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Comment rebondir dignement après un échec

Bâtir de la résilience, se préparer à l’inévitable pour rester stable.

Temps de lecture estimé : 11 minutes

Personne ne peut échapper à la douleur et la peur que peut susciter l’échec dans sa vie. Pourtant, échouer n’est pas si dramatique. Ce n’est pas aussi mauvais que vous pouvez le penser.

Si l’échec semble si terrible, c’est peut-être parce qu’on n’en parle pas assez, même si cela arrive à tout le monde, personne ne souhaite exposer ses défaites, c’est une posture inconfortable et vulnérable.

Ainsi, on préfère mettre en avant nos succès et garder nos échecs pour soi et chacun d’entre nous doit gérer cela tout seul.

Cet article va vous présenter quelques stratégies pour apprendre de vos erreurs et gagner en résilience pour rebondir face aux revers de fortune.

Excellente récupération.

Se distancer de son problème

Tout échec ne peut se répéter indéfiniment.

La vie n’est pas une belle courbe linéaire qui monte, mais une succession de réussites et de défaites. Heureusement, la courbe ne fait que monter, mais ça reste volatile. Si vous vous trouvez actuellement dans une vallée, ça fait partie du voyage, vous allez vous en sortir.

Lorsqu’on fait une erreur, on cherche tout de suite l’action pour réduire les dommages collatéraux de son échec. Si vous ne pouvez pas revenir en arrière ou que vous n’avez pas besoin d’agir dans l’immédiat, vous avez besoin de prendre du recul face au problème.

Lorsque vous subissez un revers de fortune, les émotions prennent rapidement le dessus. La situation est critique, tout semble mal aller, la terre tremble, vous culpabilisez.

Si vous regardez les animaux, ils fonctionnent à l’instinct, ils n’ont pas à réfléchir, et c’est comme ça qu’ils survivent. Une antilope ne négocie pas avec un lion.

Nous sommes dotés de raison, mais pas suffisamment pour comprendre les choses. Nos émotions nous font constamment prendre de mauvaises décisions.

Vous ne pouvez que prendre du recul face à cette emprise versatile. Parlez avec un ami, changez-vous les idées, jouez à un jeu vidéo, oubliez le monde. Ne succombez pas aux volte-face maladroites, laissez retomber le soufflet émotionnel. La raison reprendra les commandes pour commencer à produire des choses plus utiles.

C’est ce que fit Miguel de Cervantes, un Espagnol emprisonné en 1602. Pour occuper son temps en prison, il a inventé une histoire à propos d’un vieil homme qui croyait être un chevalier. Ce conte a évolué en la première nouvelle moderne considérée comme un chef-d’œuvre de la littérature : Don Quichotte.

Se distancer de son problème, vous permet également de réfléchir autrement, ce qui entraîne de nouvelles possibilités.

Sans cette pause, vous serez en pilote automatique constant, agissant selon votre idée de la façon dont les choses sont supposées être. C’est le genre de comportement qui entraîne des erreurs et des occasions manquées.

Lorsque vous prenez une pause, vous avez l’occasion de vous calmer, de voir les choses avec précision et de reconnaître les opportunités de croissance.

Identifier les raisons de l’échec

Lorsque vous jouez aux jeux vidéo et que vous perdez, vous retentez votre chance tout en cherchant à comprendre la raison de votre erreur.

Les plus grands obstacles cachent les plus grandes faiblesses. Gandhi l’a prouvé avec la Satyagraha — son mouvement non violent de désobéissance civile — en démontrant comment une grande puissance peut être retournée contre elle-même.

Gandhi savait qu’il ne pouvait pas contester la règle militaire britannique dans un conflit direct, alors il a décidé d’utiliser la non-violence et des actes symboliques pour montrer l’injustice.

Sa Marche du Sel a mené des centaines de milliers d’Indiens à l’océan pour collecter du sel en opposition directe avec la loi britannique qui interdisait la collecte de sel non réglementée.

Gandhi a contesté la règle britannique sans violence et a pu démontrer l’impuissance de leurs lois sur le peuple indien.

La différence réside dans un changement d’action et d’approche.

Qu’est-ce qui m’a fait échouer ? Était-ce la fatigue ? Étais-je submergé ? Où étais-je totalement distrait et démotivé à l’idée d’agir ?

Identifier les points d’échecs est essentiel pour réessayer et réussir avec une nouvelle stratégie.

Développer un plan d’attaque amélioré

Une fois que vous avez identifié la raison, la prochaine étape est de développer un plan pour réessayer autrement.

Vous ne pouvez pas retenter les choses identiques, ça serait manquer de bon sens et se condamner à revivre la même pénitence.

Si vous êtes démotivé, peut-être avez-vous besoin d’un tuteur ou un ami qui vous responsabilise. Si vous êtes fatigués, accordez-vous plus de pauses.

