RENCONTRES IESA — INNOVER AVEC LES PUBLICS : QUELS CHANGEMENTS DE PRATIQUES PROFESSIONNELLES ?

Le mardi 28 avril 2020, en association avec l’Incubateur du patrimoine, la troisième édition des Rencontres de l’IESA aura lieu à l’Hôtel de Sully au Centre des monuments nationaux.

Chaque année depuis 2018, {CORRESPONDANCES DIGITALES] organise, en collaboration avec l’IESA, un cycle de Rencontres professionnelles. Les deux premières éditions avaient connu un joli succès : 700 inscriptions et plus de 40 intervenants réunis en 2018 et 2019.

Depuis l’origine, ces Rencontres sont l’occasion d’aborder des enjeux très variés concernant le patrimoine et l’innovation : le numérique comme outil de préservation du patrimoine, l’open data, les stratégies innovantes des institutions culturelles ou les expositions immersives…

Pour cette 3e édition, nous nous associons à l’Incubateur du patrimoine. Les Rencontres se tiendront donc à l’Hôtel de Sully, siège du Centre des monuments nationaux, le mardi 28 avril 2020. Pour s’inscrire et consulter le programme :

Ces Rencontres seront l’occasion d’aborder l’importance des liens entre publics et institutions patrimoniales pour favoriser l’innovation et ce qu’impliquent de tels liens :

  • Dans la conception de projets culturels (numériques mais aussi plus largement muséographiques, scénographiques ou programmatiques) ;
  • Vis-à-vis de la connaissance des publics, de leurs usages et des données qu’ils génèrent (à des fins d’évaluation, de pilotage et d’instructions de nouveaux projets en lien avec la politique de l’établissement) ;
  • En termes de pratiques professionnelles, de compétences et, éventuellement, d’organisation et de stratégie pour les établissements culturels.

Ce mois-ci, notre article propose donc de commenter et mettre en perspective les différents thèmes qui seront abordés dans le cadre de ces rencontres.

1. UNE PREMIER RENCONTRE SUR LA CONCEPTION DE PROJETS INNOVANTS AVEC LES PUBLICS.

Pourquoi cette rencontre ?

Faire participer les publics aux projets d’un établissement culturel s’impose aujourd’hui telle une injonction aux professionnels du monde patrimonial.

Depuis le milieu du XXe siècle, de nouvelles approches de la muséologie se sont enrichies par l’essor de pratiques de médiations plus participatives. Plus récemment, certains professionnels de la culture se sont appropriés un ensemble de méthodologies inspirées du design, de l’informatique, du marketing ou de la gestion de projet pour accompagner des projets participatifs novateurs (technologiques, sociaux, managériaux ou d’usages). Nous avons, d’ailleurs, écrit récemment un article sur le sujet :

Cette première rencontre propose donc de dresser un panorama de ces différents projets participatifs. Cela sera aussi l’occasion d’évoquer les enjeux, les apports et les limites auxquels les institutions patrimoniales peuvent se confronter face à cet enjeu de la participation des publics en termes de compétences, de pratiques professionnelles, d’organisation ou de réglementation.

Qui interviendra et qu’évoquerons-nous ?

Marie-Laure FROMONT, administratrice des remparts d’Aigues-Mortes ainsi que Florence RAYMOND, attachée de conservation du patrimoine au Palais des Beaux-arts de Lille, présenteront différents projets menés en lien étroit avec les publics de leurs institutions. Ces différents projets ont ainsi nourri la politique de leur établissement dans des domaines aussi variés que l’innovation technologique, managériale, muséographique ou scénographique.

Des représentants de l’association Museomix présenteront, ensuite, une autre approche de la participation des publics, plus occasionnelle, dans le cadre d’un événement annuel. Ils reviendront sur la façon dont un ensemble de talents peuvent venir inspirer des institutions culturelles durant un moment festif et ouvert au public. La manière dont les établissements culturels participants à Museomix prolongent et pérennisent (ou non) les solutions de médiation et de muséographie proposées dans le cadre de cet événement feront aussi l’objet d’échanges. Museomix, désormais internationale depuis 2013, sera représentée par Cyrille CARILLON et Charlotte MADER, membres de la communauté suisse de l’association.

