Analyse du Scénario du Sens de la Fête : harmonie de personnages

CINÉMA — Analysons le scénario du film Le Sens de la Fête (2017) : comment permet-il la cohabitation de tant de personnages ?

Comment un film parvient-il à reposer sur plus d’une quinzaine de personnages identifiables et permanents ?

Info : Cet article retranscrit un épisode du podcast “Comment c’est raconté ?”, disponible sur Youtube, Apple Podcasts, Soundcloud, Spotify et services de podcast par RSS.

Salut ! Et bienvenue dans ce 23ème numéro de “Comment c’est raconté ?”, le podcast qui déconstruit les scénarios un dimanche sur deux. Aujourd’hui, analysons la comédie française Le Sens de la Fête, écrite et réalisée par Eric Toledano et Olivier Nakache, sortie au cinéma en octobre 2017. Nous analyserons par quel procédés narratifs les films dits « chorals » parviennent à intégrer, tout en douceur, un tel panel de personnages.


Max est traiteur depuis trente ans. Des fêtes il en a organisé des centaines, il est même un peu au bout du parcours. Aujourd’hui c’est un sublime mariage dans un château du 17ème siècle, un de plus, celui de Pierre et Héléna. Comme d’habitude, Max a tout coordonné : il a recruté sa brigade de serveurs, de cuisiniers, de plongeurs, il a conseillé un photographe, réservé l’orchestre, arrangé la décoration florale, bref tous les ingrédients sont réunis pour que cette fête soit réussie… Mais la loi des séries va venir bouleverser un planning sur le fil où chaque moment de bonheur et d’émotion risque de se transformer en désastre ou en chaos.

Qu’on se le dise, si vous ne l’avez pas déjà deviné, attention spoilers.

Allez, commençons avec une petite liste des principaux personnages présents dans Le Sens de la Fête, en guise de piqure de rappel.

PETIT TOUR DES PERSONNAGES

Il y a d’abord Max, évidemment, campé par Jean-Pierre Bacri, responsable de l’organisation du mariage, et dans le métiers depuis des décennies.
Il y a James, de son vrai prénom Étienne, joué par Gilles Lellouche, le chanteur-animateur du mariage, remplaçant un certain Fab ayant eu un empêchement.

Il y a Adèle, campée par Eye Haïdira, la suppléante de Max, qui l’assiste à la supervision des opérations.
Il y a Guy, interprété par Jean-Paul Roove, le photographe attitré de la soirée, qui travaille depuis un bon moment avec Max.
Il y a Pierre, le marié, tout simplement, à qui Benjamin Lavernhe prête ses traits.

Ça va, vous suivez ? On continue.

Il y a Julien, le beau frère de Max que joue Vincent Macaigne, ancien professeur en réinsertion qui officie alors comme serveur.
Il y a Josiane, responsable des serveurs si je ne m’abuse, et accessoirement amante de Max, interprétée par Suzanne Clément.
Il y a Samy, l’ami d’Adèle en dèche de thunes, qui rejoint une brigade de serveurs pour la première fois de sa vie. Et c’est signé Alban Ivanov.
Il y a Helena, la mariée, servie par l’actrice Judith Chelma.
Il y a Seb, campé par William Lebghil le serveur habitué de la brigade.

Ça va toujours ? Vous enregistrez tout ? Poursuivons.

Il y a Patrice, un autre serveur, sur lequel lorgne Josiane, et joué par Kevin Azaïs.
Il y a Henry, le doyen des serveurs, interprété par Antoine Chappey.
Il y a Bastien, le stagiaire photo de Guy, campé par Gabriel Naccache.
Il y a Roshan, membre jovial et plein de ressources de la brigade, sous les traits de Manmahattan Basky.
Il y a le pragmatique Nabil, également membre de la brigade, avec l’acteur Khereddine Ennasri.

BREF. Et encore, je ne cite ici que certains des personnages majeurs, que l’on retrouve en fil rouge tout au long de l’histoire, vous épargnant le chef cuisinier, le racheteur de la société, la mère du marié, et tout et tout.

Alors, contrôle surprise : pouvez-vous maintenant me les réciter un à un ? Mmh. Et encore, vous avez vu Le Sens de la Fête. Ne vous étiez-vous pas demandé, à l’issue de la projection, comment vous avez pourtant fait pour digérer et apprécier tout ce beau casting, développé sur moins de deux heures de film ?

