4 qualités importantes pour naviguer dans le nouveau monde

Mithridate IV était un Roi d’Asie courageux, intrépide et inflexible.

Il n’occupe pas une grande place dans les livres d’histoires mais est souvent comparé à Hannibal pour sa haine de Rome.

Son père est assassiné pendant son adolescence. Étant lui aussi, victime de plusieurs tentatives d’empoisonnement, il craint pour sa vie.

Dans ce contexte, Mithridate décide d’étudier les poisons et antidotes pour en avoir une connaissance parfaite. Il s’injecte régulièrement des petites doses de poison afin de les comprendre et de se protéger contre leurs effets.

À la fin de sa vie, battu par Pompée et craignant d’être livré aux Romains, il tente de se suicider en absorbant du poison. Mais il échoue. Il était devenu immunisé grâce à l’absorption de petites quantités régulières. Il se suicidera finalement à l’épée.

De cette histoire, découle l’origine du mot « mithridatisation » : qui consiste à ingérer des doses croissantes d’un produit toxique afin d’acquérir une insensibilité ou une résistance vis-à-vis de celui-ci.

Le nouveau monde dans lequel nous vivons requiert plusieurs qualités pour pouvoir s’y démarquer.

1. Risque

Comme la mithridatisation, l’immunisation au risque fait partie de ces qualités.

Lorsque l’on nous parle de prise de risques on, s’imagine devoir vendre sa maison ou encore démissionner pour partir à l’autre bout du monde du jour au lendemain. Mais en réalité, très peu de monde fait de ce genre de chose. Ces risques sont inconsidérés. Presque idiots.

La notion de risque est mal comprise. Elle ne se suffit d’ailleurs pas à elle-même pour en définir la complexité.

Il existe plusieurs degrés de risque, dont un certain type auquel on devrait s’exposer en permanence.

Il ne s’agit pas de mettre sa vie en danger.

Mais plutôt d’étendre sa zone de confort. De faire quelque chose de nouveau et de différent chaque jour.

De prendre la parole en public. De proposer un nouveau projet à ses collaborateurs. D’apprendre une nouvelle compétence. De sortir pour networker et élargir son réseau. De poster une vidéo en ligne. De dire ce que l’on a jamais osé dire. D’écouter la petite voix qu’on essaie de faire taire depuis trop de temps.

De s’habituer à l’incertitude et au changement constant, car telle est la norme du nouveau monde dans lequel nous vivons.

Pour cela, la peur est un excellent signal. La peur est un phare qui nous indique les limites de notre zone de confort. La peur nous montre que faire et où aller.

C’est un sentiment que j’expérimente régulièrement, à chaque fois que je publie un nouvel article. Pourquoi je voudrais faire ça ? Qu’est-ce que j’ai d’intéressant à dire ? Et puis je ne serais pas mieux dans le confort, dans mon lit, à regarder des séries ?

Et je me dis que c’est exactement ce que je dois faire, publier cet article. Tout de suite.

Plus on repousse ses peurs, plus on s’habitue au risque, plus notre phare porte loin et plus on y devient immunisé.

« En introduisant régulièrement de la volatilité dans votre carrière, vous rendez la surprise supportable. » — Reid Hoffman.

Comme la mithridatisation, la prise de risque mesurée et régulière nous rend plus fort. Elle nous permet de développer une qualité essentielle dans le nouveau monde : la résilience.

Imaginez-vous travailler dans la même entreprise depuis plus de 40 ans. Un poste de bureau classique, stable, relativement bien rémunéré, avec des avancements de carrière tous les 4 à 5 ans. On vous a promis un job à vie, la retraite garantie et la sécurité sociale qui vont avec.

Un jour, le département dans lequel vous travaillez, suite à des coupes budgétaires, doit vous licencier. Vous ne vous y êtes pas préparé. Votre avenir semblait stable. Un crédit à rembourser. Le monde autour de vous s’écroule. Vous avez minimisé les risques. Toujours choisi la voie la plus sûre. Et il sera extrêmement difficile de vous en relever : vous n’êtes pas à habitué à rebondir rapidement. Il vous faudra plusieurs années pour vous reconstruire.

