Analyse du scénario de Steve Jobs : dialogues d’horloger

CINÉMA — Analysons le scénario du film Steve Jobs (2016) : quels sont les secrets de ses dialogues si captivants ?

En apparence, ce n’est qu’une simple discussion, et pourtant un dialogue appelle autant de construction qu’un scénario complet.

Info : Cet article retranscrit un épisode du podcast “Comment c’est raconté ?”, disponible sur Youtube, iTunes, Soundcloud et services de podcast par RSS.

Salut ! Et bienvenue dans ce 5ème numéro de “Comment c’est raconté ?”, le podcast qui déconstruit les scénarios un dimanche sur deux. Aujourd’hui nous nous concentrerons sur le biopic Steve Jobs de Danny Boyle écrit par Aaron Sorkin, et sorti en juillet 2016 au cinéma. Si nous avons déjà brièvement abordé la question du dialogue dans le numéro dédié au film Locke, nous lui accorderons cette fois toute notre attention, à travers l’œuvre d’un maître dialoguiste à l’écriture millimétrée, où chaque mot de chaque réplique assure plusieurs fonctions simultanées.


Le film est découpé en trois parties, où chacune raconte les minutes précédant la présentation d’un produit par Steve Jobs, lors des fameuses « Keynotes ». Pour commencer, nous voilà projetés en 1984 à Cupertino, une demi-heure avant la présentation du Macintosh, qui devra alors prononcer « hello » au public et se présenter lui-même.

En coulisses, rien n’est joué puisque l’ingénieur chargé d’assurer cette fonctionnalité est incapable, à si peu de temps de la présentation, de garantir que l’ordinateur parviendra effectivement à se présenter lui-même. On n’est pas à l’abri d’un bug en public, d’un lancement raté.

Sauf que Steve Jobs veut un lancement de folie et sans accro, où tout est calculé, puisque l’impact de cette présentation sur les journalistes peut prévenir le concurrent IBM de s’offrir le monopole du marché des ordinateurs pour les cinquante prochaines années.

En conséquence, la dévouée Joanna Hoffman, directrice marketing du Mac, propose à Steve par précaution de laisser tomber cette histoire d’auto-présentation vocale. Mais notre ami Michael Fassbender, acteur dans la peau du génie d’Apple, refuse catégoriquement. Il s’agit de faire rêver l’auditoire, que chacun désire se procurer un mac sans même savoir pourquoi.

Car si Joanna, toute responsable et rationnelle qu’elle est, estime que le Mac sera trop cher pour atteindre les objectifs de vente définis, le visionnaire Steve mise sur l’intuitivité de cet ordinateur face à des concurrents trop concentrés sur la performance pure.

Pour cette analyse, nous porterons notre étude sur une scène en particulier du premier quart d’heure de ce film, non qu’elle soit mieux écrite que les autres mais son contenu suffira à l’exercice.

Brève introduction de cette scène : Chrisann Brennan, l’ex-compagne de Steve, s’est invitée aux coulisses de cette Keynote. Elle est en compagnie de sa fille Lisa, dont Steve nie publiquement être le père. Pour cette raison, Steve doit accepter de la rencontrer même si le temps lui manque, sinon quoi elle risquera de sauter sur les journalistes à la sortie de la présentation et de taper un scandale monumental. Juste avant la rencontre, Steve demande à la directrice marketing Joanna d’assister à cette scène pourtant intime, afin que son ex-compagne Chrisann ne s’emporte pas, et dans l’espoir de plier la discussion au plus vite.

Prenons les premières répliques de cette scène de dialogue, en version française pour faciliter l’étude, je m’en excuse auprès des puristes. La directrice marketing Joanna s’adresse à la petite Lisa en ces termes :

JOANNA : Salut Lisa. On s’est déjà vu et ce jour-là tu m’as dit que j’avais une jolie façon de parler, c’est peut-être ce qu’on m’a dit de plus gentil dans ma vie.