J’avais abordé, dans le 10ème numéro de Comment c’est raconté, dédié aux Gardiens de la Galaxie, la façon dont une fiction dense parvenait à nous communiquer des tartines et des tartines d’exposition : depuis ses personnages, à son contexte en passant par son intrigue ou ses enjeux ou que sais-je.

Ici, nous ne sommes plus dans un cas général. Il n’est pas question de cinq personnages principaux entourés d’un univers riche. Il est spécifiquement question de plein de personnages, et c’est tout.

Autrement dit, Le Sens de la Fête corse encore la chose, puisque non seulement beaucoup d’éléments doivent nous être présentés, mais ces éléments sont d’une seule et même nature : des personnages !

Procédons en deux temps. Observons d’abord comment Toledano et Nakache ont caractérisé leur personnages, pour ensuite se pencher sur la façon dont ces derniers sont orchestrés et animés.

TISSER UN RÉSEAU

En terme de caractérisation, John Truby présente dans son manuel L’Anatomie du scénario ce qu’il appelle le réseau de personnages.

Pour éviter un récit dont certains personnages se confondraient avec les autres, tout en les connectant les uns aux autres, le théoricien affirme qu’il convient idéalement pour un auteur de construire un réseau basé sur les quatre piliers suivants : fonction, archétype, thème et opposition.

Ainsi, chaque personnage se verra défini par ce qui le différencie des autres sur un ou plusieurs de ces quatre aspects.

Premièrement : la fonction. Il ne s’agit pas de la plus passionnante des caractéristiques d’un personnage, il est tout bêtement question de rôle primaire dans l’histoire : est-ce le gentil, le méchant, un faux-gentil, etc. Autant vous dire que le Sens de la Fête ne dresse pas son réseau de personnages sur cet aspect, puisque nous ne sommes pas tellement dans un récit de type gentils contre méchants.

Deuxièmement, bien plus intéressant : l’archétype. J’ai parlé de cette notion dans l’épisode trois du podcast dédié au film Moon, et vous la connaissez sûrement déjà par coeur, il s’agit d’un modèle identifiable de personnage. La plupart du temps, on pense aux fameux archétypes dressés par Christopher Vogler dans son Guide du Scénariste, à savoir le « messager » qui annonce l’aventure au protagoniste, le « mentor » qui conseille le protagoniste dans le début de sa quête, le « gardien du seuil » qui s’assure de la motivation du protagoniste du simple fait de lui barrer la route, etc. Mais, Truby parle ici d’archétype dans le sens large et pas forcément mythologique ni si spécifique, par exemple le rebelle, le clown, la figure paternelle, ou maternelle, ou n’importe quelle étiquette clairement attribuable à un personnage.

En terme d’archétypes, dans Le Sens de la Fête, on pourrait dire que le musicien James est le ringard, comme lorsqu’il chante son répertoire ; que le photographe Guy est le loser, comme lorsqu’il croit apprendre la vie à son stagiaire ; que le marié Pierre est le mégalo, comme lorsqu’il déploie ses exigences ou son interminable discours, que la mariée Helena est la naïve, comme lorsqu’elle s’émerveille des festivités qui pourtant tournent au vinaigre, que la sous-chef Adèle est la nerveuse, comme les nombreuses fois où elle engueule ses collaborateurs ; que le jeune stagiaire Bastien est l’intello, comme lorsqu’il remet gentiment son boss à sa place, que le doyen des serveurs Henry est le timide, comme lorsqu’il ne parvient pas à dire au chef que les costumes sont insupportables ; que Samy, l’ami d’Adèle qui dépanne la brigade est le boulet, comme lorsqu’il provoque le péremption de la viande en branchant son rasoir électrique à la place des frigos ; que Julien le beau frère du boss est le poète, comme lorsqu’il s’insurge des incohérences littéraires de la dénomination des tables ; et j’en passe, et j’en passe.

© Gaumont Distribution

Je ne cite ici qu’un exemple de comportement à chaque fois pour ne pas trop trop trop vous assommer non plus, mais rappelez-vous combien, à maintes reprises, chaque personnage illustre ainsi l’archétype comique que lui ont associé les scénaristes. Ainsi, chaque intervenant du récit marque l’esprit du spectateur par sa place, en terme d’archétype comique, au sein du réseau des personnages. Tous sont problématiques, et ce chacun à sa façon.

