La visualisation mentale — Outil miracle de la préparation mentale sportive ?

Si j’espère vous avoir démontré que la visualisation ou l’imagerie mentale était une technique qui était scientifiquement efficace. Il nous reste à voir comment la mettre en oeuvre concrètement. Les protocoles utilisés dans le cadre d’une recherche scientifique ont pour but de démontrer le postulat pas forcément d’être applicable à tout le monde et à chaque sportif.

Il faut noter que les sportifs anglos-saxons utilisent très fortement divers outils dit de ‘visualisation’ depuis fort longtemps. En France, la technique a toujours été plus confidentielle et a surtout été utilisée historiquement dans des sports tels que le ski , sport qui ne permet pas de s’entraîner sur le parcours et donc les outils de visualisation permettaient d’”intégrer” le parcours afin d’optimiser les gestes utiles.

Quels objectifs pour la visualisation mentale

La visualisation mentale est associée principalement dans le cadre des recherches scientifiques à l’amélioration des habiletés motrices mais il ne faut pas la limiter à ce champ d’application uniquement.

La technique avant tout

La plus belle promesse de la visualisation est en effet celle qui pourrait m’aider par exemple, à mieux tirer mes penalty au football, ou bien mes lancer-franc au basket. Ou alors d’avoir le même revers que Roger Federer…

Cela fait rêver tout de même

… mais pas seulement

Bien entendu elle peut aider à venir parfaire sa technique et corriger parfois des erreurs techniques commises systématiquement. Mais les bénéfices vont bien plus loin comme l’ont démontré de nombreuses études. La visualisation a démontré sont impact positif sur la confiance en soi, la concentration, la motivation, la régulation de l’anxiété et la vitesse de récupération suite à une blessure.

On peut donc différencier 2 type visualisations selon leur objectif :

L’imagerie kinesthésique d’une part et l’imagerie aspécifique d’autre part. Cette dernière est une forme plus générale de technique de visualisation orientée vers les aspects psychologiques de la performance.

Malgré tous ces avantages, on ne voit que trop rarement une pratique régulière de celle-ci. Pourquoi ?

Des capacités de visualisation inégales selon les sportifs

Les scientifiques s’accordent que le bénéfice notamment sur le plan kinesthésique ne peut être atteint que si l’habileté à l’imagerie est suffisante. En clair, il faut avoir des capacités minimales de création d’images dans sa “tête” pour pouvoir bénéficier réellement des bienfaits des techniques mentionnées.

La visualisation est donc une habileté qui nécessite un apprentissage, ce n’est pas une potion magique à destination des sportifs.

Il existe même plusieurs tests visant à évaluer nos capacités de visualisation motrice.

Une hiérarchie dans les habiletés accessibles

Si nous en restons au plan kinesthésique pur, il nous faut distinguer aussi les habiletés ouvertes (éléments dépendant des autres — situation tactiques, situation de combat, situation de jeu en mouvement…), et les habiletés fermées (pas de danse, mouvement de natation, lancer franc de basket, foulée de running, …)

En clair il faut mieux commencer par utiliser la visualisation sur des techniques où nous sommes les seuls acteurs (les habiletés fermées). Il sera plus facile de pouvoir créer des images mentales précises et réalistes pour des habiletés fermées que pour des habiletés ouvertes.

En clair, il sera plus facile de venir améliorer à tirer un lancer-franc que de venir dribbler un adversaire au foot

Des images mais pas uniquement

Pour finir, les protocoles mis au point pour utiliser les process de visualisation (ex : PETLEP), ont aussi mis en lumière le rôle important des sensations. Ainsi il ne suffit pas de pouvoir projeter des images mais il faut aussi venir y associer les sensations physiques mais pas seulement que le mouvement physique nous procure réellemenent.

En conclusion, la technique est bonne mais elle est délicate.

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