X-Files : Aux frontières belges

EDITO. Chaque année, des dizaines de femmes sont forcées de quitter leur pays ou de risquer leur vie parce qu’elles ne souhaitent pas être mères et désirent accoucher anonymement. Des dizaines de femmes qui se trouvent être belges. Des dizaines de femmes que notre chère démocratie malmène.

L’accouchement sous x est prohibé en Belgique mais autorisé chez nos voisins français. De ce fait, tous les ans, 50 à 100 femmes sont contraintes à se rendre dans les cliniques du nord de la France simplement car elles ne veulent pas que leurs enfants puissent les retrouver. L’état belge oblige des femmes à partir enfanter à l’étranger. Voilà donc l’aberrante réalité dans laquelle nous vivons.

Mais ce n’est pas tout ! Si l’une d’entre elles ne peut pas s’offrir un voyage à Lille, elle n’a pas d’autre choix que d’accoucher seule, sans assistance médicale. Mettant en péril sa vie mais aussi celle de son bébé ! Bébé qu’elle abandonnera illégalement dans la nature. Ou peut-être dans la boîte à bébé d’Anvers. Parce que oui, aussi absurde que cela puisse sembler, en Belgique on met à disposition des infrastructures dont l’utilisation est passable de poursuites judiciaires. Le surréalisme à la belge à l’état pur.

Depuis toujours, les droits liés à la maternité ont été sujets à débats et polémiques dans nos contrées. Malheureusement, si certaines avancées ont pu être observées, il semblerait qu’il soit toujours inconcevable qu’une mère ne souhaite pas reconnaître son enfant. Héritage misogyne d’une époque révolue ou preuve de la nature intrinsèquement machiste de la société dans laquelle nous vivons ? Ce qui est certain c’est que le combat néoféministe qui a débuté au début des années 70 est loin d’être terminé. Car en dépit de la croyance populaire, tout n’est pas gagné. Les inégalités restent nombreuses et les droits obtenus sont en permanence menacés.