À priori, c’est une façon quelconque de lancer une discussion. Pourtant, nous préviennent les éternels McKee dans Story et Lavandier dans La Dramaturgie, le premier travers des dialogues consiste à échanger des banalités, prévient l’un, à enchaîner des répliques gratuites, complète l’autre.

Nous avons tous fait face à des films ou séries, notamment amateurs, dont un dialogue pouvait s’éterniser, avec des personnages qui se contentent de raconter leur journée ou d’entretenir des discussions stériles de routine. Mais ne serait-ce qu’en introduction de nombreux dialogues, nous retrouvons aussi ces éternelles répliques de rigueur, à base de « salut ça va, tu as fait bonne route ? », parfaitement dispensables à l’histoire mais juste là pour « faire vrai ».

Est-ce le cas ici ? Et bien pas vraiment. Si Joanna interpelle directement Lisa de la sorte avec cette anecdote à priori quelconque, c’est pour imposer d’emblée une ambiance bienveillante, un cadre serein, afin de crever dans l’œuf la potentielle animosité de Chrisann à l’encontre de son ex-compagnon Steve, comme une diversion quoi. Joanna poursuit :

LISA : Tu viens de Pologne ?
JOANNA : Je viens de Pologne, tu sais où c’est ?
LISA : En haut du monde ?

Alors. Encore une fois, le scénariste Aaron Sorkin évite l’erreur du dialogue gratuit, car cette réplique remplit une fonction essentielle d’un dialogue : contribuer à la caractérisation des personnages. Non pas à travers l’information comme quoi la directrice marketing du Mac est polonaise, sens premier de ces répliques qui nous importe effectivement peu, mais à travers l’indication comme quoi Joanna et Lisa se connaissent, sens second de ces répliques. En effet, nous interprétons cet échange sans nous en rendre compte : les souvenirs de Joanna et la question de Lisa nous laissent comprendre qu’elles se sont déjà vues et qu’elles s’apprécient.

D’ailleurs, cela nourrit la problématique de la paternité de Steve Jobs, puisque s’il nie être le père de la jeune Lisa et souhaite casser les liens, celle-ci est pourtant intime avec la directrice marketing du Mac. Intéressant. D’ailleurs… le temps presse, donc Steve coupe court à cet échange :

JOANNA : Ça ce serait plutôt le Pôle Nord. 
STEVE : On a… pas des masses de temps, je pense que…
JOANNA : je vais vous laisser
STEVE : Pourquoi ? Tu t’en vas alors que tu viens de dire --
JOANNA : Je fais un point avec Hertzfeld.
© Universal Pictures International France

Aouch. Mauvaise nouvelle. Steve Jobs va finalement se retrouver seul face à son ex-compagne Chrisann. L’excuse que l’on vient d’entendre, là encore, pourrait être sans intérêt, mais Sorkin joue de notre curiosité. En effet, nous spectateurs savons que Joanna devait rester pour calmer le jeu, hors elle s’en va à la première occasion. Ce qui ressemble à une simple excuse aux oreilles de Lisa et de sa mère Chrisann, sonne alors comme une attaque aux oreilles de Steve, un appel ferme à prendre seul ses responsabilités. Mais Joanna souhaite tout de même prévenir la petite Lisa de l’engueulade, et trouve une raison de l’extraire de la pièce.

