Lymphome ou lymphosarcome
Les tumeurs et cancers se rencontrent malheureusement fréquemment chez le furet. Le lymphome (ou lymphosarcome) est un cancer des cellules lymphatiques et attaque des furets de tout âge.
En effet, on rencontre deux formes, la juvénile et la générale. Les deux formes ont une symptomatologie un peu différente. Si la forme juvénile (de quelques mois à 1–2 ans) se manifeste d’une façon quasi aiguë et peut se confondre avec une obstruction gastrique de type corps étranger, la forme classique chez les adultes débute par des signes vagues et peu spécifiques tels que amaigrissement et léthargie. Elle évolue typiquement comme une forme chronique débilitante. Tous les organes peuvent être atteints par la maladie en sus des ganglions (multiples ou isolés) et de la rate, avec une préférence pour des organes gastro-intestinaux, oculaires, moelle osseuse, poumons, reins et autres.
Le diagnostic est posé suite à divers examens tels que échographie, laparoscopie exploratrice, cytologie, histopathologie en autres.
Des protocoles de chimiothérapie sont décrits, entraînant une rémission de quelques mois. Mais en considérant le pronostic sombre et la qualité de vie de ces furets, l’euthanasie est plus souvent choisie.
L’insulinome
L’insulinome est une maladie très fréquente chez les furets âgés de plus de trois ans. Elle affecte les mâles et les femelles en proportion égale. Il s’agit en fait d’une tumeur, simple ou multiple située sur le pancréas. Ce cancer du pancréas produit de l’insuline en quantité industrielle et entraîne un état d’hypoglycémie (taux de sucre sanguin trop bas) quasi-perpétuel.
Les signes cliniques lors d’insulinome sont très nombreux : appétit souvent augmenté, perte de poids, léger abattement, léthargie minime à sévère, démarche branlante, nervosité, tremblements, irritabilité, convulsions et même le coma. Si l’hypoglycémie est sévère et prolongée, elle peut provoquer des lésions cérébrales irréversibles et même entraîner le décès.
La biologie retrouve une hypoglycémie persistante < 0,7 g/l. Une hyper-insulinémie peut être retrouvé dans 87% . La biopsie d’un nodule pancréatique permet de confirmer le diagnostic.
L’échographie recherche la présence de nodules pancréatiques mais ils ne sont retrouvés avec cet examen que dans ~20% des cas . Elle permet de vérifier l’état des surrénales — puisque l’insulinome est parfois associé chez le furet à un problème surrénalien — et de dresser un bilan d’extension (recherche de métastase) en complément d’une radio.
3 traitements sont possibles
- traitement médical à base d’hyperglycémiant prednisome et/ou diaxoxide;
- traitement chirurgical (nodulectomie);
- traitement chirurgical élargi (nodulectomie avec pancréatectomie partiel).
L’intervalle libre sans symptômes est respectivement de 22, 234 et 365 jours et la survie de 186, 456 et 668 jours. Le traitement chirurgical élargi semble donc supérieur au traitement médical et à l’ablation de la tumeur, à la fois sur la disparition des symptômes et sur la survie de l’animal. Toutefois, il n’est pas curateur, c’est-à-dire qu’il ne guérît pas le furet.
L’ADV ( Aleutian Disease virus) ou la maladie aléoutienne
L’ADV ou maladie Aléoutienne est un virus de la famille des parvovirus qui touche visons, furets et autres mustélidés.
C’est une infection virale persistante. Malheureusement, une fois la maladie déclarée elle n’est pas guérissable.
Observé en 1956 dans une visonnière, son nom vient de la couleur aléoutienne (gris-bleu) du vison porteur d’une anomalie génétique le rendant plus vulnérable aux infections.
L’ADV se propage facilement par les fèces, l’urine, la salive et autres liquides organiques, le placenta, vêtements, couvertures, chaussures…
IL attaque le système immunitaire du furet. Il provoque une réaction auto-immune dans le corps du furet ce qui signifie que le corps fabrique des anticorps contre ses propres cellules.
Malheureusement, les anticorps ne sont pas en mesure de neutraliser le virus.
Avec le temps, les anticorps se déposent dans les organes et le long de la paroi des vaisseaux sanguins entraînant un mauvais fonctionnement des organes atteints et un affaiblissement des vaisseaux.
