Comment réagir après l’échec ? Leçons de Warren Buffet, Dr Dre et des New England Patriots.

// Cet article est extrait du livre que je suis en train d’écrire. Si vous souhaitez suivre le projet, c’est par ici
Bonne lecture :) //

Dans l’article de la semaine, je souhaite parler de l’échec et des obstacles auxquels nous faisons face.

L’échec nous touche tous. Il n’existe personne qui n’en a jamais connu. Phrase triviale mais terriblement vrai.

Derrière chaque réussite, se cache des expériences ratées et de nombreux obstacles.

Tout le monde n’y réagit pas de la même manière.

Il est facile de dire quoi faire aux gens. Mais les choses sont différentes si on les vit personnellement que si on les regarde en tant que simple observateur.

À titre personnel, je n’ai jamais encore connu de gros échec (ni de réussite particulière). Mais je suis sûr que j’en connaîtrais au cours de ma vie.

C’est pour cela que j’ai écrit cet article avec beaucoup d’humilité.

L’échec est normal.

Innover, c’est faire les choses d’une manière différente et nouvelle. C’est remettre en cause le statut-quo et le compromis. C’est faire ce qui n’a jamais été fait avant.

C’est prendre des risques.

Lorsque l’on innove, on s’expose forcément à l’erreur et à l’échec.

Le scientifique passe sa vie à se tromper, dans l’espoir de faire, un jour, une découverte qui va tout changer.

L’entrepreneur passe sa vie à tester différents modèles qui ne fonctionnent pas, avant de trouver celui qui cartonnera.

L’enfant qui apprend à faire du vélo tombe 10 fois avant de parvenir à trouver l’équilibre.

Albert Einstein disait : « Je n’ai pas échoué, j’ai trouvé dix mille moyens qui ne marchent pas ». C’est précisément de cela qu’il s’agit.

En se trompant, on découvre ce qui ne marche pas. On élimine les possibilités. Pour se rapprocher de la réussite.

Avant de parvenir à faire ré-atérir une fusée sur Terre, ce qui n’avait encore jamais été fait dans l’histoire de l’humanité, Space X et Elon Musk ont connus d’innombrables échecs. Coûtant chacun plusieurs millions de dollars à l’entreprise Américaine. Ils auraient pu se décourager et limiter les frais. Mais sans ces échecs, ils n’auraient jamais trouvé la bonne formule.

L’équipe de Space X en a fait une petite compilation d’auto-dérision :

Dans la culture entrepreneuriale, l’échec prend une telle place qu’il existe des Failcons : des conférences dans lesquelles les entrepreneurs viennent raconter leurs échecs. L’objectif de ces conférences est de « dédramatiser les loupés, d’apprendre de ses erreurs et de celles des autres. » Avec l’idée forte de dire que « les meilleurs entrepreneurs sont ceux qui se sont plantés avant. »

“If you already know it’s going to work, it’s not an experiment, and only through experimentation can you get real invention. The most important inventions come from trial and error with lots of failure, and the failure is critical, and it’s also embarrassing.” — Jeff Bezos, CEO of Amazon

L’échec pour la prise de décision.

Imaginez-vous perdu, dans une immense forêt. Face à vous, une route qui se sépare en deux. Vous devez faire un choix.

Vous pouvez essayer de théoriser votre prise de décision et la rationaliser pendant des heures. Vous pouvez peser le pour et le contre. Vous pouvez essayer de chercher autour de vous des indices qui pourraient vous éclairer.

Vous pouvez faire toute sorte de chose inutile.

Mais la seule manière de savoir rapidement quel chemin est le bon, est d’en tester un des deux. Pour savoir où il vous mènera.

Si c’est le bon, tant mieux.

Si vous vous trompez, vous saurez qu’il vous suffit d’emprunter l’autre chemin.

Plus votre choix sera fait vite, plus vous prendrez rapidement la bonne décision.

Plus vous vous trompez tôt, plus il vous reste de temps derrière pour avoir raison et ne plus reproduire les mêmes erreurs.

C’est l’un des enseignements que j’ai tiré de la biographie de Phil Knight, le fondateur de Nike.