JOANNA : (à Lisa) On essaye de faire dire bonjour à un ordinateur mais il est très timide pour l’instant, tu veux venir m’aider ? (à Chrisann) Elle peut venir ?
CHRISANN : D’accord.
LISA : Mon papa il a donné mon nom à un ordinateur.
STEVE : Je ne suis pas ton… Tiens, tu vois ce que c’est qu’une coïncidence, Lisa ?
LISA : Non.
STEVE : T’as une nouvelle copine, tu viens de la rencontrer et elle s’appelle Lisa aussi. Ça s’appelle une coïncidence. L.I.S.A. Local Integrated System Architecture. Lisa. C’est une coïncidence
JOANNA : T’as bientôt fini ?
STEVE : Ouais.
JOANNA : Bien. (à Lisa) viens, on va faire dire bonjour à l’ordinateur.
CHRISANN : Vas-y Lisa.
LISA : Alors en fait c’était le contraire ? C’est moi qui ai eu le nom de l’ordinateur ?
STEVE : Personne n’a eu le nom de personne, c’est une coïncidence.

Ce passage chargé en émotion profite d’une autre fonction du dialogue : confronter des points de vue. Comme nous le disions dans le podcast précédent, chaque personnage d’un film diffère des autres notamment par son point de vue sur une situation donnée. De fait, on constate via la remarque naïve de la petite Lisa qu’elle pense vraiment que Steve est son père, tandis que ce dernier n’est en rien perturbé par l’innocence de la gamine et cherche un moyen d’infirmer sa paternité d’une façon diplomatique et pédagogique, avec cette histoire de coïncidence.

De plus, ces répliques présentent d’autres couches. En effet, l’opposition des points de vue permet également de caractériser les personnages — un Steve Jobs à priori sans cœur et une jeune fille à priori confiante — ou encore de fournir de l’exposition, c’est à dire des informations nécessaires à la compréhension de l’histoire, lorsqu’il est question de l’acronyme L.I.S.A. versus le prénom Lisa par exemple.

CHRISANN : Mais t’es pas bien ou quoi ?
STEVE : C’est toi qui es pas bien ! Pourquoi tu lui dis tout ça, pourquoi tu lui dis encore que je suis son père ?!
CHRISANN : C’est le juge, qui a dit que tu étais son père.
STEVE : C’est pas ce qu’il a dit.

Et voilà, Chrisann et Steve sont seuls, Steve ne peut plus échapper à l’engueulade. Notons d’ailleurs que, à l’image de n’importe quelle scène de cinéma, ce dialogue est structuré autour des trois composantes fondamentales de toute scène. Un but, celui de régler au plus vite ce différend. Un double-enjeu, celui de la notoriété de Steve d’une part et celui de la présentation imminente du Mac d’autre part. Et enfin du conflit, via l’opposition des points de vue entre les personnages. But, enjeu et conflit, chaque dialogue de ce film en bénéficie, garantissant le maintien de notre précieuse attention, nous spectateur.

© Universal Pictures International France

Poursuivons la scène.

CHRISANN : Et d’où tu dis à Time Magazine que j’ai couché avec 28% des hommes aux États-Unis ?
STEVE : Ça n’a rien à — 
CHRISANN : D’où tu sors ces conneries ?
STEVE : Ça n’a rien à voir avec ce que j’ai dit. Tout d’abord un commentaire sur Time : je les soupçonne d’être un camp d’entrainement pour tueurs de carrières.
CHRISANN : “Jobs maintient”, je cite textuellement, “Que 28% de la population américaine mâle pourrait être le père”.
STEVE : Je n’ai pas dit que tu avais couché avec 28% des américains mâles. J’ai appliqué un algorithme au test qui me donnait 94,1% de chances d’être le père.

Plusieurs des notions abordées jusqu’ici s’appliquent également à ces répliques. Mais plus généralement, ce passage utilise les « trois pistes du dialogue », ou trois couches du dialogue si vous préférez, telles que formulées par Truby dans son Anatomie du Scénario. Première piste : l’histoire. Ces répliques permettent à l’histoire de progresser, puisque la relation entre Steve et Chrisann se cristallise sous nos yeux. Disons que c’est la piste émergée, celle qui développe l’intrigue. Deuxième piste de ce dialogue : la piste morale. Nous sommes face à une opposition de valeurs, source de l’aspect émotionnel de la scène. Piste qui s’adresse moins à notre tête qu’à notre cœur. Et enfin troisième piste : les mots employés, c’est à dire la forme de ces répliques. Ici, l’approche très analytique de Steve Jobs résonne avec l’approche beaucoup plus humaine de Chrisann. Ainsi, cette joute entre les deux personnages se voit construite sur trois composantes simultanées qui se complètent et s’enrichissent les unes les autres — l’intrigue, l’émotion, et le vocabulaire — même si un seul mot est prononcé à la fois.

