Bruce Lee : L’inévitabilité du succès

Par Charles Chu traduit de l’anglais par Onur Karapinar

En 1969, personne ne s'attendait à ce qu'un homme asiatique mince avec une voix aiguë devienne l'un des personnages les plus influents du 20e siècle.

Personne ne le savait, à l'exception de Bruce Lee.

Cette année-là, Bruce Lee a écrit une lettre pour lui-même :

Mon objectif principal et définitif :
Moi, Bruce Lee, je serai la star asiatique la mieux payée aux États-Unis. En retour, j’offrirai les spectacles les plus excitants et je livrerai les meilleures performances possibles en tant qu’acteur. Dès 1970, je serai mondialement célèbre, dès lors et jusqu’à fin 1980 je posséderai 10 000 000 $. Je vivrai comme je l’entends et je parviendrai à l’harmonie intérieure et au bonheur.
Bruce Lee.
Janvier 1969

Quatre ans plus tard, il était mort.

Mais durant ces quatre années, Bruce a accompli tout ce qu'il a décrit, voire plus. À l'âge de 32 ans, il avait déjà changé le monde du cinéma et des arts martiaux pour toujours.

La lettre de Bruce débordait d’audace. Mais d'où provient cette confiance ?

Nous n’aurons jamais tous les éléments de réponse, mais les écrits de Bruce — recueillis dans des livres comme Les Lettres du Dragon et Pensées Percutantes : La Sagesse du combattant philosophe — nous en livrent quelques indices.

Examinons une lettre écrite par Bruce Lee plus d'une décennie avant sa mort, alors qu'il était encore un étudiant de 21 ans à l'Université de Washington.


Chère Pearl,

Cette lettre est difficile à appréhender. Elle contient mes rêves et, dans l’ensemble, mes façons de penser, vous pouvez l'appeler mon mode de vie. Ce sera assez délicat, car il est confus d'écrire exactement tout ce que je ressens.

Pourtant, je veux écrire et vous en faire part. Je ferai de mon mieux pour l'écrire clairement et j'espère que vous aurez un esprit ouvert sur cette lettre, n'ayez aucune conclusion jusqu'à ce que vous l’ayez fini.

Il y a deux façons de vivre une belle vie, l’une par le travail acharné, et l’autre par le produit de l’imagination (qui nécessite du travail, bien sûr). Travailler et épargner produisent une compétence, c’est un fait, mais la fortune, dans le sens de la richesse, est la récompense de l’homme qui peut penser à quelque chose qui n’a pas été pensé auparavant.

Dans chaque industrie, dans toutes les professions, l’Amérique est à la recherche d’idées. Les idées ont fait de l’Amérique ce qu’elle est, et une bonne idée fera de l’homme ce qu’il veut être.

Le Kung-Fu est une partie de ma vie. Cet art m’inspire beaucoup dans la formation de mon personnage et de mes idées. Je pratique le Kung-Fu comme culture physique, une forme de formation mentale, une méthode d’autodéfense et un mode de vie.

Le Kung-Fu est le meilleur de tous les arts martiaux ; pourtant, les dérivés chinois du judo et du karaté, qui ne sont que des bases tirées du Kung-Fu, sont florissants partout dans les États-Unis. Cela arrive parce que personne n’a entendu parler de cet art suprême ; il n’y a pas non plus d’instructeurs compétents…

Je crois que mes longues années de pratique soutiennent mon expérience pour devenir le premier instructeur de ce mouvement. Il y a encore de longues années devant moi pour polir mes techniques et mon caractère.

Mon but est donc d’établir un premier Institut de Kung-Fu qui sera plus tard étendu à travers les États-Unis (j’ai mis en place un délai de 10 à 15 ans pour compléter l’ensemble du projet). Ma raison d’y parvenir n’est pas uniquement motivée par l’objectif de gagner de l’argent.

Les raisons sont nombreuses et parmi elles : j’aime laisser le monde découvrir la grandeur de cet art chinois ; j’aime enseigner et aider les gens ; j’aime avoir une bonne maison pour ma famille ; j’aime créer quelque chose ; et le dernier, mais l’un des plus importants, c’est que le Kung-Fu fait partie de moi-même.

Je sais que mon idée est bonne, et que les résultats seront donc satisfaisants. Je ne m'inquiète pas vraiment de la récompense, mais plutôt de mettre en mouvement les machines pour y parvenir. Ma contribution sera à la mesure de ma récompense et de mon succès.