Seuls le serveur Seb et le boss Max, campés respectivement par William Lebghil et Jean-Pierre Bacri, semblent « normaux », il en fallait bien un ou deux. Cela dit, ils endossent du coup l’archétype du clown blanc, vous savez, ces personnages dignes et cyniques, amusants du simple fait de subir et de pointer la bêtise de leur entourage.

Troisième notion sur laquelle un auteur peut tisser son réseau de personnages selon Truby : le thème. Autrement dit, conférer à chaque personnage un point de vue différent et spécifique sur un thème donné. À supposer qu’il soit question de mariage, on pourrait avoir un personnage pro-mariage, un anti-mariage, un qui s’en fout, un pour les relations amoureuses alternatives, ou pour le pacs, bref, on arrive dans l’aspect plus politique si ce n’est philosophique du récit. Dans Le Sens de la Fête, certains personnages disposent d’un point de vue concernant leur propre métier, comme le photographe qui emmerde ceux qui prennent leurs photos avec leur smartphone, mais tous ne présentent pas de point de vue sur un sujet commun. Les scénaristes, eux, par l’issue qu’ils donnent au film et aux situations, véhiculent un propos sur l’esprit d’équipe, sur l’adaptation, sur le sens de la fête justement, mais pas les personnages.

Ainsi, le thème n’est pas une notion exploitée dans le cadre de la caractérisation maillée des personnages, dans le cadre de leur réseau.

Quatrième et dernière notion : l’opposition. Truby emploie ce mot en référence au conflit sensé régir une histoire, mais parle avant tout en fait de but. Quel est le but du personnage, et surtout en quoi vient-il compléter ou s’opposer à celui des autres ?

Dans le Sens de la Fête, il s’agira tout simplement du métier de chaque personnage au sein de la brigade, en l’occurrence ceux que j’ai énoncés en les présentant: serveur, animateur, organisateur, chef cuisinier, photographe, etc. Cet aspect-là du réseau étant le plus évident et intuitif, Truby aurait peut-être mieux fait de l’évoquer en premier lieu. Toledano et Nakache donnent ainsi un métier spécifique aux deux tiers des personnages, tandis que les autres sont tous serveurs. Autrement dit, seule les deux tiers des personnages sont véritablement identifiables à travers leur métier, sont véritablement caractérisés différemment sur cet aspect.

Pour finir alors sur la théorie du réseau de personnages, on peut conclure que cette comédie parvient à organiser ses protagonistes essentiellement à travers leurs archétypes respectifs, et partiellement à travers leurs métiers respectifs. Il y a le photographe loser, l’animateur ringard, la sous-chef nerveuse, le serveur timide, le serveur clown blanc, etc.

Si chaque personnage était caractérisé à sa façon sans miroiter son archétype ni son métier avec un autre, nous serions alors susceptibles de les confondre, ou de ne pas tous les situer.

© Gaumont Distribution

CARACTÉRISATION : MARGE DE MANOEUVRE

Une fois les personnages solidement attachés sur ce réseau commun, rien n’empêche ensuite de les nuancer pour ne pas sombrer dans la caricature. J’ai copieusement évoqué les dimensions potentielles d’un personnage dans les épisodes du podcast consacré aux films Locke et Maniac.

Si on voulait prendre un exemple pour Le Sens de la Fête, nous pourrions nous attarder sur le « point d’attaque » associé à certains de ses personnages. Le « point d’attaque » est une suggestion formulée par Lajos Egri dans son livre The Art of Dramatic Writing — suggestion que je n’ai pour le coup pas évoquée précédemment — qui consiste à conférer à son personnage un problème pressant avant-même l’incident déclencheur de l’histoire. Dans le Sens de la Fête, le chef Max est en froid avec son amante, le photographe Guy est en galère de contrats, le beau frère Julien semble sortir d’un gros passage à vide, le serveur de secours Samy a besoin d’argent, tous les personnages ne présentent pas de point d’attaque mais certains sont notamment caractérisés et donc humanisés de cette façon, en supplément de leur archétype ou de leur métier.

