Année Portes Ouvertes : l’antiquaire 2.0

par Delphine Zein

Quand le commerce s’invite dans l’intimité, cela donne le concept développé par Jean-Baptiste Chapernay-Limon, 24 ans, qui a fait de son lieu de vie, un lieu où tout, absolument tout, est à vendre.

Des livres, aux vêtements, en passant par le mobilier, les luminaires, le linge, les plantes et la vaisselle, chacun peut faire son choix et dépouiller le propriétaire… avec son plein consentement.

Coup de génie ou voyeurisme assisté ? En tout cas, une nouvelle conception de l’espace et du commerce qui brise les frontières entre privé et public, mais aussi révolutionne la conception même du commerce physique car jusqu’ici le “peer to peer” était principalement réservé aux échanges en ligne. Au delà d’ouvrir les portes de son appartement 6 jours sur 7, Jean-Baptiste s’attache à conseiller ses clients comme des amis, à faire la promotion de jeunes créateurs fraichement sortis d’écoles d’art.

Cet antiquaire 2.0 rencontre en tout cas un grand succès puisque la boutique-appartement ne désemplit pas. Prochaine étape ? Faire de l’appartement une table ou une maison d’hôtes mais on peut se demander si ce concept bien plus traditionnel ne risque pas de rompre le charme.

Charme commercial, qui pose quelques questions sociologiques sur la place accordée à la consommation dans nos vies : n’est ce pas cet envahissement qui mène au consumérisme ? Dans quelle mesure cette démarche dénonce t-elle, sans même en avoir l’intention, l’omniprésence des échanges commerciaux ? Pourrait-on classer cette démarche dans la mouvance de la “sharing economy” ou est-elle finalement son antithèse ?

Chez Moi, Paris. 25 rue Hérold, 75001 Paris

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