De nombreux obstacles se sont dressés sur sa route. Sa société a failli couler à plusieurs reprises par sa faute. Mais Phil Knight savait que ces épreuves étaient indispensables à son succès futur.

« My hope was that when I failed, if I failed, I’d fail quickly, so I’d have enough time, years, to implement all the hard won lessons. »
 — Phil Knight, Fondateur de Nike

James Altucher est un blogueur, écrivain, investisseur, entrepreneur et podcaster américain.

Il a commencé sa carrière en travaillant pour HBO, en tant qu’ingénieur IT. Après plusieurs échecs, il a fini par quitter son job. Sa copine l’a quitté et il est retourné chez ses parents.

Depuis, il a lancé près de 20 entreprises. Il en a planté 17.

Sur l’une de ses entreprises, il a perdu près de 15 M$ en un seul été.

Sur une autre, il a levé 125 M$ auprès de Capitaux risques. Il en a perdu 20 M$ et a rendu le reste aux investisseurs.

Il a écrit 3 000 mots par jour pendant 5 ans, ce qui lui a donné 4 nouvelles et 70 histoires. Il les a toutes envoyé à près de 40 agents et maisons d’édition différentes. Il a uniquement reçu des lettres de refus.

Mais s’il n’avait pas fait tout cela, il n’aurait jamais pu écrire « Choose Yourself. » Ce livre s’est vendu 5 fois plus que les 17 autres livres combinés qu’il a écrit au cours de sa vie.

Altucher a dédramatisé l’échec. Il en parle avec décontraction et transparence. Au point de faire de l’échec une de ses marques de fabrique. Il aime souligner avec humour qu’il en a survécu.

Échouer n’est pas grave. Ce qui est grave, c’est d’abandonner.

« Almost always, your road to victory goes through a place called failure » 
Bill Walsh

L’échec est douloureux

Ne nous mentons pas pour autant : il n’est pas toujours simple de se remettre d’un échec.

Lorsque l’on échoue, c’est notre amour-propre qui est touché. Lorsque l’album d’un chanteur fait un flop, c’est dur. Lorsqu’un entrepreneur, qui a passé plusieurs années de sa vie à vivre au rythme de son projet, échoue, c’est le monde autour de lui qui s’écroule. L’aventure d’une vie prend fin. Le regard des gens change. L’opinion qu’il a de lui-même prend un coup.

Personne n’aime se planter.
Personne n’aime avoir tort.

Parce que c’est douloureux.

C’est pour cela qu’un échec ne doit pas être célébré.

Un échec doit être analysé de manière froide et lucide.

La seule vertu de l’échec se trouve dans l’apprentissage et les conclusions que l’on en tire. L’objectif est de comprendre ses erreurs pour ne plus jamais les reproduire.

Se forger la capacité de se nourrir de ses échecs et frustrations. Comme un instinct de vie qui nous pousse à nous battre et à nous surpasser pour ne plus jamais connaître ce sentiment amer.

“Don’t be afraid of failure, this is the way to succeed” — Lebron James

Le piège de l’ego

Le risque, c’est de laisser son ego rendre l’échec personnel. De se laisser dominer par l’impression d’être soi-même remis en cause. De se mettre en colère et de vouloir se venger.

C’est l’un des pires traits de l’ego : il a tendance transformer les échecs et désagréments en attaques personnelles.

L’échec n’est qu’une phase provisoire. Ce n’est, en aucun cas, une remise en cause de notre valeur en tant qu’être humain. Il ne s’agit que d’une photographie de l’instant, sur un projet donné.

Nous devons être capables d’analyser froidement l’échec et d’en dégager notre niveau de responsabilité. Pour prendre des mesures correctives. Et faire mieux la prochaine fois.

Après un début de carrière tonitruant, Dr Dre enchaîne deux revers consécutifs, sur ses deux projets du moment. Il aurait pu laisser son ego prendre le dessus. Il aurait pu penser que les gens lui en voulaient parce qu’ils étaient jaloux de ses premiers succès. Il aurait pu s’entêter et s’enfermer.

Mais à la place, il s’est simplement remis au travail sur son projet suivant, en acceptant sa part de responsabilité dans les critiques qui lui ont été faites.

