Analyse du scénario de Mr Nobody : l’héritage des contes

CINÉMA — Analysons le scénario du film Mr Nobody (2010) : quelles vertus hérite-t-il des contes de fées ?

Si on voulait raconter la plus universelle des histoires, comment s’y prendrait-on ?

Info : Cet article retranscrit un épisode du podcast “Comment c’est raconté ?”, disponible sur Youtube, iTunes, Soundcloud et services de podcast par RSS.

Salut ! Et bienvenue dans ce 20ème et dernier numéro de la saison 2017/2018 de “Comment c’est raconté ?”, le podcast qui déconstruit les scénarios un dimanche sur deux. Aujourd’hui, place à un drame fantastique belgo-franco-britanno-canadien pour le moins ambitieux, j’ai nommé Mr Nobody, écrit et réalisé par Jaco Van Dormael, sorti au janvier 2010 au cinéma. Si le recours de cette œuvre au mindfuck métaphysique peut braquer (si ce n’est repousser) certains spectateurs, elle emprunte pourtant, comme nous allons le voir, la narration la plus accessible et élémentaire qui soit : celle des contes de fées pour enfant.


Nemo Nobody, un enfant, patiente sur le quai d’une gare. Le train va partir. Doit-il monter avec sa mère ou rester avec son père ? Une multitude de vies possibles découlent de ce choix.

Tant que Nemo n’a pas choisi, tout reste possible. Toutes les vies méritent d’être vécues.

Comme toujours, pour ceux qui n’ont pas vu le film, des spoilers sont à prévoir.

Avant de lire cette analyse, je vous conseille celui que j’ai consacré au film Réalité de Quentin Dupieux, où je parle de la gestion d’un récit chaotique mindfuck, et de comment rendre ce type d’histoire intelligible, pour ne pas perdre les spectateurs. En effet, même si ce n’est pas le sujet aujourd’hui, Mr Nobody rentre dans cette catégorie des films décousus et désarçonnant, mais qui ne nous lâchent tout de même pas la main, et ce via des techniques narratives d’horlogerie.

EN QUOI EST-CE UN COMPTE DE FÉES ?

Alors. Les contes de fées. Déjà, qu’est-ce qu’un conte de fée ? En quoi est-ce un genre spécifique, quelles en sont les vertus, n’est-ce donc pas réservé aux histoires de princesses et de dragons ?

Pour répondre à ces questions, parcourons la Psychanalyse des contes de fées, proposée par Bruno Bettelheim dans les années soixante-dix.

À destination des enfants, les contes ont pour premier objectif de donner confiance en l’avenir, de répondre à leurs difficultés les plus pressantes. Exemple de situation conflictuelle qu’un enfant peut rencontrer : celle de la séparation des parents, et du choix entre l’un et l’autre, soit le postulat de départ de Mr Nobody. De ce choix initial, découlera ensuite une multitude de possibilités. Comme l’exprime l’auteur-réalisateur lui-même en interview, ce film est construit en arborescence. Autrement dit, à l’inverse de la majorité des œuvres dont les péripéties convergent vers une finalité, les prémisses de Mr Nobody divergent vers plusieurs péripéties distinctes. Ainsi, suivant les nombreuses vies possibles s’ouvrant au petit Nemo, d’autres difficultés humaines sont explorées dans le film : les premières séductions, le dialogue difficile avec les adultes à l’adolescence, la prise en charge d’un parent handicapé, l’accompagnement d’un conjoint dépressif, les tabous, l’amour non réciproque, la dégradation des facultés cognitives avec l’âge, etc.

Mais… tout cela n’augure rien de joyeux, vous en conviendrez ? Ce drame nous donne-t-il réellement confiance en l’avenir, à l’instar des contes de fées ? Comment se termine chacune de ces situations ?

Au premier abord… pas très bien. Dans de nombreux scénarios de vie, le pauvre Nemo décède, ou perd un proche, ou finit dans le coma, ce genre de trucs. Mais là n’est pas la réponse donnée par le film à toutes ces successions de situations délicates.