Évoquer l’implication des publics, c’est aussi se demander à quels publics s’ouvrir ? Simon HOURIEZ, fondateur de Signes de sens, évoquera les enjeux d’inclusion des publics en situation de handicap et dans quelles mesures leur prise en compte peut être génératrice d’innovations pour tous.

Enfin, pour clôturer ce panorama, Sofia ROUMENTCHEVA, muséologue et doctorante en droit spécialisée dans les enjeux juridiques liés à la création et à l’innovation collaborative, viendra proposer une réflexion et une mise en perspective des enjeux que le développement de la participation des publics induit d’un point de vue réglementaire pour les établissements patrimoniaux.

A la suite de cette première rencontre, les participants pourront découvrir les différentes start-ups accompagnées par l’incubateur du patrimoine et les expérimentations qu’elles mènent avec le Centre des monuments nationaux. Un article a été récemment publié sur le site de {CORRESPONDANCES DIGITALES] :

La prise en compte des publics nécessite naturellement de mieux connaître leurs typologies, leurs usages et les données qu’ils génèrent . Ce sera l’objet de la deuxième Rencontre qui sera proposée le 28 avril.

2. UNE DEUXIÈME RENCONTRE SUR LES DONNÉES VISITEURS ET CELLES LIÉES A LEURS USAGES.

Pourquoi cette rencontre ?

A partir des années 70, les services aux publics se sont déployés dans les organisations patrimoniales avec pour ambition de mieux connaître les visiteurs, de s’adapter à leurs usages et pratiques pour les accompagner, les fidéliser et les associer aux prises de décisions.

Que cela soit pour répondre à une vocation commerciale ou à la dimension sociale d’un lieu culturel public, cette nécessité de mieux connaître les publics s’est enrichie ces dernières années d’un ensemble de nouvelles données issues des sites web, des réseaux sociaux et des dispositifs numériques mis à la disposition des publics. Réputées en retard dans ce domaine par rapport aux établissements culturels anglo-saxons, les institutions françaises mettent en œuvre un ensemble de projets en ce sens mais se confrontent aussi à des barrières réelles ou supposées tant sociales, que sociétales, réglementaires, organisationnelles ou technologiques.

Cette Rencontre propose de définir les données d’usages et visiteurs potentiellement disponibles, d’en préciser les moyens nécessaires à leur recueil, à leur analyse et, plus globalement, de s’interroger sur leur utilité pour piloter une activité patrimoniale. Un guide a été récemment publié par le Ministère de la culture sur le sujet. Il propose un appui pratique aux institutions culturelles :

Qui interviendra et qu’évoquerons-nous ?

Une première intervention permettra à Jérôme IRAND, facilitateur de projets chez Klee Group de définir, en relation avec les participants des Rencontres, quelques enjeux importants à prendre en compte pour mieux connaitre les publics et les liens que ceux-ci peuvent entretenir avec les institutions culturelles patrimoniales. Jérôme IRAND a fortement contribué à la création du guide du Ministère de la culture évoqué ci-dessus.

Pour poursuivre les échanges sur ce sujet, Ludovic BORDES, cofondateur de la société Arenametrix, spécialisée dans les solutions de pilotage des données liées aux publics, évoquera les outils, les processus et les moyens nécessaires pour mettre en place ce type de dispositifs.

Marie GANAS, cheffe de mission Etudes, prospection et fidélisation des publics au CMN et Mathieu DECRAENE, à la direction des publics et de l’éducation artistique et culturel du musée du Louvre, reviendront, quant à eux, sur la façon dont les données liées à leurs publics et à leurs usages peut répondre aux enjeux de leurs établissements. Ces enjeux peuvent être aussi bien commerciaux que sociaux ou sociétaux. Ce temps d’échanges pourra aussi être l’occasion d’évoquer les limites et les contraintes liées à ces approches quantitatives des publics.

Cette Rencontre s’ouvrira ensuite sur la façon dont les données peuvent permettre de nourrir les politiques publiques des territoires et des collectivités (et ce, pas uniquement d’un point de vue culturel). Philippe ARCHIAS, directeur innovation et recherche du Groupe Chronos, reviendra sur un projet mis en œuvre avec OuiShare : Data cités.

