Comment se défaire du perfectionnisme pour terminer tout ce que vous faites

Offrez-vous la faveur de terminer les projets que vous adorez commencer

Temps de lecture estimé : 7 minutes

Dans son livre Finish, Jon Acuff s’adresse à toutes les personnes qui ont du mal à terminer leurs projets. Selon lui, le plus grand ennemi ne réside pas dans la paresse ou l’incompétence, mais dans le perfectionnisme qui, dans la quête de grandeur, ralentit tout progrès et vous impose une pression inutile.

Dans cet article, je vais vous présenter une nouvelle perspective sur le perfectionnisme et quelles stratégies mettre en œuvre pour s’en détacher afin de gagner en productivité.

Accepter les imperfections

Au moment où j’écris ces lignes, je suis souvent tiraillé par le même sentiment qui parcourt mon écriture : Est-ce assez bon ? N’y a-t-il pas une information plus pertinente à partager ? Est-ce qu’il y a une meilleure manière de présenter ces idées ?

Cela me ralentit et peut m’empêcher d’écrire, me contraignant à repousser l’échéance et de bouleverser mon calendrier éditorial.

Depuis que j’écris sur Medium, il y a des tas d’articles que vous n’avez pas encore lus parce que je suis frappé par ce maudit perfectionnisme. C’est toujours les mêmes excuses qui reviennent comme « ça n’est pas prêt », « je peux faire mieux », « fais encore quelques recherches ».

Seulement, si je continue de raisonner avec cet obstacle mental, je ne pourrais rien vous partager, car je n’aurais rien produit.

Avoir la naïveté de croire à la perfection est une pensée sournoise et même dangereuse, parce qu’elle suggère que tout doit être parfait. Or ça n’est pas le cas et personne ne devrait tomber dans l’illusion que ça devrait l’être.

Pourquoi ? Parce que si nous nous limitons au travail parfait, nous n’accomplirons jamais rien !

Mieux vaut donc accueillir toutes les imperfections pour les corriger progressivement par la suite. Au moins, vous aurez à travailler sur quelque chose de tangible et de concret.

C’est pourquoi, depuis peu, j’écris sans prêter trop attention à mon style ou à ma forme. J’écris même si je prends le risque d’un article bâclé ou moins qualitatif que les précédents. Je préfère courir, explorer de nouvelles terres, trébucher, apprendre de mes erreurs, et rapidement me remettre en marche vers mes objectifs.

Il y aura toujours des problèmes qui vous attendront au tournant et dont vous ne pourrez empêcher leur venue. Ce qui vous différencie des autres reste dans l’appréhension de ces problèmes.

Lorsqu’ils surviennent, vous mettez-vous en boule et faites l’autruche ? Ou bien vous entrez dans l’arène et vous saisissez le taureau par les cornes ? La façon dont vous procédez à gérer vos revers de fortune est ce qui détermine votre succès dans la réalisation des objectifs.

C’est souvent un écart de conduite qui peut être à l’origine de bon nombre d’abandons. Disons que vous avez pris la résolution d’aller à la salle de sport deux fois par semaine.

Au début, vous êtes motivés et vous respectez vos engagements puis, survient un jour où vous êtes un peu fatigué. Vous décidez de sauter la séance. Puis c’est l’engrenage, une autre séance et encore une autre jusqu’à vous montrer bien trop indulgents envers votre comportement. Le même procédé suit le régime alimentaire. Une seule tentation peut achever toute motivation.

Le fait est qu’il faut accepter toute imperfection et poursuivre vos objectifs. Parvenir à l’excellence est un apprentissage long ou chaque erreur représente une aubaine de croissance.

Évitez les ambitions trop élevées en réduisant vos objectifs de moitié

Outre le perfectionnisme, nous nous rendons la tâche ardue en définissant des objectifs trop ambitieux.

La plupart des gens se fixent des objectifs irréalistes. Plus le résultat est grand, plus l’optimisme se révèle excessif. C’est la raison principale pour laquelle beaucoup de personnes ne parviennent pas à accomplir leurs objectifs : ils ne mesurent pas la somme des actions à prendre au quotidien pour parvenir au résultat final.

Le concept de planification fallacieuse (planning fallacy) a été mis au point par les psychologues Daniel Kahneman et Amos Tversky. Ils ont constaté que les gens révèlent généralement une tendance à l’optimisme en sous-estimant constamment combien de temps une tâche prendra pour la terminer.

L’Opéra de Sydney devait être achevé en 1963. Une version réduite a été ouverte en 1973, une décennie plus tard. Le coût original était estimé à 7 millions de dollars, mais son achèvement tardif a entraîné un coût de 102 millions de dollars.

