Saint-Valentin : si seulement vous connaissiez le coût réel d’une rose.

Croyez-nous : les roses sont loin d’être vertes !

edeni
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Feb 14, 2019 · 4 min read

Ce 14 février, affranchissez-vous du dictat qui vous impose d’offrir des fleurs à votre partenaire afin de lui prouver votre amour. Car offrir une douzaine de roses à votre moitié n’est pas nécessairement le meilleur moyen de lui exprimer vos sentiments, surtout si vous êtes également un·e amoureux·se de la planète.

Cette Saint-Valentin, laissez donc libre court à votre imagination en offrant un cadeau plus original et significatif à votre chéri·e.

La tradition de s’offrir des fleurs remonte à l’Antiquité.
En effet, à cette époque, la grande majorité de la population étant analphabète, les fleurs remplissaient la fonction de lettres d’amour.
Par la suite, à l’époque victorienne, cette pratique gagna en popularité lorsque les gens commencèrent à attribuer différentes significations à différentes fleurs, créant ainsi un réel langage de fleurs. A ce langage vinrent alors se greffer toutes sortes de symboliques telles que, par exemple, celle d’offrir 12 roses. Le numéro 12 représentant un cycle complet de 12 mois. En s’offrant 12 roses, on se souhaite donc de s’aimer jusqu’à l’année d’après.

Plus d’un siècle plus tard, nous continuons toujours à nous offrir une douzaine de roses chaque 14 février. Or cette tradition est désormais largement dépassée, en particulier si l’on considère l’impact d’un bouquet sur l’environnement.

Une rose représente à elle seule plus de 2.91 kg d’émissions de CO2.
Soit la même empreinte carbone que 4,5 kg de bananes.
Un bouquet de 25 roses, quant à lui, a le même impact écologique qu’une escapade en voiture de 20 km.

Rien de très romantique là-dedans, n’est-ce pas?

Mais comment ces chiffres sont-ils possibles?

Alors que dans le domaine alimentaire, l’importance de consommer local et de saison est de plus en plus reconnue, en matière de fleurs, le problème reste tout entier. En effet, bien que le 14 février, en plein hiver, les roses soient un produit rare sous nos latitudes… tout le monde en réclame.

Certaines viennent de pays avec des climats plus favorables tels que le Kenya ou l’Equateur, d’autres viennent des Pays-Bas où elles poussent sous serres chauffées. Dans les 2 cas, l’impact écologique est considérable.

  1. Importer des fleurs de pays lointains implique de nombreux transports en avion ainsi que des emballages complexes destinés à protéger la qualité esthétiques des fleurs.
  2. Faire pousser des fleurs sous serres n’est pas la solution non plus. Maintenir des conditions environnementales favorables à la culture de fleurs dans ces bâtiments nécessite de la lumière artificielle, de la chaleur et un système de refroidissement. Chaque rosier cultivé aux Pays-Bas a donc une empreinte écologique non-négligeable.

A ces considérations viennent s’ajouter l’importante consommation d’eau que demande ces cultures, l’utilisation non réglementée de pesticides ainsi que l’impact que ces activités industrielles ont sur les écosystèmes locaux.

Les fleurs n’étant pas une culture comestible, elles sont généralement exemptées de la réglementation sur l’utilisation des pesticides. De ce fait, au Kenya et dans d’autres pays, des produits chimiques tels que le bromure de méthyle sont régulièrement importés en quantités importantes par les cultivateurs de fleurs. Ces produits étant toxiques, ils rendent les travailleurs malades, polluent les sols et les eaux souterraines et appauvrissent la couche d’ozone.

Toujours au Kenya, le lac Naivasha est aujourd’hui non seulement pratiquement asséché à cause des monocultures de roses mais il est également vidé de poissons dû aux pesticides qui viennent s’y écouler. L’effondrement des stocks de poissons y est préoccupant car les communautés locales en dépendent fortement.

Vous l’aurez donc compris, pour cette Saint-Valentin, N’OFFREZ PAS DE ROSES. Ou tout autre fleurs coupées n’étant pas de saison. Ou des bijoux. Ou quoi que ce soit d’autres d’ailleurs. Quoi de mieux qu’un petit mot doux pour exprimer votre amour ? Vous avez la chance de ne pas vivre à l’Antiquité, de ne pas être analphabète et d’avoir accès à des stylos. Alors écrivez votre amour. Chantez-le. Vivez-le. Emmenez votre bien-aimé·e au restaurant. En vacances. Ou autre. Pas besoin d’objets pour se dire qu’on s’aime. Matérialisme et amour ne devrait jamais être associés.

Et si votre partenaire décide de vous quitter car elle·il voulait un cadeau… et bien, c’est tout simplement que ce n’était pas la bonne personne !


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