Déjà, le malheur est rarement présenté comme associé à nos actions. En effet, cette œuvre évoque plusieurs phénomènes tels que l’effet papillon avec le vol d’une feuille morte qui provoque une rencontre, le hasard avec le crush de Nemo qui n’est malheureusement autre que la fille de son beau-père, le circuit de la récompense avec la « superstition du pigeon » durant le générique d’introduction, notre quête reptilienne de partenaires sexuels évoquée lors d’une conférence donnée par Nemo, soient bon nombre de facteurs extérieurs qui minimisent notre responsabilité dans nos malheurs.

© Pathé Distribution

Car oui, Mr Nobody évoque bien des situations conflictuelles, comme celles que j’ai énumérées un peu plus tôt, mais traite en premier lieu de notre peur d’effectuer des choix, au cas où ces choix mèneraient à de telles situations malheureuses. C’est là, où le film se veut rassurant pour l’enfant terrorisé que nous restons : nos choix ne sont pas seuls responsables des vies qu’ils contribuent à engendrer.

Vaut-il mieux se marier avec telle ou avec telle personne ? Les aborder de telle ou de telle manière ? Choisir son père ou choisir sa mère ? Prévoir scrupuleusement sa vie, ou suivre ses pulsions, ou jouer son avenir au pile ou face ? Quel choix me mènera à la vie la plus paisible et agréable ? À cela, le doyen de l’humanité Nemo Nobody répond, au crépuscule de sa vie, qu’après tout, la peur de mourir l’aura moins terrorisé que la peur de ne pas avoir assez vécu. Chaque chemin est le bon, chaque vie est la bonne, tant qu’elle est explorée copieusement.

Voilà pourquoi, de mon point de vue, Mr Nobody répond aux caractéristiques fondamentales d’un conte de fées : le film traite surtout de notre peur élémentaire et universelle d’effectuer des choix, puis nous rassure avec un récit éclaté où tous les chemins mènent à Rome, autrement dit à une vie intéressante où nous ne contrôlons de toute façon pas grand-chose. Plutôt que de craindre l’une ou l’autre de ces voies, il faudrait surtout craindre de ne pas pouvoir toutes les choisir à la fois.

Dans un registre plus spécifique, le théoricien Bettelheim présente les contes comme un moyen de soulager les pressions qui hantent nos rêves. L’enchevêtrement de réalités parallèles confère justement à Mr Nobody une forme proche de celle des rêves, où tous nos tracas se mélangent et se croisent. Ainsi le film épouse-t-il le sentiment presque étouffant de profusion de dangers que nous pouvons ressentir dans nos cauchemars du quotidien.

En outre, la Psychanalyse des contes de fées présente l’observation suivante : si un enfant peut parfois détester un parent et parfois l’aimer profondément, suivant la situation, comme deux entités distinctes, les personnages de sorcière et de bonne fée permettent à chaque enfant dans un conte d’y lire respectivement ce qu’il craint chez sa mère, et ce qu’il cherche chez elle. De fait, dissocier les comportements d’une même personne en deux personnages différents permet ensuite au spectateur de projeter indépendamment l’un ou l’autre de ses sentiments à l’égard de cette même personne, autrement dit de matérialiser cette dissociation sans même s’en rendre compte.

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Une technique semblable de narration est employée dans Mr Nobody : les trois potentielles conjointes de Nemo incarnent trois grandes typologies de vie différentes. La relation avec Anna, la jeune femme habillée en rouge incarnée par Diane Kruger, symbolise le « ça ». Non je ne parle pas du film d’horreur avec un clown tueur, mais de cette dimension de notre inconscient que Freud présente comme celle de nos pulsions. Vivre avec Anna, pour Nemo, c’est vivre au gré de ses pulsions, puisqu’en proie à une passion amoureuse chaotique et semée d’embuches, qui le mènera dans des vies des plus chargées sur le plan émotionnel.

La relation avec Jeanne, la jeune femme habillée en jaune incarnée par Linh-Dan Pham, symbolise le « surmoi ». Cette dimension de notre inconscient constitue quant-à elle nos morales profondes, celles intériorisées suite à nos expériences du passé, à la pression sociale, ou à l’éducation tout simplement. Vivre avec Jeanne, pour Nemo, c’est tout prévoir, tout décider, afin de s’offrir la vie parfaite qu’il croit être la meilleure ; avec piscine, grande maison, réussite sociale, et tout le package que nous fait miroiter la société, bref une vie guidée par un fantasme de valeurs idéales.