Le dépôt dans les tissus de l’organisme cause une inflammation. Cette inflammation est la cause des dégâts tissulaires et de l’évolution de la maladie.
Les symptômes sont atypiques : perte de poids et perte de tonus musculaire, diarrhée, retard de croissance, faiblesse ou paralysie lors d’atteinte de la moelle épinière, léthargie, tremblements, anémie, anorexie, …
Certains furets peuvent être porteurs de l’ADV, sans déclarer la maladie.
Ce sont des « porteurs sains ». Ils ne présentent pas de symptômes mais peuvent transmettre la maladie. Dans ce cas vous devrez prendre de précautions si vous posséder d’autres furets ou visons, un furet testé positif “porteur sain” ne doit pas être euthanasié, il peut très bien vivre 10 ans sans que la maladie ne se déclare.
L’intensité de l’ADV dépend du génotype de l’animal et aussi de la souche du virus. Il existerait 5 souches plus ou moins virulentes chez le vison, 3 ont été isolées pour le furet. Ces dernières étant sûrement des mutations de celles du vison.
La maladie aléoutienne n’est pas encore courante en Europe mais sévit déjà fortement aux Etats-Unis depuis quelques années.
Chez la plupart des sujets atteints, l’ADV ne se déclarera jamais, ils resteront porteurs sains pouvant contaminer d’autres furets. Seule une partie des animaux contaminés exprimera la maladie à plus ou moins long terme. En effet la période d’incubation n’est pas bien connue. Mais une fois la pathologie développée, l’issue est fatale. La cortisone peut aider l’animal malade mais aucun traitement n’arrive à soigner cette affection. Le décès soudain d’un animal apparemment sain pourrait être imputable à l’ADV.
Les symptômes peuvent être très variés :
- Anorexie
- Diarrhée
- Déshydratation
- Anémie
- Saignements
- Perte de tonus musculaire
- Retard de croissance
- Tremblements
- Paralysie
Cependant il est difficile voire impossible de poser un diagnostique de la maladie seulement en se basant sur les symptômes tant ils peuvent être nombreux et variés.
L’ECE (entérite catarrhale épizootique) ou la maladie de la diarrhée verte
L’entérite catarrhale épizootique ou « diarrhée verte » est une affection intestinale spécifique au furet provoquée par un Coronavirus. Cette entérite contagieuse endommage les muqueuses intestinales provoquant une malabsorption des nutriments et liquides. Elle occasionne une soudaine diarrhée verte (d’où le nom) ou jaunâtre. Cette couleur vient du fait que les aliments passent très peu de temps à l’intérieur de l’appareil digestif de l’animal.
Dans de sévères cas, cela peut se transformer en ulcération intestinale avec saignements, estomac et œsophage peuvent aussi être touchés. Cependant, la diarrhée verte n’est pas exclusive à cette affection. Un furet peut très bien avoir un souci de digestion et avoir des selles de cette teinte sans pour autant avoir contracté l’ECE.
Ce virus est très contagieux, la proportion de furets ayant contracté la maladie suite à une exposition est grande. La propagation se fait lors de rassemblement de furets (exposition, rencontres, pension.) et lorsqu’un animal porteur sain est amené dans un groupe. Le mode de transmission peut être indirect, via les fluides corporels (gouttelettes de salive dans l’air) ou direct, par contact immédiat entre individus.
L’incubation est de 2–3 jours. Lorsqu’un des animaux d’une troupe est atteint, la contagion touchera pratiquement tous les furets du foyer à de rares exceptions, quelles que soient les règles d’hygiène mises en place. Cependant la mortalité est faible si une vigilance et un traitement adapté sont adoptés.
Chez les sujets de moins de 3 ans en bonne santé, la pathologie n’est en général pas source de complication. Elle durera entre 7–10 jours et peut même passer inaperçue. Toutefois dans 20% des cas, la réponse immunitaire sera forte et la maladie peut se transformer en affection chronique qui persistera bien après la première manifestation. Malgré un rétablissement supposé, il n’est pas rare que l’animal ayant été contaminé rechute. Il n’a pas été clairement défini combien de temps après, mais une estimation de 6 mois ou plus a été énoncée.
