Photo de Joshua Earle sur Unsplash

5 stratégies pour identifier l’œuvre de sa vie

Alors comme ça vous voulez découvrir votre vocation ?

Temps de lecture estimé : 7 minutes

Vous l’avez tous entendu petit. Cette voix qui vous guidait vers une activité que vous adoriez. En grandissant, l’école vous a poussé dans le corridor de l’éducation nationale, cherchant alors à faire taire tout ce qui était de trop dans votre singularité.

Vos parents, vos amis et vos professeurs ont achevé toute volonté de poursuivre l’oeuvre de votre vie, ce que vous êtes censé accomplir pendant la durée de votre existence. Par crainte d’être isolé, vous avez alors courbé l’échine et suivi les instructions pour « réussir sa vie ».

Votre diplôme en poche, vous constatez que quelque chose ne tourne pas rond, d’avoir été rangé dans une case. Vous avez le sentiment de ne pas avoir été reconnu à votre juste valeur, d’avoir écouté les autres plutôt que votre désir profond.

En lisant les nombreux témoignages de salariés esseulés, aliénés et exploités par des personnes qui ne soucient pas d’eux, vous éprouvez de l’anxiété. Vous ne voulez pas leur ressembler, vous ne voulez pas travailler pour les rêves de quelqu’un d’autre, vous ne voulez pas laisser les autres tirer profit de votre temps et de votre énergie. Vous vous remettez en question.

Cette introspection vous en avez besoin, car jusqu’à présent on ne vous a jamais invité à la faire. Vous cherchez à apprendre qui vous êtes vraiment et à restaurer le lien avec cette force innée que vous aviez petit.

Trouver sa vocation n’est jamais une affaire aisée. Cela peut prendre énormément de temps (des mois, des années, des décennies même), il y aura de nombreux obstacles que vous rencontrerez dans votre chemin comme l’avis des autres, le manque de ressources, les voies sans issue, le blocage dans le passé et la perte de repères.

Dans Atteindre l’Excellence, Robert Greene présente cinq stratégies pour identifier l’œuvre de sa propre vie.

1. Revenir à ses origines — la stratégie de l’inclinaison primale

Pour maîtriser un domaine, il faut aimer le sujet et se sentir des affinités profondes.

Tout le monde est né différent. Scientifiquement, c’est évident. Chaque composition ADN est différente. Il n’y a personne d’autre avec votre ADN. Il y a des différences énormes à la naissance entre les cerveaux des différents bébés. Votre cerveau est câblé comme nul autre cerveau et il a une configuration unique.

Cette singularité scientifique se manifeste physiquement lorsque vous avez 3 ou 4 ans. Il se peut qu’au cours de votre enfance, vous ayez eu une manifestation émotionnelle très forte envers un simple objet, une activité ou quelque chose de culturel qui déclenche une réaction disproportionnée. Vous sentez que vous êtes attiré par certaines choses comme la musique, travailler en groupe, les sports, la compétition.

À ce stade, c’est préverbal, les mots ne l’expliquent pas bien parce qu’il s’agit surtout de sensations (émerveillement, plaisirs des sens, puissance, éveil de la conscience). Il est important de relever ses penchants préverbaux parce qu’ils révèlent un attrait qui n’est pas encore contaminé par les désirs des autres.

Quand j’étais petit, j’étais attiré par le son des mots, ça m’enchantait. Certaines écrivains comme Goethe comparent cela à une graine qui est plantée. Est-ce que vous allez cultiver cette graine jusqu’à l’excellence ou allez-vous l’ignorer ?

Lorsque vous avez 5, 6, 7 ans, vous vous en rendez encore plus compte. Vous vous rendez compte que vous aimez lire, écrire.

Ce qu’il se passe avec les gens, c’est qu’ils commencent à écouter leurs parents. « Tu ne dois pas être artiste, ça ne paie pas. Va plutôt faire une école de droit ». Ensuite, vous commencez à écouter vos profs qui vous disent que vous êtes mauvais à certaines choses, vous devez étudier ceci ou cela.

Vous écoutez vos amis qui vous disent « c’est cool d’être une rock-star ». Bientôt, vous avez 17 ans, et cette voix dans votre tête qui vous disait l’écriture, vous ne l’entendez plus. Vous entendez ce que tout le monde vous dit. Vous ne savez plus qui vous êtes, vous allez dans une école et vous faites de la finance, du droit au lieu de faire autre chose car vous n’êtes plus conscient de vos désirs.

Vous avez écouté les autres, tout le monde sauf vous-même.

Heureusement, il est possible de reprendre contact avec les signaux émis par les tréfonds de votre être. Creusez vos souvenirs d’enfance, cherchez-en l’empreinte viscérale, votre réponse émotionnelle qui a pu se manifester dans un thème qui éveille votre curiosité, un désir de reprendre une activité qui ne vous a jamais lassé, un sentiment de pouvoir lié à un acte donné.