Enfin, la relation avec Elise, la jeune femme habillée en bleu incarnée par Sarah Polley, symbolise le « moi ». Cette troisième et dernière dimension de notre esprit constitue enfin, d’après Freud, notre pleine conscience, une interface entre le monde réel et notre inconscient, qui décide à chaque instant quelle pulsion assouvir et comment, quelle morale suivre et comment. Bref, notre self control. Vivre avec Elise, pour Nemo, c’est être attentif au monde qui l’entoure, et surtout à elle, en réponse à ses périodes de dépressions intense, qu’il lui faut gérer.

Au final, avec une représentation dissociée du « ça », du « surmoi » et du « moi » via trois personnages féminins distincts, Jaco Van Dormael s’adresse alternativement aux trois parties de notre esprit de spectateur. Ainsi, chacune des trois potentielles vies s’offrant à Nemo répond à des schémas comportementaux antagonistes, entre lesquels nous sommes constamment tiraillés. Faut-il vivre suivant ses pulsions ? Suivant sa raison ? Suivant sa morale ?

D’ailleurs, quand Bettelheim conseille de dissocier les facettes d’une même-personne en autant de personnages dans la narration d’un conte de fées, il propose notamment le recours à cette fameuse triptyque Freudienne ça/moi/surmoi.

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MAIS LES CONTES… CE N’EST PAS POUR LES ENFANTS ?

Pour revenir au rapport plus général que Mr Nobody entretient avec la forme des contes de fées, évidemment que cette œuvre ne s’adresse pas aux enfants, donc qu’elle ne présente pas TOUTES les caractéristiques d’un conte.

Par exemple, la Psychanalyse des contes de fées vante le recours au symbolisme. Remplacer un adulte par un géant dans un conte de fées permet à l’enfant de se projeter dans une situation donnée, puis de la résoudre, sans avoir à s’y confronter consciemment, frontalement ; conférant ainsi à l’enfant un recul nécessaire.

Par ailleurs, la notion de nuance n’est pas évidente pour un jeune gosse. Tout lui semble paradis ou enfer, super ou horrible, sans entre-deux. De fait, la plupart des contes s’avèrent manichéens, avec une dichotomie gentil/méchant, et des personnages secondaires sans nom si ce n’est celui de leur métier, afin de simplifier les choses au maximum.

Mr Nobody s’adressant à un public relativement mature comparé aux enfants, il ne répond effectivement pas aux caractéristiques formelles des contes de fées, n’en adoptant que l’essence, finalement. Bien qu’empruntant au genre fantastique, ce qui permet de nous offrir un certain recul sur les événements, le récit n’a pas ici recours aux personnages incarnés par des animaux, des créatures, des objets vivants, etc. Quoiqu’un cinéma mature peu parfaitement y faire appel, comme certains films d’horreur.

De plus Mr Nobody ne sombre pas dans le manichéisme enfantin, préférant ainsi multiplier les personnages et leurs nuances, suivant la réalité dans laquelle se trouve Nemo. Le film insiste même sur la complexité de la vie, de mon point de vue, par la représentation diverse qu’il propose de l’eau. En effet, cet élément symbolise dans l’esprit collectif la vie-même. Dans le film de Van Dormael, l’eau incarne la mise au monde durant la scène mystique d’immersion des bébés, mais aussi la mort durant les scènes de noyade, l’espoir avec la congélation des futurs colonisateurs de la planète Mars, la trivialité du quotidien, avec les scènes de bain ou de cuisson d’œufs ou de nettoyage de voiture, la malchance, avec la goutte de pluie qui tombe sur un papier, en effaçant les inscriptions cruciales, la tristesse, avec la crise de nerfs du personnage d’Elise sous la pluie, etc. Ainsi, par la représentation symbolique variée de l’eau, Mr Nobody traduit la complexité de la vie, loin des représentations plus réductrices que l’on trouve dans les contes pour enfant.