Pour autant, ne nous voilons pas la face, avec un tel panel de comédiens, tous ne peuvent pas présenter une grande complexité sans nous égarer ou nous ennuyer. Seul un, finalement, se paye ce luxe, et il s’agit évidemment du protagoniste central de l’histoire, j’ai nommé Max, ce cher Jean-Pierre Bacri.

Dans le livre The Art of Character, David Corbett observe que notre empathie gravite automatiquement autour du perso qui a le plus en jeu. Et qui a le plus enjeu, dans le Sens de la Fête ? Il l’affirme lui-même au cours du film, c’est Max, il joue sa vie, dit-il. Effectivement, la réputation et l’avenir de la boite l’affectent directement, il apparait d’ailleurs à l’écran dans la quasi-totalité des scènes, à gérer les erreurs des uns et des autres, à s’assurer du bon déroulé des festivités et de leur organisation. Ainsi, par l’empathie que nous lui portons, et par sa large présence dans le film, Max peut se permettre une caractérisation fournie avec notamment ses galères de couple, son envie de revendre la boite par ras-le-bol, son rapport aux dépenses en termes de cotisations salariales, en fait chaque interaction avec chaque autre personnage viendra l’enrichir et le teinter d’une couleur supplémentaire.

Les autres personnages s’en tiendront alors à une caractérisation simplifiée, avec moins de dimensions, afin de garder un récit intelligible.

Enfin, notons qu’un personnage unidimensionnel n’est pas nécessairement cliché. Toujours dans The Art of Character, Corbett nous rappelle que l’universel est mieux véhiculé à travers le spécifique. Oui, Julien est un poète égaré, mais il l’est d’une façon très spécifique : il corrige les fautes de syntaxe de ses collègues. Oui le serveur Nabil est un simple d’esprit, mais il l’est d’une façon très spécifique : il pointe constamment des évidences. Oui Samy est le boulet de service, mais il l’est d’une façon très spécifique : il confond restauration rapide et grande gastronomie.

Très bien. Je crois qu’on a fait le tour du problème statique. Oui statique. Car contenir de nombreux personnages complémentaires est une chose, mais les présenter et conduire au fil d’un récit en est une autre !

© Gaumont Distribution

ORCHESTRER LES PERSONNAGES

Penchons-nous donc à présent, sur la façon dont Toledano et Nakache ont orchestré leurs personnages.

Dans sa Dramaturgie, Yves Lavandier rappelle qu’il vaut mieux compter sur les actions d’un personnage pour le caractériser, plutôt que sur ce qu’il dit. Bref qu’il vaut mieux montrer des éléments, afin de les faire comprendre, plutôt que de les raconter littéralement. Ça, nous en avons déjà parlé une paire de fois.

Mais, dans le cadre d’un récit aussi saturé de personnages, il conviendra de pousser cet adage à son paroxysme. C’est là qu’entre en scène le conseil fondamental de Blake Snyder « Save the cat ! » formulé dans son livre éponyme : un personnage doit être introduit d’une façon mémorable, tel un pompier qui sauve héroïquement un chaton coincé dans un arbre. Cette théorie incombe surtout au personnage central, en temps normal, mais un film comme Le Sens de la Fête gagne à l’appliquer à l’ensemble du casting.

Première apparition d’Adèle : elle s’emporte face à James, le traitant de tête de flan puis de tête de cul. Voilà de quoi solidement ancrer son tempérament dans le récit.

Première apparition du futur marié, Pierre : il communique avec son kit mains libre et met ainsi de gros vents à Max, puis lui tend son interminable discours à intégrer au programme. Voilà de quoi ancrer solidement son tempérament dans le récit.

Première apparition de James, l’animateur : bon, c’est son engueulade avec Adèle mais il y est secondaire. Sa véritable première apparition, le montre en train d’enchainer d’assourdissantes et affligeantes vocalises. Voilà de quoi ancrer solidement son tempérament dans le récit.

Première apparition de Guy, le photographe : il lance à son stagiaire une remarque de vieux con dépassé à base de « de toute façon rien ne remplacera jamais l’argentique ». Voilà de quoi ancrer solidement son tempérament dans le récit.

Chaque personnage ou presque percute ainsi notre mémoire dès son apparition, puis confirmera son comportement de scènes en scènes, pour notre plus grand plaisir.

