexité de cet état affectif.

Premièrement, chacun ne conçoit pas les émotions de la même façon. Certains y voient un processus darwinien, donc une réponse automatique, innée et primaire à notre environnement, permise par l’adaptation de l’être humain au monde, durant la sélection naturelle. D’autres, y voient un pur produit de notre culture, où l’être humain reproduit par mimétisme les émotions que ses semblables lui présentent pendant son enfance. D’autres encore, y voient un mélange des deux, une interface entre l’humain et ce qui l’entoure, comme un part-feu qui viendrait analyser et filtrer les stimuli entrants et les réactions sortantes.

Deuxièmement, il est compliqué de définir nos émotions car, comme nous le disions, tous les théoriciens ne partent pas sur les mêmes bases. Si vous prenez connaissance de la palette des émotions proposée par Robert Plutchik sur la page Wikipedia des émotions, vous découvrirez notamment l’ennui, la confiance, ou la surprise. Or, si on s’en tient aux définitions introduites dans la première partie de ce podcast, nous conviendrons que l’ennui et la confiance sont plutôt des sentiments — puisque nous établissons un jugement sur un ressenti ou sur une perception — tandis que la surprise n’est pas une émotion — puisqu’elle n’est pas de nature clairement plaisante ou clairement déplaisante.

Troisièmement, notre capacité à partager nos émotions est tributaire d’un facteur culturel. D’une culture à l’autre, on ne présente pas le même vocabulaire, le même rapport aux émotions. Les émotions varient considérablement d’une société à l’autre. Le concept-même d’émotion n’est pas équivalent dans toutes les cultures, déjà qu’il n’est pas forcément si bien défini dans la notre. De fait, le film Amour ne trouvera peut-être pas son public sur d’autres continents, non seulement pour des questions de goût ou d’idéologie ou de culture, mais également car tous les êtres humains n’éprouvent pas les mêmes gammes d’émotions.

© Les Films du Losange

DIGRESSION : L’ÉMOTION EST SOCIALE

Si je peux me permettre de digresser, ce facteur culturel m’interpelle, car les histoires sont justement présentées comme universelles, donc susceptible d’unir tous les êtres humains, non ? Et bien justement non. Le côté positif de la dimension culturelle des émotions, réside dans la capacité que les émotions ont d’unir les gens d’une même culture, de donner du sens à un monde commun. Le Cinéma, entre autres, constitue un échange collectif du sens et des usages du monde. Et pour cause, l’émotion n’est pas une expérience si intime que nous le supposions à l’instant. Elle est la substance-même de notre lien social, les expression de nos visages parlent bien souvent d’eux — mêmes, idem pour le timbre de nos voix.

Dans un épisode anniversaire du podcast Y’a plus de papier, Yves Lavandier évoquait les trois façons dont le cinéma crée du lien social : entre le cinéaste et le spectateur, entre les personnages et le spectateur, et entre les spectateurs tout court. Expérimenter des émotions devant un film comme Amour, c’est se situer par rapport aux personnages, c’est éprouver un sentiment à l’égard de l’auteur, puis, par notre évocation des émotions vécues, c’est développer des liens et des affinités avec les autres spectateurs. De fait, l’émotion n’est pas qu’un phénomène personnel attribuable à notre cerveau, elle intervient surtout dans des interactions interpersonnelles.

SUSCITER L’ÉMOTION AU CINÉMA : LA CATHARSIS

Parenthèse fermée, posons-nous une dernière question : comment un film provoque-t-il des émotions ? Je ne parle pas ici des moyens dramaturgiques à disposition des scénaristes, mais plutôt de la façon dont un film nous bouleverse.

Si on en croit Aristote et son traité Poétique, une représentation dramatique permet à son auditoire de vivre une catharsis. Ce phénomène consiste à présenter symboliquement une émotion forte, pour permettre au spectateur de s’en purger lui-même. En vivant une aventure par procuration, le spectateur en vit les problématiques et peut alors, inconsciemment, y confronter les siennes. À l’inverse, si ces problématiques lui sont évoquées frontalement, littéralement, il lui est impossible de se les approprier, de les vivre. En effet, comme nous l’évoquions dans d’autres numéros du podcast, il ne suffit pas de montrer un personnage triste pour faire pleurer le spectateur.

Si vous prenez le film Amour, Anne et George sont d’un positivisme presque sans faille. Ils affrontent tous les obstacles que la fin de vie place sur leur chemin, mais ne pleurent que très rarement. Nous ne sommes en vérité pas émus de les voir tristes. Nous sommes émus car nous vivons ce qu’ils vivent en temps réel, car nous traversons les épreuves qu’eux-mêmes traversent.

Ce phénomène ouvre la porte à une dernière caractéristique fondamentale de l’émotion : ce ne sont pas les événements qui nous émeuvent, mais l’idée que l’on s’en fait. Un homme qui achève une femme sur son lit de mort nous choque. Mais s’ils étaient mari et femme, si la femme ne cessait de souffrir et de gémir, alors nous nous disons qu’il s’agit d’une certaine forme de libération. Voilà en quoi un film peut orienter des situations, afin de guider l’émotion qu’il souhaite nous faire ressentir.

CONCLUSION

Cet épisode touche à sa fin, je ne vous avais pas menti sur son caractère très théorique, tout ça pour en venir au fait que le Cinéma repose sur une fondation infiniment floue, relative et opaque. Cette fondation, l’émotion, devient alors garante d’un art qui jamais non plus ne pourra se voir parfaitement défini, nous condamnant à l’explorer sans fin, et à n’émettre que des hypothèses.

© Les Films du Losange

Fondu au noir pour ce 29ème numéro de “Comment c’est raconté ?”, merci pour votre écoute, j’espère qu’il vous aura intéressé !

Retrouvez tous les liens du podcast sur ccrpodcast.fr, dont Facebook, Insta’, Spotify, tout ça, mais encore et surtout Apple Podcasts : pour ce-dernier je vous invite à laisser 5 étoiles et un commentaire — c’est très im-por-tant pour le référencement du podcast, podcast dont l’habillage musical était signé Rémi Lesueur je le rappelle, et le nonacosa-remercie.

Je m’appelle Baptiste Rambaud, disponible sur Twitter pour répondre à vos questions, à vos réactions, et vous donne rendez-vous donc dans 2 semaines, pour la 30ème séance. Tchao !