À l’inverse, la personne qui évolue rapidement, se forme en continu sur de nouvelles compétences, échange régulièrement avec d’autres personnes et accepte de ne pas forcément savoir où elle va, ne sera pas affecté par un changement de poste. Elle en change tous les 2 à 3 ans. Pourquoi cela l’affecterait ?

« Beaucoup de gens pensent qu’on obtient de la stabilité dans sa carrière en minimisant les risques. Mais ironiquement, dans un monde changeant, c’est l’une des choses les plus risquées que vous pouvez faire. » — Reid Hoffman.

2. Self-awareness

Je suis fasciné par le monde des start-ups.

Fasciné à l’idée de penser qu’un petit groupe de personnes peut changer le monde et démocratiser un produit ou service qu’ils auront construit de A à Z.

Je m’imagine alors pitcher sur scène. Lever plusieurs millions d’euros. Enchainer les interviews pour la presse. Voir les millions d’utilisateurs télécharger mon App.

Le problème dans tout cela ? J’aime la finalité de la création d’une start-up. J’aime le bout du voyage. J’aime ce qui se passe au bout de 2 à 3 ans de travail dur et intense.

Et il est très facile de s’imaginer en Rock Star, célébrité ou en PDG d’une multinationale. Mais est-ce fait pour nous ? Nos traits de caractère correspondent-ils réellement à la vision de nous-même que nous avons ? On oublie que pour arriver à ce niveau, il faut passer par de nombreuses années de pratique et de dur labeur. Seul, dans l’ombre. C’est plaisant de s’imaginer jouer au foot devant plusieurs dizaines de personnes et gagner des millions d’euros. Mais, au-delà du talent, sommes nous prêt à sacrifier nos jeunes années à s’entraîner sans relâche ?

C’est un piège dans lequel on tombe régulièrement. On tombe amoureux de l’image de celui que l’on aimerait être. Pire encore : on tombe amoureux de l’image que projettent les autres. Mais cela ne correspond pas toujours, rarement, à qui nous sommes.

Pour éviter ce piège, la clef se trouve dans le “self-awareness”. Ou comme le disait Aristote : « Connais-toi toi-même ».

Gary Vaynerchuk martèle que le fait de se connaître est l’une des choses les plus importantes aujourd’hui.

Connaitre ses forces, ses faiblesses, ses motivations, ses sentiments, les domaines dans lesquels on se sent le mieux et avec lesquels on a le plus d’affinités. L’accepter de la manière la plus neutre et objective possible. Au risque de perdre son temps à faire des choses auxquelles nous ne serons jamais bons.

« Je pense que ce qui retient les gens, c’est la version romantique de qui ils veulent ou pensent être, par rapport à qui ils ont réellement. Juste parce que c’est cool d’être le fondateur d’une start-up ne veut dire que c’est ce que tu dois l’être. » — Gary Vaynerchuck.

Se connaître est un processus qui demande :

  1. du temps.
  2. de faire de choses.

Rien ne remplace l’expérience. Comment peut-on savoir que quelque chose nous plaît, ou pas, avant de le tester ? Dans l’idéal, il faudrait en accumuler le plus possible.

J’ai lancé 1 000 projets, des blogs, des sites ou encore des podcasts insignifiants qui ne sont allés nulle part. Mais ça m’a permis de mieux me connaître et découvrir qui je suis. De découvrir ce que j’aime et n’aime pas. Cette étape est essentielle. Chacune des choses que j’ai faite a forgé qui je suis aujourd’hui. Et si je n’avais pas fait toutes ces choses, je ne serais sûrement pas en train d’écrire ce livre aujourd’hui.

3. Sens de responsabilité individuelle

Le succès est-il le résultat d’actions individuelles ou le fruit d’un environnement particulier et de circonstances favorables ?

Peter Thiel répond à cette question dans Zero to One, avec une vision très libérale. Pour lui, nous « ne sommes pas un billet de loterie » et notre réussite dépend de notre responsabilité et de nos choix. Il y cite les termes de Ralph Waldo Emerson : « Les hommes superficiels croient en la chance, croient aux circonstances. Les hommes forts croient dans la cause et l’effet ».

De l’autre côté du spectre, Malcom Gladwell explique que le succès est « un patchwork de coups de chance et d’avantages arbitraires ». Il prend par exemple l’exemple de Bill Gates, qui ne serait jamais devenu ce qu’il est, s’il n’avait pas bénéficié de conditions d’apprentissages, d’une famille et d’un timing exceptionnels.

