OK, ce n’est pas un Airbus, mais c’est joli comme photo. Image dans le domaine public.

Les accidents dans l’aviation civile en quelques graphiques

Une petite histoire des accidents impliquant des A320, EgyptAir et l’aéroport de Paris-Roissy. Avec des données, évidemment.

On s’est réveillé à l’annonce de la disparition du vol MS804 d’EgyptAir en partance de l’aéroport de Paris-Roissy (CDG, terminal 1). La nouvelle fait froid dans le dos : tout baigne jusqu’au moment où l’avion disparaît des radars…

Mais ce genre d’accident est-il fréquent ? Divers accidents et évènements choquants ont fait les gros titres ces dernières années : la disparition du vol 370 de Malaysia Airlines en 2014 ; le vol MH17 de Malaysia Airlines abattu par un missile russe au-dessus de l’Ukraine ; le pilote suicidaire de GermanWings ayant entraîné avec lui tous les passagers et membres de l’équipage ; le détournement d’un vol EgyptAir par un amoureux éconduit ; etc.

J’ai donc cherché à en savoir un peu plus sur les accidents de l’aviation civile et les pertes humaines qu’ils ont provoquées. L’ Aviation Safety Network (ASN) fournit des données de ce genre.

Où se produisent les accidents les plus nombreux ? Le top 25 des pays et endroits, depuis 1945 au 24 avril 2016. Source : l’ASN.
Les accidents dans le monde : le top 25 par pays. Source : l’ASN.

Mais quid des accidents impliquant un A320 ? C’est après tout l’un des modèles d’avion le plus courants dans l’aviation civile. Le premier appareil disponible est livré en mars 1988 et mis en service par Air France le 18 avril 1988. Le crash de Habsheim se produit le 26 juin 1988 et est à l’origine des controverses sur la « fiabilité affirmée » de l’avion et plus particulièrement sur celle de l’informatique embarquée.

Depuis 1988, on remarque une augmentation du nombre d’accidents. Celle-ci est cependant le plus probablement mathématique : il y a davantage d’avions en service (au moins 5 000 A320 livrés et en opération) et davantage de vols opérés, donc proportionnellement davantage d’accidents.

Source des données

D’après les rapports de l’ASN, les détournements arrivent mais provoquent très peu de victimes en comparaison avec les crash :

La famille A320 comprend également les modèles A319 et A321. Si l’on ajoute ces modèles, les chiffres changent un tout petit peu mais la tendance énoncée pour A320 ci-dessus persiste :

Comparaison du nombre de victimes par modèle d’avion Airbus en opération (A320 et affiliés). Source des données.

Le vol ayant disparu des radars cette nuit est opéré par EgyptAir. On peut donc se demander si c’est un problème de compagnie. L’ASN a répertorié 23 accidents pour cette compagnie, et les A320 et affiliés ne sont pas les plus fréquents à qui il arrive des mésaventures :

Source des données.

Dans les 5 accidents ainsi répertoriés, les détournements sont au nombre de 3. L’accident de cette nuit y est inclus (en tant que crash puisqu’il s’est écrasé au large de l’île grecque de Karpathos).

Il apparaît que la compagnie et le modèle d’avion semblent plutôt sûrs. L’aéroport alors ? En effet, on pourrait imaginer qu’un problème technique non détecté pendant les contrôles de routine à l’aéroport de départ pourrait être en cause.

Dans le cas de cette nuit, le vol MS804 était au départ de Paris-Roissy. Les A320 et affiliés sont les modèles les plus fréquents dans cet aéroport (au total, 42,4 % de tous les appareils qu’il accueille). L’ASN a répertorié 12 accidents impliquant un vol de l’aviation civile à proximité ou dans l’aéroport depuis 1985. Parmi ceux-là, 4 accidents impliquent des avions de la famille A320, les deux plus récents étant effectivement des accidents (en 2009 et en 2011, respectivement). Aucune victime n’avait été répertoriée.

Beaucoup de questions restent ouvertes. Quoi qu’il en soit, nos plus sincères condoléances aux familles des victimes…

NB: Comme il s’agit d’une écriture sans recul (j’ai écrit pendant que des informations sur le crash de cette nuit parvenaient), il peut y avoir des inexactitudes, alors soyez indulgent-e-s.


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Data Colada est la seule infolettre en français sur la vie des données. Une idée de @MaliciaRogue (Rayna Stamboliyska) et @PierreCol (Pierre Col).

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