Don Paco Barrantes
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Don Paco Barrantes

Je suis venu ici…

De comment don Paco Barrantes à commencé sa propre ferme. Cette histoire s’insère dans un projet d’éditorialiser mon grand-père, un monsieur campagnard costaricien. Cette traduction cherche rester le plus fidèle à sa façon de parler avec des erreurs de grammaire et des mots du jargon fermier.

Transcrit et traduit par : Ximena Miranda

Paco Barrantes — Premièrement, j’ai acheté la ferme d’en bas.

Je veillais la ferme de papa et la mienne ensemble. Les deux à la fois. Et puis, lorsque j’ai vu que je n’avais pas assez de temps pour travailler les deux terres. Quand je me suis aperçu que moi, à ce rythme, j’allais mourir…

— Car je travaillais jusqu’au soir !

— Puis le soir, je revenais ici, à mon terrain, faire le tour chez Manuel. Histoire de m’assurer qu’il était encore vivant car il était tout seul ! Ici, il n’y avait personne qui passait, à l’époque. Les gros serpents fer de lance apparaissait là-bas. Et Manuel tout seul. Et moi je n’arrivais que la nuit, faire le tour chez lui

Guápiles, Costa Rica, le village où se trouvait la ferme de mon grand père.

Des fois je descendais à 10 h, là-bas, par les grands “guayabales”, à travers les broussailles qu’il y avait avant, là-bas. Et c’est tout. Pour bien faire le travail chez mon papa, ce n’était qu’à 5 h que je commençais à m’arrêter. Puis je venais ici à ma ferme.

Pauvre Manuel, c’est pour ça que je l’aime autant. Il me connaissait très bien. Il savait que moi, je n’arrivais presque toujours avec le ventre vide. Et la nuit… Il m’accuillais soit avec un potage de viande, ou quelque chose chez lui :

« Paco, il y a de la nourriture-là…

— Bon »

C’est autour de l’année 1972 que je suis venu ici.

Même avant de venir, le morceau m’appartenait déjà. Manuel y vivait. Moi je… Je le veillais de loin. Je fessais le tour chez lui. Je m’assurais qu’il allait bien… Et tout ça…

J’ai eu du mal à faire le démarrage. Mais Evelio, mon frère, était déjà grand, et Eliezer. Luis Ocampo, le délégué de la banque m’a dit :

« Ces frères, les tiens… ils sont déjà pas mal massifs. Pour quoi ils ne mettent pas ces flemmards-là… qu’ils fassent face à la ferme de ton père… Puis, aussi, toi tu vas crever, en travaillant autant.

— Oui c’est dur ! T’imagines pas comment c’est dur ! »

Luis Ocampo a fini par m’encourager.

Non, non, papa a été d’accord :

« Non, non, t’as raison—me dit-il.

Je lui dit — Mais, je vais jamais t’abandonner, je vais toujours être à tes côtes. Quand t’a besoin de moi, appelle-moi. Si tu vas sortir le bétail… »

S’il allait acheter ou vendre du bétail, il m’appelait et j’allais. On allait avec mes frères.

Une fois on est allée, dans une avionnette, sortir… Voir du bétail…

Papa, non, jamais, il ne peut jamais se plaindre que je l’aie abandonné. Non, c’est pas vrai ça.

On lui castrait les taureaux. Quand il vendait du bétail, on les sortait à la rue pour le camion. C’était dur d’aller chercher le bétail à la montagne. Puis c’est comme ça que je suis arrivé ici, à ma propre ferme.

Dans l’année 72, j’ai déménagé. Mais j’avais déjà ce morceau-ci !

La narration original se trouve sur soundCloud

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Cette publication regroupe les histoires d’un projet d’éditorialisation demon grand-père, un monsieur campagnard costaricien. Il se compose de plusieurs transcriptions-traductions d’annecdotes de sa vie.

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