Bien. Mr Nobody emprunte à l’essence des contes de fées, tout en la transposant à un public davantage adulte. Mais… Cette narration n’est-elle pas banale, finalement ? Que propose un conte à ses spectateurs, que ne propose pas un récit alternatif ? Comme je me questionnais en introduction, quelles sont les vertus d’un conte de fées ?

MAIS DU COUP UN CONTE, C’EST MIEUX QUE LE RESTE ?

Dans sa Psychanalyse des contes de fées toujours, Bettelheim oppose le conte de fée au mythe.

Dans un mythe, le héros auquel on est sensé vouloir ressembler s’avère généralement surhumain, on ne peut donc en réalité que lui être inférieur. La plupart des films de superhéros américains actuels s’inspirent ainsi du fameux « monomythe » théorisé par Joseph Campbell dans son Héros aux mille-et-uns visages, vulgarisé plus récemment par le dramaturge Christopher Vogler dans son Guide du scénariste. Ces personnages parfaits aux capacités démesurées sont clairement hors de notre portée. Par opposition, les contes de fées rassurent leur auditoire en proposant des personnages humains et simples, plutôt qu’en exigeant des aptitudes démesurées. On pense au petit chaperon rouge, par exemple. Et bien, le héros de Mr Nobody est justement le seul personnage encore mortel, dans une société futuriste où tout le monde bénéficie de la vie éternelle. Par ailleurs, à chaque étape de son périple dans ses différentes vies, Nemo est contraint par sa condition de vulgaire être humain. De fait, les contes s’avèrent bien plus accessibles et rassurants que les mythes, qui eux sont écrasants et fatalement supérieurs.

En outre, poursuit Bettelheim, le héros des contes s’avère généralement des plus banals, dans le sens où l’histoire pourrait arriver à n’importe qui, y compris à nous. Rappelons que le héros du film de Van Dormael s’appelle Nemo Nobody, ce qui littéralement signifie Personne Personne. Ce personnage est personne, ou du moins il n’est pas quelqu’un de spécial, nous sommes tous Nemo, le divorce des parents et surtout le choix atroce qui lui incombe concernent de nombreux êtres humains. À l’inverse, les mythes présentent une histoire absolument unique, arrivant à un « élu », personne d’autre ne pourrait vivre cette même aventure. On pense à Néo dans Matrix, ou à Harry Potter dans la saga éponyme, élus respectivement par un oracle et par une cicatrice. De fait, si un spectateur peut éprouver une certaine empathie pour leur aventure, il ne peut en revanche pas s’imaginer intuitivement que cette histoire lui arriverait. Le conte est l’affaire de tous, le mythe érige un ou une élu(e).

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Par ailleurs, un conte propose le plus souvent une issue heureuse et optimiste. Je ne veux pas sombrer dans l’angélisme bête et artificiel comme le fait souvent le cinéma américain ; les personnages n’ont pas systématiquement à finir heureux dans le meilleur des mondes, blablabla. Néanmoins, faire preuve d’un tel optimisme, face aux vies possibles où Nemo risque bien de funestes moments, face à un sujet aussi écrasant que celui du choix, me semble ambitieux de la part de Van Dormael. Après tout, qui souhaite ressembler à un personnage dont l’issue est tragique, à supposer qu’il en soit responsable ? Mais bon ce n’est certainement pas la vertu la plus essentielle des contes de fées.

Autre différence entre le mythe et le conte, les personnages de la mythologie, et plus récemment des films qui s’en inspirent, arrivent au bout de leur quête grâce à des aides divines ou extérieures, au moins dans le premier acte. Qu’ils reçoivent de l’argent, un superpouvoir, un don ou peu importe, ces personnages comptent ensuite surtout sur cette particularité qu’ils ne doivent pas à eux-mêmes. Sans vouloir vanter une forme de méritocratie dont on connaît les limites, le conte présente des récompenses récoltées dans le vrai monde. Nemo apprend ou non de ses erreurs via ses seules expériences, et n’a recourt à aucune aide divine ou extérieure. Là encore, le conte s’avère bien plus accessible, on s’y projette plus facilement, puisque toutes les ressources propres aux personnages sont disponibles pour nous-autres, malheureux spectateurs mortels.