« Flop is very humbling. » — Dr Dre

Comment réagir après l’échec

Lorsque l’on est en échec, il y a deux possibilités :

  • Nous avons mal fait les choses et l’échec est une conclusion logique.
  • Nous avons bien fait les choses, mais à cause d’un manque de chance ou d’éléments extérieurs, le résultat est un échec.

Ce qui compte, ce n’est pas le résultat final. Ce qui compte, ce sont les actions qui ont été faites et qui ont mené à ce résultat.

Vous pouvez avoir du succès sur le court terme et remporter des petites victoires sur le court terme en faisant mal les choses. Mais c’est impossible sur le long terme.

Warren Buffet appelle cela la distinction entre l’Outer Scorecard de l’Inner Scorecard.

Imaginons un match de football.

L’équipe A se procure d’innombrables occasions et domine le match. Pourtant, c’est l’équipe B qui marque sur sa seule attaque et qui finit par l’emporter.

L’équipe B a remporté une victoire sur le court terme. C’est l’Outer Scorecard, le résultat visible. Mais si on analyse le match, on se rend compte que cette victoire n’est pas logique et méritée. L’équipe A aurait dû l’emporter.

Sur le long terme, l’équipe A a beaucoup plus de chances de triompher. Parce que son succès ne repose pas sur de la chance ou un coup d’une fois, mais sur des bases solides et une capacité à se procurer plusieurs occasions par match. C’est l’Inner Scorecard, le résultat invisible issu de l’analyse profonde.

L’inner scorecard est la seule chose qui compte.

Tom Brady a joué pendant 13 saisons, a remporté 160 matchs, a réalisé 392 touchdowns. Il a été élu 3 fois meilleur joueur du Super Bowl et a remporté 4 Super Bowl sur 6 participations. Il est le quarterback le plus titré de l’histoire.

Brady est arrivé chez les New England Patriots en 2000. Les Patriots l’ont choisi au 6ème tour, il était le 199ème choix de toute la draft.

Les Patriots ont récupéré celui qui est sûrement le meilleur quaterback de l’histoire du Football Américain. Ils auraient pu s’en frotter les mains et s’en vanter auprès de toutes les autres équipes. Ils auraient pu célébrer l’Outer Scorecard.

Mais ils savaient qu’ils ont eu énormément de chance. Ils savaient qu’ils auraient pu passer à côté de Brady. Ils savaient qu’ils ont laissé passer 6 tour de draft avant de le sélectionner. Ils savaient qu’ils avaient mal fait leur job de recruteur, en interne. Ils savaient qu’ils étaient en échec sur leur Inner Scorecard.

Malgré leur réussite apparente, ils s’étaient trompés. Heureusement, ils ont eu l’intelligence de se remettre en question pour ne plus reproduire ce genre d’erreur.

→ On peut avoir tort et réussir. Dans ce cas, il faut rester lucide et savoir que c’était un coup de chance. Être conscient d’avoir mal fait les choses.

→ Tout, comme on peut avoir raison et être en situation d’échec. La seule chose à faire est alors de se remettre au travail et persévérer.

Nous devons définir nos propres standards de réussite. Se créer sa propre jauge interne. Ce n’est pas la victoire que nous devons chercher, mais nous devons essayer d’atteindre notre potentiel, donner le meilleur de ce que l’on peut donner. C’est le seul moyen d’avoir du succès sur le long terme.

Apprenez des échecs des autres.

Les échecs sont des apprentissages d’une grande valeur.

Dans certains cas, l’échec nous permet de faire table rase du passé. Il nous offre la possibilité de tenter de nouvelles choses, parce qu’on a plus le choix. Il nous force à voir les choses différemment et à faire des choses que l’on n’aurait pas faites autrement.

Vous savez ce qu’il y a de plus beau ? C’est que nous ne sommes pas obligés d’être nous-même en situation d’échec pour apprendre. Des milliers de livres, des films et de séries nous racontent les échecs des autres. Autant tirer des enseignements de leurs échecs à eux. Plutôt que d’expérimenter cette souffrance.

« From the ruin come the opportunity for great progress and improvement. » 
Ryan Holiday

Cet article est extrait de mon premier livre : “Devenir remarquable à l’ère du numérique”.

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