Avant qu’il soit décédé, certains ont demandé au défunt Dr Charles P. Steimetz, le génie électrique, d’après lui « Quelle branche de la science fera le plus de progrès au cours des vingt-cinq prochaines années ? »

Il s’arrêta et réfléchit pendant plusieurs minutes puis a répondu en un éclair, « la réalisation spirituelle ». Quand un homme arrive à une réalisation consciente et délibérée de ces forces spirituelles en lui-même et commence à utiliser ces forces dans la science, dans les affaires et dans la vie, ses progrès à l’avenir seront inégalés.

Je sens que je possède cette grande force créative et spirituelle en moi. Elle est est plus grande que la foi, plus grande que l'ambition, plus grande que la confiance, plus grande que la détermination, plus étendue que la vision. C'est tout cela combiné. Mon cerveau capte cette force que je détiens.

Lorsque vous lancez un caillou dans un bassin d’eau, le caillou commence une série d’ondulations qui s’étendent jusqu’à ce qu’ils englobent toute la piscine. C’est exactement ce qui se passera lorsque je donnerai à mes idées un plan d’action précis.

À l’heure actuelle, je peux projeter mes pensées dans le futur, je peux les voir devant moi. Je rêve (souvenez-vous que les rêveurs pragmatiques n’abandonnent jamais).

Maintenant, je peux ne posséder qu’un petit endroit dans le sous-sol, mais une fois que mon imagination est pleine, je peux voir peint sur une toile de l’esprit l’image d’un grand et bel institut de Kung-Fu de cinq ou six étages avec des succursales dans tous les États.

Je ne suis pas aisément découragé, je me visualise facilement en train de surmonter les obstacles, d’essuyer les revers, d’atteindre des objectifs soi-disant « impossibles ».

Qu'il s'agisse de la tête de Dieu ou non, je ressens cette grande force, ce pouvoir intarissable, cette chose dynamique en moi. Ce sentiment défie la description et [il n'y a] aucune expérience avec laquelle ce sentiment peut être comparé. C'est comme une émotion forte mélangée à de la foi. Le tout est bien plus puissant.

Dans l'ensemble, l'objectif de ma planification et de mon travail est de trouver le vrai sens dans la vie — la tranquillité d'esprit.

Je sais que la somme de toutes les possessions que j'ai mentionnées ne contribuent pas forcément à la paix de l'esprit ; cependant, ça pourrait l’être si je consacre [mon énergie] à l'accomplissement réel de soi plutôt que de mener un combat névrotique.

Afin de parvenir à cette tranquillité d'esprit, l'enseignement du détachement du taoïsme et du Zen s'est révélé utile...

Probablement, les gens diront que je suis trop conscient du succès. Eh bien, je ne le suis pas. Vous voyez, ma volonté de faire résulte de la connaissance que JE PEUX FAIRE les choses. Je ne suis que naturel, car il n'y a pas de peur ni de doute dans mon esprit.

Pearl, le succès vient à ceux qui deviennent conscients de la réussite. Si vous ne visez pas un objet, comment pensez-vous pouvoir l'obtenir ?

Meilleurs vœux,
Bruce


Il y a beaucoup à dire ici, mais voici ce qui m’a le plus marqué :

  • La récompense provient de la contribution. Devenir millionnaire est l’effet secondaire d’aider un million de personnes. Votre salaire ou votre influence n’est pas une fin en soi, mais une mesure (imparfaite) de votre contribution au monde.
  • Un objectif intense. Bruce l’appelle « force spirituelle », mais je préfère le mot « intention ». Beaucoup de gens passent toute leur vie en poursuivant le « quoi » et s’inquiètent du « pourquoi » plus tard. Au lieu de cela, étudiez le « pourquoi » d’abord (Bruce s’est spécialisé en philosophie) et tout le reste devient facile.
  • Une confiance absolue. Bruce avait une confiance inébranlable en lui-même, libre de toute peur ou de doutes. Ce n’était pas inné, mais il a développé cela à travers des années d’entraînement mental et physique.

Vous entendez toujours les gens dire que votre croyance définit les limites de vos capacités, mais parler est facile. Bruce Lee est l'un des rares qui a vécu sa vie selon son bon vouloir.

« Si vous placez toujours la limite sur tout ce que vous faites, qu’elle soit physique ou autre, cela se propagera dans votre travail et dans votre vie. Il n’y a pas de limites. Il n’y a que des plateaux, et vous ne devez pas rester là, vous devez aller au-delà d’eux. »

La lettre ci-dessus est tirée de Les Lettres du Dragon, une collection de lettres de Bruce remplies de sagesse pratique, de divagations philosophiques et de beaux croquis illustrant des techniques d’arts martiaux.



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