Vous n’avez rien à créer, les réponses sont déjà en vous. Mais l’introspection va être longue.

2. Occuper le créneau idéal — la stratégie darwinienne

« Le monde du travail est comme un écosystème : les êtres vivants y occupent des biotopes à l’intérieur desquels ils sont en concurrence pour les ressources et leur survie. Plus ils sont nombreux dans un espace donné, plus il leur est difficile de prospérer. » — Robert Greene

Ici, il s’agit d’identifier un écosystème que l’on peut dominer et qui n’est pas encombré par des concurrents afin d’y avoir la liberté d’y évoluer à sa guise, de faire l’essentiel.

De là, on a le choix parmi deux directions : la première, partir d’un domaine donné puis trouver les issues intéressantes (ex : il existe plusieurs branches dans la médecine) jusqu’à trouver un créneau vierge, de préférence un terrain qui n’est pas écrasé pour la concurrence pour exprimer sans retenue sa singularité.

La seconde direction est celle de partir de la maîtrise d’un premier domaine pour chercher de nouvelles connaissances que l’on peut acquérir. L’idée est de combiner ce nouveau savoir pour établir de nouveaux liens, voire créer un nouveau domaine.

C’est ce qu’à fait Yoki Matsuoka, actuelle directrice technique (CTO) de Nest, en créant la neurobotique, une branche scientifique qui combine robotique et neurosciences pour créer des prothèses plus réalistes.

3. Éviter les voies sans issue — la stratégie de la rébellion

Parfois, on peut tomber dans de mauvaises issues et c’est souvent pour de mauvaises raisons : l’argent, la célébrité, la reconnaissance, etc.

Une décision motivée par la reconnaissance cache un vide intérieur que vous espérez combler avec l’amour, l’adulation d’un public. Une décision motivée par le désir d’argent et de confort matériel, est en général une décision prise par anxiété, ou pour rassurer ses parents.

La stratégie de la rébellion se décompose en deux temps : d’abord prendre conscience que vous avez choisi la mauvaise carrière pour de mauvaises raisons. Ensuite, trancher le nœud gordien pour asseoir la domination de votre monde intérieur.

Écartez vigoureusement tout ceux qui vous ont détourné de votre droit chemin pour déterminer votre propre identité et reprendre possession de votre vocation. C’est ce que fit Mozart en quittant son père, Leopold, qui cherchait à l’enfermer dans une attitude et à tirer profit de ses talents.

4. Se libérer du passé — la stratégie de l’adaptation

Toute carrière nécessite de savoir s’adapter à des changements inévitables, surtout à notre époque. Vous n’êtes nullement tenu de jurer fidélité et loyauté vis-à-vis d’un employeur. Ne dépendez que de vous-même. Soyez souples et toujours prêt à vous adapter aux changements qui surviennent dans votre métier.

L’expérience et les compétences que vous avez cumulées peuvent toujours être reliés à d’autres applications pour en extirper une nouvelle pensée, une nouvelle manière de faire.

Pour Greene, souvenez-vous que « l’œuvre de votre vie est un organisme vivant, qui possède son propre souffle. Si vous suivez obstinément un projet décidé dans votre jeunesse, vous vous enfermez dans une position sans issue et le temps aura impitoyablement raison de vous ».

Remettez toujours en question ce que vous apprenez (attention au style figé de l’enseignement, trop lent pour s’adapter aux nouvelles réalités) dans ce monde pour prévoir et anticiper les changements.

5. Trouver le chemin du retour — jouer son va-tout

Nous sommes tous perclus de toutes sortes de souffrances cachées. Mais pour ce qui est de l’œuvre de sa vie, aucun bien ne résulte du fait de s’en détourner. L’argent corrompt les esprits, la gratification immédiate nous détourne des bienfaits du long terme, le divertissement, les drogues et les croyances ne fournissent aucune réponse saine pour colmater son vide intérieur.

Prêtez attention à votre douleur, votre frustration et votre déception, ils peuvent être des indices révélateurs sur la distance qui vous sépare de l’œuvre de vie, un écho sourd qui cherche à vous rappeler au droit chemin. Cela peut être une question de vie ou de mort.

Bien entendu, un tel retour exige des sacrifices et autant de renoncement pour aboutir à l’essentiel. Dans cette ère de l’abondance, on nous fait croire qu’on doit et qu’on peut tout faire. En vérité, il y a beaucoup trop d’activités et d’opportunités dans le monde que nous avons de temps et de ressources à y investir.

Il faut donc faire preuve de patience et rester concentré chaque jour dans son apprentissage, sans garantie de récompenses, jusqu’à en récolter le fruit de son labeur (5–10 ans, 10 000 heures de pratique délibérée pour établir de nouvelles connexions dans votre cerveau).

Le mot de la fin, je le laisse à Robert Greene :

« En définitive, la fortune et le succès ne sourient pas à ceux qui les prennent comme but, mais à ceux qui visent la maîtrise et la réalisation de leur vie. » — Robert Greene

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