D’ailleurs, pour rebondir sur la troisième « piste », attardons-nous sur la forme du dialogue, plus que sur le fond, pour les répliques suivantes :

CHRISANN : Tu veux me faire publiquement passer pour une traînée qui couche avec toute la Terre ?
STEVE : Crois-moi, publiquement ou pas, je ne veux rien de toi.
CHRISANN : Time tire à 2 millions d’exemplaire, comment tu peux --
STEVE : Ils feraient plus s’ils m’avaient mis en couv’, mais Daniel Kottke m’a poignardé dans le --
CHRISANN : Hier j’ai fait une demande à l’aide sociale.
STEVE : Pardon ?
CHRISANN : J’ai dit hier j’ai fait une demande à l’aide sociale. J’ai lu dans l’article que tes actions Apple valaient 441 millions de dollars. Alors je voulais avoir ton sentiment là-dessus.
STEVE : Alors mon sentiment est que nous sommes grossièrement sous-évalués, c’est le moment d’investir.
© Universal Pictures International France

Dans son livre The Art of Character, David Corbett insiste sur l’importance d’éviter ce qu’il appelle le « tennis verbal ». Un perso parle, l’autre répond, le premier parle, l’autre répond, etc. La dynamique résultante ne peut qu’être lassante, surtout dans un film comme Steve Jobs qui a tant recours aux dialogues.

Alors, il existe plusieurs façons d’animer le cours d’une discussion. La plus connue, étant lorsqu’un personnage coupe la parole à un autre, comme dans l’extrait que l’on vient d’entendre, lorsque Steve parle égoïstement du fait qu’il n’était pas en couverture du Time, tandis que Chrisann le coupe pour lui annoncer qu’elle a sollicité l’aide sociale. Coupe d’autant plus puissante qu’elle s’avère couplée à une révélation d’envergure.

Un autre outil de diversification de la dynamique : le changement de sujet, que l’on emploie tous au quotidien. Lorsque Chrisann demande à Steve son sentiment sur la valorisation de ses actions chez Apple, pour le faire réagir sur une potentielle pension, lui rétorque que cette valorisation est sous-estimée. Ce changement de sujet prétentieux et insolent nous surprend, il est inattendu, et en plus il contribue à creuser le fossé entre les deux personnages.

Nos discussions au quotidien comptent de nombreux autres détours, tels que : donner des conseils non sollicités, questionner quelqu’un sans écouter sa réponse, finir les phrases de l’autre, il existe bon nombre de façon d’animer un dialogue sans sombrer dans l’éternel « je parle tu parles je parle tu parles ». Terminons la scène :

CHRISANN : Ta fille et sa mère…
STEVE : Chrisann --
CHRISANN : …vivent des allocations. On habite dans un taudis en banlieue Sud on n’a pas les moyens de se chauffer ; quand elle va dormir je lui mets son anorak ! Ta fille est --
STEVE : Elle n’est pas ma fille !
CHRISANN : Parce que, comme le rapporte Time Magazine il y a 28% des américains qui ont couché avec moi ?
STEVE : Non.
CHRISANN : Et tous précisément neuf mois avant mon accouchement ?