Chez les sujets affaiblis, vieux, stressés ou déjà atteint par une autre pathologie ayant le système immunitaire diminué, l’ECE peut être grave. Toujours est-il que la mortalité causée par l’affection chez les furets à risque est faible. Le temps de guérison sera plus long mais avec une attentive surveillance et beaucoup de soins il y a des chances que l’animal survive.
Les animaux guéris resteraient encore contagieux pour leur congénère 4 à 12 mois après la première manifestation de la maladie. Ce sont des porteurs sains, ils ont vaincu l’ECE, paraissent en parfaite santé mais peuvent encore transmettre l’affection.
Le diagnostique de l’ECE n’est pas aisé. Le virus n’est que très difficilement détectable. Il serait possible à partir des selles de faire un test ou « hybridation in situ » pour déceler la présence de la maladie. Une biopsie intestinale (montrant les lésions provoqué par le virus) et un examen histologique peuvent confirmer le diagnostique. Un bilan sanguin peut se révéler intéressant, dans certains cas il sera étonnamment normal, mais il a déjà été remarqué : des taux trop élevés d’urée et de sucre dans le sang (azotémie, hyperglycémie) et des valeurs anormales d’ALT (Alanine Amino Transférase) et de phosphatases alcalines subodorant l’affection.
Les symptômes :
- Diarrhée verte et/ou jaunâtre voire rouge foncé à noire
- Apathie
- Vomissements
- Déshydratation
- Anorexie
Le traitement :
- Réhydratation
- Nourrissage de force si anorexie
- Antibiotiques à large spectre afin d’éviter que d’autres infections viennent se greffer
- Pansements gastriques
- Antispasmodique
- Anti-inflammatoire stéroïdien
- Anti-ulcéreux
Il n’existe pas de traitement spécifique afin d’éliminer l’ECE. Les médicaments administrés agiront sur les symptômes qu’induise l’affection. La plupart du temps, aucun traitement n’est administré chez les jeunes sujets en santé chez qui les symptômes seront moindres. Il faut cependant veiller à ce que l’animal mange, boive et urine. Aucun vaccin n’est disponible contre l’ECE.
La bactérie Helicobacter
La bactérie Helicobacter mustelae, décrite la première fois en 1990, est responsable de deux types de maladies très fréquentes chez le furet : une gastrite chronique atrophique ou un ulcère des muqueuses gastriques.
Une fibroscopie digestive peut être nécessaire afin de mettre le type d’affection en évidence, car les symptômes ne sont pas toujours très évidents.
Il est évoqué qu’un stress ou bien une maladie pourraient favoriser le développement de cette bactérie. Le traitement reste complexe.
Les symptômes de l’ulcère gastrique restent souvent difficiles à déceler car peu visibles et ont tendance à être chroniques, voici ce qui doit vous mettre la puce à l’oreille
- Amaigrissement
- Perte d’appétit (pouvant donner des selles plus petites)
- Selles vertes
- Selles foncées (voire noires)
- Selles granuleuses
- Semble moins à l’aise à la manipulation
- Joue moins
- Grincement de dents
- Mâchonnement
- Se frotte le museau après avoir mangé
- Vomissement
- Toux chronique
Le traitement :
Le traitement est assez lourd, on prescrira au minimum un anti-acide, un anti-reflux et un ou plusieurs antibiotiques (pour les cas avérés de contamination par Helicobacter ou si aucune analyse n’a pu être effectuée). Des aliments de convalescence peuvent également être prescrits au cas où une alimentation à la béquée devrait être mise en place.
Infections par mycobactéries
Le furet est sensible aux mycobactéries. Plusieurs symptômes peuvent y faire penser, mais la maladie (mycobactériose) n’est pas toujours évidente à déceler au départ tant justement ces symptômes sont divers et peuvent évoluer sur plusieurs mois.
De pronostic sombre, cette maladie exige une série d’examens pratiqués par le vétérinaire. Cette maladie peut également se transmettre à l’Homme (zoonose) et peut être dangereuse, notamment chez les personnes dont les défenses immunitaires sont affaiblies.
Il n’y a pas de traitement possible, l’euthanasie devient obligatoire.
