“La réalité virtuelle, c’était un peu comme ma première fois”

Crédit : Merlin Brohez — Morgan Dubuisson
La réalité virtuelle, c’est le rêve enfantin de tous ceux qui ont été bercés par les jeux vidéos. C’est censément la prochaine pierre angulaire du loisir vidéoludique. Alors je l’attendais, fébrilement, avec inquiétude et excitation. J’entendais l’opinion public hurler, parler du manque d’expériences différentes disponible. Et l’occasion de la découvrir et de transformer la théorie en pratique s’est présenté devant moi dans un halo providentiel.
Puis au seuil du moment tant attendu, j’étais exalté mais anxieux. Et si ça n’était pas aussi suave que mon esprit avait pu l’escompter ? Et si je faisais une erreur ? Et si nous n’étions pas fait l’un pour l’autre ? La réalité virtuelle, c’était un peu comme ma première fois.
J’ai finalement franchi le pas et ait décidé de conquérir ce monde digital et dans l’explosion de mes sens, j’explorais une maison hantée, je dansais entre les étoiles et m’abîmait dans les méandres d’une attraction infernale. Pour un court moment, le reste du monde n’existait pas, ça n’était qu’elle et moi. Mon coeur s’emballait et je finissais par succomber : la réalité virtuelle, elle m’a enchanté, elle m’a séduit.
Crédit : Merlin Brohez — Mailys Chavagne
Mon dieu, la réalité virtuelle… C’est quelque chose de… perturbant ? Je ne sais comment décrire mon premier plongeon dans ce nouveau monde. Fantasmagorique. Voilà. Ce mot me plait.
La VR, une première expérience que je n’oublierai jamais. Et mon estomac non plus d’ailleurs. Durant 6 minutes, je n’ose pas fermer les yeux. Les cligner un seul instant me semble impossible. Et pourtant… L’univers dans lequel je viens de plonger n’a rien d’accueillant. Bien au contraire. ‘Resident Evil 7’, rien que le nom me donne des frissons.
Le souffle court, la démarche boiteuse, mon premier geste est de récupérer une arme. Pas très rassurant… Je lève les bras pour tester mes manettes et m’assurer de la marche à suivre. Et là, horreur, je découvre un moignon à la place de mon bras ! Attendez un instant, je joue à un jeu de réalité virtuelle, dans lequel j’ai besoin d’une arme et on me retire littéralement un bras ?! Gloups…
J’avance doucement dans une autre pièce, un peu angoissée. Fatalement, je m’attends au pire. Un personnage armé, ça n’annonce jamais rien de bon. Quand une femme complètement folle se jette sur moi, une tronçonneuse à la main, j’essaie en vain de me défendre. Je vous assure que j’ai tout fait, mais la capacité du chargeur est plutôt limité. Voilà pourquoi je préfère mille fois les mitraillettes aux pistolets (et je ne parle ni de snack ni de boulangerie). Elle finira pas me découper en deux, la vilaine. Bon appétit !
Bel et bien morte, je retire le casque, cligne deux fois des yeux et laisse ma place à un autre joueur. Mes mains tremblent… Est-ce à cause du moment plutôt effrayant que je viens de vivre ou est-ce un des effets de la réalité virtuelle ? Un peu des deux, certainement. En tout cas, mon ventre n’a pas apprécié et décide de se rebeller. Il me faudra attendre deux heures pour que la nausée passe.
Plus tard, quand on me m’invitera à retenter l’expérience (avec un nouveau jeu), j’hésite. Je crains de vomir si je m’adonne à cette nouvelle réalité pendant trop longtemps. Et pourtant… Me voilà, un flingue dans une main, le chargeur prêt dans l’autre, prête à dégommer les cibles qui se trouvent devant moi. Terminé la nausée, place au jeu !
Crédit : Merlin Brohez — Lisa Michaux
Le casque est là… Je le vois, il me nargue. Pourtant lorsque l’on propose de tester, je me débine. J’ai le ventre noué, je préfère laisser les autres tester. J’entends leurs cris d’exclamations, enthousiastes. Moi, je suis nerveuse. Bien vite, je comprends que j’ai tellement envie que cette expérience soit géniale, que la peur du contraire m’empêche de mettre ce casque.
Qu’à cela ne tienne, je prends mon courage à deux mains. Premier jeux, Resident Evil. Peut être pas le choix le plus judicieux pour une première fois, mais haut les cœurs. J’avance, presque à reculons jusqu’au moment fatidique ou le zombie attaque. D’instinct je ferme les yeux, je tourne la tête et je crie. Réflexe stupide s’il en est, mais j’ai réellement l’impression qu’on m’attaque. J’enlève le casque. Retour à la réalité.
Plus tard, on me propose un autre jeu. Assis dans un wagon d’un parc d’attraction plus que glauque, je dois me défendre contre les clowns tueurs, zombie ou autres monstres apocalyptiques. Mon premier ennemi : les clowns, ma phobie. J’ai beau me convaincre que cela n’est pas réel, je ne peux m’empêcher de retenir des cris, j’ai les mains moites, j’agite la manette comme une acharnée. Encore plus fort, lorsque le wagon se déplace, je ressens les mêmes effets que dans un vrai manèges, la même sensation au ventre lorsqu’il descend, je sens presque le vent sur mes cheveux. Fin du premier niveau, je retire mon casque : j’ai le cœur qui bat, les mains moites mais surtout le sourire aux lèvres. Je n’ai qu’une envie : recommencer. Ce que je fais, une deuxième fois, une troisième, impossible de m’arrêter. Ce sentiment est indescriptible. Je ne suis plus assise sur la chaise mais dans le wagon. Je ne tiens plus des manettes, je tiens des armes. Je ne tire pas dans le vide mais sur des ennemis menaçants. Je comprends pourquoi cela s’appelle la réalité virtuelle.
Je termine un autre niveau et je retire le casque. Il est temps de laisser quelqu’un découvrir cet univers incroyable.
Crédit : Merlin Brohez — Harry Natowitz
Personnellement, la réalité virtuelle est une technologie qui me passionne mais que je n’ai, pour ainsi dire, jamais essayé qu’une seule fois. Son développement exponentiel ces dernières années a multiplié ma curiosité pour ces fameux casques à l’allure futuriste mais pourtant bien réels. Mon expérience de la VR est donc très limitée.
Je n’ai effectivement pu la tester qu’une seule fois, à l’occasion d’une semaine de team building avec l’équipe de conVRgence. J’ai essayé le PlayStation VR, sur le jeu EVE Valkyrie, et j’ai trouvé ça vraiment incroyable ! Jusqu’alors, je n’avais vu un jeu en VR uniquement qu’en retransmission sur écran.
J’étais loin de m’imaginer que vivre l’expérience soi-même n’avait aucun rapport. Ça a dépassé mes espérances tellement je me suis senti pris dans le jeu. Je le vivais de l’intérieur, une sensation toute nouvelle qui m’a permis de me mettre un bref instant dans la peau d’un pilote interstellaire, comme dans mes rêves les plus fous !
Une expérience unique qui m’a encore davantage fait prendre conscience que la réalité virtuelle a un potentiel énorme dans beaucoup de domaines, dont celui qui nous intéresse pour notre mémoire : son application dans le domaine médical.
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