Les deux premières Rencontres mettent en avant la prise en compte des publics dans les stratégies des établissements culturels à des fins d’études ou de projets. Cette prise en compte nécessite (aussi) un ensemble de moyens humains, matériels, organisationnels et financiers. Ce sera le sujet de la troisième Rencontre.

3. UNE TROISIÈME RENCONTRE SUR RECONNAISSANCE AU SEIN DES ORGANISATIONS PATRIMONIALE DES COMPÉTENCES LIÉES AU NUMÉRIQUE ET A L’INNOVATION.

Pourquoi cette rencontre ?

Les établissements culturels font face à une conjonction d’impératifs de plus en plus pressants : pression sur leurs modèles de financement, redéfinition de leurs rôles et missions, injonctions à l’innovation technologique et à la prise en compte de leurs publics.

Pour assurer ces transformations, les pratiques professionnelles au sein des établissements culturels évoluent vers des modes de travail plus collaboratifs et expérimentaux inspirées d’autres secteurs économiques. La valorisation des compétences de certains collaborateurs ou le recrutement de nouveaux profils dédiés semblent nécessaires pour conduire ces changements. Or, les obstacles organisationnelles, budgétaires, sociaux et managériaux sont nombreux pour faire gagner en légitimité ces savoir-faire. Un article que nous avions écrit il y a quelques temps propose quelques réflexions sur le sujet et revient sur différents exemples menés par des institutions patrimoniales :

Cette Rencontre propose de définir les compétences clés nécessaires à la transformation, de préciser les moyens nécessaires à leur épanouissement et les contraintes auxquelles elles se confrontent.

Qui interviendra et qu’évoquerons-nous ?

Pour débuter cette Rencontre, la parole sera donnée au chef du département de l’innovation numérique au Ministère de la Culture : Nicolas ORSINI. Il reviendra sur l’évolution numérique des métiers des professionnels de la Culture et surtout sur les enjeux de transformation des institutions culturelles.

Cette mise en perspective sera complétée par un retour sur le développement des compétences professionnelles dans les politiques culturelles numériques par Noémie COUILLARD. Chercheuse en sciences de l’information et de la communication et co-fondatrice d’une agence d’étude des publics (Voix/Publics), son témoignage sera précieux à ce double titre d’autant plus qu’elle est à l’origine d’une thèse passionnante sur les community managers dans les lieux culturels :

Deux professionnels du secteur culturel témoigneront ensuite de la diversité d’approches de leurs établissements en la matière. Ronan LE GUERN, responsable pôle web et digital au Centquatre, évoquera ainsi comment, suite à un master aux Gobelins, il a piloté un projet en appliquant un ensemble de compétences acquises durant ce cursus. Suite à ce projet, il a souhaité partager ces méthodes et outils auprès d’autres professionnels au sein du Centquatre mais aussi bien plus largement (nous avions évoqué dans un article récent son passionnant mémoire qu’il a généreusement mis en ligne en début d’année) :

Pauline MOIREZ, à la Mission innovation de la Bibliothèque nationale de France, présentera, quant à elle, comment son établissement s’est doté d’une tel service pour mettre en place une politique d’incitation à l’innovation ouverte à l’ensemble des agents de la Bnf via des formations, des ateliers, un incubateur….

Pour finaliser ce panorama, il nous semblait aussi important de s’interroger sur les enjeux de formation des professionnels du secteur patrimonial face à ces nouvelles compétences et pratiques. Ewa MACZEK, directrice adjointe de l’Ocim présentera ainsi l’ensemble des activités que réalise l’ Office de coopération et d’information muséales auprès des professionnels pour alimenter leurs pratiques grâce à une veille active, à la publication de nombreuses ressources et à des formations d’excellente qualité. Côté formation initiale, Boris GREBILLE, directeur de l’IESA, présentera comment cette école de management culturel forme ses étudiants à l’innovation, aux nouvelles pratiques professionnelles et nouveaux métiers qui se développent dans le domaine patrimonial.

L’inclusion et la participation des publics, la volonté ou l’injonction à innover auxquelles font face les établissements patrimoniaux nécessitent cette mise en perspective. Nous sommes donc fiers ({CORRESPONDANCES DIGITALES], étudiants de l’IESA et Incubateur du patrimoine), de vous proposer cette année un tel programme. Nous vous attendons nombreux !

Antoine ROLAND

www.correspondances.co

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