
Sky Doll tome 4 : Sudra
La poupée qui savait se faire désirer
10 ans. C’est le temps qu’il aura fallu à Alessandro Barbucci et Barbara Canepa pour publier la version finale du quatrième tome de Sky Doll. 10 ans d’attente à se ronger les ongles, à lire toutes les productions de ces auteurs, à se demander POURQUOI, à ne plus y croire… pour un jour, enfin, retrouver le doux visage de Noa au rayon nouveautés des magasins de bandes dessinées.
Heureusement, dès la première case, la magie opère et nous fait oublier les milliers de jours écoulés. Tout est là : le trait vif de Barbucci, les couleurs incroyables de Canepa, l’histoire efficace et distrayante, tintée d’une profonde noirceur… Car contrairement aux apparences, tout n’est pas rose dans le monde de SkyDoll.

Rencontre parfaite entre manga, BD et Disney, SkyDoll est aussi une œuvre de science-fiction politique, qui adresse d’acerbes critiques à nos sociétés : consumérisme, religion, sexualité, télévision… La série questionne et interpelle son lecteur à chaque page et c’est là que réside sa plus grande force. À travers les aventures rocambolesques d’une poupée à la recherche de son identité se dessine un monde abject où deux religions s’affrontent en direct à la télévision. À l’heure où le fondamentalisme religieux a infligé à la France des événements bien sombres, la thématique traitée dans les 4 tomes semble plus que jamais d’actualité.

Toutes les bonnes choses auront (bientôt) une fin
Avant dernier tome de la série, Sudra, ne laisse aucun doute quant à la volonté des auteurs de boucler rapidement la saga. Après cette gestation difficile, des chamboulements dans leur vie personnelle, et la multiplication de nouveaux projets, il est temps pour eux de passer à autre chose. Cela se traduit dans ce tome par une intrigue accélérée, de nombreux mystères résolus et un nombre de pages plus conséquent qu’auparavant. On regrettera peut-être que certains passages manquent de fluidité, et que certaines scènes semblent un peu plus forcées que dans les 3 tomes précédents, mais cela ne gâche en rien la lecture.
Plus qu’un tome avant de quitter SkyDoll, et nous ne pouvons que vous inviter à prendre le train en marche si vous ne suivez pas encore la série. 10 ans après le 3e opus, les auteurs maitrisent toujours leur sujet et ne devraient pas tarder à publier le 5e et dernier tome. Si vous êtes à la recherche d’une BD différente, fan de science-fiction dystopique pas morose ou amateur de belles planches (et de jolies poupées), partez à la rencontre de Noa… vous ne le regrettez pas !
Synopsis :
Noa, Roy, Jahu, Cléopatre et Yhala se sont installés à Sudra, planète en paix, où cohabitent de nombreuses religions. Tandis que Jahu passe son temps avec Cléopatre, et que Roy se renseigne sur Sudra, Noa joue la prêtresse, en cachette, pour nourrir ce petit monde. Et elle s’apprête à découvrir de stupéfiantes révélations sur son passé et ses origines, ainsi que sur Agape. La Planète Sudra serait-elle plus complexe et étonnante que paradisiaque ?