La faillite du Politique version 20e siècle doit laisser la place à l’action de la société civile, alliée au niveau municipal

L’été meurtrier en France, Syrie, Turquie, Yémen et ailleurs laisse penser que “les choses” empirent alors que c’est tout le contraire. Le drame de notre jeune 21e siècle c’est bien celui-ci: d’être gouverné en majorité par des dirigeants qui sont pieds et poings liés dans le 20e siècle. Comment donc leur faire confiance pour préparer le 22e siècle de nos enfants et petits-enfants ?

Nous sommes arrivés à la fin d’un cycle, pas celui de la fin de l’Histoire de Fukuyama, mais celui de la démocratie pensée par et pour des Occidentaux au 18e et au 19e siècle. Les élections sur tous les continents montrent pour la plupart le ras le bol des classes moyennes face à un déclassement réel ou perçu. Ce ras le bol se traduit par l’abstention, le mouvement de “sortez les sortants” et la montée des discours protectionnistes et nationalistes. Ces soubresauts rappellent ceux des années 1880 qui voyaient l’anarchisme et le communisme monter, comme aujourd’hui l’islamisme.

Le Politique est donc peu ou prou en faillite, presque partout, qui en sera le syndic ? Avec cette faillite, le débat public stagne et les représentants politiques élus donnent le sentiment de patauger, de faire du sur-place, dans le meilleur des cas. Dans le pire, c’est la montée des extrêmes, comme en Europe et maintenant aux Etats Unis avec les soutiens nauséabonds de Trump.

Quelles réponses alors si le Politique version 20e siècle est en faillite ? Est ce que la société dite civile peut prendre le relais ? C’est tout le défi qui est posé quand on met côte à côte le temps politique et surtout sa pratique, et les bouleversements technologiques qui s’accélèrent.

Nous vivons, comme à la fin du 19e siècle, une poussée technologique qui remet à plat la société et son organisation: ubérisation, société du partage, l’économie de la pige, tous ces concepts sont prégnants mais les politiques tardent à s’en saisir pour repenser le monde. Quelques dirigeants, trop rares, comme Emmanuel Macron en France, Justin Trudeau au Canada, commencent à mesurer les défis qui se posent à eux. L’implication à un niveau jamais vu de donateurs privés tels que la fondation Gates, dotée de l’essentiel de la fortune de Bill Gates, est à saluer mais elle remplit un vide laissé par les états.

Qui peut contribuer à combler ce vide ? Le niveau idéal de mise en place de nouvelles politiques, adaptées, semble être le municipal. Montréal a accueilli le bureau permanent de la New Cities Foundation, dirigée par John Rossant, et son sommet 2016 à la fin juin. Près des 80% des humains seront urbains d’ici peu, l’action de changement doit donc se trouver au plus près du quotidien, au niveau des villes.

Show your support

Clapping shows how much you appreciated Frederic Guarino’s story.