Enfin, et c’est probablement là une de ses caractéristiques les plus importantes, le conte ne fait que suggérer des réponses à nos questionnements sur le monde, indique Bettelheim. Ici, dans Mr Nobody, de nombreuses pistes métaphysiques sont explorées, sur l’importance ou non de choisir, et que choisir ; comme je l’évoquais plus tôt l’histoire est nuancée, aucun parcours est exempt d’embûches, aucune théorie scientifique ou comportementale ne saurait satisfaire l’ensemble de nos craintes quant à notre condition. Par opposition encore, les mythes répondent trop précisément à nos questionnements sur la vie. Ils s’achèvent par une morale et une seule, présentée comme supérieure à toutes, parfois sans la moindre part d’ombre. Dans Batman Begins, le superhéros termine exclusivement jugé par ses actes, tel est son triste constat. Oui, la condition qui est la sienne, à savoir très médiatisée, explique cette théorie, mais on ne peut l’étendre au commun des mortels.

Après ce comparatif, je tiens à préciser trois choses.

Premièrement qu’évidemment, le conte n’est pas « supérieur » au mythe. Les caractéristiques propres au mythes lui confèrent une portée différente, des possibilités et récits alternatifs, et la narration propre au conte ne devrait pas devenir une norme. Il s’agit simplement de traiter de façon accessible des problèmes universels qui nous arrivent à tous.

Deuxièmement, que bien des choses existent entre le mythe et le conte. D’ailleurs, un récit n’est jamais strictement l’un ou l’autre, il s’en rapproche simplement plus ou moins, parfois très franchement, comme c’est le cas de Mr Nobody avec les contes de fées, mais pas toujours.

Et enfin troisième et dernière précision : une histoire peut se voir considérée en dehors de cette dichotomie conte/mythe. Prenons par exemple les fables, telles que celles de La Fontaine, il s’agit d’une « catégorie » de récits que Bettelheim qualifie encore différemment : elles moralisent expressément, via des menaces claires, suscitant ainsi de l’angoisse. On pense par exemple à La Cigale et la fourmi, qui nous demande de ne pas nous étonner si on n’a pas de quoi se nourrir, après ne pas avoir travaillé durement. On est loin du conte rassurant, et en même temps loin du mythe inaccessible ; la fable opère dans un tout autre registre.

CONCLUSION

Maintenant que j’ai pris mes pincettes, concluons tout de même, au terme de cette étude, que Mr Nobody jouit des caractéristiques intrinsèques des contes pour offrir à son récit une narration à la digne mesure de son ambition. Car, si ce film traite de la vie d’une façon remarquablement large, avec tant de sujets et d’approches différentes, il s’adresse surtout au plus grand nombre, avec un protagoniste des plus accessibles auquel on ne peut que s’identifier en toutes circonstances.

Pour finir, et cette fois pour de vrai, je ne peux m’empêcher de mentionner les petites lacunes du film de Van Dormael, en termes de représentation sociale. Oui je sais, c’est hors sujet. Choisir la couleur jaune pour caractériser un personnage asiatique, ce n’est pas très malin, on a vu moins réducteur, moins stéréotypé. Définir la mère de Nemo par son odeur, son rouge à lèvres et sa coiffure, la où le père est défini par sa pilosité et sa montre, ce n’est pas très malin non plus. Considérer les personnages féminins comme des fins, à la limite des accessoires, plutôt que comme des êtres humains tout aussi préoccupés par la question de leurs choix, ce n’est là encore pas des plus malins.

© Pathé Distribution

Fondu au noir pour ce 20ème numéro de “Comment c’est raconté ?”, merci pour votre écoute, j’espère qu’il vous a intéressé !

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Je m’appelle Baptiste Rambaud, disponible sur Twitter pour répondre à vos questions, à vos réactions, vous souhaite un bel été et vous donne donc rendez-vous dans 3 mois, pour le 1er épisode de la saison 2018/2019. Tchao !