Détachez-vous de votre vue personnelle et hautement subjective de la situation. Raisonner ainsi vous permet d’évaluer le scénario et envisager des options plus rapidement.

Imaginez que vous donnez des conseils à un proche pour surmonter un obstacle. Qu’est-ce que vous lui diriez ? Comment l’auriez-vous suggéré d’agir ?

4 questions pour développer un état d’esprit de développement

Avant de dormir, je vous recommande de vous poser ces questions et d’y répondre au moins avec une phrase pour mesurer vos progrès dans un journal.

  1. Qu’avez-vous appris de votre performance d’aujourd’hui ?
  2. Quelles mesures avez-vous prises pour réussir aujourd’hui ?
  3. Quelles sont les stratégies différentes que vous pourriez avoir utilisées ?
  4. Comment avez-vous persévéré lorsque les choses se sont révélées difficiles ?

Réessayer : trouver l’aubaine dans la croissance post-traumatique

« Ce qui ne me tue pas me rend plus fort. » — Friedrich Nietzsche

Vous avez un plan. Maintenant, vous avez une nouvelle chance pour faire mieux comme dans un jeu vidéo.

La croissance post-traumatique est un processus par lequel une personne qui a vécu un traumatisme connaît des changements positifs dans sa vie. Le travail cognitif qui suit le bouleversement peut aboutir à un développement personnel.

Pour la plupart d’entre nous, tout événement de notre vie peut servir de référence et nourrir nos croyances. Malheureusement, cela signifie aussi qu’à chaque fois que quelque chose d’horrible se produit — par exemple, vous perdez un être cher — beaucoup de gens l’utilisent comme support pour croire que la vie est terrible.

Mais nous ne devons pas penser de cette façon : si nous parvenons à interpréter la référence plus positivement, nous pouvons diriger nos vies de manière plus optimiste.

Donc, si vous êtes en deuil, vous pouvez utiliser cette expérience comme ressource pour vous rendre plus fort en tant que personne. Peut-être que vous sortirez même de la période de deuil avec un fort désir d’aider les autres qui traversent cette épreuve.

Lutter contre un obstacle entraîne inévitablement à entretenir un nouveau mode de fonctionnement.

Au-delà de l’isolement, de la perturbation émotionnelle, il est possible de cultiver un goût plus grand à la vie avec davantage d’occasions, un sens de la compassion plus développé surtout envers ceux qui ont vécu le même traumatisme, et un recentrage des priorités.

L’étendue de la lutte détermine l’étendue de la croissance.

De toutes les stratégies évoquées jusqu’à présent, c’est celle que vous pouvez toujours utiliser. Si vous pouvez changer votre perspective, alors vous pouvez révéler les avantages qu’un obstacle cache sous la surface.

Pour apporter un changement dans votre vie, vous devez d’abord modifier vos croyances. Le problème, cependant, est que beaucoup d’entre nous sont ancrés dans de fortes croyances qui nous empêchent de changer quoi que ce soit.

Les croyances habituelles, comme toutes les habitudes, peuvent être brisées à travers quelques actions.

Le pouvoir des mots

Les mots que nous employons pour décrire notre expérience du monde définissent notre expérience. L’auteur Antony Robbins désigne cela par le terme de Vocabulaire Transformationnel.

Alors, comment pouvez-vous changer votre vocabulaire d’une manière qui vous aide à mieux gérer vos émotions ?

  • Changer votre vocabulaire pour désigner ce que vous pensez : pour influencer vos attitudes et vos émotions. Prêtez attention aux mots que vous employez dans votre quotidien, car ils façonneront votre pensée et votre perception.
  • Décrire différemment pour penser différemment une situation :lorsque vous expérimentez une situation frustrante, essayez de placer des mots plus neutres, cela peut vous empêcher d’entrer dans un état émotionnel plus négatif.
  • Employer des mots forts pour des émotions positives et des moins intenses pour les négatifs. Ce qui peut renforcer votre état de satisfaction et amoindrir le choc d’une déception.
  • Essayez d’utiliser des mots inhabituels pour exprimer des émotions négatives. Cela peut vous amuser et même rehausser votre humeur. Par exemple, au lieu d’employer le mot « triste », vous pourriez employer le mot « frite ». Cela va diminuer toute négativité que vous ressentez et rendre l’émotion est plus facile à surmonter.

Pour plus d’originalité, vous pouvez aller sur le Wikitionnaire, puis choisir un mot au hasard. Où trouver le sens d’une émotion dans une langue étrangère (l’Italien est beau, le Néerlandais ou le Slovène sont amusants) pour se rendre étranger à cette émotion ou l’enjoliver. Mi sento meraviglioso !

10 déclarations pour développer son état d’esprit

Parfois, une nouvelle perspective dans vos croyances suffit pour aborder vos problèmes autrement.