Une fois les personnages introduits… Comment intégrer leurs problématiques personnelles au sein du film, sans partir dans tous les sens pour autant ?

C’est ici que nous retrouvons notre vieil ami Robert McKee et son manuel Story, où le théoricien différencie trois types de protagoniste. Le protagoniste unique, le protagoniste pluriel, et le protagoniste multiple.

© Gaumont Distribution

Le protagoniste unique intervient dans la majorité des films présentant un seul personnage central. Ce n’est pas le cas ici, sauf dans la scène d’introduction où Bacri trolle un jeune couple cherchant à baisser indéfiniment le budget du mariage.

Ensuite, lorsqu’un panel de personnages collabore, alors ce protagoniste peut être pluriel ou multiple. Pluriel si ces personnages souffrent, réussissent et échouent ensemble, multiple s’ils souffrent, réussissent et échouent séparément.

Le Sens de la Fête présente, vous l’aurez peut-être remarqué, un savant jonglage entre protagoniste pluriel et protagoniste multiple.

Le plus souvent, notamment lors des scènes d’introduction, chacun gère ses propres problèmes, indépendamment, tel un maillon de la chaîne, au sein d’un protagoniste multiple. Entre Adèle et James qui se prennent la tête sur la gestion de l’électricité, Guy qui cherche le bon emplacement où poser son appareil photo, Seb qui explique le boulot à Samy, etc. Chaque scène de ce type, si locale soit-elle, affecte dans une petite mesure le bon déroulé général de l’aventure.

Par contre, dans les moments émotionnellement intenses, les noeuds dramatiques et autres moments de crise, la brigade se comporte alors comme un protagoniste pluriel et non multiple. C’est le cas lorsqu’il faut trouver une solution au moment où la viande a daubé. Chacun y va de sa proposition et de ses concessions. C’est également le cas lorsque le marié s’envole à la fin et que le feu d’artifice part trop tôt. Max engueule l’ensemble de sa brigade, et l’ensemble de sa brigade trouve une solution. C’est le cas aussi lorsque le prétendu contrôleur fiscal arrive sur les lieux, et que chaque personnage intègre le plan visant à maquiller les travailleurs non déclarés.

Ainsi, en alternant protagoniste multiple lors des scènes légères et protagoniste pluriel lors des scènes décisives, les scénaristes offrent à cette comédie une tenue fluide et parfaitement claire, où problématiques locales cohabitent avec problématiques générales.

Enfin, pour terminer mais ça vous l’auriez deviné seul, je n’aurai pas besoin de citer un bouquin pour le remarquer, l’idéal pour ne pas perdre le spectateur avec un tel panel de personnages consiste à en rappeler les spécificités souvent. La pédagogie étant l’art de la répétition, les personnages hauts en couleur de ce film ne manquent pas, à chacune de leur intervention, de rappeler leur caractérisation. On ne compte pas les engueulades d’Adèle, les bourdes de Samy, les preuves de timidité de Henry. Dans un récit classique cela deviendrait lassant, mais avec autant de personnages, le simple fait de les alterner suffit à rythmer le récit.

Voilà donc les pistes de réflexion que j’ai pu trouver concernant la gestion possible de nombreux personnages dans une histoire, et ce au sein d’une comédie, j’y tiens, puisque les outils dramaturgiques ne sont pas le propre du drame, et que la comédie n’a pas pour seul intérêt son rapport à l’humour.

© Gaumont Distribution

Fondu au noir pour ce 23ème numéro de “Comment c’est raconté ?”, merci pour votre écoute, j’espère qu’il vous aura intéressé !

Retrouvez tous les liens du podcast sur ccrpodcast.fr, dont Facebook, Insta’, Spotify, tout ça, mais encore et surtout Apple Podcasts : pour ce-dernier je vous invite à laisser 5 étoiles et un commentaire — c’est très im-por-tant pour le référencement du podcast, podcast dont l’habillage musical était signé Rémi Lesueur je le rappelle, et le tricosa-remercie.

Je m’appelle Baptiste Rambaud, disponible sur Twitter pour répondre à vos questions, à vos réactions, et vous donne rendez-vous donc dans 2 semaines, pour la 24ème séance. Tchao !