Je commençais cette analyse sur une erreur dans laquelle ce biopic ne tombe pas, c’est à dire les discussions sans intérêt. Prenons une autre erreur classique dans laquelle il ne tombe pas : la sur-exposition. En effet, de nombreux films utilisent à outrance les dialogues pour véhiculer ces fameuses informations nécessaires à la compréhension de l’histoire. Qui s’appelle comment, de quoi il est question, quel est le passé de chacun, quels sont les enjeux, etc. Sauf qu’un dialogue qui passe son temps à nous véhiculer les informations pose deux problèmes : premièrement il met l’histoire en pause le temps de nous expliquer tout ça, et deuxièmement il nous délivre souvent bien plus de choses à la fois que nous ne pouvons en retenir.

© Universal Pictures International France

Si vous écouter bien ce dernier extrait, nous y avons appris que Chrisann et sa fille vivaient des alloc’ dans des conditions déplorables. C’est de l’exposition. Mais pas de l’exposition chiante. Car plutôt que de nous dire cela en début de scène, nous l’apprenons après avoir connu la fortune démesurée de Steve. Et plutôt que de nous le dire bêtement, cela nous est exprimé en plein conflit, tel un argument final. Autrement dit cette exposition, à l’image de tout ce que nous apprenons dans ce film, ne nous est pas balancée bêtement à la tronche, mais est maquillée dans du conflit, dramatisée et apportée au dernier moment, où elle aura le plus d’impact dans nos émotions et donc dans notre mémoire.

Pour terminer, je vous invite à écouter, enfin voir ce film dans sa version originale. Dans une Masterclass diffusée sur internet, son scénariste Aaron Sorkin parle notamment des dialogues, et insiste sur l’importance de leur musicalité. Vous repèrerez que, parmi les composantes des répliques du film Steve Jobs, figure cette musicalité. Les personnages parlent vite puis lentement, des motifs se répètent tels des rimes d’une réplique à l’autre, la durée des répliques joue comme la durée d’une note, certaines étant des noires, quelques-unes des blanches, pour celles et ceux d’entre vous qui se rappellent de leurs cours de musique.

Ainsi, pour revenir une dernière fois à la forme d’un dialogue, le rythme et la mélodie des répliques contribuent à rendre le tout puissant, à faire de la place pour les mots les plus importants, à dynamiser le récit. Un peu comme lorsqu’on prend la parole devant un auditoire, tout simplement. Ce n’est pas qu’une question d’orateur ou d’acteur, c’est aussi un aspect primordial de l’écriture, en amont.

Bref, achevons cet épisode en formulant la recette magique des dialogues : ils doivent créer l’ILLUSION d’une vraie discussion. Si c’était vraiment de simples discussions, on s’ennuierait. Mais si c’était des répliques purement fonctionnelles ou purement émotionnelles, ce ne serait pas crédible, ça ferait trop « écrit ». Alors tout l’art du dialoguiste consiste d’une part à garder l’attention du spectateur via des répliques concises méticuleusement sélectionnées, et d’autre part à imiter une discussion spontanée et authentique. Il faut ainsi y intégrer les éléments classiques d’une histoire, un but, du conflit, des enjeux, de l’exposition, de l’émotion, des actions, des révélations, du suspense, MAIS… il convient d’encapsuler habilement le tout sous forme d’une banale discussion.

© Universal Pictures International France

Fondu au noir pour ce 5ème numéro de “Comment c’est raconté ?”, merci pour votre écoute, j’espère qu’il vous aura donné envie d’en découvrir d’autres !

Retrouvez tous les liens du podcast sur ccrpodcast.fr, dont Facebook, Insta’, tout ça, mais encore et surtout iTunes : pour ce-dernier je vous invite à laisser cinq étoiles et un commentaire — c’est très im-por-tant pour le référencement du podcast, podcast dont l’habillage musical était signé Rémi Lesueur, je le re-re-re-re-remercie.

Je m’appelle Baptiste Rambaud, disponible sur Twitter pour répondre à vos questions, à vos réactions, et vous donne rendez-vous donc dans 2 semaines, pour la sixième séance. Tchao !