  1. Je ne suis pas bon à cela. ≠ Qu’est-ce que je ne comprends pas ?
  2. J’abandonne. ≠ J’utiliserai une stratégie différente.
  3. C’est assez bon. ≠ Est-ce vraiment tout ce dont je suis capable de faire ?
  4. Je ne peux pas faire plus. ≠ Je peux toujours m’améliorer.
  5. C’est trop dur ! ≠ Ça va prendre un peu de temps.
  6. J’ai fait une erreur. ≠ Les erreurs m’aident à apprendre et progresser.
  7. Je ne peux pas le faire. ≠ Je vais m’entraîner pour ça.
  8. Je ne serais jamais aussi intelligent ! ≠ J’apprendrai comment faire ça.
  9. Le plan A n’a pas marché… ≠ Il y a toujours un plan B.
  10. Mon ami peut le faire ≠ J’apprendrais d’eux.

La résilience, c’est apprendre à accepter l’échec

Rappelez-vous quand vous avez appris à faire du vélo, vous êtes probablement tombé un peu avant de le maîtriser.

C’est le cas pour chaque défi : au début, vous échouez.

Vos échecs vous conduisent à l’adaptation, à devenir résilient, à prendre la responsabilité de vos actions.

La résilience, c’est comprendre sa zone de contrôle. C’est être capable d’accepter ce que vous ne pouvez pas changer pour rediriger votre attention sur les éléments ou vous exercez le contrôle. C’est se réconcilier avec l’incontrôlable.

Vous n’êtes pas responsable de tout ce qui vous arrive dans votre vie, mais nous pouvons toujours choisir ce que nous en pensons.

Tout événement vécu représente une occasion pour se dépasser, de devenir plus fort et donc plus vivant et plus affirmatif. Ne perdez plus du temps à éprouver des regrets, cela appartient désormais à un temps dans lequel vous ne pouvez plus exercer le moindre contrôle.

Concept d’antifragilité développé par Nassim Taleb

Un système antifragile se renforce et évolue positivement face aux problèmes et au désordre. Notre corps en est un exemple flagrant, il n’est pas fragile, s’adapte à l’hostilité de son environnement, endure les coups, le froid, le stress.

Exposer notre organisme à une dose équilibrée de souffrance, avec un temps de récupération, lui permet de devenir plus fort, plus résistant, plus performant.

Dans un discours qu’elle a donné à l’université de Harvard en 2008, JK Rowling a dit : « La connaissance acquise de vos revers, qui vous a rendu plus sage et plus fort, signifie que vous êtes, même après, plus sûr de votre capacité à survivre. »

L’échec est un prérequis à tout apprentissage, et peut même se trouver à l’origine des plus grandes inventions.

À travers chaque échec, vous découvrez de nouvelles réponses. C’est le feedback, des retours critiques précis qui vous donnent des instructions pour vous améliorer et apprendre de vos erreurs.

C’est la raison pour laquelle les start-ups cherchent à prendre les mauvaises décisions le plus rapidement que possibles afin de trouver les bonnes décisions à appliquer immédiatement.

Les start-ups se prêtent à des boucles de rétroactions rapides, qui leur permettent de s’adapter et de faire des changements rapidement ; les fluctuations des revenus fournissent des informations précieuses.

Le négatif devient positif. L’échec nous montre la voie en nous montrant ce qui n’est pas le bon chemin.

L’échec est une opportunité de faire mieux

« C’est le fait d’un ignorant d’accuser les autres de ses propres échecs ; celui qui a commencé de s’instruire s’en accuse soi-même ; celui qui est instruit n’en accuse ni autrui ni soi-même. » — Épictète

L’échec représente un futur qui a essayé de se manifester. C’est une erreur qui n’a pas eu le temps de vivre parce qu’il lui a manqué quelque chose. Un résultat inattendu comme celui-ci représente une occasion rare de réfléchir sereinement et honnêtement à ce qui vous a fait défaut.

L’humilité vous permet de faire le point en toute objectivité et de faire face à la vérité. Avoir conscience de ses insuffisances vous permet d’identifier là où vous pouvez vous améliorer. Accepter cette réalité, c’est la meilleure manière de rebondir.

D’après Robert Greene, lorsqu’on s’expose à l’échec, deux temps s’offrent à vous. Le temps mort est celui où vous êtes passifs et dans l’attente tandis que le temps vivant est celui où vous apprenez, agissez et utilisez chaque seconde.

Vous n’avez aucune emprise sur le temps mort, mais vous pouvez en avoir en décidant d’employer ce temps limité dans des activités qui vous bénéficieront sur le long terme.

On apprend toujours de ses erreurs et cela nous rend plus forts dans l’ensemble — à condition d’avoir suffisamment de temps pour récupérer et se renforcer entre les épisodes stressants.

À chaque obstacle surmonté, vous apprendrez quelque chose, vous développerez de la force, de la sagesse et de la perspective qui vous seront bénéfiques. Quoiqu’il arrive, vous vous améliorerez à chaque tentative.


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