Un moyen fiable d’éviter à la fois la planification fallacieuse et le perfectionnisme consiste à réduire votre objectif de moitié. Si vous avez envie d’écrire deux articles par semaine, écrivez-en un seul.

Réduire ses objectifs de moitié, c’est éteindre la flamme de l’optimisme, pour constater que vous serez plus motivé, car votre objectif vous semblera soudainement plus accessible.

Pratiquer l’incompétence stratégique pour réduire la pression

L’un des plus grands écueils de la productivité est de penser que nous devons montrer des dehors impeccables, et ce, en toutes circonstances.

Se trouver mauvais ou limité dans certaines activités est loin de représenter un mal. Au contraire, cela représente une occasion de mieux se connaître et de se découvrir d’autres qualités.

Lorsque j’ai conçu mon site (www.onurkarapinar.com), je voulais que tout soit parfait. Créer un site internet réclame une certaine polyvalence allant de l’ergonomie, l’expérience de l’utilisateur au webdesign tout en veillant à ce que tout soit fonctionnel et opérationnel. Sans oublier, l’optimisation du SEO pour faciliter sa visibilité dans les moteurs de recherche.

Je m’étais convaincu que chaque domaine était essentiel et que je devais m’en donner les moyens. Seulement, je me suis rapidement exposé à mes limites. Je m’étais fixé des objectifs irréalistes et donc décourageants.

Acuff recommande de pratiquer ce qu’il appelle l’incompétence stratégique. Cela consiste à admettre que vous n’avez pas le temps de tout faire et que vous pouvez lâcher prise ou effectuer le minimum d’effort requis.

C’est ce dont je me suis résolu en me concentrant sur ce qui reste important pour moi : la création de contenu pertinent pour aider de nombreuses à mieux vivre et penser.

J’ai veillé à ce que la première version de mon site aille à l’essentiel, avec un rendu minimaliste. Le résultat ?

Les autres fonctionnalités que j’ai en tête sauront se manifester dans le temps.

Autre exemple, à chaque nouvel abonné de ma newsletter, je leur envoie un message de bienvenue qui les invitent à me partager leurs défis au sujet de leur développement personnel.

Au début, je répondais à tout le monde, mais à mesure que ma croissance augmente rapidement, je ne peux plus me permettre de traiter toutes les réponses. Sinon, je ne pourrais plus me consacrer sur l’essentiel.

C’est pourquoi je cherche à simplifier un maximum mes décisions au quotidien. L’important, c’est d’avancer et de produire, même si cela ne sera jamais parfait du premier coup. La pensée fluide viendra avec le temps.

Identifiez vos propres règles perfectionnistes et trouvez vos véritables motivations

L’un des plus grands mensonges liés au perfectionnisme est que la perfection apparaît comme réalisable si nous respectons un certain seuil.

Ces règles peuvent varier d’une personne à l’autre, et elles peuvent empêcher les gens de terminer leurs projets, alors il est utile de déterminer votre propre règle perfectionniste.

À mes débuts sur Medium, j’avais une règle perfectionniste qui était « Si mon article n’a pas eu tant de lectures et de partage, alors c’est un échec. »

C’est un grand piège que de rechercher la perfection du premier coup. Tous les blogueurs qui réussissent ont bâti leur audience à long terme en proposant du contenu de qualité régulièrement. Cela leur a permis de créer de la confiance et de leur conférer une certaine légitimité sur un domaine particulier.

Dans ce monde où nous sommes stimulés en permanence, appréhender les bienfaits du long terme est une grande difficulté. On veut tout, tout de suite. Peu d’entre nous mesurent la somme des connaissances à acquérir pour aboutir à l’excellence.

Résultat, de nombreuses personnes renoncent à leur vocation parce qu’ils estiment que les années d’apprentissage ne leur permettront pas d’en vivre. Le moindre obstacle intimidant repousse toutes les faibles volontés.

Bien souvent, nous ne prenons pas conscience de la façon dont nous suivons nos règles perfectionnistes, mais elles peuvent être identifiées si nous prenons le temps d’une pause pour faire l’examen de nos motivations. Pour cela, une question que tout le monde devrait se poser : Qu’est-ce que je veux vraiment ?

Par exemple, pourquoi une personne obèse voudrait-elle perdre du poids ? Pour être en bonne santé, éviter les maladies cardio-vasculaires et le diabète.

À partir du moment où vous agissez dans le bon sens pour atteindre un objectif clair et justifié, vous n’avez plus à vous préoccuper d’un nombre à atteindre pour croire que vous avez réussi.

Il n’y a rien de plus satisfaisant que de respecter les promesses que vous vous êtes engagés à tenir.

« Plus vous essayez d’être parfait, moins vous aurez de chances d’atteindre vos objectifs. » — Jon Acuff

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