La maladie de carré
C’est une maladie due à un virus qui atteint le chien et le furet. Si certains chiens peuvent en guérir, elle est systématiquement mortelle chez le furet.
L’incubation dure 8 à 10 jours. La maladie débute souvent par une forte fièvre, un abattement prononcé et une rhinite importante. Le furet s’affaiblit de plus en plus, refuse souvent toute nourriture. Au bout de quelques jours, des croûtes peuvent apparaître sur le nez ou sur la plante des pattes, ainsi que des convulsions nerveuses, qui précèdent la mort. Une fois déclarée, la maladie évolue sur une à deux semaines.
On peut effectuer un diagnostic de cette maladie par un test ADN réalisé sur un prélèvement de sang ou de liquide céphalo-rachidien.
Il n’y a pas de traitement, mais heureusement il existe un vaccin.
Le cancer des surrénal
Les tumeurs des glandes surrénales s’avèrent très fréquentes chez les furets. Il est suspecté que la stérilisation très précoce des furets soit à l’origine de l’apparition de tumeurs des surrénales par la suite. Une seule ou bien les deux glandes peuvent être touchées. Les signes cliniques comprennent une perte de poils progressive partant de la queue et s’étendant vers l’abdomen et le dos. On observe souvent chez les femelles une augmentation du volume de la vulve.
Les symptômes
L’un des premiers symptômes de cette pathologie est une perte de poils qui peut être accompagnée de démangeaisons. Suite à cette sécrétion inhabituelle d’hormones, des signes sexuels chez les sujets stérilisés pourront être observés : vulve gonflée chez la femelle (pouvant provoquer une aplasie médullaire !) et comportement du rut chez le mâle. L’évolution de la maladie est lente. L’alopécie (perte de poils) se poursuivra si rien n’est entrepris. Le furet pourra se retrouver pratiquement nu. L’animal deviendra apathique et son ventre enflera (suite au développement de l’excroissance). Quelques fois une prostate hypertrophiée peut être remarquée. L’espérance de vie est d’environ 2–3 ans après l’apparition des premiers symptômes.
En général, les symptômes physiques suffisent à poser le diagnostique de la maladie. Une échographie est souvent pratiquée afin de le confirmer et déterminer quelle glande est touchée lorsqu’une opération chirurgicale est envisagée. Des prises de sang (afin de déterminer le taux d’hormones) pourront être effectuées afin d’écarter d’autres pathologies.
Traitement
L’ablation de la glande malade était souvent la seule solution. Cependant cette opération n’est pas sans risque.
A présent une alternative est proposée: l’implant de GnRH. La pose de celui-ci réduirait les symptômes de la maladie. En étant beaucoup moins dangereux que la chirurgie et moins invasif pour un furet déjà affaibli les avantages sont nombreux. L’implant a fait ses preuves en matière de traitement pour le cancer des surrénal, cependant si une fois implanter votre furet ne présente plus de signe du cancer, sachez qu’il est toujours là et qu’une échographie annuel est recommander afin de suivre l’évolution du cancer. Il faut également ré implanter son furet tout les an ou tout les 2 ans.
L’insulinome (tumeur du pancréas) est souvent présent au terme de la maladie des surrénales.
Autres maladies non développées
Votre furet peut être aussi touché par la grippe, un rhume, une otite, une gingivite …. Vous remarquez que les symptômes de maladie sont souvent les mêmes à quelques détails prêts quelque soit la maladie (léthargie, amaigrissement, vomissement, diarrhée …).
Soyez très vigilant à la santé de votre furet et ne laissez pas trainer un comportement qui vous semble suspect, mieux vaut se rendre chez son vétérinaire pour rien que trop tard.
Sources utiles :
- http://pout-pouteur.ch/index.php
- http://www.santevet.com/articles/1640-les-maladies-chez-le-furet
- http://www.advetia.fr/pages/nouveaux-animaux-de-compagnie/faq-furets.html
- http://www.furetsdunet.com/forums/index.php?showtopic=24385
- http://www.aufuret.ch/fr/accueil-veterinaire-xxxxx-ici-vos-animaux-sont-choyes-xxxxx/conseils-veterinaires-pour-chien-chat-furet-et-nac/125-les-pathologies-du-furet-22
- http://www.codys-ferret.com/pdf/adv.pdf
