L’Edtech Chinois ou le Grand Bond en avant

300 leaders de l’Edtech chinois et US étaient réunis à Beijing fin novembre pour le Global Education Summit 2017, organisé par le fonds américain GSV. Educapital a eu la chance de faire partie de cette délégation.

L’edtech est une priorité absolue pour ces deux nations.

Pour la Chine qui compte 250 millions d’élèves, 15 millions de professeurs, 300 millions de personnes, qui migrent de l’intérieur vers les villes et doivent être qualifiées très rapidement ainsi que 27% d’illettrisme dans les campagnes, c’est une question de survie sociale.

« L’investissement dans l’éducation est l’élément clé de la revitalisation de la société chinoise. L’éducation est la priorité du gouvernement chinois qui a lancé un plan à 10 ans sur le développement de la technologie dans l’éducation » a rappelé Du Zhanyuan, Vice-Ministre de l’Education.

L’éducation de l’enfant unique est aujourd’hui l’un des premiers budgets des foyers chinois et les start-ups de tutoring, apprentissage de l’anglais, STEM et robots connectés, ainsi que les écoles privées, fleurissent et grandissent à une vitesse incroyable. Rien que sur l’année 2017, 7 IPOs de sociétés chinoises edtech ont été réalisées en dehors de Chine. Chine qui a annoncé vouloir investir 30 milliards $ dans les start-ups de l’edtech d’ici 2020.

Alors , la Chine un Eldorado pour les VCS étrangers et les start-ups edtech françaises

Pour les VCs , encore faut il comprendre les pitchs et les slides ;-)

Un panel fut dédié aux opportunités pour les sociétés edtech étrangères de pénétrer le gigantesque marché chinois.

Tous les speakers, qu’ils soient chinois ou américains, n’ont pas minimisé la difficulté pour des sociétés étrangères de s’implanter en chine. Les conseils donnés furent précieux : le développement sur le marché chinois doit être la priorité Numéro 1 de la société et non pas le projet que l’on fait à côté. Il est préférable que la société soit solide sur son marché de base, qu’elle soit plutôt en série B ou C de financement et qu’elle ait un partenaire local. Force est de constater que beaucoup de sociétés étrangères réussissant en Chine ont souvent des CEO chinois formés dans les meilleurs universités américaines (VIPkids sur l’apprentissage de l’anglais, Makeblock sur les robots connectés…)

Barack Obama, invité d’honneur du summit , charismatique à souhait , a rappelé que l’ utilisation des technologies pour diminuer les coûts de l’éducation et massifier l’éducation, est une « nécessité économique et sociale ». En effet , les US ont vu le coût de leur éducation supérieure multiplié par deux en 20 ans, fermant certaines filières à des étudiants.

Et la France dans tout ça ?

La France s’est reposée pendant longtemps sur une éducation gratuite de qualité… Et a laissé passer le premier train de l’edtech. Année après année, elle a vu sa place dégringoler dans les divers classements, à la 27ème place du classement Pisa pour la qualité, l’efficacité et l’équité de son éducation et à la 34ème place du classement Pirls en niveau de lecture.

Il n’est pas trop tard pour agir et former nos jeunes aux compétences du XXIème siècle. Pour cela, il faut faire de l’edtech une priorité politique et sociale. La présence de Jean-Michel Blanquer et Mounir Mahjoubi au lancement d’Educapital fut un signal fort d’encouragement pour tout l’écosystème de l’edtech français. C’est la première étape d’une longue marche…

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