La préparation mentale est-elle adaptée aux (très) jeunes sportifs ?

La préparation mentale est sur toutes les lèvres, dans tous les magazines de sport actuellement, dans les livres, dans des applications même.

Mais peux-t-on préconiser une préparation mentale aux (très) jeunes sportifs , même ceux qui ne présentent pas les caractéristiques de futurs athlètes de haut niveau voire professionnels.

Tout d’abord qu’entend-on par jeunes et très jeunes sportifs. Pour être franc, cette notion devient de plus en difficile à définir. On peut commencer désormais des initiations au sport comme au basket ou bien au judo dès l’âge de 4 ans. On peut inscrire des enfants à des compétitions de niveau national dès l’âge de 5/6 ans par exemple en BMX Race. Et je pourrai multiplier les exemples.

Pour ne pas tourner trop longtemps autour de cette question, on peut se référer à des expérimentations de la pratique de la méditation dite de pleine conscience réalisées dans le milieu scolaire et notamment au primaire. Celles-ci ont démontré d’un point de vue scientifique leur efficacité dans le domaine de l’acquisition des savoirs et de la concentration. Et ils ont donné lieu à une vulgarisation importante auprès du grand public, comme avec le livre par exemple d’Eline Sneil “Calme et attentif comme une grenouille”

Revenons peut-être aussi à ce que l’on doit entendre par préparation mentale sportive.
On pourrait venir retenir les axes suivants qui semblent être communément reprise par les experts de la chose.

Motivation et gestion d’objectifs, Confiance en soi, Concentration et focus, Gestion du stress

Quel serait l’intérêt de généraliser quelques aspects de la préparation mentale auprès des très jeunes sportifs ?

Premièrement, d’un point de vue pédagogique : réaliser une sensibilisation à des techniques de méditation visant à améliorer la confiance en soi, diminuer le stress, développer le niveau d’attention serait utile pour un jeune et pas seulement d’un point de vue sportif.

Deuxièmement, travailler d’ores et déjà les aspects tels que la motivation, la fixation d’objectifs, la visualisation et l’imagerie mentale et autres techniques plus “sophistiquées” est sûrement à garder pour plus tard et notamment pour les jeunes âgés de 12/13 ans et +, ou bien si ils ont démontré des aptitudes sportives.

Pour conclure sur l’intérêt, l’idée que je défend est que de la même manière, qu’il y a une pédagogie, une cheminement qui vise à venir développer chez l’enfant de manière progressive ses capacités physiques et ses capacités techniques, il serait intéressant de venir assez tôt éduquer nos jeunes sportifs à consacrer un peu de temps à la préparation mentale. Il semble que cet axe soit encore totalement absent des préparations que je peux voir mettre en pratique.

Concernant les jeunes à partir de 12/13 ans, il me semble important de pouvoir démocratiser et informer sur le rôle de la préparation mentale et pas simplement indiquer ou constater chez un jeune avec du potentiel ou sans que le problème est mental et que sa performance sportive est le reflet de son potentiel mental (il manque de concentration, sa coordination n’est pas suffisante, sa maîtrise technique, son habileté ne sont pas suffisantes)

L’idée reste que tous les jeunes sportifs ne deviendront pas tous des champions, mais il est possible de porter plus haut chaque enfant et notamment à son potentiel sportif maximum, ce serait déjà mieux.

1ère raison : l’enfant est gagnant car l’accès à la performance sportive est plus rapide que si son travail n’est constitué que d’un travail physique et technique.
2ième raison : D’autre part l’amélioration générale du niveau est bénéfique à tous, car le niveau moyen détermine tout de même fortement l’excellence des meilleurs eux-même.

3ième raison : Enfin initier à la préparation mentale via le sport est aussi encore un moyen supplémentaire d’épanouissement global de l’enfant et notamment dans le secteur scolaire et ainsi créer un cercle vertueux et renforcer le rôle du sport dans la construction globale d’un jeune adulte.

Maintenant est-ce qu’une préparation mentale trop tôt et trop poussée ne va pas à l’encontre d’un fondement même de la performance qui est celui du jeu, de garder le côté ludique du sport.

Tous les grands champions nous le disent, ils sont là car ils ont réussi à garder à l’esprit qu’ils s’amusaient et prenaient beaucoup de plaisir à pratiquer leur sport.

En clair, la préparation mentale si elle n’est pas ni fun ni amusante elle risque trop tôt éventuellement de tuer peut-être cette flamme qu’est l’amour du jeu pour le jeu.

Quels critères pour débuter une démarche de préparation mentale pour un jeune sportif ?

On peut par exemple lister les questions suivantes :
- Sa capacité physique — sûrement pas puisque cet élément est très variable et va éventuellement se transformer plus ou moins fortement lors du passage à la puberté.
- Ses qualités techniques — Des facilités techniques sont peut-être déjà le signe finalement que l’enfant est en mesure de venir accéder à des ressources mentales lui ayant permis d’être focus et concentré
- Son comportement — c’est à dire des signes extérieurs montrant qu’au delà de ses qualités physiques et techniques, il est impliqué dans son sport et que donc il est en mesure de venir s’astreindre à un entraînement “complémentaire” de type mental cette fois-ci

Conclusion

Des exercices orientés préparation mentale peuvent tout à fait remplacer des exercices de préparation physique ou technique pour les très jeunes,

Je ne pense pas que cela soit du temps perdu et que cela peut même être profitable assez rapidement.

J’expérimente déjà quelques exercices de ce type durant mes entraînement de basket auprès de garçons de 10 ans. Et je vous ferai un billet spécialement sur cet aspect très bientôt.