« Leur succès n’est pas uniquement de leur fait. C’est un produit du monde dans lequel ils ont grandi. » — Malcom Gladwell.

À mon sens, ces deux visions ne sont pas contradictoires, mais plutôt complémentaires. Elles sont les deux faces d’une même pièce.

Bien sûr qu’il y a des choses qui nous échappent. Bien sûr qu’il y a une grande part de chance. Bien sûr que nos décisions comptent. Bien sûr que nos choix influent sur notre réussite.

Disons que 50 % du succès dépend de nous et 50 % de facteurs externes.

Ma vision du monde a changé au moment où j’ai décidé de me concentrer uniquement sur les 50 % dépendant de mes choix et actions. Avec pour objectif de tout faire pour maximiser ces 50 %. Et d’accepter, de manière stoïque, les 50 % restants.

En fonctionnant comme cela, deux choses se produisent :

  • On arrête de se plaindre. Soit les choses sont en notre pouvoir et nous avons la capacité d’influer dessus, soit elles ne dépendent pas de nous et rien ne sert de se lamenter.
  • On embrasse l’idée qu’il est possible de construire son futur, plutôt de le subir et d’attendre que celui-ci vienne à soi.

Cela donne la sensation incroyable d’avoir son destin entre ses mains.

Dans mon article précédent, je parlais d’envisager sa carrière comme une start-up, c’est exactement la même chose :

« Les entrepreneurs débordent de curiosité : ils voient des opportunités quand les autres voient des problèmes, parce que pendant que les autres se plaignent, les entrepreneurs se demandent pourquoi ? » — Reid Hoffman

4. Volonté de progresser constamment

Début 2017, dans un entretien accordé au New York Times, Barack Obama expliquait le secret qui lui a permis de tenir pendant 8 ans à la Maison Blanche.

Ce secret, ce sont les livres.

Nous vivons à l’ère de la sur-information et sommes exposés à des millions de messages, au contenu et au format différents, chaque jour. Le bruit est omniprésent. Les chaînes d’informations en continu en sont le symbole. Ce sont les fast-food de l’Information. Elles nous présentent et nous gavent d’informations présentées et « décryptées » à chaud. Tout va trop vite. Il faut faire du sensationnalisme. Il faut que ça buzz. Il faut faire de l’audience.

Mais nous ne prenons pas le temps de réfléchir.

À l’inverse, les livres nous fournissent des modèles de pensée et de compréhension du monde. Les livres sont une parenthèse dans le temps et offrent des enseignements valables de manière quasi-inconditionnelle. Les livres nous permettent de prendre de la distance. De ralentir dans la frénésie quotidienne. De prendre du temps pour réfléchir et étudier la pensée complexe d’un auteur, qui nous expose sa vision du monde en plusieurs centaines de pages.

L’époque change, mais les Hommes ne changent pas. Tout ce que nous vivons aujourd’hui a déjà été vécu, sous une autre forme, et a été raconté dans les livres.

« À une époque où les événements bougent si vite et où tant d’informations sont échanges » dit-il, la lecture lui donne la capacité de « ralentir et de prendre de la hauteur » et « la possibilité de se mettre à la place des autres ». Ces deux choses, ajoute-t-il « ont été d’une incroyable valeur pour moi. Je ne peux pas dire que cela a fait de moi un meilleur Président. Mais ce que je peux dire, c’est que grâce à cela, j’ai pu maintenir un équilibre pendant mes 8 années à la Maison Blanche, parce que c’est un endroit qui ne te laisse aucun répit. » — Barack Obama.

Les livres ne sont pas morts, malgré Internet. Bien au contraire. Les livres restent le symbole intemporel de l’éducation. De remise en cause personnelle.

Les livres sont le symbole de progrès. Et dans un monde en constante mutation, le progrès est ce qu’il y a de plus important.

Le dépassement de soi et l’apprentissage continu ne s’arrêtent bien évidemment pas aux livres.

Comme le dit Ryan Holiday, la bonne attitude à avoir est de « transformer tout ce à quoi nous sommes exposé en données et en informations à collecter. Tout est un prétexte pour apprendre et tirer des enseignements ».

Cet article est extrait de mon premier livre : “Devenir remarquable à l’ère du numérique”.

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